samedi 26 août 2017

Un quaich en provenance d'Ecosse

Surprise de trouver dans son courrier un paquet en provenance d’Écosse et plaisir d'y découvrir un Quaich aux armes du Parlement écossais.

Le Quaich (du gaélique "cuach"), c'est cette petite coupe qui depuis des siècles sert à déguster le whisky entre hôtes, entre amis, entre alliés, pour remercier ou honorer quelqu'un.

Tous mes remerciements à Alex Salmond !

jeudi 17 août 2017

« Notre rêve ne mourra jamais », par Alex Salmond. Entretien avec Jacques Yves Le Touze

NHU, 17 août 2017

Entretien avec Jacques Yves Le Touze, spécialiste breton des questions écossaises, à propos de Alex Salmond, ex Premier Ministre d’Écosse et de son dernier ouvrage.

De formation économiste, Alex SALMOND sera Député au Parlement d’Écosse. Puis Premier Ministre d’Écosse de 2007 à 2014. Vice chef du SNP dès 1987, il en prendra la direction en 1990. Enfin il mènera campagne dès 1997 pour la dévolution de l’Écosse.
Alex SALMOND démissionnera de sa responsabilité de Premier Ministre d’Écosse à la suite de l’échec du référendum de 2014 sur l’indépendance de son pays. Sa vice Première Ministre Nicola STURGEON prendra alors la direction de l’Écosse.
Le SNP passera en trente ans de trois Députés à cinquante six, sur les cinquante neuf que compte le Parlement écossais.
Alex SALMOND a récemment écrit « Notre rêve ne mourra jamais – L’Écosse sur la voie de l’indépendance », que vous venez de traduire en français.
 

Jacques Yves Le Touze, tout d’abord, pourquoi avoir ressenti le besoin de traduire en français cet ouvrage de Alex Salmond ?

 

Depuis très longtemps (dès le lycée), je suis intéressé par le monde celtique, celui des nations dites celtiques que l’on retrouve dans les îles britanniques et j’ai toujours pensé que la Bretagne devait s’insérer dans ce monde. Pour de nombreuses raisons, historiques, culturelles, linguistiques, politiques, nous avons tout intérêt à nous rapprocher de nos cousins celtes pour sortir du tête à tête quelque peu mortifère avec Paris. J’ai participé à de nombreuses initiatives en ce sens au fil des ans. A la fin des années 90, je me suis intéressé plus particulièrement à l’Écosse où le mouvement pour l’émancipation nationale prenait de plus en plus d’ampleur. J’ai adhéré au SNP (Scottish National Party) pour simplement voir au début comment ce parti fonctionnait et depuis j’en suis resté membre. Bien évidemment, j’ai suivi avec grand intérêt l’ascension assez fulgurante d’Alex SALMOND passant de leader du SNP au poste de Premier ministre d’Écosse et organisant en 2014 le premier référendum sur l’indépendance écossaise.


Cette évolution remarquable de la vie politique écossaise est assez étonnante et quand Alex SALMOND a publié son livre en anglais rapportant au jour le jour le déroulement des évènements conduisant au référendum, je me suis dit qu’il serait intéressant de le mettre à la disposition des nos compatriotes pour qu’ils en tirent quelques leçons. Cette idée est restée en l’état jusqu’à la publication fin 2015 de la seconde édition du livre d’Alex qui y intégrait les élections législatives du printemps 2015 qui virent une victoire historique du SNP.


Cette traduction … une évidence.

Là il me devint évident qu’il fallait “faire quelque chose ». A l’automne 2016, j’ai proposé à Yoran Embanner de publier la version en français de cet ouvrage et le livre est sorti en Juillet 2017. L’Écosse n’est pas la Bretagne mais il me semble intéressant de voir de l’intérieur le déroulement d’un processus qui a changé pour toujours la société écossaise et qui a fait trembler sur ses bases le système britannique. Nous avons pas mal de leçons à en tirer ici en Bretagne, vu la situation assez pitoyable dans laquelle nous nous retrouvons.

