samedi 10 novembre 2018

1914-1918: que les états européens présentent leurs excuses !

Le monument en mémoire des soldats bretons morts à Ypres.


A lire les journaux, à voir le nombre de manifestations organisées pour le centenaire de la fin de la guerre de 14-18, on ne peut que constater l’importance toujours présente de cette catastrophe qui fit près de 16 millions de morts en Europe mais aussi ailleurs dans le monde et plus particulièrement au proche et au moyen-Orient.



Comme tout un chacun, j’ai des souvenir familiaux sur cette période, j’ai le souvenir d’un  grand-père qui participa aux combats à Verdun, et aussi celui d’un grand-oncle  qui se retrouva parmi les premiers aviateurs de combat, ces “fous volants”. J’ai aussi le souvenir de leur modestie et de leur quasi-silence sur cette période que d’autres ne tardèrent pas à mettre en exergue et à utiliser à diverses fins et ceci jusqu’à nos jours.



En fait ce qui me choque dans toutes ces commémorations, c’est la quasi-absence d’analyses globales de cet “évènement” dont nous payons encore et toujours les conséquences. La glorification des armées, des maréchaux, des soldats partis au front “pour défendre la liberté” reste un classique de ces 11 novembre depuis ... un siècle..... Et dans cette course au “souvenir patriotique” , Angleterre et France se disputent la première place.



Certes, on trouvera quelques conséquences “positives” à cette boucherie: Pologne,Finlande, Estonie, Lettonie et Lituanie (et quelques autres) en profitèrent pour se débarrasser de la tutelle de leurs voisins et pour devenir indépendants; on peut dire aussi finalement que la République d’Irlande est née de cette première guerre mondiale..... et aussi la tentative d’établir un ordre mondial avec la Société des Nations grâce au Breton Aristide Briand.....



Il n’en reste pas moins que cette “grande guerre” a produit son lot de catastrophes : 16 millions de morts, l’émergence des deux grands totalitarismes du XXème siècle, nazisme et communisme, toutes les conditions réunies pour provoquer la seconde guerre mondiale, le dépeçage du moyen-Orient entre la France et la Grande-Bretagne porteur de multiples tensions jusqu’à nos jours.



Pour en rester à la Bretagne, cette guerre atroce a décimé la population masculine sans parler du coup porté à la culture et à la langue bretonnes.



Et l’on oublie trop facilement que cette guerre fut “préparée” délibérément par l’endoctrinement de la jeunesse à l’école, par les discours hyper nationalistes  et agressifs, et déclenchée pour des raisons politiciennes, bien loin des “pour la liberté” que l’on nous radote à longueur de commémorations.



Cette guerre a été décidée par les états européens: il est grand temps que ceux-ci présentent de façon commune et solidaire leurs excuses à l'ensemble des peuples européens pour les atrocités et le massacre de masse perpétrés en 1914 – 1918.

Jacques-Yves Le Touze

mardi 18 septembre 2018

Brexit, Europe, relations Bretagne - pays de Galles... Le discours de Carwyn Jones, Premier ministre gallois, le 6 août 2018 à Lorient

C'est à l'occasion du Festival Interceltique 2018 qu'une rencontre Bretagne - pays de Galles a été organisée au Club K Moustoir rassemblant élus et responsables bretons et gallois dont le Premier ministre du pays de Galles, Carwyn Jones.

Vous trouverez, ci-dessous, la traduction  en français de son intervention portant sur le Brexit, les relations entre la Bretagne et le pays de Galles ou encore la place du pays de Galles en Europe devant les 270 personnes présentes.

 
Discours de
M Carwyn Jones
Premier ministre du pays de Galles

Carwyn Jones, Premier ministre du pays de Galles



Pnawn da a diolch am y gwahoddiad i siarad yn eich cynhadledd.

Bonjour et grand merci de m'avoir invité à intervenir cet après-midi,

Je suis très heureux d'avoir été invité à m'exprimer à cette rencontre Bretagne-pays de Galles organisée par le Festival Interceltique et d'avoir pu inaugurer notre superbe programme musical et culturel de cette Année dédiée au pays de Galles. J'espère que vous avez pu apprécier certains de nos artistes durant ce premier week-end.

