jeudi 9 mai 2019

19 mai : un spectacle à ne pas manquer, Le Dragon et l’Hermine


Organisé dans le cadre de la Fête de la Bretagne par Kanomp Breizh et l’Orchestre des Pompiers du Morbihan sous l’égide du Comité Bro Gozh et avec le soutien de la Ville de Ploemeur, à la salle de l’Océanis à Ploemeur, le dimanche 19 mai, jour de la St Yves, à 17h.

L’Ensemble Choral de Bretagne (120 chanteurs et 9 musiciens dirigés par Jean-Marie Airault) et l’Orchestre des Pompiers du Morbihan (60 musiciens et un bagad de sapeurs-pompiers de 10 musiciens) proposent un spectacle de musiques venues du Pays de Galles pour célébrer les liens ancestraux entre la Bretagne et le Pays de Galles.

Ce voyage musical sera présenté par le poète brito-gallois Aneirin Karadog.
En première partie, la cantate An Aval hag ar C’haliz.

Ensuite, l’orchestre et le bagad des pompiers du Morbihan présentent les grands airs classiques qui savent émouvoir et provoquer le frisson.

Pour le final commun, l’orchestre d’harmonie, très proche de la forme des harmonies du Pays de Galles, présente un répertoire composé de chorals gallois repris par le chœur.

Le concert se terminera par l’interprétation en commun du Bro Gozh, l’hymne national de la Bretagne qui est aussi celui du Pays de Galles.

Lieu: L’Océanis, Ploemeur
Heure: 17h, dimanche 19 mai
Tarifs :
Plein tarif : 13 €
Tarif réduit : 10 €
8-15 ans : 6 €
Réservations:
– auprès de l’accueil de l’Océanis, la librairie Sillages, FNAC, Carrefour, Leclerc, etc.
– sur Ticketmaster
– sur Francebillet

dimanche 7 avril 2019

Quand la Bretagne inspirait les peintres irlandais

Comme indiqué précédemment, la Bretagne a accueilli de très nombreux artistes entre les années 1880 et 1910, dont des Irlandais.

Et l'on retrouve un certain nombre de leurs toiles actuellement à Dublin tant dans des institutions publiques comme la National Gallery ou des collections privées comme celle de l'Hôtel The Merrion.

Je vous propose ici non un recensement exhaustif des peintures d'inspiration bretonne de Dublin mais une promenade à travers quelques exemples. (qualité photographique moyenne, désolé !)

Portrait d'une Bretonne, par Roderic O'Conor, Collection The Merrion


 Roderic O'Connor, originaire de Roscommon, est sans doute le peintre irlandais le plus connu pour son inspiration bretonne. Ami de Paul Gauguin, il vint à Pont-Aven de nombreuses fois entre 1892 et 1904. Pour l'anecdote, c'est grâce à lui que la coiffe de Pont-Aven s'est retrouvé sur un timbre de la poste irlandaise....






A Convent Garden, Brittany, 1913, William Leech, National Gallery of Ireland


 William Leech (1881-1968) , né à Dublin, se passionna pour le port de Concarneau et y épousa d'ailleurs sa première femme, Elisabeth Saurin. Ce tableau représente une novice ( dont sa femme joua le modèle) dans le jardin du couvent et de l'hôpital des Sœurs du Saint-Esprit à Concarneau.
Cette œuvre reflète l'intérêt de William Leech pour la dimension religieuse de la Bretagne. A son retour en Irlande Leech rejoint les cercles artistiques de Dublin où il se lia d'amitié avec Jack Yeats ou encore la Comtesse Markievicz (qui devint l'une des figures du soulèvement de Pâques 1916).

The sunshade, 1913, William Leech, National Gallery of Ireland



Autre toile de William Leech peinte à Concarneau.

The Apple Gathering, 1883, Walter Osborne, Collection National Gallery of Ireland

Walter Osborne, originaire de Rathmine, près de Dublin (1859-1903), après des études artistiques en Irlande et en Flandres, vint travailler à Quimperlé à l'automne 1883 où il réalisa ce célèbre tableau .

The Friends of the Model, 1881, Harry Jones Thaddeus, Collection National Gallery of Ireland
Harry Jones Thaddeus, originaire de Cork ( 1859-1929), fut un portraitiste renommé tant en Irlande qu'en Grande-Bretagne. Ici, il se représente dans le studio qu'il s'est installé dans l'ancienne chapelle de l'hôpital de Concarneau.

