lundi 25 août 2008

Jeux Olympiques 2008 : 2 médailles d'argent pour la Bretagne






Le sport breton aura donc remporté 2 médailles d'argent aux Jeux Olympiques 2008 avec Julien Bontemps de Nantes en planche à voile et Laetitia Le Corguillé de Saint-Brieuc en BMX .

C'est un résultat un peu en retrait par rapport aux Olympiades précédentes où la Bretagne avait gagné 2 médailles d'or en 2004 à Athènes, 2 médailles d'or à Atlanta en 1996 ; 4 médailles d'or en 1992 à Barcelone ou encore 2 médailles d'or en Corée en 1988. [ABP 11761]

20 sportifs bretons, originaire et/ou habitant dans l'un des 5 départements bretons, participaient à l'édition 2008 des JO. Il s'agissait de :

Jean-Maxence Berrou, athlétisme-pentathlon moderne, Brest

Bertrand Hémonic, Canoë, C500m, CO 1000m, Saint-Grégoire

Solenn Désert, athlétisme, 400 m, Brest

Julien Bontemps médaille d'argent en planche à voile, Nantes

Julie Gerecht, voile, Ynglin, Saint Quay Portrieux

Elodie Guégan, athlétisme, 800m, Ploemeur

Pierre Henri, natation, 400m 4 nages, Quimper

Arnaud Hybois, kayakiste, Baud

Pascale Jeuland, cycliste sur piste, Châteaubourg

Laetitia Le Corguillé médaille d'argent en BMX, Saint-Brieuc

Vincent Lecrubier, kayak biplace, Saint-Grégoire

Anne Le Helley, voile, Ynglin, Saint-Brieuc

Gwendolyn Lemaître, voile, 470, Brest

Faustine Merret, planche à voile, Brest

Tony Moulai, triathlète, Saint-Nazaire

Valérie Nicolas, handballeuse, Lampaul-Guimiliau

Jérôme Pineau, cyclisme, Saint-Herblain

Magalie Pottier, cyclisme BMX, Carquefou

Gilles Rondy, natation (longue distance), Brest

Carole Vergne, escrime, sabre, Saint-Malo


Succès remarqués pour l'Ecosse et le Pays de Galles.


L'édition 2008 des JO aura permis à l'Ecosse et au Pays de Galles de mettre en valeur leurs sportifs.

Le Pays de Galles remporte 5 médailles : 3 en or pour Nicole Cooke ( course cycliste sur route), Tom Jones , aviron, Geraint Thomas , poursuite, et 2 en argent pour Tom Lucy , aviron, et David Davies, 10km nage en eau libre. Il s'agit du meilleur résultat jamais obtenu par des athlètes gallois aux Jeux Olympiques.

L'Ecosse remporte 6 médailles dont 4 en or avec le phénomène Chris Hoy qui, à lui seul, en remporte 3 en cyclisme, et David Florence en canoë, 2 en argent avec Ross Edgar en cyclisme, et Katherine Grangen en canoë.

Enfin, l'Irlande remporte 3 médailles en boxe : 1 en argent avec Kenny Egan et 2 en bronze avec Daren Sutherland et Paddy Barnes.

mercredi 20 août 2008

Ouessant et Groix : l'insularité à l'honneur du 20 au 24 août



Du 20 au 24 août se déroulent 2 festivals assez singuliers consacrés l'un comme l'autre à l'insularité : celui d'Ouessant pour la littérature insulaire, celui de Groix autour du film insulaire. Créé en 1999, le 10ème Salon International du Livre Insulaire d'Ouessant a pour thème cette année « La naissance des Iles » [Voir le site] ; pour sa part, le 8ème Festival International du Film Insulaire de Groix aborde l'Islande [Voir le site]