Vous êtes un spécialiste de l’Écosse et en particulier de la démarche du SNP Scottish National Party. Vos commentaires sur l’évolution de ce parti qui fait trembler les bases mêmes de ce qu’il est encore convenu d’appeler le Royaume Uni ?

 

Alex SALMOND a fait du SNP une machine politique extrêmement efficace parce qu’avant tout, le positionnement du parti est très clair : pour l’indépendance de l’Écosse, pour l’Europe, pour la protection sociale et le dynamisme économique, autrement dit “social-démocrate”. Son programme permet à de nombreux secteurs de la société de s’y retrouver, à droite comme à gauche. Cette capacité à unir les Écossais ainsi que son pragmatisme fait sa puissance : depuis 87, le SNP est passé de trois députés à Westminster à trente cinq actuellement. Depuis dix ans, le SNP gouverne à Édimbourg. Le SNP n’a jamais renié son progressisme, ses positions sociales mais a su par son discours indépendantiste attirer des électeurs au-delà du secteur “centre-gauche”.
 

Le SNP Scottish National Party transforme le paysage politique de l’Écosse.

 

En une cinquantaine d’années et jusqu’il y a peu, son positionnement lui a permis de siphonner les votes “pro-Écosse” de droite, du centre et depuis le référendum, de gauche. C’est assez remarquable tout ceci sans abandonner sa ligne politique “centre-gauche”. Les succès du SNP sont en train de transformer le paysage politique écossais en deux blocs : les “pro-indépendance” d’un côté comme le SNP, les Verts et divers mouvements, et les unionistes de l’autre côté comme les Conservateurs, les Travaillistes ou les Libéraux-démocrates. Ces deux blocs sont actuellement quasiment à égalité et l’avenir de l’Écosse va se jouer sur la capacité du camp indépendantiste à rassembler encore plus large. Les dernières élections législatives de 2017 ont vu cette cristallisation des votes indépendantistes et unionistes.
 
 
Conférence Festival Interceltique Lorient – Photo Michel THIERY

Bientôt l’indépendance de l’ Écosse …

C’est une situation nouvelle qui va nécessiter de la part du SNP de développer une nouvelle stratégie. Jusqu’à présent le SNP faisait face à trois partis unionistes. Désormais le SNP devra faire face à une sorte “d’union sacrée” plus ou moins explicite pour contrer les avancées indépendantistes. En un sens, c’est assez normal. La question est de savoir si le SNP va être en capacité de continuer à écraser le Labour britannique tout en limitant les succès des Conservateurs qui semblent devenir les leaders du camp unioniste. Le Brexit est un élément qui va perturber le jeu et pour Alex SALMOND, c’est ce Brexit et son impact qui détermineront la date du prochain référendum sur l’indépendance écossaise. Tout reste ouvert et le SNP va devoir faire face à de nombreux défis pour pouvoir passer outre et conduire le pays à l’indépendance. Tout reste ouvert et c’est ce qui est passionnant. Une remarque : malgré tous les blocages et les peaux de banane, le fait est que ce débat politique se passe dans des conditions démocratiques assez uniques que, par exemple, les Catalans envient. L’Écosse est un espoir pour l’ensemble des nations sans état d’Europe : son indépendance encouragerait nombre d’entre elles à obtenir une évolution de leur statut. C’est d’ailleurs la crainte de Madrid ou Paris.

Selon vous, quels sont les points de ressemblance, s’il y en a, entre l’évolution politique de l’Écosse et de la Bretagne ? Et nos points de divergence ? Sachant que nous avons à faire à deux peuples celtes cousins, avec une population assez similaire en nombre d’habitants : 5,3 millions pour l’Écosse et 4,6 millions pour la Bretagne.

