jeudi 11 décembre 2008

Rencontres sur la politique culturelle de la « Région Bretagne »: tout ça pour ça ?


Cette journée de Lorient du 9 décembre dernier a clôturé une série de rencontres organisées depuis quelques semaines par le Conseil régional de la Bretagne administrative.

Plusieurs questions se posent quant à ces réunions.

Bretagne, culture durable et territoires : au-delà des mots à la mode, « durable », « territoires », comment peut-on évoquer une politique culturelle pour la Bretagne en ignorant la Loire-atlantique, soit un quart de la population bretonne et un cinquième de son territoire ?
Comment peut-on justifier cette absence en s'abritant derrière son administration ? Les présidents du Conseil régional et du Conseil général de Loire-atlantique se sont prononcés pour la réunification : pourquoi ne la mettent-ils pas en pratique dans ce type de rencontres qui ne dépendent que d'eux ? Les résultats de ces débats ne peuvent être que biaisés et incomplets . De plus, le seul intervenant originaire de Loire-Atlantique se prononce contre la réunification … De qui se moque-t-on ?

Bretagne, culture et media : la télévision est un support majeur de la création et de la vie culturelle. Actuellement, la Bretagne ne dispose que de rares décrochages locaux de France 3, et de télévisions locales et départementales. Cette situation est pour tout dire lamentable par rapport à la plupart des autres régions européennes. Et que font nos autorités « régionales » sur le sujet ? Rien pour ainsi dire, attendant on ne sait quoi, espérant vaguement une collaboration entre les TVs locales et départementales, autant dire pas grand-chose . Il existe pourtant un exemple qui pourrait être suivi : la chaîne corse France 3 Via Stella, émettant 15 heures par jour, mise en place par un accord entre l'Etat, France télévisions et les collectivités corses (budget total de 3 millions € dont 700 000 € des collectivités corses) . Qu'attendent donc les collectivités bretonnes pour négocier un tel canal pour la Bretagne ? Enfin, que ce sujet soit quasiment absent de ces rencontres est pour le moins sidérant …..

Bretagne, culture et diversité : sujet bien connu et déjà traité à de multiples reprises, il est établi qu'une des caractéristiques de la Bretagne est sa diversité culturelle, dont , notamment, sa diversité linguistique . Il est pour le moins étrange que cette dimension linguistique ait été évacuée des débats de ces rencontres au prétexte que cela n'entrait pas dans les compétences de Mme Robert, vice-présidente du Conseil régional en charge de la culture….. Comment peut-on débattre de la culture en Bretagne sans y intégrer la dimension linguistique ? Il aurait été tout simple d'associer à ces rencontres les élus en charge des politiques linguistiques. Mais non, on préfère évacuer ….

Bretagne et culture bretonne : on en vient à s'interroger sur ce qu'est pour les organisateurs de ces rencontres la culture en Bretagne, organisateurs qui pour leur propre confort renvoient tout ce qui les dérange dans la catégorie « culture bretonne » …. Peut-on continuer à scinder en deux espaces distincts la culture des habitants de ce pays : d'un côté, « la culture bretonne », de l'autre la « culture » tout court ?Cette distinction est en fait fictive et contre-productive. La culture de l'ensemble des habitants de la Bretagne doit être considérée comme la culture de la Bretagne dans toute sa diversité : penser la culture de la Bretagne comme étant l'ensemble des expressions culturelles de Bretagne ,et donc, la culture de la Bretagne comme étant la culture bretonne , en clair, avoir une perspective bretonne, aussi bien nourrie de nos spécificités que de nos échanges et notre participation aux courants culturels européens et mondiaux ; c'est, à mon avis, la seule voie novatrice qui permettra d'enrichir la vie culturelle de ce pays . Malheureusement, ces débats auront souligné le conservatisme des responsables de la politique culturelle de la « Région Bretagne » qui ne veulent prendre dans « culture bretonne » que le sens le plus limitatif .

Démocratie participative ?

Ces rencontres auraient du être une magnifique occasion pour redéfinir les axes prioritaires du développement culturel de la Bretagne . Et , en ce sens, des rencontres ouvertes et participatives auraient pu donner des résultats intéressants.

Malheureusement, tout ce travail aboutit à pas grand-chose : les avis originaux et/ou divergents ne sont pas pris en compte, la Loire-atlantique est oubliée, la dimension linguistique est évacuée, la télévision n'est pas un sujet de discussion et enfin, on parle de culture en Bretagne comme l'on parlerait de culture ailleurs sans tenir compte des réalités bretonnes.

Millénaire Alan Veur/Alain le Grand Du 10 au 14 décembre 2008 à Questembert


Millénaire d' Alan Veur/Alain le Grand (Roi de Bretagne de 890 à 907, vainqueur des Vikings lors de la Bataille de Questembert en 890).


Des animations du 10 au 14 décembre à Questembert, auront lieu à l'occasion des 101 ans de la stèle érigée pour le millénaire d'Alain le Grand (mort en 907) et de sa victoire contre les Vikings en 890 à Questembert.

Citons une animation sur l'histoire pour les enfants à la médiathèque, une conférence, un concert en chapelle, une randonnée animée suivie d'une cérémonie, avant le concert présentant une création "Alan Veur", à l'église.

- Mercredi 10 décembre à la médiathèque (à l'étage: espace du conte), vers 16h: pour les enfants, "la Bretagne en l'An 1000, la Bataille de Questembert, entre Bretons et Vikings/normands" avec Sylvain OMNES, instituteur bilingue, membre de la section "Histoire" de l'institut culturel de Bretagne.

- Vendredi 12 décembre - Conférence à 20 h 30, salle Alan Meur (grande salle. Philipe Lanoë, animateur de la Maison de l'histoire de Bretagne-Institut Culturel de Bretagne à Vannes: La bataille de Questembert dans l'histoire de la Bretagne entre Bretons et Vikings en 890, et le rêgne d'Alain le Grand

- Samedi 13 décembre à 14 h 30 Chorale Boeh Santez Anna (chants bretons), Chapelle Saint Michel

- Dimanche 14 décembre :

10 h : Randonnée sur certains sites de la Bataille, avec le conteur Albert Poulain, la Bogue d'Or section Randonnée, des sonneurs, la Maisnie de Kistreberh (troupe médiévale), Koun Breizh-Souvenir Breton, ICB... départ place de la Mairie

12 h : devant la stèle, place de la Mairie: Commémoration Aubade avec des sonneurs, la troupe médiévale "la Maisnie de Kistreberh", allocutions, Commémoration

17 h à 18 h 30 : Concert bombarde et orgue (Jean François Devilliers: organiste et Michel Fleury: talabarder) et la chorale Mosaïque, suites bretonnes et européennes puis "Création Alain le Grand", à l'Eglise Saint Pierre de Questembert.

Organisation : OMCL de Questembert, commune de Questembert, ICB- Maison de l'histoire de Bretagne, Koun breizh-souvenir breton, l'Andon-pays de Questembert, AEP Skol diwan bro Kistrberzh, Club la Bogue d'Or-Section Randonnée, la Maisnie de Kistreberh (troupe médiévale)), Bemdez-bro Gwened ...

Contact Presse du collectif :
Thierry Jolivet 06 24 93 61 34
et 02 97 45 77 29

jeudi 20 novembre 2008

A quand une véritable TV pour la Bretagne ? L'exemple de la chaîne corse Via Stella


La Bretagne est l'une des rares régions européennes « à forte identité » à ne pas disposer de sa propre chaîne de télévision.

Cette absence de canal audiovisuel a des conséquences négatives évidentes en termes économique, culturel, linguistique et le silence de la plupart des élus bretons et des principales collectivités bretonnes sur le sujet est pour le moins surprenant, sinon sidérant.

Sans revenir sur des exemples bien connus comme les chaînes galloises, écossaises, basques ou catalanes, et pour rester dans le système hexagonal, l'exemple de la chaîne corse (1) France 3 Corse Via Stella devrait alimenter le débat en Bretagne .

Le blocage existant pour la création d'une TV régionale diffusée en hertzien demeurant et vu le manque de volonté du Conseil régional de la Bretagne administrative et des autres collectivités pour en faire un vrai problème politique, une solution semblable à Via Stella pourrait être déjà un premier pas vers la création d'un service public breton de l'audiovisuel de plein exercice.

Lancée en septembre 2007, la chaîne France 3 Corse Via Stella est diffusée sur Canal Sat, sur TNT Sat , par l'adsl, parallèlement à la diffusion hertzienne de France 3 Corse sur les créneaux habituels des décrochages locaux de la chaîne France 3. Les émissions sont réalisées par les mêmes équipes. Le budget de Via Stella est de 3 millions € dont 700 000 € apportés par les collectivités territoriales corses dans le cadre d'une convention tri-partite entre France télévisions, l'Etat et les collectivités corses.

Via Stella est actuellement la seule chaîne du réseau France 3 à disposer de sa propre grille : 15 heures de programmes quotidiens, 30 % de la programmation en langue corse, une émission culturelle quotidienne en direct à 18h00, des documentaires,.des émissions destinées aux jeunes, de la musique, toutes les 3 heures un point sur l'actualité insulaire, des magazines politiques, de société, des débats.

Voilà donc un exemple de chaîne « régionale » qui fonctionne dans le cadre hexagonal ; certes, la diffusion est limitée au satellite et à internet mais c'est un progrès certain par rapport aux seuls décrochages locaux permis par France 3.

L'obtention d'une telle chaîne pour la Bretagne dans le cadre du service public doit faire partie des priorités des collectivités bretonnes et au premier rang desquelles le Conseil régional de la Bretagne administrative dont le président devrait être en pointe sur le sujet en fédérant les mondes politique, économique et culturel bretons pour en faire une véritable question politique. C'est un tel rapport de force qui permettrait d'obtenir au minimum ce que la Corse a déjà.

Malheureusement, c'est un silence quasi-absolu sur le sujet malgré les promesses électorales de 2004. Qui peut se satisfaire des quelques initiatives audiovisuelles locales ou départementales ? Les 5 départements bretons ont besoin d'un medium audiovisuel grand public mettant en valeur leur vie sociale, culturelle, linguistique, économique et politique.

L'exemple de Via Stella prouve que l'on peut obtenir un tel medium dans le cadre légal hexagonal : encore faudrait-il que les élus « régionaux » soient conscients de l'enjeu et en aient la volonté!

Le Parti Breton interpelle les élus « régionaux » bretons afin qu'ils se mobilisent un minimum pour que la Bretagne soit dotée enfin d'un tel outil audiovisuel public.

(1) pour mémoire : Population Bretagne : 4,4 millions, population Corse : 280 000 .

mercredi 12 novembre 2008

11 novembre 2008 : 1200 participants à la Célébration de la Paix à Sainte-Anne d'Auray



















En ce 90e anniversaire de l'armistice de 1918, l'association Santez Anna Gwened organisait une Célébration de la Paix en hommage aux soldats bretons morts dans les guerres passées.