En fait , le Festival de Groix est né en quelque sorte du Salon d'Ouessant . Lors de la création de ce dernier, j'avais demandé à Isabelle Le Bal, organisatrice du salon ouessantin, si elle pensait faire "tourner" son salon dans les différentes îles bretonnes ou si elle préfèrait l'installer durablement à Ouessant: bien évidemment , le salon resterait ouessantin ( un peu naïf de ma part de croire l'inverse, non ?) . Durant l'hiver 1999, l'idée mûrit entre amis de Groix et d'ailleurs qu'il serait peut-être intéressant de créer toujours sur le thème de l'insularité un festival basé à Groix tournant autour du film et de l'audiovisuel . Et c'est ainsi qu'une poignée de Groisillons et Lorientais, dont Catherine Le Goff, Zoé Duviard et moi-même, se retrouvèrent à Ouessant pour le salon 2000 où fut présenté pour la première fois le projet d'un Festival International du Film Insulaire (FIFIG). Et 2001 vit la première édition de ce festival devenu un rendez-vous des amoureux des îles et du documentaire. Les 2 années pendant lesquelles j'ai présidé le FIFIG sont restées, pour moi, un moment intense d'échanges, de joie, d'engueulades, d'enthousiasme, bref.... Une vraie joie de voir cette idée qualifiée à l'époque par certains de farfelue, portée par 3 ou 4 personnes au départ, être devenue un rendez-vous groisillon incontournable.

mardi 19 août 2008

A propos des Jeux Olympiques

C'est juste une remarque que je me fais quand j'entends les commentateurs sportifs donner le bilan des médailles remportées par la Chine, les USA et les dizaines d'autres pays : et si l'on comptabilisait les médaillés issus de l'Union européenne ? Ca donnerait le résultat suivant (au 19 août) :

Union Européenne : 57 médailles d'or
Chine : 39 médailles d'or
USA : 23 médailles d'or

Pour le moins, celà change les perspectives, non ?

lundi 18 août 2008

Festival Interceltique : un succès pour la délégation galloise


Cette “Année du Pays de Galles” à Lorient représentait un vrai défi pour la délégation galloise : une image à dynamiser, un investissement important à rentabiliser, une implication dans le Festival à confirmer …

Autant de questions qui se posaient avant cette 38e édition et qui incitaient d'ailleurs la direction du Festival à revoir un peu à la baisse ses objectifs après une “Année de l'Écosse” qui avait été un franc succès. D'autant que l'organisation de la délégation galloise subit un changement surprise au printemps dernier [ABP 10346].

Après 10 jours de festivités, plusieurs objectifs ont été atteints selon Michael Greenow, l'un des responsables de VisitWales, l'organisation de promotion du tourisme gallois : l'investissement du gouvernement gallois pour le festival représentait à peu près 450 000 € et les responsables gallois attendaient beaucoup de cet effort important : avec près de 30.000 visiteurs par jour au Pavillon gallois, le niveau de fréquentation prévu est dépassé ; les artistes gallois ont su donner une image rénovée de la culture galloise, les contacts ont été très positifs ainsi que les échanges avec les autres délégations. Succès constaté et salué par la presse lorientaise.

Mais l'impact de la présence galloise sera jugé aussi, du point de vue des autorités galloises, sur l'augmentation de la fréquentation touristique au Pays de Galles. En 2006, le Pays de Galles a connu un pic de fréquentation avec près de 11 millions de visiteurs, amenant un chiffre d'affaires de 3 milliards £ (3,8 milliards €) avec 90 % des visiteurs provenant du Royaume-Uni, le reste venant d'Irlande, des USA et de l'Europe continentale. 2007 a vu une baisse de 13 % de la fréquentation touristique au Pays de Galles et la présence galloise au Festival de Lorient a pour objectif d'attirer un nouveau public au pays des dragons.

L'importance future de la présence galloise au festival interceltique dépendra en grande partie de l'impact touristique de leur présence lorientaise de cette année.

L'autre point qui intéresse les Gallois est ce que l'on pourrait nommer « l'échange d'expertise » : être présent dans un lieu comme Lorient où l'on peut échanger avec d'autres pays, de la Galice à l'Écosse en passant, bien entendu, par la Bretagne, est un élément que les autorités galloises souhaitent exploiter pour importer les pratiques qui les intéressent, par exemple dans le domaine de l'industrie nautique bretonne ou bien le développement du secteur des musiques, à l'instar des Irlandais. En résumé, les Gallois et notamment le ministre Andrew Davies croient fortement dans la « valeur ajoutée » que peut apporter le réseau des pays celtiques.

Pour 2009, reste aussi l'interrogation posée par la crise économique qui peut limiter les ambitions des pays habituellement représentés à Lorient.

En tout cas, le Pays de Galles aura démontré en 2008 le dynamisme et la modernité de sa culture et de sa société.