L’Écosse et la Bretagne sont des pays trilingues : scots, anglais et gaélique pour l’Écosse; gallo, français et breton pour la Bretagne. Ce sont les deux seules nations celtiques à avoir développé un cadre étatique stable pendant plusieurs siècles. A part ça, leur situation est assez divergente. Lors de l’union avec la France en 1532, la Bretagne a sauvegardé une grande part de ses institutions mais la révolution française a tout mis à bas. L’union avec l’Angleterre en 1707 a permis à l’Écosse de garder jusqu’à présent son système bancaire, son système d’enseignement, son système judiciaire. Le niveau de conscience nationale dans les deux pays n’est pas le même du fait de ces différences historiques. Par ailleurs, l’Écosse a toujours été considérée comme une nation au Royaume-Uni. Ici en hexagonie, la Bretagne est “une nation interdite” comme l’a dit très justement le député Paul MOLAC il y a peu. La situation politique n’est donc pas la même et l’on peut dire que la Bretagne est politiquement dans une situation critique qui peut même poser la question de son existence à moyen ou long terme. Je pense que l’évolution politique de l’Écosse peut néanmoins nous enseigner un certain nombre d’éléments qui peuvent nous aider à nous sortir de l’ornière dans laquelle nous nous retrouvons. Je dirai avant tout clarté, pragmatisme, constance. Nous avons tout entre nos mains pour faire aussi bien que les Écossais . Manque notamment une grosse dose de réalisme.
 

Vous avez organisé la venue, tout à fait exceptionnelle, d’Alex Salmond, au Festival Interceltique de Lorient il y a quelques jours. Hormis la présentation de son livre que vous venez de traduire en langue française, quelles retombées de cette visite ?

La venue d’Alex SALMOND à l’Interceltique a été un évènement exceptionnel en effet, et tout à fait réussi grâce notamment au directeur du FIL, Lisardo LOMBARDIA. Le but de cette visite de mon point de vue, en dehors du lancement de la version française de son livre, était d’une part de “faire parler” Alex SALMOND lors d’une conférence publique qui aura rassemblé près de 250 personnes, d’autre part de lui permettre de s’exprimer dans de nombreux médias bretons et français. Je crois que sur ces deux points, sa visite aura été un succès.
Il est quand même intéressant de pouvoir donner des espaces de parole à un leader politique qui porte un projet révolutionnaire qui aboutirait à la création du second état celtique indépendant. Je rajouterai un point qui nous concerne directement : ça aura aussi permis de lui faire découvrir ce qu’est la Bretagne actuelle.
Le nouvel ouvrage de Alex SALMOND, « Notre rêve ne mourra jamais », traduit en langue française par Jacques Yves LE TOUZE, est édité aux Éditions Yoran Embanner – www.yoran-embanner.com

lundi 14 août 2017

Interceltique 2017: quelques impressions festivalières.

Au lendemain de la fin du 47ème Festival interceltique de Lorient, voici quelques impressions personnelles tout à fait subjectives sur ce que j'ai vu, entendu, vécu durant ces dix jours quelque peu fous.

Je reviendrai par ailleurs sur les quatre journées passées avec Alex Salmond, l'ancien Premier ministre d’Écosse, qui furent particulièrement riches en échanges et en histoires en tout genre.

Le fait est que cette "Année de l’Écosse" fut un véritable succès quasiment à tous les niveaux.

Pour en rester uniquement à la présence écossaise, le choix du FIL de travailler avec HebCelt (le festival celtique des Hébrides) et Creative Scotland s'est révélé extrêmement positif avec la présence de jeunes groupes très dynamiques et enthousiasmants. La soirée d'ouverture au Théâtre de Lorient et la Grande soirée de l’Écosse à l'Espace Marine, toutes les deux "sold out", ont présenté une scène musicale écossaise renouvelée et talentueuse. Un vrai plaisir. Sans parler du pavillon écossais qui de midi à 1h du matin a proposé une programmation d'enfer qui a emporté les foules. Pour une fois, le pavillon acadien faisait pâle figure à côté du raz-de-marée écossais. Les Écossais ont mis la barre très haut . Au Pays de Galles de relever le défi pour 2018.