Avec les 170 choristes de Plouay, Auray, Bubry, Melrand, Pontivy et Plouhinec, les sonneurs Dédé Le Meut , Dominique Le Blay et Samuel Le Hénanff, cet événement a rencontré un succès mérité avec près de 1200 participants, la Basilique étant comble durant tout l'après-midi. On notait, parmi d'autres élus, la présence du vice-président du Conseil général du Morbihan, A. Kergueris, MM. Jean-Yves Le Drian et François Goulard s'étant fait excuser.

La célébration avait commencé par un moment de recueillement dans la crypte du Mémorial où sont représentés les 5 départements bretons et s'est poursuivie dans la basilique, alternant chants et lectures en breton de textes de Yann Bêr Kalloc'h, Loeiz Herrieu et Émile Masson par Jorj Belz et Jean-Pol Rieux.

Et c'est avec 3 chants repris en chœur par l'ensemble des participants, « Pedem evit ar re marv », « Avel hon tadeù » et le « Bro gozh » que se termina cette célébration.

À noter la participation de l'association Bannieloù Breizh présente avec les drapeaux des différents pays bretons.

vendredi 7 novembre 2008

11 novembre à Sainte-Anne d'Auray : Célébration de la Paix en mémoire des soldats bretons morts à travers les siècles


Le mardi 11 novembre 2008, l'association Santez Anna Gwened propose une célébration-concert à la Basilique de Sainte-Anne d'Auray, à 15h.

À l'occasion de ce 11 novembre, Santez Anna Gwened souhaite proposer une Célébration de la Paix, un moment de souvenir et de mémoire autour du grand massacre que fut cette première guerre mondiale qui fit, aussi, basculer le destin et la réalité culturelle et linguistique du peuple breton.

Autour de la lecture en breton de textes de Loeiz Herrieu, Yann-Ber Kalloc'h et Émile Masson par Jorj Belz et Jean-Paul Rieux, les 5 chorales (170 choristes) Boeh Santez Anna, Bubri-Melrant, Kaloneù Derv, Kanerion er Skorv et Boeh er Mor, interprèteront une quinzaine de chants en langue bretonne en lien avec l'histoire des Bretons pendant la première guerre mondiale ; les chanteurs et récitants seront aussi accompagnés par les sonneurs André Le Meut et Dominique Le Blay.

Enfin, plusieurs chants associeront les chorales et les spectateurs d'une part pour le plaisir de tous, d'autre part pour transmettre la connaissance de ces chants. L'entrée est gratuite et le nombre de places étant relativement limité, il est demandé d'arriver pour 15 heures. L'après-midi commencera par un moment de recueillement au Mémorial près de la basilique.

Renseignements au 02 97 36 66 81 et santez-anna-gwened at aliceadsl.fr

Voir le site de Santez Anna Gwened

Voir l'article de Ouest-France sur le mémorial de Ste-Anne d'Auray

dimanche 2 novembre 2008

Culture : institutions et définitions


Le Conseil régional de la Bretagne administrative vient de voter le principe d'un Conseil consultatif de la culture bretonne, première étape pour la rénovation des institutions culturelles issues de la Charte culturelle de 1977, négociée, notamment,par Yvonig Gicquel.

Cette évolution au bout de 30 ans est nécessaire mais il m'a semblé nécessaire de poser 3 questions au nom du Parti Breton : 2 sur le fonctionnement de ce futur comité consultatif (sorte de commission extra-municipale) et une sur la définition du terme "culture bretonne" . Les multiples réactions qui ont suivi la publication de ce texte montrent d'une part la nécessité d'une évolution de nos institutions en toute transparence et dégagée de toute tentation politicienne (tentation à la quelle est soumis tout pouvoir en place) et d'autre part, d'une clarification de cette notion de "culture bretonne". Ce dernier débat me semble important pour l'avenir de la Bretagne.

Vers un Conseil consultatif de la culture bretonne, une démarche intéressante mais qui reste floue et demande à être précisée, notamment sur sa représentativité

Au bout de 30 ans, il est devenu évident que les outils créés par la Charte culturelle à partir de 1977, Institut Culturel, Conseil Culturel, Agence technique, devaient être rénovés et adaptés aux réalités actuelles.

Le Président Le Drian a souhaité réformer ces 3 organismes et on ne peut que l'en féliciter, même si l'on peut regretter le déficit de débats et de concertations publiques avec l'ensemble des acteurs culturels concernés.

L'une des évolutions majeures soutenues par l'exécutif « régional » est la transformation du Conseil Culturel de Bretagne en Conseil consultatif auprès du Conseil régional. L'idée est intéressante et reconnaît l'importance de la dimension culturelle dans la société bretonne actuelle.

Il n'en reste pas moins que 3 questions se posent face à cette évolution :

1- — Une question du ressort des associations culturelles bretonnes membres de l'actuel Conseil culturel : la création de ce Comité consultatif (ou un autre nom mais il s'agit de cela) ne peut et ne doit pas remplacer le Conseil culturel actuel qui, au-delà de ses activités de conseil et de rapporteur, est aussi, en quelque sorte, un lobby agissant vers l'ensemble des collectivités bretonnes ainsi que vers l'État ; ce rôle nécessaire ne sera pas pris en charge par un Comité consultatif qui sera dépendant d'une collectivité en particulier, dans ce cas le Conseil régional, et des politiques qui sont à sa tête.

2- — L'utilité d'un tel Comité consultatif est évidente mais cette utilité ne sera réelle que s'il dispose d'un minimum de liberté d'expression qui ne peut être garanti que par une composition réellement représentative du monde culturel. Qui décide des membres éligibles à ce Comité consultatif ? Sur quels critères ? Enfin, le fait que ce soit le président de la collectivité « régionale » qui, a priori, soit celui qui accepte ou refuse la participation d'untel ou untel nous semble plus inquiétant qu'autre chose ; c'est mettre entièrement entre les mains d'un politique, quel qu'il soit à l'avenir, un organe qui théoriquement doit parler au nom de l'ensemble des acteurs concernés. Ce fonctionnement, s'il est confirmé, est porteur, à terme, de conflits et de contradictions.

En outre, il serait inacceptable que le monde culturel de Loire-Atlantique n'y soit représenté que de façon marginale.

3- — Enfin, la création de cette nouvelle structure pose la question de la définition même du concept de « culture bretonne » : autant, des années 70 aux années 90, il était nécessaire de porter un effort volontariste sur la promotion de la culture issue de la tradition bretonne, autant actuellement, il nous semble nécessaire de poser la question de la dimension du terme «culture bretonne ». (La langue bretonne étant une question transversale est à traiter spécifiquement).

Peut-on continuer à scinder en deux espaces distincts la culture des habitants de ce pays : d'un côté, « la culture bretonne », de l'autre la «culture » tout court ? Cette distinction est en fait fictive et contre-productive. La culture de l'ensemble des habitants de la Bretagne doit être considérée comme la culture de la Bretagne dans toute sa diversité : penser la culture de la Bretagne comme étant l'ensemble des expressions culturelles de Bretagne, et donc, la culture de la Bretagne comme étant la culture bretonne, en clair, avoir une perspective bretonne, aussi bien nourrie de nos spécificités que de nos échanges et notre participation aux courants culturels européens et mondiaux ; c'est, à notre avis, la seule voie novatrice qui permettra d'enrichir la vie culturelle de ce pays. En ce sens, la composition de ce Comité consultatif doit refléter la diversité des expressions culturelles, ce serait un premier pas en direction de l'affirmation de la dimension bretonne de la culture de l'ensemble des habitants des 5 départements.

samedi 1 novembre 2008

YAOUANKiz


Et que voilà une initiative réjouissante : des jeunes qui s'engagent pour l'avenir du peuple breton ! A lire et à aider!

Après des semaines d'attente, ça y est ! Les Jeunes Bretons sortent le numéro 0 de YAOUANKiz (jeunesse).

Son but ? À travers l'actualité, en 12 pages, faire connaître et susciter le débat sur nos idées et notre projet : démocrate, breton, écologiste et européen.

Il sera disponible via internet et dans toutes les manifestations auxquelles nous participerons.

Au sommaire de ce numéro consacré à l'Europe :

L'actu des Jeunes Bretons ;
Le Pays basque en mouvement ;
Belgique : chronique d'une mort annoncée ? ;
Témoignage : le Service Volontaire Européen ;
Une Silésie multiculturelle ;
Le Sénat : cet anachronisme.

…. Et en bonus une offre d'emploi in-re-fu-sable.

Bonne lecture !


A LIRE

Kenavo, M. Gicquel

C'est avec retard que j'écris ces quelques lignes sur la disparition, samedi 25 octobre dernier, d'Yvonig Gicquel et les deux textes ci-dessous me semblent être le meilleur hommage à cet homme qui aura consacré sa vie à la Bretagne et à qui je dois, en partie, mon intérêt pour l'histoire des Bretons et mon engagement pour notre pays.

Kenavo, M. Gicquel !

Les membres de la fédération Emglev Bro an Oriant ont appris avec consternation le décès d'Yvonig Gicquel.

Sa présence souriante, son amabilité énergique, sa disponibilité permanente et son érudition rare en la Matière de Bretagne, vont terriblement nous manquer.

Au Pays de Lorient, nous le nommions affectueusement «Monsieur GICQUEL » pour bien marquer le respect que nous inspirait le parcours exemplaire de ce grand Breton, tant au niveau professionnel qu'au service de nos associations, et, par dessus tout, au service de la Bretagne qu'il aimait.

D'autres le diront mieux que nous : directeur de la Chambre de Commerce du Morbihan, conseiller municipal de Lorient pendant plusieurs mandats, président de Kendalc'h, président de Coop Breizh, président de l'Institut Culturel de Bretagne, grand initiateur de la Charte Culturelle de Bretagne, président de l'Université Populaire Bretonne, écrivain de grand renom et membre de l'Ordre du Collier de l'Hermine !

Bref, nous admirions chez lui la conjonction d'un érudit breton et d'un homme d'action, pragmatique, engagé dans la vie économique et sociale du Pays de Lorient, comme dans la vie culturelle bretonne, et avec les mêmes méthodes !

Comment cet homme n'a-t-il jamais été choisi pour présider le Festival Interceltique de Lorient ?

Avec ses moyens, Emglev poursuivra son œuvre, et fera en sorte que son nom ne soit pas oublié au Pays de Lorient …

Pour EBO, la présidente, Yvonig Le Merdy


Le Parti Breton tient à saluer la mémoire du grand patriote breton que fut Yvonig Gicquel

Le Parti Breton tient à saluer la mémoire du grand patriote breton que fut Yvonig Gicquel, président de l'Institut Culturel de Bretagne, militant infatigable de la cause bretonne à travers l'ensemble des responsabilités qu'il a assumées au sein du mouvement culturel, du monde économique et politique.

Par son engagement, il fut l'un des acteurs du renouveau culturel breton et du rapprochement entre le monde économique et le monde culturel. Historien, Yvonig Gicquel a toujours souhaité redonner toute sa place à l'histoire nationale du peuple breton.