Très heureux aussi qu'un Gallois ait gagné cette année le Tour de France et nombre d'entre vous ont pu voir ces images extraordinaires à Paris d'un Geraint Thomas levant haut le drapeau gallois.

Les tables rondes porteront sur nos liens culturels et linguistiques, je vais donc plutôt intervenir sur nos relations avec la Bretagne et sur le Brexit qui est pour nous une préoccupation majeure actuellement.

Tout d'abord, quelque chose qui peut paraître évident mais qu'il est bon de répéter, c'est que nous sommes tout à fait décidés à maintenir et à renforcer nos relations avec nos partenaires et amis européens ; et notre relation avec la Bretagne est sans aucun doute l'une de nos relations les plus fortes.

Nos liens culturels et historiques fondés sur nos racines celtiques communes remontent à des siècles sinon à des millénaires, sans parler des Sioni Wynwns ( les Johniged) qui restent dans ma mémoire : des légendes communes de cités englouties, les liens entre Cardiff et Auray et d'autres ports bretons avec le commerce du charbon pour fabriquer de l'acier comme à Trignac et d'autres fourneaux à travers la Bretagne. Des exilés gallois comme l'oncle d'Heny Tudor trouvèrent refuse en Bretagne le révérend gallois Price édita la première bible en breton.



La liste est longue comme avec notre équipe nationale de football basée en Bretagne durant le dernier Euro ou tout simplement les artistes, les étudiants, les chercheurs, les touristes, les entrepreneurs qui voyagent entre nos deux nations et développent leurs propres histoires et leurs propres réseaux.

Notre culture et notre langue font partie d'un héritage celtique beaucoup plus large et que nous partageons avec toutes les nations celtiques, un véritable lien évident, réel et spécial, que l'on peut constater ici au Festival de Lorient.

Cependant notre première relation officielle avec la Bretagne ne remonte qu'à 2004 lorsque mon prédécesseur, le regretté Rhodri Morgan signa la première convention de partenariat avec l'ancien président du Conseil régional, Josselin de Rohan.

L'actuel ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Le Dorian, et moi-même avons confirmé cette relation en 2011 et cette année en janvier dernier, je suis venu à Rennes signer le renouvellement de ce partenariat avec le Président Chesnais-Girard.

Notre relation est construite sur de solides fondations et je suis persuadé qu'elle ne peut que se développer à l'avenir. Nous ferons tout notre possible pour que le Brexit ne compromette pas notre coopération.

En novembre 2017, nous avons accueilli à Cardiff un colloque sur le thème de « la coopération européenne au-delà du Brexit » durant lequel des représentants de gouvernements régionaux européens, dont Jean-Michel Le Boulanger pour le Conseil régional de Bretagne, signèrent la déclaration de Cardiff, un engagement important pour travailler ensemble à relever les défis résultant du Brexit.

Au cœur des négociations avec le Royaume-Uni, la question d'une relation positive avec l'Europe est de première importance pour le gouvernement gallois. Nous voulons nous assurer que le pays de Galles reste partie prenante de la scène européenne post-Brexit.

Une des conclusions de la rencontre de Cardiff était que les défis posés par le Brexit se posait non seulement au pays de Galles et autres régions du Royaume-Uni mais aussi à l'ensemble de l'Europe de différentes manières et à des degrés différents.

Le Conseil régional de Bretagne et le CESER, le Conseil économique, environnemental et social de Bretagne) furent, par exemple, parmi les premiers à produire une excellente analyse sur les conséquences du Brexit et leur travail correspond en grande partie à notre propre évaluation du problème.



Je souhaite aussi vous rappeler que le gouvernement gallois a fait campagne pour le maintien dans l'Union européenne. Bien que nous regrettions le résultat du référendum, nous devons le respecter, et maintenant nous devons faire au mieux pour sauvegarder les intérêts du pays de Galles.