The Fisherman's mother, 1892, Helen Mabel Trevor, Collection National Gallery of Ireland

Originaire du County Down, Helen Mabel Trevor ( 1831-1900) vint à plusieurs reprises en Bretagne et notamment à Concarneau entre 1881 et 1898.

Interior of a Church in Brittany, 1879, Aloysius O'Kelly, Collection National Gallery of Ireland.
Né à Dublin, Aloysius O'Kelly (1853-1936) vécut à Concarneau dans les années 1876-1880. Il est aussi connu pour ses travaux sur la situation politique irlandaise de l'époque, son frère étant l'un des amis de Charles Parnell.

The Hôtel Beaumanoir's Portal, Dinan, 1883, Joseph Malachy Kavanagh, Collection National Gallery of Ireland

Originaire de Dublin, Joseph Malachy Kavanagh (1856-1918) vint en Bretagne, sans doute en compagnie de Walter Osborne, et travailla du côté de Quimperlé, Dinan et Pont-Aven.



Et bien évidemment ce tableau de la collection de The Merrion dont j'ai parlé précédemment ici.

Il ne s'agit là que d'une promenade qui m'a permit de découvrir ces œuvres dont certaines très connues. Il est certain que Dublin recèle bien d'autres trésors en lien avec la Bretagne. Le travail de recension reste à faire.

samedi 6 avril 2019

Dublin: une peinture du Faouët encadrée en breton !



"La Bretagne, terre de peintres"..... et chacun de dire que ça fait un peu cliché. Oui et non en fait, tout dépend de la période dont on parle et les années 1880 -1910 ont vu en effet la Bretagne devenir un véritable paradis pour les artistes peintres.

Grâce à cet engouement artistique, la Bretagne se retrouve présente dans la plupart des grands musées d'Europe et d'Amérique du nord.

Dublin, capitale de l'Irlande et à cette époque précise, seconde ville du Royaume-Uni après Londres, ne déroge pas à cette règle et possède de nombreux tableaux en lien avec la Bretagne qu'ils soient exposés dans des lieux publics ou privés.

Je reviendrai prochainement sur ce sujet mais je voudrais dès à présent m'attarder sur le cas d'un tableau en particulier. L’œuvre d'un peintre peu connu, Walter Chetwood Aiken, né en 1866 et disparu en 1899 à l'âge de 33 ans.

Bien qu'il vut le jour à Bristol en Angleterre, sa famille possédait des terres près de Portarlington dans le comté Laois en Irlande. Du fait de sa disparition précoce, peu de choses sont connues à son sujet si ce n'est qu'il étudia à Paris avant de venir en Bretagne dans les années 1890.

Ce tableau, "La Fête de Ste Barbe" (Le Faouët), une de ses peintures bretonnes, fut exposée au Salon de Paris en 1898 et à l'Académie Royale de Londres en 1899, l'année de sa mort. Les œuvres connues de Walter Chetwood Aiken sont très peu nombreuses.

Cette toile combine à la fois une touche impressionniste et une structure complexe. Comme beaucoup d'artistes de cette période, Walter Chetwood Aiken fut attiré par la Bretagne du fait de ses costumes traditionnels et de sa culture singulière comme les pardons.

Particularité rare, son encadrement d'origine est gravé de plusieurs mentions en langue bretonne.



Acheté à une famille du Comté Laois,ce tableau fait désormais partie de la collection privée de l'un des plus beaux hôtels de Dublin, The Merrion. Cette collection est visitable en s'adressant à l'accueil.






Anecdotes irlandaises.....


Dublin, ce jeudi après-midi, direction la prison de Kilmainham (là où furent fusillés les leaders du soulèvement de Pâques 1916). Et nous voilà accueillis par l'un des responsables de l'équipe de guides. (échange en anglais que je résume ici).