Par son action, Yvonig Gicquel a participé à rendre sa modernité à la culture bretonne.

Pour le Parti Breton, Le Président, Gérard Olliéric



Le Bro Gozh chanté par les centaines de personnes ayant assisté à la cérémonie en mémoire d'Yvonig Gicquel (doc. ABP)

mardi 21 octobre 2008

Pour Alex Salmond “l'Écosse a pour destinée d'être indépendante”



La 74e conférence annuelle du parti nationaliste écossais SNP qui s'est tenue à Perth de jeudi à dimanche fut exceptionnelle à plusieurs titres.


Un parti confiant et dynamique

En 2007, la conférence était en pleine euphorie après que le SNP eût gagné les élections au Parlement écossais ; cette année, c'est en parti de gouvernement que le SNP recevait ses délégués . Et la différence était visible, notamment, dans le hall accueillant les exposants, plus de 50 organisations les plus diverses, du WWF à l'Union des Étudiants écossais, de Scottish Power à Coca Cola, de l'Union des Pompiers à la Lutte contre le psoriasis, bref un joyeux mélange de militants, de lobbyistes et d'institutions, signe de l'importance prise par le SNP dans la politique et la société écossaises.

Autre signe révélateur : plus de 200 journalistes accrédités pour suivre les débats, soit le double d'il y a quelques années.

Ce fut aussi l'occasion d'accueillir le 15.000e membre du SNP, un jeune étudiant de l'université de Stirling, Andy Pyle. À comparer avec les 8.000 membres d'il y a 7 ans.

Un clin d'œil à son 75e anniversaire prévu en 2009, ce fut aussi l'occasion pour le SNP de lancer son propre tartan.

Au milieu des multiples débats, soirées, rencontres, l'ambiance était assez sereine et enthousiaste parmi les 1200 délégués venus de tout le pays, malgré la crise financière et économique, malgré les attaques répétées des leaders et médias unionistes.


« À vos côtés »


C'était le thème de la conférence : le SNP est « à vos côtés », que ce soit pour la rénovation du NHS, le service de santé, tout en excluant toute privatisation du secteur de santé, la promotion des PME écossaises en proposant de réserver une part des marchés aux petites et moyennes entreprises écossaises, ou pour la protection des plus faibles en prenant en charge les dépenses de chauffage pour les personnes âgées, etc… Ce parti présente ainsi une ligne politique originale à la fois sociale et entrepreneuriale, un mélange de social-démocratie et de démocratie sociale. Cette conférence fut la confirmation de cette politique, tout en soulignant les limites imposées par le statut actuel de l'Écosse, empêchant le gouvernement écossais d'appliquer l'ensemble de son programme.


« Nous nous battons pour les droits de l'Écosse »


Dans son discours de dimanche après-midi, Alex Salmond, ovationné par les délégués, fut particulièrement offensif contre le Premier ministre britannique, Gordon Brown, accusé d'être l'un des auteurs de la crise financière par sa politique menée depuis 10 ans en tant que Chancelier de l'Échiquier puis Premier ministre. C'est l'autre grande caractéristique de cette conférence : pour la première fois, le SNP a subi les attaques répétées des partis unionistes et du gouvernement de Westminster ; violemment attaqué par Gordon Brown sur le thème de l'impossibilité de l'indépendance et la nécessité de l'Union du fait des crises économique et financière, Alex Salmond a réagi avec force et acuité, renvoyant G. Brown dans le camp des irresponsables, l'accusant de profiter de cette crise pour reprendre pied en Écosse. Reprenant point par point l'argumentation de son adversaire, Alex Salmond a réitéré sa vision d'un « axe de prospérité » allant de l'Irlande au Danemark en passant par la Norvège et comprenant une Écosse indépendante, soulignant la capacité interne de résistance de ces petits pays face aux crises.

Accusant les unionistes de brader les intérêts écossais, comme dans le cas des banques écossaises, Alex Salmond a affirmé vouloir « un nouvel âge de responsabilité pour la nation écossaise » pour construire « une nouvelle Écosse indépendante » au service de tous ses habitants. Offensif et visionnaire, A. Salmond a enthousiasmé les auditeurs qui l'ont longuement applaudi.

Premier test pour le parti d'Alex Salmond : l'élection partielle de Glenrothes, détenu jusqu'à présent par le Labour, dont le résultat signera l'ascension continue du SNP ou bien le coup d'arrêt à sa progression jusqu'ici irrésistible. La situation économique et financière depuis 2 mois a quelque peu brouillé les cartes, et l'enjeu, symbolique, sera révélateur du rapport de forces entre A. Salmond et G. Brown.

vendredi 17 octobre 2008

Écosse : le parti nationaliste SNP tient sa 74e conférence ce week-end à Perth dans un contexte de crise économique et de fortes tensions politiques


Depuis 18 mois, le leader du SNP, Alex Salmond, dirige le gouvernement écossais et mène rondement sa politique en dépit d'une majorité relative de députés nationalistes qui l'oblige à s'appuyer régulièrement sur des alliances de circonstance, tantôt avec les Libéraux-Démocrates, tantôt avec les Conservateurs, les Travaillistes restant dans une opposition systématique.

Depuis 18 mois, l'habileté politique du leader écossais a étonné, irrité ou surpris plus d'un observateur habitué de la vie politique britannique. Excellent orateur, brillant polémiste, A. Salmond a mené tambour battant son parti à la victoire, y compris lors de la dernière élection partielle dans un fief travailliste, narguant les commentateurs qui lui prédisaient une déroute.

Fort de cette réussite, le Premier ministre écossais a secoué les habitudes établies de l'establishment politique d'Edinburgh, bousculant en permanence les partis unionistes déboussolés, menant une guerre médiatique d'usure contre le gouvernement de Londres, mettant en place une politique proprement écossaise dans tous les domaines, du plus symbolique au plus pratique, imposant jour après jour sa vision d'une Écosse indépendante à l'image de la Norvège ou de l'Irlande.

« Mais qui peut arrêter Alex Salmond ? »

En juillet dernier , The Guardian titrait « Mais qui peut arrêter Alex Salmond ? » et soulignait que, depuis l'arrivée du SNP à la tête du gouvernement écossais, le discours et la pratique du monde économique, social et politique écossais s'étaient profondément « écossisés » ; le dynamisme d'Alex Salmond entraînait petit à petit l'Écosse vers une sorte d'indépendance médiatique et mentale, prélude pour les nationalistes au référendum prévu en 2010 portant sur l'indépendance institutionnelle.

Jouant sur plusieurs registres, A. Salmond s'est appliqué à tackler en permanence Westminster, tout en réaffirmant son attachement à la famille royale, précisant qu'il souhaitait que l'Écosse retrouve un statut d'État indépendant dans le cadre d'une simple union des couronnes anglaise et écossaise, prenant ainsi à contre-pied le discours alarmiste de Gordon Brown, le Premier ministre britannique.

Cette marche en avant a, durant ces derniers mois, eu des effets dévastateurs sur ses concurrents : en 18 mois, le Parti travailliste écossais a changé 3 fois de leader, les Libéraux-Démocrates et les Conservateurs, pour leur part, 2 fois, désorganisant ainsi le début de front anti-nationaliste tenté à l'été 2007 entre les 3 partis unionistes. Parallèlement, Gordon Brown, lui-même député écossais, tombait au plus bas dans les sondages de popularité.

Premières difficultés


Avec une popularité au plus haut, A. Salmond a dû cependant affronter quelques difficultés notamment pour ses projets de réforme de la fiscalité locale, de l'enseignement, etc…. Ne disposant pas de majorité absolue, son gouvernement a du négocier la plupart du temps avec les centristes libéraux-démocrates pour faire adopter des mesures importantes de son programme. En dépit de cette situation quelque peu précaire, le gouvernement nationaliste est arrivé, globalement, à ses fins sur la plupart des sujets, renforçant sa crédibilité auprès de la population.

C'est dans cette atmosphère qu'intervint un évènement annonciateur de tensions à la fois politiques et économiques.

L'Ecosse a une économie basée sur l'industrie et les services ; elle dispose aussi d'un troisième secteur particulièrement florissant jusqu'à présent : la finance avec d'importantes banques comme la Bank of Scotland (HBOS) , la Royal Bank of Scotland (RBS), des assurances , des fonds de pension (Scottish Widows) , etc.. qui font d'Edinburgh la 20ème place financière au monde. C'est d'ailleurs une tradition séculaire , la Bank of Scotland, par exemple, ayant été fondée au XVIIème siècle.

Or, courant septembre, une nouvelle fit l'effet d'une bombe en Ecosse ; la banque britannique TSB Lloyds annonçait qu'elle achetait la Bank of Scotland (HBOS) avec le soutien du gouvernement britannique et au grand dam d'Alex Salmond . HBOS , que les Ecossais appellent « la banque », est une véritable institution en Ecosse et son rachat par une autre banque , britannique qui plus est, ne pouvait être vécu que comme un véritable affront.

La crise économique, une opportunité politique ?


Avec son talent habituel, A. Salmond réussit en quelques jours à en faire une véritable cause nationale et à mobiliser de nombreux acteurs économiques pour contrer ce rachat, dénonçant une manœuvre politique de Westminster visant à affaiblir l'indépendance du système financier écossais. La « résistance » du Premier Ministre écossais a jusqu'à présent plutôt réussi , le dossier étant bloqué .

Et ceci, d'autant plus que la crise financière a atteint son paroxysme ce début d'octobre où l'on vit Gordon Brown déployer une grande activité pour conserver à flots la finance britannique, notamment, en prêtant de l'argent aux banques en échange d'actions (ce que l'on nomme ici « nationalisation partielle ») et parmi les banques concernées, l'on trouve de nouveau HBOS et aussi RBS, ie les 2 fleurons de la finance écossaise. Situation d'urgence qui nécessitât l'intervention aussi du gouvernement écossais qui mit 1 milliard de livres sur la table en concertation avec Londres.

Là où la crise financière a pris un tour politique depuis le début de la semaine et à l'approche de la Conférence nationale du SNP, c'est lorsque, mardi dernier, Gordon Brown en a tiré l'argument suivant : sans le Royaume-Uni, l'Ecosse n'aurait pas pu se sortir de ce désastre financier, prenant l'exemple de l'Islande en plein marasme. A la suite du Premier ministre britannique et s'appuyant sur la situation fragilisé du secteur financier écossais, les politiques et les media unionistes ont martelé, depuis mardi, ce credo contre l'indépendance écossaise..

Une conférence déterminante


C'est dans ce contexte tendu que s'est ouvert hier jeudi , la conférence annuelle du SNP qui doit rassembler près de 1500 délégués jusqu'à dimanche.

Les premières interventions d'Alex Salmond ont donné la tonalité du congrès, confirmant l'option indépendantiste , meilleure solution pour le développement économique, social, etc… du peuple écossais, dénonçant une nouvelle fois le détournement par Londres des revenus pétroliers écossais, prenant pour exemple les réalisations des derniers 18 mois.