Un Brexit sans accord avec l'Union européenne serait une catastrophe et nous tentons à chaque occasion de défendre l'idée d'un Brexit rationnel et réaliste.

Par rapport à ce que nous voulons à l'avenir, nous sommes tout à fait clairs : l'accès au Marché unique est fondamental. Plus de 60 % des exportations galloises se fait à destination des autres pays européens, une proportion plus élevée que dans le reste du Royaume-Uni, et parmi les emplois gallois les plus productifs et les mieux payés dépendent de ce commerce.

Le rapport du CESER sur le Brexit cite par exemple les 50 entreprises en Bretagne qui dépendent de centres de décisions basés au Royaume-Uni et qui représentent un total de 3700 emplois ici en Bretagne.

Nous voulons aussi que le Royaume-Uni maintienne le principe de la liberté de mouvement des travailleurs et des étudiants tout en combattant l'exploitation des travailleurs exposés.

Le pays de Galles reconnaît la contribution des travailleurs européens et des migrants à la construction de la société galloise actuelle et nous refusons les messages négatifs tournant autour de l'immigration, discours qui est devenu malheureusement dominant dans le débat politique.

La Bretagne et le pays de Galles réaffirment fortement et à bon droit leur identité et en même temps nous partageons les mêmes valeurs d'ouverture au monde et aux autres. Nos identités ne sont pas exclusives et ne sont pas basées sur la peur de l'autre et de l'inconnu, peur qui se révèle être extrêmement dommageable.

Clairement, je le répète, quitter l'Union européenne, ce n'est pas quitter l'Europe. Nous vivons dans un monde de plus en plus interconnecté et nous ne pouvons pas tourner le dos à nos partenaires internationaux. Il est vital pour nous que nous préservions ces relations au bénéfice de notre économie, notre environnement, notre culture, autant que pour des raisons diplomatiques et politiques.

Nous pensons fermement que l'Union européenne, avec le Royaume-Uni comme membre, a joué une rôle vital pour renforcer la démocratie et la paix sur notre continent, et, plus récemment, conforter notre sécurité contre les menaces insidieuses du terrorisme et du crime organisé.

De mon point de vue, une des conséquences inattendues de la décision du Royaume de quitter l'Union européenne est d'avoir renforcé le sentiment européen dans d'autres nations européennes et je m'en réjouis.

Le gouvernement gallois croit aussi que les droits sociaux et environnementaux que nous avons obtenu en tant que membres de l'Union européenne doivent être conservés, droits qui ont fait de notre société commune, une société plus civilisée et plus progressiste que dans bien d'autres pays du monde développé.

Nous nous opposerons vigoureusement à toute tentative d'éloigner le Royaume-Uni du modèle social européenne, tentative qui résulterait dans l'affaiblissement des standards sociaux et environnementaux ; nous souhaiterions en fait que le Royaume-Uni préserve ces acquis et que nous puissions nous développer grâce à nos compétences et non à cause d'une régression sociale ou environnementale.

Selon les capacités que nous donne la dévolution et malgré le Brexit, nous voulons continuer à suivre et à mettre en place au pays de Galles les politiques européennes positives au fur et à mesure de leur adoption.

Nous avons aussi appelé le Royaume-Uni à continuer à participer à toute une série de programmes européens après le Brexit, comme Erasmus, Interreg ou Creative Europe, sachant que cela nécessitera bien évidemment une contribution financière proportionnelle de notre part.

Il y a une dynamique de coopération entre la Bretagne et ses partenaires d'outre-Manche à travers des programmes comme sur l'énergie marine, la culture, la dimension linguistique, la recherche et l'innovation. Il est hors de question que cette coopération soit remise en cause.

Par exemple, depuis deux décennies, nous avons travaillé avec la Bretagne sur une problématique linguistique spécifique : comment promouvoir deux des plus anciennes langues européennes, le gallois et le breton, dans un environnement dominé par deux langues mondiales, l'anglais et le français. Ou encore la problématique du développement durable face au changement climatique.