Ce que j'ai aimé

- la délégation écossaise, c'est évident, a mis un punch pas possible à cette édition du FIL. Une petite remarque sur la créativité et le dynamisme de la (petite) communauté gaélique écossaise. Qu'une communauté aussi réduite en nombre soit capable d'une telle richesse culturelle est vraiment remarquable. L'accompagnement institutionnel et politique est là (on y reviendra), ce qui est nécessaire mais ça n'explique pas tout .

- dans un tout autre domaine, le bilinguisme français-breton progresse dans la signalétique et la communication du FIL , ce n'est pas parfait mais ça progresse.

- la réorganisation du Quai de la Bretagne qui donne de l'espace pour se poser, déjeuner et/ou dîner au bord de l'avant-port de Lorient.

- la grande parade vue du stade du Moustoir: ça faisait quelques années que je n'y étais pas allé et je dois avouer que j'y ai pris grand plaisir . J'ai même ressenti une sorte de fierté devant la prestation des bagadoù et cercles bretons durant cette parade .... Comme quoi ....

- le championnat national des bagadoù: vraiment un moment incontournable et une vitrine de l'excellence actuelle des musiciens bretons.

- la gentillesse et le professionnalisme des équipes du FIL

- la réorganisation de l'Espace Paroles , pas mal du tout avec la nouvelle implantation de la tribune débats et exposés.

- les prestations de Gwennyn, Amy MacDonald, Runrig entre autres




Ce que je n'ai pas aimé

- la cacophonie du festival off avec le syndrome "c'est à qui  fera le plus de bruit" ... Insupportable.

- le rappel en boucle par certains politiques locaux de "notre" vieille amitié avec l’Écosse, la "Auld Alliance" (alliance entre l’Écosse et la France).... Ouais sauf qu'à cette époque-là, la Bretagne était alliée avec l'Angleterre pour contrer les appétits français..... Quand on parle pays celtiques, ce serait bien d'avoir un minimum de connaissances avant de raconter n'importe quoi ...

- la fête foraine : là je me répète mais je trouve qu'elle n'a rien à faire au centre-ville en même temps que le FIL ... En un certain sens, ça casse l'ambiance. Mieux vaudrait qu'elle prenne la suite du FIL sur la seconde quinzaine d'août, Lorient en aurait d'ailleurs bien besoin..

- l'Espace Marine: que je n'aime pas cette salle , inconfortable, à la sono bizarroïde , à la dimension inadaptée. Pas trop mal pour la Grande nuit d’Écosse,  uniquement passable (malheureusement) pour Amy MacDonald, catastrophique pour Runrig. Bon là, on touche un problème récurrent à Lorient, le manque d'une salle de 2000/2500 places en centre-ville, demandée depuis des années sinon des décennies par nombre d'acteurs de la vue culturelle locale dont le FIL. Et ben non, rien,à l'horizon. En revanche, on continue à créer des mini-salles à Lorient et dans le pays de Lorient. Et on a toujours besoin d'une salle capable d'accueillir 2000/2500 personnes sans les envoyer au parc des expositions (dans des conditions d'ailleurs très médiocres). C'est assez incompréhensible pour une ville qui accueille l'un des festivals les plus importants de Bretagne depuis.... 47 ans.

- l'absence de la langue bretonne lors de la soirée d'ouverture au Théâtre de Lorient: c'est totalement insupportable. Gageons que pour l'Année du Pays de Galles en 2018, la langue bretonne sera incontournable y compris le soir d'ouverture au Théâtre.



A suivre .......



  

mardi 1 août 2017

Le référendum écossais par Alex Salmond

Page Bretagne, Ouest-France, 1er août 2017


Rendez-vous le lundi 7 août à 14h au Club K Moustoir (Salon du Port, Stade du Moustoir, Lorient).

La conférence sera suivie d'une séance de dédicaces pour ceux qui souhaitent se procurer l'ouvrage, par ailleurs disponible en librairie et auprès de l'éditeur Yoran

lundi 31 juillet 2017

Alex Salmond : « L’Écosse a voté pour rester au sein de l’Union »

Ouest-France, 29 juillet 2017

Alex Salmond sera au Festival interceltique qui célèbre l’Écosse du 4 au 13 août.
Alex Salmond sera au Festival interceltique qui célèbre l’Écosse du 4 au 13 août.