Face au retour au premier plan de Gordon Brown, à la main-mise de l'état britannique sur les outils financiers écossais, cette conférence va sans doute être un moment charnière pour le SNP et le gouvernement nationaliste d'Alex Salmond.

D'ici dimanche , le Centre des Congrès de Perth va concentrer tous les débats sur l'indépendance écossaise, la faisabilité du referendum mais aussi sur les projets à court et moyen termes d'Alex Salmond pour confirmer ses succès des derniers 18 mois et notamment, pour gagner la prochaine élection partielle face aux Travaillistes à Glenrothes. ■

vendredi 19 septembre 2008

Merville suite : Carla Bruni-Sarkozy interpellée par le Collectif pour le bilinguisme


La situation à l'école publique de Merville à Lorient n'évoluant pas avec le refus de l'inspection d'académie d'accorder un poste supplémentaire pour l'enseignement bilingue, le Collectif pour le bilinguisme à l'école de Merville a transmis en fin d'après-midi à Mme Carla Bruni-Sarkozy un message des enfants sous forme de video demandant son soutien pour débloquer la situation . Voir la video sur le site de Oui au Breton .

mercredi 17 septembre 2008

111 Bretons des temps modernes





















La parution du beau livre « 111 Bretons des temps modernes » paru aux éditions ArMen avait été, en novembre dernier, un des événements éditoriaux de la fin de l'année 2007 en Bretagne.

Cet ouvrage, préparé sous la conduite de Frank Darcel, réunissait les portraits de 111 personnalités bretonnes, d'origine ou de cœur, vivantes ou disparues, ayant marqué leur époque, dans tous les domaines de l'activité humaine : architectes, peintres, écrivains, industriels, scientifiques, cinéastes, philosophes, auteurs de bandes dessinées, journalistes, grands chefs, défenseurs de l'environnement, etc. Des textes d'auteurs très variés et souvent de haute qualité littéraire venaient accompagner des photographies en noir et blanc, toutes très belles. Ce livre avait connu un beau succès en librairie.

Une exposition reprenant ces photographies vient d'être réalisée et, depuis quelques jours, on peut la voir à la médiathèque de Lorient. Elle sera ensuite présentée à la mairie de Loudéac à partir du 10 octobre, puis, à partir du 7 novembre, à Saint-Brieuc, dans l'agence de la BNP, place Duguesclin, et elle devrait ensuite poursuivre son tour de Bretagne tout au long de l'année 2009.

vendredi 12 septembre 2008

Rentrée catastrophique pour la langue bretonne : que se passe-t-il donc à Lorient ?

Communiqué de Mieux Vivre au Pays de Lorient

Comme nous l'avions prédit au printemps dernier, la rentrée 2008 à Lorient peut être qualifiée de catastrophique en ce qui concerne la langue bretonne.

Dans l'enseignement public, le feuilleton ubuesque de l'école de Merville continue avec le refus de l'administration de prendre en compte les inscriptions en filière bilingue d'une vingtaine d'enfants pour la maternelle et d'une quinzaine d'enfants pour le CP/CE1 malgré le soutien d'associations, de partis politiques et d'élus. Quel est ce système administratif qui ne tient compte ni des élèves, ni des parents, ni des élus ?

Dans l'enseignement catholique, c'est l'administration diocésaine qui ferme la seule filière bilingue lorientaise à Saint-Christophe qui comptait pourtant en 2007-2008 une cinquantaine d'élèves . Pour la première fois depuis 18 ans, l'enseignement catholique n'ouvrira aucune nouvelle filière bilingue cette année en Bretagne et le peu d'intérêt pour l'enseignement bilingue français-breton semble être désormais de mise au sein de l'enseignement catholique breton.

Conclusion : le nombre d'élèves en filière bilingue à Lorient est en forte régression par rapport à la rentrée 2007 .

A la rentrée 2007, sur les sites publics de Nouvelle-Ville et Merville, sur le site Diwan et sur les sites privés de St-Christophe et de St-Jo (collège), le total d'élèves dans les filières bilingues était de 193 élèves ( chiffre déjà en régression par rapport à la rentrée 2006) ; à la rentrée 2008 , sur les sites publics de Nouvelle-Ville et Merville, sur le site Diwan et sur le site privé de St-Jo (collège), le total s'élève pour le moment à 155 élèves, soit une diminution de 38 élèves …..

Pour mémoire, la ville de Lorient était déjà largement à la traîne dans le domaine de l'enseignement bilingue par rapport à la plupart des autres villes bretonnes.

Nous posons donc la question : que se passe-t-il donc à Lorient dont le maire a pourtant signé la charte « Ya d'ar Brezhoneg » ?

pour Mieux Vivre au Pays de Lorient

Daniel Mahé

Commission Langues et Cultures

mardi 9 septembre 2008

Ecosse , le paysage audiovisuel en pleine ébullition



Lancement le 19 septembre de BBC Alba entièrement en gaélique et création sous 4 ans de BBC Scotland

Lors de l'arrivée au pouvoir des nationalistes écossais du SNP , il y a 1 an et demi, l'un des premiers dossiers à être mis en avant fut celui de l'audiovisuel . Jusqu'à aujourd'hui l'Ecosse disposait de chaînes publiques BBC avec des décrochages locaux (comme France 3) et de chaînes privées ITV elles aussi avec des décrochages locaux .

Conscients de l'importance vitale pour le maintien de la langue gaélique de l'existence d'une chaîne de télévision, le gouvernement écossais d'Alex Salmond annonçait dès 2007 la création prochaine d'une chaîne entièrement en gaélique . Malgré les réticences de la BBC et de certains politiques dénonçant le coût d'une telle opération, le dossier a continué à être porté par le gouvernement SNP avec succès puisque le lancement de cette chaîne aura lieu le 19 septembre prochain.

BBC Alba [Voir le site] sera entièrement en gaélique écossais ( langue parlée par moins de 80 000 locuteurs) ; ce sera une chaîne généraliste présentant des programmes produits en grande majorité en Ecosse . C'est aussi la première chaîne à être diffusée par la BBC et gérée en association avec un organisme extérieur, MG Alba (Seirbheis nam Meadhanan Gàidhlig - Gaelic Media Service)



BBC Alba sera diffusée, gratuitement, à travers tout le Royaume-Uni et au-delà ( y compris en Bretagne) par satellite (Sky et Astra) dès le 19 septembre 2008 et à partir de 2010 par voie hertzienne numérique en Ecosse. Les programmes en gaélique actuellement diffusés sur BBC 2 Scotland seront maintenus jusqu'en 2010.

Ses horaires quotidiens de diffusion iront de 16h à minuit.

BBC Alba combinera des programmes de télévision, de radio et internet dans le but de multiplier l'impact de ce nouvel outil audiovisuel auprès du monde artistique, des acteurs économiques et des familles . Il s'agit aussi de dynamiser l'utilisation du gaélique dans l'éducation et la formation continue. Par ailleurs, BBC Alba diffusera plus de 3 heures de programmes hebdomadaires sur le sport écossais, plus particulièrement le football, le rugby et le shinty (jeu traditionnel) avec des sous-titres en anglais, et plusieurs fois par an , des matchs de football en direct. Enfin, la chaîne proposera 30 minutes d'informations quotidiennes en direct.

BBC Alba présentera des programmes (dont 1h30 quotidienne de nouveaux programmes) sur les actualités, la météo, le sport, la fiction, le documentaire, l'éducation, la religion, les enfants, la musique, l'apprentissage du gaélique.

La chaîne disposera de 4 studios à Stornoway (Lewis), Glasgow, Inverness et Portree (Skye) avec une répartition des rôles entre les différents sites : direction à Stornoway, information à Inverness, diffusion à Glasgow.

BBC Alba est financée par MG Alba dotée financièrement par le gouvernement écossais et BBC Scotland. Le budget global pour 2008/2009 est de 15 millions £ soit 18,7 millions € .

Après la chaîne en gallois S4C créée en 1982.. et TG4 , la chaîne en irlandais fondée en 1996, BBC Alba est la troisième chaîne en langue celtique, la Bretagne restant une nouvelle fois à la traîne ( la dernière émission en langue bretonne existant sur Tv Breizh vient d'être supprimée et aucun progrès n'est en vue sur le réseau France3).

Après BBC Alba, BBC Scotland

Mais le gouvernement nationaliste ne s'est pas arrêté là : au début 2008, le Premier Ministre écossais, Alex Salmond, fit un discours très offensif contre la politique de la BBC, accusée de ne laisser aucune place à l'Ecosse, notamment dans les informations. Mr Salmond demandait alors à une nouvelle commission, la Scottish Broadcasting Commission, de préparer un rapport sur la situation de l'audiovisuel en Ecosse .

Au printemps, la direction de la BBC à Londres, face aux critiques combinées des gouvernements gallois et écossais, prenait 2 mesures pour tenter de calmer le jeu : tout journaliste en poste à la BBC de Londres devra désormais avoir été en poste à un moment ou à un autre de sa vie professionnelle au Pays de Galles, en Ecosse ou dans une région anglaise hors de Londres ; d'autre part, les journaux télévisés de la BBC devront désormais comporter à chaque édition un sujet sur l'actualité galloise et un sujet sur l'actualité écossaise.

La Scottish Broadcasting Commission vient de rendre ses conclusions et l'on peut dire que l'Ecosse disposera, sans doute en 2012, de sa propre chaîne autonome BBC Scotland lors de l'arrivée du numérique terrestre en Ecosse.

Il s'agirait d'une chaîne publique financée par le gouvernement écossais avec un budget prévisionnel annuel de 75 millions £, soit autour de 93 millions €.

D'après un sondage commandé par la commission, 82% des Ecossais seraient intéressés par ce type de chaîne.

BBC Scotland proposerait des actualités dont un journal d'une heure consacré aux informations écossaises et internationales, de la fiction, des documentaires, etc..

La détermination des nationalistes écossais et de leur gouvernement sur ces dossiers audiovisuels aura donc été payante ; l'importance sociale, culturelle, linguistique et économique de ces 2 chaînes ne leur a bien évidemment pas échappé.

Pour ce qui est de la situation bretonne et par comparaison (même si les situations sont bien évidemment différentes), le peu d'intérêt du monde politique breton pour cette question audiovisuelle est d'ailleurs assez consternante.

vendredi 5 septembre 2008

Noël : faire du centre de Lorient un lieu de fêtes pour petits et grands


C’en est donc fini de la patinoire de la place Alsace-Lorraine durant les fêtes de fin d’année . Ainsi en ont décidé la mairie et Lorient Cap Commerce .

C’est assez curieux comme décision : prétextant de l’échec des chalets commerciaux, échec largement prévisible vu ce qui y était présenté, on supprime ce qui marchait bien , la patinoire qui devenait un véritable lieu de fête pour les enfants et les parents . Curieux mais gageons que le nouveau Centre commercial Nayel saura reprendre le concept dans les années à venir …..