Nous avons aussi une longue histoire de coopération avec la République d'Irlande, notre voisin maritime et nous nous sentons tout à fait concernés par les implications irlandaises du Brexit.

Le gouvernement gallois a toujours souligné l'importance de ne pas en revenir à une frontière « dure » entre la république et l'Irlande du nord. Nous pensons que la solution la plus rationnelle et de loin la meilleure est que l'ensemble du Royaume-Uni reste totalement aligné sur les règles du Marché unique et de l'Union douanière européenne. Ce qui protégerait aussi les intérêts des ports gallois et leurs relations avec l'Irlande, un point important pour le gouvernement gallois.

L'histoire de la dévolution au pays de Galles est liée fortement à l'Union européenne.Durant la campagne pour la dévolution à la fin des années 1990, un des rares slogans partagés par les partis politiques, les syndicats, les unions patronales et une partie importante de la société, c'était la nécessité de donner au pays de Galles toute sa place en Europe.

Et depuis 20 ans, je crois que nos institutions et l'Union européenne ont efficacement répondu à cette attente. Nous avons rapidement mis en place une représentation à Bruxelles, un étage en dessous dans le même bâtiment que nos amis bretons, et une des premières réalisations fut la mise en place du programme le plus important de financement régional structurel du Royaume-Uni.

Le Brexit ne doit pas être un obstacle aux relations entre le pays de Galles et la Bretagne, relations qui se renforcent, relations que l'on doit favoriser. Des relations symbolisées par notre hymne commun, écrit par un barde gallois, Evan James, et repris par Taldir sous le nom de « Bro Gozh ma Zadoù ». Nos pays sont les pays de nos ancêtres comme notre hymne le dit, et malgré tous les obstacles, côte à côte, nous serons capables de sauvegarder nos langues et nos cultures.

Diolch. Trugarez. Merci.



lundi 23 avril 2018

A Concarneau pour Anne de Bretagne


En service commandé au nom du Comité Anne de Bretagne cce dimanche après-midi pour France 3 Rennes sur les quais de Concarneau en plein départ de la course AG2R . Sympa et excellente ambiance :=))) L'occasion de dire quelques petites choses que nous présenterons d'ici peu aux élus de Loire-Atlantique.

jeudi 19 avril 2018

Sonneurs. De la naissance des bagadoù. Réponse à Sébastien Carney.

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Inauguration de la statue de Polig Monjarret, place Polig Monjarret à Lorient en présence de Jean-Yves Le Drian




Dans une interview publiée le 16 avril dernier dans les colonnes du Télégramme, Sébastien Carney, maître de conf à l'UBO, exprime un avis pour le moins curieux sur la BAS et les bagadoù. J'ai fait parvenir à la rédaction de Brest le droit de réponse suivant.

La lecture de cet article m’amène à préciser certains points en tant que l’un des fondateurs de l’association Mignoned Polig Monjarret à l’origine  de la statue de Polig Monjarret, place Polig Monjarret à Lorient, mise en place avec le soutien du Conseil régional de Bretagne, de nombreuses autres collectivités bretonnes et d’une importante souscription populaire.

Le renouveau de la musique bretonne avec notamment la création et le développement des bagadoù se comprend sur un temps long qui démarre grosso-modo au milieu du XIXè siècle avec le renouveau culturel breton porté par un certain nombre d’intellectuels comme La Villemarqué et aussi le développement des relations entre les différents pays dits celtiques. C’est dans le cadre de cette nouvelle dynamique que les premières cornemuses écossaises firent leur apparition en Bretagne à la fin du XIXè siècle. L’on dit même que la première fut présentée par Charles Le Goffic.

Durant la première guerre mondiale, les musiciens traditionnels bretons furent mis à contribution sous forme de petits orchestres rassemblant binious, bombardes et percussions au sein des régiments bretons; des contacts s’établirent avec les musiciens des régiments écossais.