Lui: Bienvenue, vous venez d'où ?
Moi: de Bretagne
Lui: Ah ! très bien, un pays celtique mais votre langue a quasiment disparu, non ? Pouvez-vous me dire quelques mots en breton ?
Moi: je lui dit 2/3 phrases en breton et je précise qu'il y a à peu près 200 000 personnes qui parlent breton.
Lui: ah bon ? mais c'est autant que chez nous
Moi: euh.... en Irlande, le gaélique est enseigné dans toutes les écoles
Lui: ah oui et on a une TV en gaélique, la signalétique doit être bilingue mais vous, en Bretagne, vous avez des problèmes avec l'état français, je crois
Moi: on peut dire ça
Lui: on a une grande actrice d'origine bretonne qui est venue visiter Kilmainham, Olwenn Fouéré, vous la connaissez ? Sa famille s'était réfugiée en Irlande .
Moi: oui et son frère a été ambassadeur d'Irlande.
Lui: en tout cas bonne visite et bon courage pour faire vivre la Bretagne.


Eh ben, c'est la première fois qu'un Irlandais lambda me parle comme ça de la Bretagne ....


Dublin ce jeudi soir: quand tu vas à un concert de jazz et que tu te retrouves à chanter « Happy Birthday, Mr President » parce que le président irlandais Michael D Higgins est dans la salle et qu’on embraye sur l’hymne irlandais...

mercredi 23 janvier 2019

Lorient: comment rattraper le “loupé” du Péristyle ?



Au delà de cette question quelque peu provocatrice, je souhaiterais juste faire part de quelques remarques au sujet de l’aménagement du quartier du Péristyle.

De fait, cet espace était l’un des sites les plus remarquables encore disponibles à Lorient, le site idéal pour un projet mêlant culture, loisirs, économie, un lieu  qui aurait pu devenir le site emblématique du “nouveau” Lorient.

Pour en rester à la Bretagne, d’autres villes ont su le faire (même si les échelles sont différentes) comme Brest avec le site des Capucins ou Nantes avec l’ancienne Ile Ste Anne.

La réhabilitation du Péristyle, c’était l’occasion de construire un lieu phare à l’architecture novatrice et esthétique offrant des équipements culturels actuellement absents à Lorient comme une salle d’exposition digne de ce nom, par exemple, mais aussi des lieux de loisirs et d’accueil, bref un vrai lieu de vie, un lieu vivant et attirant Lorientais et visiteurs.

Au lieu de ça, le plus bel espace a été gâché par un immeuble purement administratif ( ne nous arrêtons pas sur son architecture pour le moins contestable, sans parler de ses insuffisances techniques ), figeant le site et empêchant toute vie sociale réelle en soirée et le week-end; et ce gâchis continue par la construction d’immeubles de bureaux et d’habitations en front de mer, une sorte de privatisation du site.....

Oh, certes, on me répondra  qu’il y a des promenades .... encore heureux quand même ! mais quand on pense au potentiel qu’avait ce site, on reste quelque peu éberlué par le gâchis...

Alors comment atténuer ce loupé ? A mon avis, il n’y a pas 36 solutions désormais. Puisque, a priori, le musée de la Compagnie des Indes a pour vocation de revenir sur Lorient dans cet espace, il faudrait pour remettre de la vie dans ce site en faire un équipement d’exception, en contenu bien entendu mais aussi architecturalement, en faire un pôle culturel proposant outre le musée revu et agrandi, une vraie salle d’exposition, restaurant et bar donnant sur la rade d’une façon ou d’une autre (pour
gommer le mur d’immeubles en front de mer)... bref proposer quelque chose à voir et revisiter, proposer un endroit sympa pour passer du temps en famille ou entre amis, pour les Lorientais et nos visiteurs.

Espérons qu’il ne soit pas trop tard....

Jacques-Yves Le Touze 

Point de vue publié dans Ouest-France Lorient le 23 janvier 2019 

mercredi 19 décembre 2018

Nantes kidnappée par des élus nombrilistes !



Réunification de la Bretagne suite....

Le débat de lundi dernier matin au Conseil départemental de Loire-Atlantique sur la réunification de la Bretagne a permis de ré-entendre les arguments de ceux qui s'opposent de toutes leurs forces à la réunification de la Bretagne et à toute consultation de la population sur le sujet.

Dans ce contexte, les interventions d'élus de la Ville de Nantes ont été particulièrement notables et permettent de comprendre les raisons de leur opposition farouche.

Pour illustrer mon propos, vous trouverez, ci-dessous, un petit échange avec M. Bolo, premier adjoint au maire de Nantes, conseiller départemental, et élément central du système mis en place à l'époque de Jean-Marc Ayrault. M. Bolo a véritablement sonné la charge contre la réunification après avoir fait pleurer les chaumières en évoquant son premier disque, celui des Trois Jean de Nantes, ou bien sa participation aux manifestations pour la réunification quand il avait 17 ans, erreur de jeunesse, sic...