Donc , nous aurons droit à « Noël enchanteur » : pourquoi pas et ça changera de la démarche purement commerciale des « chalets » . On verra dans quelques semaines l’impact de ce nouveau concept .

Mais parallèlement, il y a une question que je souhaitais poser depuis Noël dernier et cette discussion au Conseil municipal me pousse à la poser aujourd’hui : comment se fait-il que des lieux comme le Grand Théâtre ou le Palais des Congrès, en plein centre-ville, ne proposent pas durant les vacances de fin d’année une programmation festive, populaire et pourquoi pas, gratuite, avec par exemple, la participation des nombreux musiciens et groupes musicaux de Lorient et du Pays de Lorient, de l’école de musique, etc.. ? Le thème de Noël peut être décliné par tous les genres musicaux , du classique aux chorales en passant par le jazz ou le traditionnel ou le rock : pourquoi ne pas mettre en valeur les musiciens et groupes musicaux lorientais à cette occasion ? Ce serait pourtant un moyen de faire du centre ville de Lorient un vrai lieu de fêtes pour les petits et les grands.

lundi 25 août 2008

Jeux Olympiques 2008 : 2 médailles d'argent pour la Bretagne






Le sport breton aura donc remporté 2 médailles d'argent aux Jeux Olympiques 2008 avec Julien Bontemps de Nantes en planche à voile et Laetitia Le Corguillé de Saint-Brieuc en BMX .

C'est un résultat un peu en retrait par rapport aux Olympiades précédentes où la Bretagne avait gagné 2 médailles d'or en 2004 à Athènes, 2 médailles d'or à Atlanta en 1996 ; 4 médailles d'or en 1992 à Barcelone ou encore 2 médailles d'or en Corée en 1988. [ABP 11761]

20 sportifs bretons, originaire et/ou habitant dans l'un des 5 départements bretons, participaient à l'édition 2008 des JO. Il s'agissait de :

Jean-Maxence Berrou, athlétisme-pentathlon moderne, Brest

Bertrand Hémonic, Canoë, C500m, CO 1000m, Saint-Grégoire

Solenn Désert, athlétisme, 400 m, Brest

Julien Bontemps médaille d'argent en planche à voile, Nantes

Julie Gerecht, voile, Ynglin, Saint Quay Portrieux

Elodie Guégan, athlétisme, 800m, Ploemeur

Pierre Henri, natation, 400m 4 nages, Quimper

Arnaud Hybois, kayakiste, Baud

Pascale Jeuland, cycliste sur piste, Châteaubourg

Laetitia Le Corguillé médaille d'argent en BMX, Saint-Brieuc

Vincent Lecrubier, kayak biplace, Saint-Grégoire

Anne Le Helley, voile, Ynglin, Saint-Brieuc

Gwendolyn Lemaître, voile, 470, Brest

Faustine Merret, planche à voile, Brest

Tony Moulai, triathlète, Saint-Nazaire

Valérie Nicolas, handballeuse, Lampaul-Guimiliau

Jérôme Pineau, cyclisme, Saint-Herblain

Magalie Pottier, cyclisme BMX, Carquefou

Gilles Rondy, natation (longue distance), Brest

Carole Vergne, escrime, sabre, Saint-Malo


Succès remarqués pour l'Ecosse et le Pays de Galles.


L'édition 2008 des JO aura permis à l'Ecosse et au Pays de Galles de mettre en valeur leurs sportifs.

Le Pays de Galles remporte 5 médailles : 3 en or pour Nicole Cooke ( course cycliste sur route), Tom Jones , aviron, Geraint Thomas , poursuite, et 2 en argent pour Tom Lucy , aviron, et David Davies, 10km nage en eau libre. Il s'agit du meilleur résultat jamais obtenu par des athlètes gallois aux Jeux Olympiques.

L'Ecosse remporte 6 médailles dont 4 en or avec le phénomène Chris Hoy qui, à lui seul, en remporte 3 en cyclisme, et David Florence en canoë, 2 en argent avec Ross Edgar en cyclisme, et Katherine Grangen en canoë.

Enfin, l'Irlande remporte 3 médailles en boxe : 1 en argent avec Kenny Egan et 2 en bronze avec Daren Sutherland et Paddy Barnes.

mercredi 20 août 2008

Ouessant et Groix : l'insularité à l'honneur du 20 au 24 août



Du 20 au 24 août se déroulent 2 festivals assez singuliers consacrés l'un comme l'autre à l'insularité : celui d'Ouessant pour la littérature insulaire, celui de Groix autour du film insulaire. Créé en 1999, le 10ème Salon International du Livre Insulaire d'Ouessant a pour thème cette année « La naissance des Iles » [Voir le site] ; pour sa part, le 8ème Festival International du Film Insulaire de Groix aborde l'Islande [Voir le site]

En fait , le Festival de Groix est né en quelque sorte du Salon d'Ouessant . Lors de la création de ce dernier, j'avais demandé à Isabelle Le Bal, organisatrice du salon ouessantin, si elle pensait faire "tourner" son salon dans les différentes îles bretonnes ou si elle préfèrait l'installer durablement à Ouessant: bien évidemment , le salon resterait ouessantin ( un peu naïf de ma part de croire l'inverse, non ?) . Durant l'hiver 1999, l'idée mûrit entre amis de Groix et d'ailleurs qu'il serait peut-être intéressant de créer toujours sur le thème de l'insularité un festival basé à Groix tournant autour du film et de l'audiovisuel . Et c'est ainsi qu'une poignée de Groisillons et Lorientais, dont Catherine Le Goff, Zoé Duviard et moi-même, se retrouvèrent à Ouessant pour le salon 2000 où fut présenté pour la première fois le projet d'un Festival International du Film Insulaire (FIFIG). Et 2001 vit la première édition de ce festival devenu un rendez-vous des amoureux des îles et du documentaire. Les 2 années pendant lesquelles j'ai présidé le FIFIG sont restées, pour moi, un moment intense d'échanges, de joie, d'engueulades, d'enthousiasme, bref.... Une vraie joie de voir cette idée qualifiée à l'époque par certains de farfelue, portée par 3 ou 4 personnes au départ, être devenue un rendez-vous groisillon incontournable.

mardi 19 août 2008

A propos des Jeux Olympiques

C'est juste une remarque que je me fais quand j'entends les commentateurs sportifs donner le bilan des médailles remportées par la Chine, les USA et les dizaines d'autres pays : et si l'on comptabilisait les médaillés issus de l'Union européenne ? Ca donnerait le résultat suivant (au 19 août) :

Union Européenne : 57 médailles d'or
Chine : 39 médailles d'or
USA : 23 médailles d'or

Pour le moins, celà change les perspectives, non ?

lundi 18 août 2008

Festival Interceltique : un succès pour la délégation galloise


Cette “Année du Pays de Galles” à Lorient représentait un vrai défi pour la délégation galloise : une image à dynamiser, un investissement important à rentabiliser, une implication dans le Festival à confirmer …

Autant de questions qui se posaient avant cette 38e édition et qui incitaient d'ailleurs la direction du Festival à revoir un peu à la baisse ses objectifs après une “Année de l'Écosse” qui avait été un franc succès. D'autant que l'organisation de la délégation galloise subit un changement surprise au printemps dernier [ABP 10346].

Après 10 jours de festivités, plusieurs objectifs ont été atteints selon Michael Greenow, l'un des responsables de VisitWales, l'organisation de promotion du tourisme gallois : l'investissement du gouvernement gallois pour le festival représentait à peu près 450 000 € et les responsables gallois attendaient beaucoup de cet effort important : avec près de 30.000 visiteurs par jour au Pavillon gallois, le niveau de fréquentation prévu est dépassé ; les artistes gallois ont su donner une image rénovée de la culture galloise, les contacts ont été très positifs ainsi que les échanges avec les autres délégations. Succès constaté et salué par la presse lorientaise.

Mais l'impact de la présence galloise sera jugé aussi, du point de vue des autorités galloises, sur l'augmentation de la fréquentation touristique au Pays de Galles. En 2006, le Pays de Galles a connu un pic de fréquentation avec près de 11 millions de visiteurs, amenant un chiffre d'affaires de 3 milliards £ (3,8 milliards €) avec 90 % des visiteurs provenant du Royaume-Uni, le reste venant d'Irlande, des USA et de l'Europe continentale. 2007 a vu une baisse de 13 % de la fréquentation touristique au Pays de Galles et la présence galloise au Festival de Lorient a pour objectif d'attirer un nouveau public au pays des dragons.

L'importance future de la présence galloise au festival interceltique dépendra en grande partie de l'impact touristique de leur présence lorientaise de cette année.

L'autre point qui intéresse les Gallois est ce que l'on pourrait nommer « l'échange d'expertise » : être présent dans un lieu comme Lorient où l'on peut échanger avec d'autres pays, de la Galice à l'Écosse en passant, bien entendu, par la Bretagne, est un élément que les autorités galloises souhaitent exploiter pour importer les pratiques qui les intéressent, par exemple dans le domaine de l'industrie nautique bretonne ou bien le développement du secteur des musiques, à l'instar des Irlandais. En résumé, les Gallois et notamment le ministre Andrew Davies croient fortement dans la « valeur ajoutée » que peut apporter le réseau des pays celtiques.

Pour 2009, reste aussi l'interrogation posée par la crise économique qui peut limiter les ambitions des pays habituellement représentés à Lorient.

En tout cas, le Pays de Galles aura démontré en 2008 le dynamisme et la modernité de sa culture et de sa société.

Festival Interceltique : l'oratorio pour Xavier Grall, un moment intense, une émotion palpable


Ce vendredi, le Grand Théâtre de Lorient présentait dans le cadre du festival interceltique l'Oratorio pour Xavier Grall « L'inconnu me dévore, An dianav a rog ac'hanoun ».

Créé pour la première fois en juillet 2007 à Auray à l'occasion du festival Not' en bulles, cet événement est un hommage à Xavier Grall, écrivain, poète et journaliste, sur une idée de Michel Chauvin.

L'oratorio proposé ce vendredi soir restera dans la mémoire des spectateurs présents : au-delà de la mise en scène imaginative, moderne et accessible, c'est la force dégagée par les récitants Ronan Debois, Yvon Le Men et Jean-Michel Fournereau qui aura marqué la soirée ; l'émotion était palpable et les textes de Xavier Grall semblaient réellement « remuer les tripes » des spectateurs ; pour tout dire cette performance était impressionnante.

L'intervention du groupe vocal « Mélisme(s) », de Marthe Vassallo et du groupe musical sous la direction de Gildas Pungier ajoutait une ambiance quasiment magique aux récits de Xavier Grall. Frédérique Lory, compositeur de la musique, révèle une fois de plus son grand talent.

Et c'est sous les applaudissements que l'épouse de Xavier Grall vint remercier les acteurs et les musiciens sur scène.

Beaucoup étaient venus à cette soirée en s'interrogeant sur l'événement proposé ; tous sont repartis impressionnés et remués. Vraiment remarquable et cet oratorio mérite de tourner à travers la Bretagne.