L’après-guerre vit une transformation accélérée de la Bretagne dans tous les domaines et notamment musical avec l’abandon progressif des traditions musicales précédentes. Devant cette évolution rapide, BAS fut créée formellement en 1943 par 6 personnes. En 1946 nait officiellement Bodadeg ar Sonerion qui donnera naissance au formidable mouvement musical que l’on connait actuellement.
M. Carney dans son développement relie différents points de cette histoire pour en conclure sur les origines troubles des bagadoù. C’est pour le moins partisan et biaisé. Reprenons les principaux points développés.

- de façon assez lourde, M Carney fait le lien entre la pensée politique d’un Olier Mordrel , personnage qui participe de la pensée totalitaire d’extrême-droite européenne des années 30 et 40, et les bagadoù de l’après seconde guerre mondiale. Pour tenter de le prouver, M Carney utilise la personne de Polig Monjarret, un des fondateurs de la BAS, qui fut membre du PNB pendant 9 mois et dont il démissionna à l'été 1943, en omettant d’indiquer, par exemple, que parmi les 5 autres fondateurs, on trouve 2 résistants, Robert Marie et Iffig Hamon , ce dernier ayant failli mourir en déportation. Présentation tronquée pour le moins.

- M Carney ose utiliser le terme d’eugénisme pour qualifier la politique de la BAS à ses débuts. Utiliser un terme aussi connoté n’est pas neutre. Alors que, bien évidemment, différents points de vue s’exprimaient au sein du groupe, le travail remarquable de collectage réalisé par Polig Monjarret infirme l’affirmation de M Carney.

- quelques points de détail à corriger : Polig Monjarret, issu d’une famille gaulliste, est resté en bons termes avec droite et gauche; le premier bagad civil est celui des cheminots de Carhaix créé en 1946, le premier bagad militaire celui du 72e RI.

Plus globalement, la grille de lecture de M Carney est particulièrement limitée et ne se base que sur une vision volontairement restreinte confortant sa thèse d’une “Bretagne construite” qui serait aux antipodes de la Bretagne réelle. Ce faisant, M Carney tord certains éléments pour les faire rentrer dans son raisonnement et laisse de côté ceux qui ne peuvent que contredire sa thèse. De plus, il en oublie de contextualiser le processus du renouveau musical breton avec ce qu’il se passe à travers l’Europe depuis le début du XIXè siècle.

En forçant le trait, en faisant des rapprochements imaginaires, il en arrive à donner une vision bien noire d’un renouveau musical qui est un vrai atout de la Bretagne moderne. C’est dommage et regrettable.

Peu d’espoir de retrouver intact le cœur reliquaire d’Anne de Bretagne

Comité Anne de Bretagne, 19 avril 2018

France Bleu Bretagne, 18 avril 2018
Selon nos informations, après le vol du cœur reliquaire d’Anne de Bretagne dans la nuit du 13 au 14 avril au musée Dobrée, la police judiciaire de Nantes a peu d’espoir de retrouver intact l’écrin en or. Il aurait été dérobé pour être fondu.

Le reliquaire d'Anne de Bretagne, en 2014

Selon les informations de France Bleu Loire Océan, la police judiciaire est « inquiète » sur le devenir du cœur reliquaire d’Anne de Bretagne, de la statuette hindoue dorée et des dizaines de pièces d’or dérobés dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 avril au musée Dobrée de Nantes.
En effet, au vu du mode opératoire, tout porte à croire que l’objectif des voleurs était de « fondre cet or pour en faire des lingots ». L’hypothèse d’un collectionneur qui aurait « commandé » ce vol aurait donc du plomb dans l’aile. Selon les premiers éléments de l’enquête confiée à l’antenne nantaise de la PJ et à l’office central de lutte contre le trafic de biens culturels, le cambriolage « porte très probablement la signature de personnes issues de la communauté des gens du voyage » : selon nos informations, les vitrines où se trouvaient ces objets ont été détruites « à coups de masse », ce qui est un procédé caractéristique.