M Bolo: Eh oui ! Nantes est une ville de confluence et d'ouverture. Elle n'exclue pas, elle fédère. Elle ne segmente pas, elle rassemble. Elle sait d'où elle vient pour se tourner résolument vers son avenir. Nul ne l'enfermera ni ne la réduira à une seule part de ce qu'elle est, quelle que soit l'importance où le poids de cette part. Et sa part bretonne est trop fort, trop ancrée, trop évidente pour avoir besoin de s'enfermer, de s'isoler ou de se replier sur elle-même. Vive la Bretagne ouverte ! Vive Nantes !

Ma réponse: Pascal Bolo je dois dire que je ne comprends pas ce que vous dites .... en quoi le fait “d’être une ville ouverte” serait incompatible avec son appartenance à la Bretagne ?? Soit dit en passant, c’est le cas de la plupart des principales villes bretonnes .... Vous trouvez que Brest, par exemple, est une ville “enfermée dans sa part bretonne” ? Une “ville repliée” ? Une “ville isolée “ ? Ce raisonnement est incompréhensible en fait, sauf à croire que faire partie de la Bretagne signifie repli, renfermement, autarcie. Ce que ne pense quasiment personne si ce n’est quelques zozos qui ne supportent pas que la Bretagne existe. Nantes a tout à gagner à redevenir la principale ville bretonne et retrouver son rang de capitale de la Bretagne ce qui lui donnera aussitôt une véritable place sur la carte européenne à l’instar de Munich en Bavière ou Cardiff au pays de Galles. Laisser Nantes s’enfermer dans son petit espace nanto-nantais en fait une simple petite ville moyenne à l’échelle européenne , c’est vraiment du gâchis. Finalement, on a l’impression qu’une certaine bourgeoisie politique locale a mis la main sur un pré carré nantais et souhaite se le garder rien que pour elle au mépris des intérêts véritables de la population . Derrière des discours de façade d’une banalité rare, ville ouverte bla-bla-bla, ça relève plus en fait d’une vision nombriliste et fermée de la part de ces tenants du “nanto-nantais”, tout le contraire de la Bretagne actuelle.

De mon point de vue, il est évident que Nantes est devenue la "chose" personnelle de notables à l'aise avec une région pays de Loire inexistante et craignant une Bretagne dynamique, ouverte et dont les citoyens leur demanderaient de rendre des comptes. Les habitants de Nantes et de Loire-Atlantique sont pris en otage par ces notables.

Je rajouterai que dans leurs propos, on ressent une sorte de mépris sous-jacent pour tout ce qui n'est pas nantais, mépris assez sidérant quand on constate que Nantes n'est pas une ville plus extra-ordinaire qu'une autre.

On ne peut plus admettre ce discours creux et démagogique des "bébés Ayrault". A chacun de leur faire savoir que leur suffisance ne sera plus acceptée.  

samedi 10 novembre 2018

1914-1918: que les états européens présentent leurs excuses !

Le monument en mémoire des soldats bretons morts à Ypres.


A lire les journaux, à voir le nombre de manifestations organisées pour le centenaire de la fin de la guerre de 14-18, on ne peut que constater l’importance toujours présente de cette catastrophe qui fit près de 16 millions de morts en Europe mais aussi ailleurs dans le monde et plus particulièrement au proche et au moyen-Orient.



Comme tout un chacun, j’ai des souvenir familiaux sur cette période, j’ai le souvenir d’un  grand-père qui participa aux combats à Verdun, et aussi celui d’un grand-oncle  qui se retrouva parmi les premiers aviateurs de combat, ces “fous volants”. J’ai aussi le souvenir de leur modestie et de leur quasi-silence sur cette période que d’autres ne tardèrent pas à mettre en exergue et à utiliser à diverses fins et ceci jusqu’à nos jours.



En fait ce qui me choque dans toutes ces commémorations, c’est la quasi-absence d’analyses globales de cet “évènement” dont nous payons encore et toujours les conséquences. La glorification des armées, des maréchaux, des soldats partis au front “pour défendre la liberté” reste un classique de ces 11 novembre depuis ... un siècle..... Et dans cette course au “souvenir patriotique” , Angleterre et France se disputent la première place.