Recueilli par Christian GOUEROU.


L’ancien Premier ministre d’Écosse de 2007 à 2014, et ex-leader du Parti écossais (SNP) de 2004 à 2014, pense que Londres doit associer Édimbourg aux négociations du Brexit. Alex Salmond donnera une conférence ouverte au grand public, le lundi 7 août à 14 h, au Club K Moustoir, à Lorient, sur le thème de "Entre Brexit et indépendance, quelle place pour l’Écosse dans l’Europe de demain ?".

Entretien

La majorité des Écossais a voté contre le Brexit. Pensez-vous que l’Écosse arrivera à s’inviter dans les négociations entre Londres et Bruxelles ?
Il est tout à fait clair que le gouvernement écossais de même que le gouvernement gallois devraient être parties prenantes dans les négociations à venir. Les dernières élections l’ayant affaibli, le gouvernement de Londres va sans doute être obligé d’associer directement Édimbourg aux discussions. Nous n’en sommes qu’au tout début des négociations et déjà la position de Westminster est des plus inconfortables. Le Financial Times titrait il y a peu sur l’humiliation que va subir le gouvernement de Westminster face à l’UE. Dans ces conditions, Londres doit tenir compte des positions des autres parties prenantes au sein du Royaume-Uni dont en premier celles de l’Écosse qui a clairement voté pour rester au sein de l’Union européenne. Le but premier du gouvernement écossais dans ces conditions est d’éviter au maximum les dégâts qu’occasionnerait un Brexit tel qu’imaginé par Londres.

La coalition entre Theresa May et le Parti unioniste démocrate (DUP, conservateur protestant) est-elle un mauvais signe pour vous ?
Cet accord entre Theresa May et les unionistes nord-irlandais souligne la situation désespérée où se retrouve le gouvernement de Londres, obligé de promettre un milliard de livres pour obtenir les voix du DUP, ce qui a paru injuste aux yeux des autres nations du Royaume-Uni. Par ailleurs, cette alliance entre Londres et un des partis nord-irlandais va à l’encontre des accords du Vendredi saint qui stipulent la neutralité du gouvernement britannique. Le problème de la frontière entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande est l’un des points majeurs de négociation mis en avant par l’Union européenne : sur ce sujet, la position de Londres et des unionistes est différente et cette alliance circonstancielle ne va pas faciliter l’élaboration d’une solution acceptable par les Irlandais.

Suite à l’échec du référendum écossais, quelle stratégie pour obtenir l’indépendance à moyen ou long terme ?
La question d’un second référendum ne relève pas d’une actualité immédiate mais le Brexit va le remettre à l’ordre du jour beaucoup plus vite que prévu. Juste un point d’histoire : quand j’ai été élu pour la première fois en 1987, nous n’étions que 3 députés SNP, aujourd’hui malgré la perte de plusieurs sièges récemment, nous avons 35 députés ; notre Parlement a été rétabli, le gouvernement écossais est dirigé par le SNP et le soutien pour l’indépendance est bien plus large qu’auparavant. Les conditions sont réunies pour la tenue d’un second référendum. Quand ? La Première ministre Nicola Sturgeon a été parfaitement claire : il est probable que le Brexit va nous conduire dans une situation difficile et il est vital pour l’Écosse de garder ses liens avec l’Union européenne. Si le Brexit porté par Londres met en cause ces liens, il est de notre devoir de proposer aux Écossais de se prononcer sur notre indépendance.