Festival Interceltique : l'oratorio pour Xavier Grall, un moment intense, une émotion palpable


Ce vendredi, le Grand Théâtre de Lorient présentait dans le cadre du festival interceltique l'Oratorio pour Xavier Grall « L'inconnu me dévore, An dianav a rog ac'hanoun ».

Créé pour la première fois en juillet 2007 à Auray à l'occasion du festival Not' en bulles, cet événement est un hommage à Xavier Grall, écrivain, poète et journaliste, sur une idée de Michel Chauvin.

L'oratorio proposé ce vendredi soir restera dans la mémoire des spectateurs présents : au-delà de la mise en scène imaginative, moderne et accessible, c'est la force dégagée par les récitants Ronan Debois, Yvon Le Men et Jean-Michel Fournereau qui aura marqué la soirée ; l'émotion était palpable et les textes de Xavier Grall semblaient réellement « remuer les tripes » des spectateurs ; pour tout dire cette performance était impressionnante.

L'intervention du groupe vocal « Mélisme(s) », de Marthe Vassallo et du groupe musical sous la direction de Gildas Pungier ajoutait une ambiance quasiment magique aux récits de Xavier Grall. Frédérique Lory, compositeur de la musique, révèle une fois de plus son grand talent.

Et c'est sous les applaudissements que l'épouse de Xavier Grall vint remercier les acteurs et les musiciens sur scène.

Beaucoup étaient venus à cette soirée en s'interrogeant sur l'événement proposé ; tous sont repartis impressionnés et remués. Vraiment remarquable et cet oratorio mérite de tourner à travers la Bretagne.

Il serait intéressant que ce type de création se développe, puisant dans les textes des auteurs bretons, faisant appel à nos nouveaux compositeurs et aux talents multiples de nos musiciens. C'est aussi par cette voie que la culture bretonne se maintiendra et se développera.

Festival de Lorient et langue bretonne : des progrès mais peut (encore) mieux faire



Question récurrente que la place de la langue bretonne au Festival de Lorient …. Durant des années, les militants de la langue se sont heurtés, pour le moins, à la passivité sinon à l'hostilité de la direction du Festival Interceltique.

Durant les 2 décennies passées, quelques progrès ont lieu grâce à l'implication de tel ou tel administrateur, progrès remis en cause au fil du temps. À noter, il y a 4 ans, la signature de la charte « Ya d'ar Brezhoneg » grâce à Mikael Micheau-Vernez, à l'époque vice-président du FIL, signature peu suivie d'effet si ce n'est l'apparition du bilinguisme dans le programme du FIL.

En revanche, depuis 2 ans, depuis l'arrivée à la direction du FIL de l'Asturien Lisardo Lombardia, le FIL a décidé publiquement de donner une place grandissante à la langue bretonne : cela s'est traduit par la présence d'un stand de l'Office de la Langue Bretonne, par une révision de la signalétique du FIL en voie d'être quasiment entièrement bilingue, la refonte de la signalétique des restaurants du Village celte désormais bilingue, la formation à la langue et à la culture bretonnes du personnel du FIL avec Stumdi, etc..

Reste cependant à régler une question permanente, le problème des présentations des spectacles : autant dans certains sites comme le Grand Théâtre la langue bretonne a sa place, autant dans d'autres elle est complètement inexistante comme l'Espace Marine.

Comme l'ont remarqué différents invités gallois, le Festival se doit d'intégrer pleinement cette dimension linguistique et Lisardo Lombardia compte bien progresser dans cette voie.

À noter le quadrilinguisme du Pavillon gallois avec ses textes en gallois, breton, anglais, français.

Festival de Lorient : les Chieftains, symbole de l'interceltisme musical


C'était l'un des événements de ce festival 2008 : le retour à Lorient des Chieftains, le groupe mythique irlandais.

Sur scène depuis 47 ans, lauréats d'une multitude de prix, récompenses et autres Grammy Awards, les Chieftains ont été, pendant des années, des habitués du Festival Interceltique, avant de se faire plus rares dans la cité morbihannaise.

Pour ce grand retour lorientais, Paddy Moloney, le leader des Chieftains souhaitait rendre hommage à son grand ami Polig Monjarret, celui qui l'avait initié à la musique bretonne et aussi galicienne.

Le spectacle présenté hier soir devant un Espace Marine bondé était, si l'on peut dire, une riche illustration de ce qu'est de nos jours l'interceltisme dans l'esprit des Chieftains : une fusion musicale de grande qualité et d'un dynamisme communicatif.