Certes, on trouvera quelques conséquences “positives” à cette boucherie: Pologne,Finlande, Estonie, Lettonie et Lituanie (et quelques autres) en profitèrent pour se débarrasser de la tutelle de leurs voisins et pour devenir indépendants; on peut dire aussi finalement que la République d’Irlande est née de cette première guerre mondiale..... et aussi la tentative d’établir un ordre mondial avec la Société des Nations grâce au Breton Aristide Briand.....



Il n’en reste pas moins que cette “grande guerre” a produit son lot de catastrophes : 16 millions de morts, l’émergence des deux grands totalitarismes du XXème siècle, nazisme et communisme, toutes les conditions réunies pour provoquer la seconde guerre mondiale, le dépeçage du moyen-Orient entre la France et la Grande-Bretagne porteur de multiples tensions jusqu’à nos jours.



Pour en rester à la Bretagne, cette guerre atroce a décimé la population masculine sans parler du coup porté à la culture et à la langue bretonnes.



Et l’on oublie trop facilement que cette guerre fut “préparée” délibérément par l’endoctrinement de la jeunesse à l’école, par les discours hyper nationalistes  et agressifs, et déclenchée pour des raisons politiciennes, bien loin des “pour la liberté” que l’on nous radote à longueur de commémorations.



Cette guerre a été décidée par les états européens: il est grand temps que ceux-ci présentent de façon commune et solidaire leurs excuses à l'ensemble des peuples européens pour les atrocités et le massacre de masse perpétrés en 1914 – 1918.

Jacques-Yves Le Touze

mardi 18 septembre 2018

Brexit, Europe, relations Bretagne - pays de Galles... Le discours de Carwyn Jones, Premier ministre gallois, le 6 août 2018 à Lorient

C'est à l'occasion du Festival Interceltique 2018 qu'une rencontre Bretagne - pays de Galles a été organisée au Club K Moustoir rassemblant élus et responsables bretons et gallois dont le Premier ministre du pays de Galles, Carwyn Jones.

Vous trouverez, ci-dessous, la traduction  en français de son intervention portant sur le Brexit, les relations entre la Bretagne et le pays de Galles ou encore la place du pays de Galles en Europe devant les 270 personnes présentes.

 
Discours de
M Carwyn Jones
Premier ministre du pays de Galles

Carwyn Jones, Premier ministre du pays de Galles



Pnawn da a diolch am y gwahoddiad i siarad yn eich cynhadledd.

Bonjour et grand merci de m'avoir invité à intervenir cet après-midi,

Je suis très heureux d'avoir été invité à m'exprimer à cette rencontre Bretagne-pays de Galles organisée par le Festival Interceltique et d'avoir pu inaugurer notre superbe programme musical et culturel de cette Année dédiée au pays de Galles. J'espère que vous avez pu apprécier certains de nos artistes durant ce premier week-end.

Très heureux aussi qu'un Gallois ait gagné cette année le Tour de France et nombre d'entre vous ont pu voir ces images extraordinaires à Paris d'un Geraint Thomas levant haut le drapeau gallois.

Les tables rondes porteront sur nos liens culturels et linguistiques, je vais donc plutôt intervenir sur nos relations avec la Bretagne et sur le Brexit qui est pour nous une préoccupation majeure actuellement.

Tout d'abord, quelque chose qui peut paraître évident mais qu'il est bon de répéter, c'est que nous sommes tout à fait décidés à maintenir et à renforcer nos relations avec nos partenaires et amis européens ; et notre relation avec la Bretagne est sans aucun doute l'une de nos relations les plus fortes.

Nos liens culturels et historiques fondés sur nos racines celtiques communes remontent à des siècles sinon à des millénaires, sans parler des Sioni Wynwns ( les Johniged) qui restent dans ma mémoire : des légendes communes de cités englouties, les liens entre Cardiff et Auray et d'autres ports bretons avec le commerce du charbon pour fabriquer de l'acier comme à Trignac et d'autres fourneaux à travers la Bretagne. Des exilés gallois comme l'oncle d'Heny Tudor trouvèrent refuse en Bretagne le révérend gallois Price édita la première bible en breton.