Bruxelles soutient Madrid dans le bras de fer avec la Catalogne : le ton de l’UE à l’égard des indépendantistes catalans vous déçoit ?
L’Union européenne est là pour promouvoir les valeurs qui ont conduit à sa création, la démocratie et les droits de l’homme. Les officiels de Bruxelles n’ont pas vocation à prendre des positions pro ou anti Catalogne, ni à s’ingérer dans les affaires intérieures des États membres, si ce n’est à défendre le principe de démocratie, le vote démocratique, les processus démocratiques non-violents, ce qui est l’essence même de l’Union européenne. Il faut faire attention : l’Union européenne ne doit pas sacrifier ses principes au nom des intérêts des plus grands états-membres.

mercredi 26 juillet 2017

Alex Salmond au Festival interceltique de Lorient




Pour son édition 2017, le Festival interceltique célèbre l’Écosse du 4 au 13 août à travers de nombreux concerts, spectacles, expositions et conférences.

C'est dans ce cadre qu'Alex Salmond, l'ancien Premier ministre écossais, donnera une conférence ouverte au grand public, le lundi 7 août à 14h, au Club K Moustoir, Salon du Port, Stade du Moustoir Tribune sud, rue Pierre Guergadic (1er étage) à Lorient, sur le thème de "Entre Brexit et indépendance, quelle place pour l’Écosse dans l'Europe de demain ?".

L'occasion de faire le point sur la situation politique en Écosse et au Royaume-Uni avec celui qui fut pendant 7 ans Premier ministre d’Écosse et leader du SNP ( Scottish national Party) et qui porta l'organisation du premier référendum sur l'indépendance écossaise en 2014.

A l'issue du débat, Alex Salmond recevra la médaille de l'Institut Culturel de Bretagne en hommage au travail réalisé par son gouvernement en faveur de la langue gaélique et de la culture écossaise.

A la suite, Alex Salmond dédicacera l'édition en français de son ouvrage "Notre rêve ne mourra jamais !" (Yoran éditeur) déjà édité en anglais, en gaélique écossais et en basque.







mercredi 14 juin 2017

Une nouvelle appli pour l'Interceltique de Lorient



Grâce à cette appli disponible gratuitement sur App Store et sur Google Play, tout possesseur de smartphone pourra consulter directement sur son téléphone la programmation, découvrir et écouter les artistes de l'édition 2017, réserver ses places.

L'appli présente aussi les lieux du festival et permet d'accéder à la web tv du festival.

Nouveauté de cette année, à travers l'appli , il est désormais possible de créer son compte et de recharger sa carte Celticash qui permet de régler un certain nombre de dépenses sur les sites du festival.

Cette appli est le fruit du partenariat entre le FIL et le Crédit Agricole et a été développée par Greencooper fondateur de golive.fm.

A télécharger gratuitement sur Apple store et Google play dès à présent.


jeudi 8 juin 2017

Royaume-Uni: résultats des législatives 2017 dans les pays celtiques


Teresa May, Premier ministre britannique.

Les législatives 2017 qui se sont déroulées ce jeudi ont changé la donne politique dans l'ensemble du Royaume-Uni mais aussi dans les pays celtiques.

- Irlande du nord: sur 18 sièges, 10 reviennent au DUP (unioniste), 7 au Sinn Fein (républicain irlandais), 1 à une indépendante. La progression du DUP et du Sinn Fein se fait au détriment du SDLP ( nationaliste irlandais modéré) et de l'UUP (unioniste) . Le paysage politique est désormais scindé en deux blocs tant en nombre de voix que géographiquement.

- Pays de Galles: malgré une baisse globale de son pourcentage de voix (10,4% soit - 1,7%), le Plaid Cymru (nationaliste gallois) emporte 4 sièges soit un de plus que précédemment en gagnant le Ceredigion . Le Labour obtient 28 sièges (+3), les Conservateurs 8 (-3) , les Libéraux démocrates perdent leur seul siège.

- Ecosse: le SNP (nationaliste écossais) reste le premier parti d'Ecosse en obtenant son second meilleur résultat depuis les années 1970 mais subit un recul sévère par rapport aux législatives de mai 2015 qui dans la dynamique du référendum lui avaient donné 56 sièges. Cette année, le SNP remporte 35 sièges soit une perte de 21 sièges dont ceux de deux personnalités historiques Angus Robertson et Alex Salmond; les Conservateurs remportent 13 sièges (+12), le Labour 7 (+6), les Libéraux-démocrates 4 (+3). Ces résultats auront sans aucun doute un impact sur le second référendum sur l'indépendance qui devrait être remis à plus tard.