Il serait intéressant que ce type de création se développe, puisant dans les textes des auteurs bretons, faisant appel à nos nouveaux compositeurs et aux talents multiples de nos musiciens. C'est aussi par cette voie que la culture bretonne se maintiendra et se développera.

Festival de Lorient et langue bretonne : des progrès mais peut (encore) mieux faire



Question récurrente que la place de la langue bretonne au Festival de Lorient …. Durant des années, les militants de la langue se sont heurtés, pour le moins, à la passivité sinon à l'hostilité de la direction du Festival Interceltique.

Durant les 2 décennies passées, quelques progrès ont lieu grâce à l'implication de tel ou tel administrateur, progrès remis en cause au fil du temps. À noter, il y a 4 ans, la signature de la charte « Ya d'ar Brezhoneg » grâce à Mikael Micheau-Vernez, à l'époque vice-président du FIL, signature peu suivie d'effet si ce n'est l'apparition du bilinguisme dans le programme du FIL.

En revanche, depuis 2 ans, depuis l'arrivée à la direction du FIL de l'Asturien Lisardo Lombardia, le FIL a décidé publiquement de donner une place grandissante à la langue bretonne : cela s'est traduit par la présence d'un stand de l'Office de la Langue Bretonne, par une révision de la signalétique du FIL en voie d'être quasiment entièrement bilingue, la refonte de la signalétique des restaurants du Village celte désormais bilingue, la formation à la langue et à la culture bretonnes du personnel du FIL avec Stumdi, etc..

Reste cependant à régler une question permanente, le problème des présentations des spectacles : autant dans certains sites comme le Grand Théâtre la langue bretonne a sa place, autant dans d'autres elle est complètement inexistante comme l'Espace Marine.

Comme l'ont remarqué différents invités gallois, le Festival se doit d'intégrer pleinement cette dimension linguistique et Lisardo Lombardia compte bien progresser dans cette voie.

À noter le quadrilinguisme du Pavillon gallois avec ses textes en gallois, breton, anglais, français.

Festival de Lorient : les Chieftains, symbole de l'interceltisme musical


C'était l'un des événements de ce festival 2008 : le retour à Lorient des Chieftains, le groupe mythique irlandais.

Sur scène depuis 47 ans, lauréats d'une multitude de prix, récompenses et autres Grammy Awards, les Chieftains ont été, pendant des années, des habitués du Festival Interceltique, avant de se faire plus rares dans la cité morbihannaise.

Pour ce grand retour lorientais, Paddy Moloney, le leader des Chieftains souhaitait rendre hommage à son grand ami Polig Monjarret, celui qui l'avait initié à la musique bretonne et aussi galicienne.

Le spectacle présenté hier soir devant un Espace Marine bondé était, si l'on peut dire, une riche illustration de ce qu'est de nos jours l'interceltisme dans l'esprit des Chieftains : une fusion musicale de grande qualité et d'un dynamisme communicatif.

S'appuyant sur 2 musiciens écossais complémentaires, Paddy Moloney avait invité des artistes de première qualité comme la chanteuse de l'Île de Lewis en Écosse, Alyth MacCormack, dont l'interprétation de «The Foggy Dew» (chant républicain irlandais) et de «Mo Ghile Mear» (chant jacobite) fut de toute beauté. Voir ces chants à forte connotation politique interprétés en même temps par des Irlandais et des Écossais était particulièrement émouvant et significatif.

En hommage à Polig Monjarret, c'est sa fille Nolwen qui a interprété 2 chants, l'un écrit par Polig sur des paroles de Per Jakez Helias «Spered an Tan», l'autre extrait de l'album des Chieftains «Celtic Wedding» entièrement inspiré du travail de Polig Monjarret et de ses «Tonioù Breizh Izel».

Ponctué par les interventions de 3 danseurs irlandais, de chanteurs et sonneurs galiciens, le «show» s'est conclu par l'intervention de tous les artistes accompagnés du Bagad d'Auray et de danseurs du cercle d'Auray, les spectateurs devenant danseurs. Du grand spectacle, une ambiance du tonnerre, un exemple de ce que l'interceltisme musical peut produire de mieux.

Dans l'après-midi, Paddy Moloney avait tenu à faire son «pèlerinage» à la statue de Polig au centre de Lorient qui est devenu en quelques jours le point de passage obligé des groupes présents sur Lorient et des visiteurs qui se font photographier auprès du « père des bagadoù ».

Voir aussi [ABP 11672] et [ABP 11711]

Jeremy Evas : "Nous avons désormais les moyens en qualité et en quantité pour que la langue galloise progresse significativement"


Dans le cadre de l'Année du Pays de Galles au Festival Interceltique, j'ai rencontré, pour ABP, l'un des représentants de « Bwrdd yr Iaith Gymraeg », le Bureau de la Langue galloise, Jeremy Evas.

ABP : Quand a été créé le Bureau de la Langue Galloise ?

Jeremy Evas : « Le Conseil de la Langue Galloise (nous préférons cette dénomination à celle de Bureau) a été créé en 1993 dans le cadre d'une loi britannique portant sur la promotion de la langue galloise. Son financement est assuré par le gouvernement gallois depuis 1999 et nous disposons actuellement d'un budget de 13 millions £ (soit près de 16,5 millions €) dont nous redistribuons 9 millions £ pour des projets proposés par divers organismes sous formes de bourses ou subventions.

Les membres du Conseil sont nommés par le gouvernement à partir d'une liste de candidats. Le Conseil dispose de 74 fonctionnaires sur 3 sites, Cardiff, Carmarthen et Caernarfon et dans diverses communautés. »

ABP : Quelle est la situation institutionnelle de la langue galloise ?

Jeremy Evas : « En 1967, il y avait eu une première loi qui légalisait un bilinguisme « minimum » (signalisation, formulaires, etc..) ; cette loi s'est révélée rapidement insuffisante et en 1993, la loi qui créa notre Conseil fit obligation à toute institution présente au Pays de Galles de fournir ses services en gallois. En 15 ans, cette loi a profondément changé le paysage linguistique au Pays de Galles ; la langue galloise a trouvé un statut de co-officialité aux côtés de l'anglais ; de ce fait, la langue galloise s'est imposée à tous les partis politiques et n'est plus un enjeu politicien. »

ABP : Combien y a-t-il de locuteurs actuellement ?

Jeremy Evas : « Il y a 582 000 locuteurs sur 3 millions d'habitants, soit 20,8 % de la population, ce qui est un résultat en progression, sachant que le pourcentage est de 25 % chez les plus de 65 ans et de 45 % chez les 3 à 15 ans. Le but du gouvernement est une progression de 5 % en 3 ans. »

ABP : Quelles sont les réalisations du Conseil de la Langue Galloise ?

Jeremy Evas : « Outre l'appui aux institutions, nous travaillons avec de grandes entreprises privées comme Tesco ou Microsoft ; nous développons une politique majeure en direction des parents pour les inciter à parler en gallois avec leurs enfants et nous menons des recherches régulières en socio-linguistique avec l'appui de sondages dans la population ; c'est ainsi que nous pouvons dire que 13 % de la population galloise parle couramment et régulièrement gallois.

La situation de notre langue a beaucoup évolué : elle a subi des pertes importantes dans les communautés rurales ; en revanche, en milieu urbain, le gallois se porte bien : à Caernarfon, la langue est parlée par 90 % de la population ou bien à Cardiff, ville de 300 000 habitants, 10 % de la population est galloisante, ce qui est une nouveauté en progression constante. Le gallois n'est plus uniquement une langue rurale mais de plus en plus urbaine. »

ABP : Quel impact a eu la création de la chaîne TV en gallois S4C ?

Jeremy Evas : « La création de cette chaîne a été incroyablement positive à plusieurs niveaux : Cardiff est devenue l'un des centres majeurs de la création audiovisuelle en Grande-Bretagne (vous connaissez sans doute la série Dr Who ? …) et avec cette TV, la langue orale s'est unifiée de façon très efficace évitant ainsi une fragmentation dialectale. »

ABP : L'avenir du gallois semble donc garanti ?

Jeremy Evas : « On peut dire actuellement que le gallois survivra alors que 90 % des 6000 langues actuellement parlées dans le monde sont condamnées à plus ou moins brève échéance. Nous avons désormais les moyens en qualité et en quantité pour que la langue progresse significativement. »

ABP : Que pensez-vous de la situation bretonne ?

Jeremy Evas : « La situation en Bretagne est évidemment bien pire qu'au Pays de Galles . Les priorités pour vous sont la transmission en encourageant les parents (ou les grands-parents) à parler en breton aux enfants (aux petits-enfants), bien qu'il soit un peu tard… et la création de média TV en langue bretonne. Pour notre part, nous souhaitons développer notre collaboration avec l'Office de la Langue Bretonne au sein du réseau européen pour la diversité linguistique et sur des projets comme l'éducation en immersion linguistique. »

ABP : Que pensez-vous du Festival de Lorient ?

Jeremy Evas : « C'est intéressant et très riche culturellement mais la langue bretonne devrait y être beaucoup plus présente pour encourager son utilisation et sa promotion. Mais il semblerait que les choses bougent depuis peu au Festival de Lorient en ce domaine. »

ABP : Merci .

Polig Monjarret : l'inauguration émouvante de la statue d'un grand patriote breton



Dimanche 3 août, sous un crachin persistant, ce sont plusieurs centaines de personnes, amis, sonneurs, militants, responsables culturels et politiques qui se sont retrouvés place Polig Monjarret, autour de la famille de ce grand patriote breton que fut Polig Monjarret, pour l'inauguration de sa statue.

L'idée de cette statue avait été lancée par moi-même lors de l'inauguration de la place Polig Monjarret au centre-ville de Lorient. Les initiateurs se regroupèrent au sein de l'Association des amis de Polig Monjarret, Mignoned Polig Monjarret, et obtinrent rapidement l'appui des principaux responsables du monde culturel breton mais aussi de nombreux politiques dont, par exemple, le président du Conseil régional ou le président du Conseil général du Morbihan. [ABP 11672]

La réalisation du projet aura pris plus de 3 ans et aura nécessité un budget de près de 60 000 € financé en partie par les collectivités mais en premier lieu par les amis de Polig et un certain nombre d'entreprises.

Réalisée par le sculpteur costarmoricain Bernard Potel et la fonderie Nivet de Plérin, l'oeuvre en bronze représente Polig assis sur un banc qui permet, déjà, à de nombreuses personnes depuis quelques jours de venir se faire photographier auprès du grand Polig, l'un des fondateurs de la BAS, créateur de Bretagne-Irlande, du Kan ar Bobl, du Festival Interceltique, etc..

L'inauguration fut saluée par un chant de Gilles Servat suivi d'une aubade de sonneurs représentant les bagadoù de Bretagne

Pour le respect de nos droits et de notre culture



Ce premier dimanche du Festival Interceltique de Lorient a, comme chaque année, été riche d'événements dont la grande parade avec ses 4000 musiciens et danseurs qui s'est déroulée devant des dizaines de milliers de spectateurs et sous un crachin pour le moins rafraichissant .