La liste est longue comme avec notre équipe nationale de football basée en Bretagne durant le dernier Euro ou tout simplement les artistes, les étudiants, les chercheurs, les touristes, les entrepreneurs qui voyagent entre nos deux nations et développent leurs propres histoires et leurs propres réseaux.

Notre culture et notre langue font partie d'un héritage celtique beaucoup plus large et que nous partageons avec toutes les nations celtiques, un véritable lien évident, réel et spécial, que l'on peut constater ici au Festival de Lorient.

Cependant notre première relation officielle avec la Bretagne ne remonte qu'à 2004 lorsque mon prédécesseur, le regretté Rhodri Morgan signa la première convention de partenariat avec l'ancien président du Conseil régional, Josselin de Rohan.

L'actuel ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Le Dorian, et moi-même avons confirmé cette relation en 2011 et cette année en janvier dernier, je suis venu à Rennes signer le renouvellement de ce partenariat avec le Président Chesnais-Girard.

Notre relation est construite sur de solides fondations et je suis persuadé qu'elle ne peut que se développer à l'avenir. Nous ferons tout notre possible pour que le Brexit ne compromette pas notre coopération.

En novembre 2017, nous avons accueilli à Cardiff un colloque sur le thème de « la coopération européenne au-delà du Brexit » durant lequel des représentants de gouvernements régionaux européens, dont Jean-Michel Le Boulanger pour le Conseil régional de Bretagne, signèrent la déclaration de Cardiff, un engagement important pour travailler ensemble à relever les défis résultant du Brexit.

Au cœur des négociations avec le Royaume-Uni, la question d'une relation positive avec l'Europe est de première importance pour le gouvernement gallois. Nous voulons nous assurer que le pays de Galles reste partie prenante de la scène européenne post-Brexit.

Une des conclusions de la rencontre de Cardiff était que les défis posés par le Brexit se posait non seulement au pays de Galles et autres régions du Royaume-Uni mais aussi à l'ensemble de l'Europe de différentes manières et à des degrés différents.

Le Conseil régional de Bretagne et le CESER, le Conseil économique, environnemental et social de Bretagne) furent, par exemple, parmi les premiers à produire une excellente analyse sur les conséquences du Brexit et leur travail correspond en grande partie à notre propre évaluation du problème.



Je souhaite aussi vous rappeler que le gouvernement gallois a fait campagne pour le maintien dans l'Union européenne. Bien que nous regrettions le résultat du référendum, nous devons le respecter, et maintenant nous devons faire au mieux pour sauvegarder les intérêts du pays de Galles.

Un Brexit sans accord avec l'Union européenne serait une catastrophe et nous tentons à chaque occasion de défendre l'idée d'un Brexit rationnel et réaliste.

Par rapport à ce que nous voulons à l'avenir, nous sommes tout à fait clairs : l'accès au Marché unique est fondamental. Plus de 60 % des exportations galloises se fait à destination des autres pays européens, une proportion plus élevée que dans le reste du Royaume-Uni, et parmi les emplois gallois les plus productifs et les mieux payés dépendent de ce commerce.

Le rapport du CESER sur le Brexit cite par exemple les 50 entreprises en Bretagne qui dépendent de centres de décisions basés au Royaume-Uni et qui représentent un total de 3700 emplois ici en Bretagne.

Nous voulons aussi que le Royaume-Uni maintienne le principe de la liberté de mouvement des travailleurs et des étudiants tout en combattant l'exploitation des travailleurs exposés.

Le pays de Galles reconnaît la contribution des travailleurs européens et des migrants à la construction de la société galloise actuelle et nous refusons les messages négatifs tournant autour de l'immigration, discours qui est devenu malheureusement dominant dans le débat politique.

La Bretagne et le pays de Galles réaffirment fortement et à bon droit leur identité et en même temps nous partageons les mêmes valeurs d'ouverture au monde et aux autres. Nos identités ne sont pas exclusives et ne sont pas basées sur la peur de l'autre et de l'inconnu, peur qui se révèle être extrêmement dommageable.

Clairement, je le répète, quitter l'Union européenne, ce n'est pas quitter l'Europe. Nous vivons dans un monde de plus en plus interconnecté et nous ne pouvons pas tourner le dos à nos partenaires internationaux. Il est vital pour nous que nous préservions ces relations au bénéfice de notre économie, notre environnement, notre culture, autant que pour des raisons diplomatiques et politiques.