Globalement, l'échec des Conservateurs qui n'obtiennent pas la majorité absolue à Westminster va sans doute les amener à constituer un gouvernement minoritaire en s'appuyant sur les unionistes nord-irlandais du DUP .

vendredi 19 mai 2017

Gouel Erwan laouen d'an holl !

Gouel Erwan laouen d'an holl ! Joyeuse St Yves à tous les Breton/nes et à tous les ami/es de la Bretagne ici et à travers le monde !


St Yves à la Vallée des Saints en Carnoet.

mardi 21 mars 2017

Quand je rencontrais Patrick Pearse .......

Ci-dessous mon texte paru dans la réédition de la biographie de Patrick Pearse par Louis-Napoléon Le Roux, en 2016, par l'ICB (disponible en librairies, diffusion Coop Breizh).

A l'occasion des célébrations du centenaire du soulèvement de Pâques 1916, en mars 2016, le Président de la République d'Irlande, Michael D. Higgins a donné une interview à la télévision publique irlandaise RTE et notamment exprimé son opinion sur cet événement fondateur de l'Irlande moderne. A la question de savoir si ce soulèvement armé était réellement nécessaire, le Président Higgins de rappeler que c'était grâce aux combattants de l'époque au premier rang desquels les signataires de la proclamation de la République d'Irlande, que l'Irlande pouvait être aujourd'hui libre, et que l'ensemble des Irlandais pouvaient leur en être reconnaissants,

Parmi ces signataires, l'une des figures les plus marquantes est celle de Patrick Pearse, enseignant, militant, combattant, intellectuel, porteur d'une force morale certaine, d'une vision mystique du destin irlandais. 



Patrick Pearse que je rencontrais, si je puis dire, à la fin des années 70 .

Au cours de mon cursus lycéen, j’eus la chance de passer plusieurs semaines à Dublin et de vivre la vie d'un lycéen irlandais, chose peu courante à l'époque. Ce Dublin que je découvrais n'avait pas grand chose à voir avec le Dublin actuel : alors une ville pauvre, aux quartiers abîmés, une Irlande qui tentait désespérément de sortir d'une situation insatisfaisante, une Irlande bousculée par la guerre qui avait repris en Irlande du nord, des professeurs qui préféraient parler de Palestine plutôt que de Belfast, une génération d'Irlandais rejoignant les USA, le Canada, l'Australie... Et moi un peu perdu dans tout ça, adolescent qui avait découvert quelque temps plus tôt avec quasi émerveillement ce monde caché de la matière bretonne, me retrouvait dans un univers tout à la fois proche et lointain, proche par la géographie, proche par bien des aspects culturels, mais éloigné , très éloigné du fait de l'économie, de la politique et de la guerre.

Hébergé dans une famille du sud de Dublin et dont les plus proches voisins venaient de Belfast avec le père boitant du fait d'un genou explosé par une balle, j'ai tôt fait de me plonger avec passion et aussi naïveté dans l'histoire irlandaise consacrant mes week-ends à partir en train ou en stop pour visiter Newgrange, Glendalough, Tara ou encore Monasterboice . En semaine, plutôt que de rentrer dans ma famille hôte qui passait son temps à se déchirer pour des raisons qui m'échappaient, je préférais rester jusqu'au départ du dernier bus au pub de la Ligue Gaélique y rencontrant des personnages hauts en couleur et aussi des Bretons, des jeunes et des anciens, insoumis ou réfugiés, que j'écoutais raconter des histoires plus incroyables les unes que les autres.
Pour donner des nouvelles à ma famille en Bretagne, j'allais régulièrement à la GPO, la poste centrale de Dublin, pour passer des appels en PCV , Cette GPO, haut-lieu du soulèvement de 1916, avec en son centre une petite statue de Cuchulain , ce héros de la mythologie irlandaise, dont je dévorais l'histoire. Toujours cette poste où un samedi, je me retrouvais mêlé à une grande manifestation de soutien aux prisonniers politiques d'Irlande du nord, et me voilà parti à suivre le mouvement sans trop savoir qui organisait quoi …...