Invitées remarquées de ce défilé musical et dansant, deux banderoles « Respect de nos droits et de notre culture » et « Défendre les pratiques amateurs, c'est assurer une culture vivante » à l'initiative du Conseil Culturel de Bretagne, de BAS, de Kendalc'h, de War 'l Leur, de Bretagne Réunie et de l'Institut Culturel de Bretagne.

Intercalées entre des bagad, ces banderoles et ses porteurs ont été chaleureusement applaudis tout au long du parcours.

C'est d'abord le danger qui pèse sur la participation des amateurs et bénévoles dans les manifestations culturelles populaires qui est au centre du débat. Le projet de loi en préparation mettrait fin à des festivals tels que celui de Lorient et bien d'autres en les transformant, s'ils en avaient les moyens financiers, en manifestations uniquement professionnelles (version optimiste) ou à leur disparation pure et simple.

Samedi, au cours du Championnat nation des Bagadoù, la pétition (voir pièce jointe) a recueilli des milliers de signatures comme auparavant au Festival de Cornouaille et l'intervention du président de Bodadeg ar Sonerion, Bob Haslé, fut applaudie fortement par les milliers de spectateurs.

Cette opération sera réitérée tout au long des fêtes et festivals de Bretagne à venir.

Une première mondiale philatélique : l'émission de la série « Interceltique » par la poste de l'Île de Man à l'occasion du Festival Interceltique 2008


C'est le 12 mai 2008 que la poste de l'Ile de Man a émis une série de 8 timbres consacrés aux drapeaux nationaux et aux langues de chacun des pays participant au Festival Interceltique de Lorient : Bretagne, Cornouaille, Pays de Galles, Irlande, Écosse, Ile de Man, Galice et Asturies. [ABP 10508]

Pour la Bretagne, c'est une première philatélique historique : première fois qu'un timbre représente le drapeau breton, première fois que la langue bretonne est présente sur un timbre d'une poste officielle.

Durant les 10 jours du festival, la poste manxoise est présente à Lorient, quai des Indes, et propose non seulement ces timbres mais aussi de nombreux souvenirs philathéliques : enveloppes Premier Jour, blocs de 10 timbres, cartes postales, etc..

De plus, les Manxois mettent à disposition une boîte à lettres où les visiteurs pourront poster leur courrier avec des timbres de l'Ile de Man, dont le Gwenn ha Du, et profiteront ainsi d'une marque postale spéciale « Festival Interceltique ».

Jusqu'en 1973, le service postal de l'ile manxoise était dirigé par la Royal Mail britannique ; le 5 juillet 1973, la poste de l'Île de Man est devenue indépendante incluant le droit d'émettre ses propres timbres. Pour plus de renseignements et commandes éventuelles : [Voir le site] des timbres de Île de Man.

Cette présence à Lorient a reçu le soutien du gouvernement manxois et de la Manx Heritage Foundation. Nul doute que ce stand attirera collectionneurs et amateurs.

Ta Ellan Vannin cur failt erriu ! (L'Île de Man vous souhaite la bienvenue !)

Polig Monjarret, une grande ambition pour la Bretagne



Dans le cadre du Festival Interceltique 2008 sera inaugurée, dimanche 3 août, à 17 h, place Polig Monjarret à Lorient, une statue du « père des bagadoù ». A cette occasion, j'ai rencontré, pour ABP, les 3 filles de Polig Monjarret, Gwenola, Nolwenn et Soazig.


ABP : Que représente pour vous Polig ?

« Tout d'abord, un père, un vrai papa, certes peu présent pris qu'il était par de multiples réunions, en déplacement permament pour BAS, Kendalc'h ou Bretagne-Irlande, mais qui veillait à nous amener avec lui dans les fêtes, à nous rapporter des souvenirs. C'est plus tard à la fac puis lors de sa disparition, que nous nous sommes rendu compte de la place qu'il tenait en Bretagne et au-delà, de l'impact qu'il avait eu sur plusieurs générations »

ABP : Les réalisations de Polig sont impressionnantes : BAS, Bretagne-Irlande, le Kan ar Bobl, le Festival de Lorient, etc….

« C'était un extraordinaire organisateur plein d'idées qui travaillait énormément ; il ne dormait que 3 ou 4 heures par nuit ; il possédait une puissance de travail impressionnante qui s'accompagnait d'un caractère affirmé. Lorsqu'il avait une idée, il voulait la mener à bien et ceci souvent sans s'encombrer des débats habituels sans fin.

Polig avait une très grande ambition pour la Bretagne, pour la culture bretonne jusqu'alors méprisée et marginalisée. C'est cette ambition qui l'a poussé à monter Bodadeg ar Sonerien, le Kan ar Bobl, Bretagne-Irlande ou encore le Conservatoire de Musique de Soye (devenu depuis le Centre Amzer Nevez) »

ABP : Cette ambition pour la Bretagne, il ne l'a pas transposée dans la politique ?

« Notre père avait une vision politique mais pas politicienne ; il voulait que la Bretagne retrouve sa culture, s'ouvre vers de nouveaux horizons. Son passage au PNB pendant 9 mois l'avait dégoûté de l'engagement partisan. Il a tenté une autre expérience en devenant conseiller municipal de Lorient mais là encore dans le but de faire avancer ses idées. Par exemple, la mise en place de Bretagne-Irlande avait pour but, dans son idée, d'amener les Bretons à s'ouvrir à d'autres horizons que Paris. »

ABP : Dimanche sera inaugurée à Lorient la statue de votre père. Y a-t-il d'autres initiatives que vous souhaiteriez voir prises ?

« L'élaboration de cette statue sous l'impulsion des Mignoned Polig Monjarret a été un moment tout à fait étonnant pour nous ; nous avons simplement tenu à participer à sa réalisation, au choix de l'image que l'on allait donner de notre père. Pour les projets, Polig avait écrit dans les années 50 une Messe pour Bagadoù et nous souhaiterions la voir programmée dans un festival de Bretagne ».

ABP : Merci.

Andrew Davies, ministre gallois des Finances : «Depuis 10 ans, le Pays de Galles vit une success story économique»


Mr Andrew Davies, ministre gallois des Finances, est venu représenter le gouvernement gallois lors du premier week-end du Festival Interceltique de Lorient. J'ai souhaité évoquer, pour ABP, avec lui la dimension économique de la dévolution.

ABP : Que représente pour vous la présence galloise au Festival Interceltique de Lorient ?

Andrew Davies : « L'Année du Pays de Galles est une chance exceptionnelle pour nous pour exposer notre riche patrimoine culturel, de promouvoir notre tourisme et un certain nombre de produits qui participent à la réputation de notre nation à travers le monde.

Mais ce n'est pas seulement une action de promotion ; le Festival nous permet d'être présents aux côtés des autres nations celtiques, de partager leurs expériences et d'apprendre aussi pour aider au mieux au développement de nos cultures dans un monde de plus en plus global. »

ABP : Quelle est la situation économique du Pays de Galles actuellement ? Les points forts ? Les points faibles ?

Andrew Davies : « Comme les autres pays, le Pays de Galles ressent les effets des tensions économiques mondiales. Bien que la politique en matière de taxes et d'impôts reste entre les mains de Westminster, la Dévolution a permis au gouvernement gallois de faire face aux problèmes en mettant en place des politiques adaptées à la situation galloise. Avant la création en 1999 de notre Assemblée nationale, nous ne pouvions pas le faire.

Nous avons pu développer notre propre politique économique grâce aux pouvoirs dont nous disposons dans des secteurs comme la santé, l'éducation, les universités, l'investissement dans des secteurs technologiques prioritaires et novateurs, le transfert technologique du monde de la recherche vers les entreprises, etc…

Il est évident pour tous que la dernière décennie a été une success story économique pour le Pays de Galles avec des niveaux records d'emplois et d'investissements.

Dans le domaine de l'éducation, le gouvernement gallois a encouragé la commercialisation des recherches universitaires et les entreprises novatrices.

Nous avons souhaité encourager le développement en priorité des entreprises galloises tout en continuant à attirer de nouvelles compagnies au Pays de Galles.

Prenons l'exemple de Admiral Insurance, une compagnie financière créée et développée au Pays de Galles : elle vient d'annoncer des benefices avant impôts de 100 millions £ ; prenons aussi l'industrie aéronautique qui joue un rôle vital dans l'économie galloise actuelle avec près de 180 entreprises employant plus de 25 000 personnes, dont 7500 sur le site d'Airbus à Broughton qui fabrique les ailes du superjumbo A380.

Notre gouvernement a une ambition certaine en matière économique et d'emploi. »

ABP : Quel a été l'impact économique de la dévolution ?

Andrew Davies : « L'impact économique de la Dévolution a été significatif. Depuis 1999, nous avons quasiment résolu tous les problèmes des années 80 et du début des années 90. C'est pourquoi nous avons milité si fortement à l'époque pour le Pays de Galles dispose de ses propres institutions. C'était la période où le Pays de Galles a du faire face à des niveaux de chômage inconnus jusque là avec la fermeture de nos sites miniers et industriels, l'impact étant dévastateurs sur nos communautés.

Depuis la création de notre Assemblée nationale et le transfert des pouvoirs de Westminster à Cardiff, notre pays s'est transformé non seulement économiquement mais aussi culturellement et politiquement.

Avec la Dévolution, nous avons développé notre capacité à prendre nos propres décisions et à répondre de façon plus efficace aux défis et aux opportunités apportés par la globalisation économique.

Par exemple, nous avons été capables d'accueillir la compagnie internet Amazon qui a créé un énorme centre logistique à Swansea qui va acueillir prochainement près de 2700 emplois. Nous avons du agir rapidement et efficacement face à la compétition d'autres sites du Royaume-Uni. Notre réponse a permis à Amazon de choisir le Pays de Galles et leur décision a boosté le monde économique gallois ; en 16 mois, nous avons pu mener à bien cette négociation.

Ce n'est juste qu'un exemple parmi d'autres de la flexibilité et de la réactivité que nous a apportées la Dévolution pour promouvoir le Pays de Galles et son développement économique . Le résultat a été la création de 150 000 emplois depuis 1999, soit une augmentation de 11% comparé au 7% de la moyenne britannique. »

ABP : Quels sont les pouvoirs économiques et financiers du gouvernement gallois ?

Andrew Davies : « Mon rôle principal en tant Ministre des Finances est de m'assurer que les services publics répondent aux besoins de la population, que chaque livre galloise dépensée assure une meilleure vie à nos concitoyens.

Quand l'Assemblée nationale a été créée en 1999, nous avions un budget de 7 milliards £ (8,9 milliards €) ; ce budget a doublé l'année dernière et en 2010 nous disposerons de 16 milliards £ (20,3 milliards €). Cette augmentation nous a permis de transformer les services publics gallois.. Par exemple, pour le domaine de la santé, le temps d'attente pour les patients pour leur traitement continue à diminuer (moins de 22 semaines en moyenne).