Les quatre cambrioleurs se seraient laissés enfermer dans le musée vendredi soir

Plus précisément, d’après nos informations, les cambrioleurs étaient au nombre de quatre, comme le montre clairement une vidéo tournée par une caméra de surveillance installée au musée Dobrée, mais ces individus sont difficilement reconnaissables notamment parce qu’« ils portaient un casque » cette nuit-là.
L’alarme s’est déclenchée à 3h30 samedi matin, mais l’agent de sécurité arrivé sur place n’a alors pas constaté d’anomalie ou de trace visible de casse. Et ce n’est que vers 11h30 qu’un agent du Département a découvert le « désastre » : selon une source proche de l’enquête, les quatre cambrioleurs ne seraient pas entrés par effraction dans le musée, mais « se seraient laissés enfermer » vendredi soir au moment de la fermeture et auraient attendu le moment le plus propice et le plus calme pour agir.
Ce cambriolage a suscité une grande émotion à Nantes et en Bretagne, ainsi que l’indignation du président du conseil départemental, propriétaire du musée Dobrée. Aussitôt après, le comité Anne de Bretagne s’est proposé comme « médiateur confidentiel » entre les voleurs et le propriétaire du cœur reliquaire d’Anne de Bretagne, objet d’orfèvrerie d’une valeur inestimable, datant de la mort de la duchesse Anne en 1514 et conservé au musée Dobrée depuis 1886.
Mais à ce jour, le comité Anne de Bretagne, qui propose de le joindre via une adresse mail, explique n’avoir reçu « aucune information », aucun contact, permettant de retrouver l’écrin précieux dans l’état dans lequel il était conservé. Contactée par France Bleu Loire Océan, la police judiciaire de Nantes se refuse à tout commentaire sur cette enquête en cours.

Antoine Denéchère

Bataille gagnée pour le Mémorial Nominoë

Les acteurs du projet du Mémorial de Nominoë étaient réunis mardi à la Nouvelle métallerie de Kerpont près de Lorient où sont réalisés et assemblés les cercles d’aluminium perforés. | Pierre Wadoux


Ouest-France, 11 avril 2018


En cours de finition à Caudan, le monument contemporain à effet cinétique sera scellé en mai sur le site dit de La Bataille à Bains-sur-Oust.

 Ils en imposent déjà avant de s’imposer bientôt, au coin du bois, sur le site dit de La Bataille à Bains-sur-Oust près de Redon. Ces deux cercles d’aluminium de trois mètres de diamètre sont l’œuvre de l’artiste contemporain Jean-Pierre Baudu, originaire de Redon. Ils symbolisent une victoire, acquise par Nominoë en 845 sur un terrain mouvant et glissant entre Oust et Vilaine. C’est là que celui qui devint, selon la légende, premier roi de Bretagne, mit en déroute l’armée franque conduite par Charles Le Chauve, petit-fils de Charlemagne.

Cercles d’aluminium

Un fil d’histoire tissé par la fédération d’associations Le Poellgor. Ses membres se mobilisent de longue date, dans la droite ligne de la tradition orale bretonne, pour renouer avec ce passé baigné de légendes, guetté par l’oubli… « Nous voulions célébrer, explique Patrick Renaud, vice-président du Poellgor, cette victoire sur les Francs qui a donné à la Bretagne ses frontières actuelles. Il n’existait pas, à ce jour, de monument commémoratif à visée pédagogique ».Les deux cercles d’aluminium réalisés par la Nouvelle métallerie de Kerpont à Caudan ont été assemblés mardi. La structure de poinçonnage a été conçue par des spécialistes de la pixellisation, le bureau d’études quimpérois, Acianov.