Nous pensons fermement que l'Union européenne, avec le Royaume-Uni comme membre, a joué une rôle vital pour renforcer la démocratie et la paix sur notre continent, et, plus récemment, conforter notre sécurité contre les menaces insidieuses du terrorisme et du crime organisé.

De mon point de vue, une des conséquences inattendues de la décision du Royaume de quitter l'Union européenne est d'avoir renforcé le sentiment européen dans d'autres nations européennes et je m'en réjouis.

Le gouvernement gallois croit aussi que les droits sociaux et environnementaux que nous avons obtenu en tant que membres de l'Union européenne doivent être conservés, droits qui ont fait de notre société commune, une société plus civilisée et plus progressiste que dans bien d'autres pays du monde développé.

Nous nous opposerons vigoureusement à toute tentative d'éloigner le Royaume-Uni du modèle social européenne, tentative qui résulterait dans l'affaiblissement des standards sociaux et environnementaux ; nous souhaiterions en fait que le Royaume-Uni préserve ces acquis et que nous puissions nous développer grâce à nos compétences et non à cause d'une régression sociale ou environnementale.

Selon les capacités que nous donne la dévolution et malgré le Brexit, nous voulons continuer à suivre et à mettre en place au pays de Galles les politiques européennes positives au fur et à mesure de leur adoption.

Nous avons aussi appelé le Royaume-Uni à continuer à participer à toute une série de programmes européens après le Brexit, comme Erasmus, Interreg ou Creative Europe, sachant que cela nécessitera bien évidemment une contribution financière proportionnelle de notre part.

Il y a une dynamique de coopération entre la Bretagne et ses partenaires d'outre-Manche à travers des programmes comme sur l'énergie marine, la culture, la dimension linguistique, la recherche et l'innovation. Il est hors de question que cette coopération soit remise en cause.

Par exemple, depuis deux décennies, nous avons travaillé avec la Bretagne sur une problématique linguistique spécifique : comment promouvoir deux des plus anciennes langues européennes, le gallois et le breton, dans un environnement dominé par deux langues mondiales, l'anglais et le français. Ou encore la problématique du développement durable face au changement climatique.

Nous avons aussi une longue histoire de coopération avec la République d'Irlande, notre voisin maritime et nous nous sentons tout à fait concernés par les implications irlandaises du Brexit.

Le gouvernement gallois a toujours souligné l'importance de ne pas en revenir à une frontière « dure » entre la république et l'Irlande du nord. Nous pensons que la solution la plus rationnelle et de loin la meilleure est que l'ensemble du Royaume-Uni reste totalement aligné sur les règles du Marché unique et de l'Union douanière européenne. Ce qui protégerait aussi les intérêts des ports gallois et leurs relations avec l'Irlande, un point important pour le gouvernement gallois.

L'histoire de la dévolution au pays de Galles est liée fortement à l'Union européenne.Durant la campagne pour la dévolution à la fin des années 1990, un des rares slogans partagés par les partis politiques, les syndicats, les unions patronales et une partie importante de la société, c'était la nécessité de donner au pays de Galles toute sa place en Europe.

Et depuis 20 ans, je crois que nos institutions et l'Union européenne ont efficacement répondu à cette attente. Nous avons rapidement mis en place une représentation à Bruxelles, un étage en dessous dans le même bâtiment que nos amis bretons, et une des premières réalisations fut la mise en place du programme le plus important de financement régional structurel du Royaume-Uni.

Le Brexit ne doit pas être un obstacle aux relations entre le pays de Galles et la Bretagne, relations qui se renforcent, relations que l'on doit favoriser. Des relations symbolisées par notre hymne commun, écrit par un barde gallois, Evan James, et repris par Taldir sous le nom de « Bro Gozh ma Zadoù ». Nos pays sont les pays de nos ancêtres comme notre hymne le dit, et malgré tous les obstacles, côte à côte, nous serons capables de sauvegarder nos langues et nos cultures.

Diolch. Trugarez. Merci.



lundi 23 avril 2018

A Concarneau pour Anne de Bretagne


En service commandé au nom du Comité Anne de Bretagne cce dimanche après-midi pour France 3 Rennes sur les quais de Concarneau en plein départ de la course AG2R . Sympa et excellente ambiance :=))) L'occasion de dire quelques petites choses que nous présenterons d'ici peu aux élus de Loire-Atlantique.

jeudi 19 avril 2018

Sonneurs. De la naissance des bagadoù. Réponse à Sébastien Carney.