Différentes mesures mises en place par notre gouvernement montre ce qu'a apporté la Dévolution dans la vie quotidienne des Gallois : transports en bus gratuits pour les retraités, médicaments gratuits pour tous, accès facilité à l'éducation, interdiction de fumer dans les endroits publics, etc…

Nous continuerons dans cette voie pour contribuer à rendre meilleures les conditions de vie de nos concitoyens. »

ABP : Merci.

Propos recueillis par Jacques-Yves Le Touze

Rhodri Morgan, Premier Ministre gallois : “Nous voulons et avons envie de prendre nous-mêmes nos propres décisions”


Alors que le Pays de Galles est la nation à l'honneur au Festival interceltique de Lorient cette année 2008, j'ai pu interviewer, pour l'ABP, le Premier Ministre gallois, Rhodri Morgan (Labour), à la tête du gouvernement gallois depuis la création de l'Assemblée nationale galloise et ceci depuis 2007 en coalition avec les nationalistes du Plaid Cymru.


ABP : Depuis 1999, le Pays de Galles dispose de son Assemblée Nationale : quel bilan tirez-vous de ces 10 ans de «dévolution»?

Rhodri Morgan : « Je pense que le changement le plus important porte sur notre propre sentiment de confiance en nous-mêmes ; nous voulons et avons envie de prendre nous-mêmes nos propres décisions. Je crois que c'est ce que nous a apporté de mieux la dévolution.

La raison principale en est que la dévolution a aussi été et peut-être en premier lieu un succès économique accompagné du recul du chômage qui est maintenant au niveau de la moyenne britannique. Le Pays de Galles a, depuis 1999, créé un gain net de 150 000 emplois ; la dévolution n'a détruit aucun emploi contrairement à ce que nous annonçaient les anti-Dévolution, bien au contraire la dévolution a aidé à la création de nouveaux emplois.

Le Pays de Galles a évolué durant cette décennie ; en tant que nation, nous sommes bien mieux préparés à prendre la responsabilité de notre propre avenir, en tenant compte de nos propres erreurs et en en tirant les leçons nécessaires. C'est ainsi que se bâtit une nation.

En 1997, la majorité pour la création d'une Assemblée galloise était très juste ; depuis, divers sondages ont montré un soutien grandissant pour la dévolution et les nouvelles institutions galloises.

Cela ne m'étonne guère, dans la mesure où les craintes exprimées par les anti-Dévolution sur l'incapacité supposée des Gallois à gérer leurs affaires se sont révélées injustifiées. Les faits parlent d'eux-mêmes : la situation du Pays de Galles s'est nettement améliorée depuis la création de l'Assemblée nationale galloise.

Quelques exemples de décisions prises par notre Assemblée :

— dans le domaine de l'éducation, la mise en place d'une sorte de baccalauréat à la galloise pour les 16 – 19 ans ou la création de jardins d'enfants sur le modèle scandinave qui ouvriront en septembre prochain ; petit à petit, le système d'enseignement gallois s'éloigne du modèle britannique dominant depuis 125 ans.

— le système de bourses délivrées par l'Assemblée pour permettre au plus grand nombre de suivre des études supérieures, l'interdiction de fumer ou bien encore la délivrance gratuite de médicaments, autant de mesures qui améliorent la vie quotidienne des Gallois.

— autre exemple : le transport en bus gratuit pour les retraités, qui a donné la liberté à des milliers de seniors, non seulement de faire leurs courses hebdomadaires mais aussi de voyager à travers le Pays de Galles pour visiter leur famille ou leurs amis.

Notre approche de l'économie a considérablement évolué depuis 10 ans et nous continuerons en ce sens : terminée l'époque où nous construisions d'abord des zones industrielles avant de chercher ensuite des investisseurs pour remplir les espaces vides.

Maintenant nous encourageons les sociétés à développer leurs unités de recherche scientifique et technique au Pays de Galles.

Il y a une dizaine d'années, nous n'avions pas véritablement d'entreprises capables de développer une recherche de niveau mondial ; désormais, je peux citer EADS, IBM, Motorola, Avaya, GE Healthcare, General Dynamics et bien d'autres.

Dernier exemple : le site Airbus dans le Flintshire emploie plus de 6.000 personnes dans des postes de haut niveau technologique pour la fabrication des ailes de l'ensemble des avions de la marque. La future académie militaire à Saint Athan dans la vallée de Glamorgan créera des milliers d'emplois qualifiés dans un environnement universitaire qui n'aura rien à envier à Oxford ou à Cambridge. »

ABP : Les pouvoirs de l'assemblée galloise sont moins larges que ceux du Parlement écossais : souhaitez-vous une évolution vers le modèle écossais?

Rhodri Morgan : « L'Écosse a une tradition politique complètement différente de celles de l'Angleterre et du Pays de Galles mais c'est une question qui se pose désormais au Pays de Galles. Le décret de 2006 consacré au Gouvernement du Pays de Galles a mis en place la possibilité pour nous d'organiser un référendum portant sur un élargissement des pouvoirs législatifs de notre Assemblée nationale. Tant le Parti travailliste que le Plaid Cymru sont prêts à s'engager pour une issue positive à ce référendum qui pourrait avoir lieu en 2011.

Mon gouvernement a créé une Convention pour le Pays de Galles (All- Wales Convention) , présidée par l'ancien ambassadeur britannique aux Nations Unies, Sir Emyr Jones Parry, dans le but de recueillir l'opinion des différents secteurs de la société galloise concernant une possible évolution à l'écossaise des pouvoirs de notre assemblée nationale. Cette Convention rendra ses conclusions en 2010 et sur cette base, le gouvernement décidera de la date de la tenue du référendum. »

ABP : Depuis 1 an, le Parti travailliste gallois et les nationalistes du Plaid Cymru gouvernent en coalition l'exécutif gallois : quelles sont les nouvelles politiques que vous avez définies et mises en pratique ensemble ?

Rhodri Morgan : « Le “One Wales Program” du gouvernement Labour – Plaid Cymru est une synthèse des programmes de 2 partis, avec une priorité pour la santé, l'éducation, l'environnement et l'enfance en difficulté.

Cet accord a coïncidé avec l'obtention de nouveaux pouvoirs dans le cadre du « Government of Wales Act » de 2006, notamment de plus grandes compétences législatives nous permettant de voter nos propres lois et ceci pour la première fois depuis 500 ans [ndlr : depuis la fin du Parlement gallois mis en place par Owain Glyndwr].

Notre programme Labour – Plaid Cymru comprend près de 220 mesures à mettre en place d'ici 2010, ce que nous avons déjà fait sur de nombreux points, que ce soit, par exemple, les parkings gratuits pour les patients hospitalisés, la nomination d'un médiateur en charge des droits des seniors (une première mondiale !) ou le système scolaire pour les enfants de 3 à 7 ans sur le modèle scandinave.

Nous avons aussi arrêté un plan à long terme pour les énergies renouvelables et identifié les zones pour la création de fermes éoliennes qui seront notre contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. »

ABP : Quelle place souhaitez-vous donner à la langue galloise dans la société galloise actuelle ? Votre politique linguistique est-elle bien admise à Londres, y compris au sein du Labour à Westminster ?

Rhodri Morgan : « La langue galloise a un rôle important à jouer dans le Pays de Galles d'aujourd'hui, d'autant qu'un nombre croissant d'élèves est scolarisé dans les écoles en gallois. Mon gouvernement est actuellement en négociations avec Westminster pour l'obtention de nouveaux droits législatifs qui nous permettront de voter une nouvelle législation portant sur la promotion de la langue galloise. »

ABP : Quels rapports avez-vous avec les gouvernements des autres pays celtiques, Irlande, Irlande du Nord et Écosse ? Que pensez-vous de l'évolution politique en Écosse et de la marche vers l'indépendance prônée par Alex Salmond ?

Rhodri Morgan : « Nous avons déjà d'excellentes relations de travail avec les autres pays du Royaume-Uni et d'Irlande : nous avons des réunions régulières au sein du Conseil des Iles britanniques où nous discutons de sujets d'intérêt commun ainsi qu'au sein du Comité inter-ministériel où j'ai des entretiens cordiaux et constructifs avec mes collègues d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande du Nord.

La question de l'indépendance de l'Écosse est du ressort du peuple écossais. »

ABP : Vous avez signé un accord de coopération avec Jean-Yves Le Drian, pour le Conseil régional de Bretagne (administrative) : quelles actions ont été menées dans le cadre de cet accord ? Pensez-vous possible de renforcer cette coopération entre les 2 pays ?

Rhodri Morgan : « Le Pays de Galles est tout à fait conscient des liens historiques avec la Bretagne. Cette relation particulière a été reconnue officiellement et consolidée par un mémorandum (Memorandum of Understanding – MOU) entre le Pays de Galles et la Bretagne [ndlr : administrative] en 2004. Ce MOU créé les fondations pour une future coopération entre l'Assemblée nationale galloise et le Conseil régional de Bretagne [ndlr : administrative] dans un certain nombre de domaines.

En 2006, le Pays de Galles et la Bretagne [ndlr : administrative] ont signé un plan d'action qui cadre les domaines de coopération dont, par exemple :

Le soutien du Pays de Galles pour l'adhésion de la Bretagne [ndlr : administrative] au réseau européen EARLALL (association européenne des régions et autorités locales pour la formation permanente)

Le travail en commun dans le domaine des langues minorisées : l'Office de la Langue Galloise anime un projet soutenu par le programme européen pour la formation permanente 2007-2013, projet qui comprend, notamment, un réseau de promotion de la diversité linguistique qui rassemble 18 organismes similaires représentant 11 langues minorisées à travers l'Union Européenne, dont le gallois et le breton.

La signature d'un accord de coopération porte sur le développement de l'agriculture bio, durable et solidaire entre le Organic Centre Wales Partnership et le FRCIVAM de Bretagne [ndlr : administrative] pour partager les expériences et initiatives au bénéfice des communautés rurales des deux pays.

Nous souhaitons continuer à développer les relations avec le Conseil régional de Bretagne [ndlr : administrative] dans un esprit chaleureux et amical. »

ABP : Le Pays de Galles sera fortement représenté cette année à Lorient : quelle image souhaitez-vous donner de la nation galloise à cette occasion ?

Rhodri Morgan : « Le Festival de Lorient est un événement culturel important ; le Pays de Galles étant la nation invitée, c'est une excellente opportunité pour proposer ce qu'il se fait de mieux en matière de musique et de culture galloises dans le cadre d'un festival celtique important. J'espère aussi que les musiciens gallois présents à Lorient pourront comprendre comment les Bretons ont réussi à imposer la musique celtique sur le marché français, ce que l'industrie galloise de la musique traditionnelle n'a pas réussi à faire sur le marché britannique. »

ABP : Merci.

Propos recueillis par Jacques-Yves Le Touze / ABP