Oeuvre singulière

 « Cette œuvre d’art singulière fera, grâce aux perforations, apparaître l’image de Nominoë, détaille Patrick Renaud. Ces deux disques seront eux-mêmes placés au centre d’un cercle celtique de granite ceinturant le tertre du mémorial ». Viendra bientôt le temps de l’inauguration, calée le samedi 26 mai. Elle rassemblera, lors d’une grande fête populaire, l’ensemble des acteurs de ce projet soutenu par la Région mais aussi les nombreux donateurs captivés par cette aventure revenue de la nuit des temps…

mercredi 28 mars 2018

Catalogne: lettre aux consuls d'Allemagne en Bretagne

Carles Puigdemont, Président de la Généralité de Catalogne


Suite à l'arrestation de M. Puigdemont , président de la Catalogne, en Allemagne, voici le courriel que j'ai adressé aux 3 consuls d'Allemagne présents en Bretagne. Vous trouverez leurs coordonnées sous ce courrier si vous souhaitez aussi réagir auprès d'eux.

Courrier aux 3 consuls d'Allemagne en Bretagne

Bonjour,



Juste un mot pour vous indiquer que je suis particulièrement déçu par les autorités allemandes qui ont accepté d’interpeller M Puigdemont, président de la Catalogne, obéissant ainsi à un mandat d’arrêt européen émis par les autorités de Madrid.



Outre le fait que ce mandat d’arrêt européen est détourné de sa vocation anti-criminelle à des fins politiques par les autorités espagnoles, que les principaux pays de l’Union européenne acceptent sans sourciller cette interprétation pour le moins contestable relève , en ce qui me concerne, d’un véritable scandale anti-démocratique.



C’est l’honneur des “petits pays” d’avoir refusé jusqu’à présent d’accéder aux demandes madrilènes.



Pour finir,  je ne peux que vous rappeler qu’il y a déjà eu un président catalan arrêté par la police allemande, livré à Madrid et fusillé: Lluys Companys, arrêté à La Baule en 1940. Certes il s’agissait de la police nazie, certes il s’agissait de l’Espagne franquiste, mais pour le moins, les autorités allemandes devraient éviter de se mêler de la politique catalane, l’arrestation de M Puigdemont ne pouvant que rappeler le précédent de Lluys Companys.



C’est avec ce genre d’attitude que les états tuent l’idée européenne.



Avec mes meilleures salutations bretonnes et européennes,



Jacques-Yves Le Touze
Lorient


Agir en Bretagne en soutien à la Catalogne 
 CONSUL D'ESPAGNE : • Rennes : sanchez.jean-pierre@wanadoo.fr 
CONSULS D'ALLEMAGNE en Bretagne:
•  Nantes nantes@hk-diplo.de
• Rennes rennes@hk-diplo.de 

mercredi 21 février 2018

Florian Bachelier, ce député qui ne comprend rien à la Bretagne.

Suite à l'article paru ce matin dans Ouest-France en page Bretagne annonçant son cavalier seul concernant la carte judiciaire de Bretagne ( voir l'article ici ) , j'ai envoyé à ce député d'Ille-et-Vilaine le courriel suivant :


Bonjour,
Je dois dire que j’ai été très déçu de lire ce matin dans Ouest-France qu’un député breton se désolidarisait d’une démarche unitaire pour le maintien de la Bretagne judiciaire sur nos 5 départements. 

Contrairement à ce que vous affirmez, il ne s’agit pas d’une instrumentalisation ni d’un sujet qui n’en est pas un mais d’un élément fondamental de l’identité de la Bretagne.
À moins de ne rien connaître à ce qu’est la Bretagne et ne rien comprendre à ses différentes dimensions, votre position ressemble à une sorte de coup de couteau dans le dos des habitants d’ici. 

C’est regrettable . Depuis 50 ans la Bretagne a progressé quand ses élus ont serré les coudes . La désunion n’a apporté que des mauvaises nouvelles .
Dans cette perspective, votre prise de position est une mauvaise nouvelle et particulièrement incompréhensible. À moins que l’avenir de la Bretagne ne vous laisse indifférent, je n’ose y croire.

Bien cordialement.

Vous pouvez vous aussi vous adresser à Florian Bachelier ici : https://www.florianbachelier.fr/contact/

Florian Bachelier, député Lrem d’Ille-et-Vilaine et premier questeur de l’Assemblée Nationale
 

dimanche 14 janvier 2018