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Inauguration de la statue de Polig Monjarret, place Polig Monjarret à Lorient en présence de Jean-Yves Le Drian




Dans une interview publiée le 16 avril dernier dans les colonnes du Télégramme, Sébastien Carney, maître de conf à l'UBO, exprime un avis pour le moins curieux sur la BAS et les bagadoù. J'ai fait parvenir à la rédaction de Brest le droit de réponse suivant.

La lecture de cet article m’amène à préciser certains points en tant que l’un des fondateurs de l’association Mignoned Polig Monjarret à l’origine  de la statue de Polig Monjarret, place Polig Monjarret à Lorient, mise en place avec le soutien du Conseil régional de Bretagne, de nombreuses autres collectivités bretonnes et d’une importante souscription populaire.

Le renouveau de la musique bretonne avec notamment la création et le développement des bagadoù se comprend sur un temps long qui démarre grosso-modo au milieu du XIXè siècle avec le renouveau culturel breton porté par un certain nombre d’intellectuels comme La Villemarqué et aussi le développement des relations entre les différents pays dits celtiques. C’est dans le cadre de cette nouvelle dynamique que les premières cornemuses écossaises firent leur apparition en Bretagne à la fin du XIXè siècle. L’on dit même que la première fut présentée par Charles Le Goffic.

Durant la première guerre mondiale, les musiciens traditionnels bretons furent mis à contribution sous forme de petits orchestres rassemblant binious, bombardes et percussions au sein des régiments bretons; des contacts s’établirent avec les musiciens des régiments écossais.

L’après-guerre vit une transformation accélérée de la Bretagne dans tous les domaines et notamment musical avec l’abandon progressif des traditions musicales précédentes. Devant cette évolution rapide, BAS fut créée formellement en 1943 par 6 personnes. En 1946 nait officiellement Bodadeg ar Sonerion qui donnera naissance au formidable mouvement musical que l’on connait actuellement.
M. Carney dans son développement relie différents points de cette histoire pour en conclure sur les origines troubles des bagadoù. C’est pour le moins partisan et biaisé. Reprenons les principaux points développés.

- de façon assez lourde, M Carney fait le lien entre la pensée politique d’un Olier Mordrel , personnage qui participe de la pensée totalitaire d’extrême-droite européenne des années 30 et 40, et les bagadoù de l’après seconde guerre mondiale. Pour tenter de le prouver, M Carney utilise la personne de Polig Monjarret, un des fondateurs de la BAS, qui fut membre du PNB pendant 9 mois et dont il démissionna à l'été 1943, en omettant d’indiquer, par exemple, que parmi les 5 autres fondateurs, on trouve 2 résistants, Robert Marie et Iffig Hamon , ce dernier ayant failli mourir en déportation. Présentation tronquée pour le moins.

- M Carney ose utiliser le terme d’eugénisme pour qualifier la politique de la BAS à ses débuts. Utiliser un terme aussi connoté n’est pas neutre. Alors que, bien évidemment, différents points de vue s’exprimaient au sein du groupe, le travail remarquable de collectage réalisé par Polig Monjarret infirme l’affirmation de M Carney.

- quelques points de détail à corriger : Polig Monjarret, issu d’une famille gaulliste, est resté en bons termes avec droite et gauche; le premier bagad civil est celui des cheminots de Carhaix créé en 1946, le premier bagad militaire celui du 72e RI.

Plus globalement, la grille de lecture de M Carney est particulièrement limitée et ne se base que sur une vision volontairement restreinte confortant sa thèse d’une “Bretagne construite” qui serait aux antipodes de la Bretagne réelle. Ce faisant, M Carney tord certains éléments pour les faire rentrer dans son raisonnement et laisse de côté ceux qui ne peuvent que contredire sa thèse. De plus, il en oublie de contextualiser le processus du renouveau musical breton avec ce qu’il se passe à travers l’Europe depuis le début du XIXè siècle.

En forçant le trait, en faisant des rapprochements imaginaires, il en arrive à donner une vision bien noire d’un renouveau musical qui est un vrai atout de la Bretagne moderne. C’est dommage et regrettable.