Que de choses nouvelles, que d'impressions étonnantes pour le jeune Lorientais que j'étais dont les connaissances en matière de pays celtiques et particulièrement d'Irlande se limitaient (et c'était déjà beaucoup) à ce que présentait chaque année le Festival interceltique et aux animations du comité Lorient-Galway.

De fil en aiguille, j'explorais à Dublin les lieux marquants de la révolution irlandaise, me passionnant pour le renouveau irlandais, rêvant des héros du soulèvement, maudissant les « Brits », fantasmant sur une Bretagne qui suivrait l'exemple irlandais , Comme je devais le découvrir par la suite, le « virus irlandais » m'avait frappé à l'image de nombreux Bretons depuis un siècle.

Parmi tous ces personnages que j'admirais tels de nouveaux Cuchulain, c'est la figure de Patrick Pearse qui me faisait vibrer le plus, sans doute son côté tragique, romantique, mystique, un peu fou qui résonnait en moi. D'ailleurs, un petit buste de Patrick Pearse continue à trôner dans mon bureau bien des années plus tard …..

Ce premier long séjour à Dublin m'a finalement profondément marqué et l'Irlande reste ma seconde patrie après la Bretagne. Et par moment, j'aurais même envie de franchir le pas et d'en faire ma patrie tout court …...

Une dizaine d'années plus tard, alors que j'avais créé avec des amis, la revue d'histoire Dalc'homp Soñj, j’eus l'occasion en 1986 d'apporter ma pierre à la mémoire irlandaise et bretonne en publiant avec l'aide d'historiens bretons et irlandais un numéro spécial consacré au soulèvement irlandais de 1916. En travaillant sur le sujet et avec l'aide d' Eamon O Ciosain, universitaire irlandais et néanmoins excellent connaisseur de la Bretagne, je découvris un personnage tout à fait étonnant qui joua un rôle multiple entre l'Irlande et la Bretagne, Louis-Napoléon Le Roux . Alan Le Cloarec nous présente ce Breton devenu irlandais et qui travaillait pour des hommes politiques britanniques, un Trégorrois dont la vie fut un véritable roman qui mériterait d'être porté à l'écran..

Depuis 1986, j'ai toujours pensé qu'il serait intéressant de ré-éditer son œuvre principale, la biographie de Patrick Pearse, restée jusqu'à récemment une véritable référence en Irlande à tel point que l’État irlandais a acheté il y a quelques années l'ensemble des archives de Louis-Napoléon Le Roux. C'est aujourd'hui chose faite, que l'Institut Culturel de Bretagne en soit remercié.

Outre le travail biographique, il s'agit aussi d'un témoignage important de l'influence des événements irlandais de Pâques 1916 sur la Bretagne pour le meilleur et pour le pire tant dans les domaines politique, culturel, artistique, de l'entre les deux-guerres jusqu'à aujourd'hui.

Cette ré-édition est l'une des réalisations de cette année 2016, durant laquelle le Comité Irlande 2016 a organisé ou mis en valeur près d'une cinquantaine d’événements organisés en Bretagne autour du centenaire de Pâques 1916 prouvant une nouvelle fois si nécessaire la profondeur des liens entre nos deux pays.

Pour conclure cette petite introduction, je reviendrai aux propos du Président Higgins, qui lui aussi est un fin connaisseur de la Bretagne et que j'avais eu le privilège d'accueillir au colloque sur l'année de l'Imaginaire irlandais en 1996 à Lorient, propos tenus le 27 mars dernier. Dans l'échange avec la journaliste de RTE, le Président Higgins dit notamment la chose suivante : «  le soulèvement de Pâques 1916 a eu lieu parce que l'Irlande n'était pas libre, sa langue n'était pas enseignée, son histoire n'était pas enseignée » .

Jacques-Yves Le Touze

Comité Irlande 2016