S'appuyant sur 2 musiciens écossais complémentaires, Paddy Moloney avait invité des artistes de première qualité comme la chanteuse de l'Île de Lewis en Écosse, Alyth MacCormack, dont l'interprétation de «The Foggy Dew» (chant républicain irlandais) et de «Mo Ghile Mear» (chant jacobite) fut de toute beauté. Voir ces chants à forte connotation politique interprétés en même temps par des Irlandais et des Écossais était particulièrement émouvant et significatif.

En hommage à Polig Monjarret, c'est sa fille Nolwen qui a interprété 2 chants, l'un écrit par Polig sur des paroles de Per Jakez Helias «Spered an Tan», l'autre extrait de l'album des Chieftains «Celtic Wedding» entièrement inspiré du travail de Polig Monjarret et de ses «Tonioù Breizh Izel».

Ponctué par les interventions de 3 danseurs irlandais, de chanteurs et sonneurs galiciens, le «show» s'est conclu par l'intervention de tous les artistes accompagnés du Bagad d'Auray et de danseurs du cercle d'Auray, les spectateurs devenant danseurs. Du grand spectacle, une ambiance du tonnerre, un exemple de ce que l'interceltisme musical peut produire de mieux.

Dans l'après-midi, Paddy Moloney avait tenu à faire son «pèlerinage» à la statue de Polig au centre de Lorient qui est devenu en quelques jours le point de passage obligé des groupes présents sur Lorient et des visiteurs qui se font photographier auprès du « père des bagadoù ».

Voir aussi [ABP 11672] et [ABP 11711]

Jeremy Evas : "Nous avons désormais les moyens en qualité et en quantité pour que la langue galloise progresse significativement"


Dans le cadre de l'Année du Pays de Galles au Festival Interceltique, j'ai rencontré, pour ABP, l'un des représentants de « Bwrdd yr Iaith Gymraeg », le Bureau de la Langue galloise, Jeremy Evas.

ABP : Quand a été créé le Bureau de la Langue Galloise ?

Jeremy Evas : « Le Conseil de la Langue Galloise (nous préférons cette dénomination à celle de Bureau) a été créé en 1993 dans le cadre d'une loi britannique portant sur la promotion de la langue galloise. Son financement est assuré par le gouvernement gallois depuis 1999 et nous disposons actuellement d'un budget de 13 millions £ (soit près de 16,5 millions €) dont nous redistribuons 9 millions £ pour des projets proposés par divers organismes sous formes de bourses ou subventions.

Les membres du Conseil sont nommés par le gouvernement à partir d'une liste de candidats. Le Conseil dispose de 74 fonctionnaires sur 3 sites, Cardiff, Carmarthen et Caernarfon et dans diverses communautés. »

ABP : Quelle est la situation institutionnelle de la langue galloise ?

Jeremy Evas : « En 1967, il y avait eu une première loi qui légalisait un bilinguisme « minimum » (signalisation, formulaires, etc..) ; cette loi s'est révélée rapidement insuffisante et en 1993, la loi qui créa notre Conseil fit obligation à toute institution présente au Pays de Galles de fournir ses services en gallois. En 15 ans, cette loi a profondément changé le paysage linguistique au Pays de Galles ; la langue galloise a trouvé un statut de co-officialité aux côtés de l'anglais ; de ce fait, la langue galloise s'est imposée à tous les partis politiques et n'est plus un enjeu politicien. »

ABP : Combien y a-t-il de locuteurs actuellement ?

Jeremy Evas : « Il y a 582 000 locuteurs sur 3 millions d'habitants, soit 20,8 % de la population, ce qui est un résultat en progression, sachant que le pourcentage est de 25 % chez les plus de 65 ans et de 45 % chez les 3 à 15 ans. Le but du gouvernement est une progression de 5 % en 3 ans. »

ABP : Quelles sont les réalisations du Conseil de la Langue Galloise ?

Jeremy Evas : « Outre l'appui aux institutions, nous travaillons avec de grandes entreprises privées comme Tesco ou Microsoft ; nous développons une politique majeure en direction des parents pour les inciter à parler en gallois avec leurs enfants et nous menons des recherches régulières en socio-linguistique avec l'appui de sondages dans la population ; c'est ainsi que nous pouvons dire que 13 % de la population galloise parle couramment et régulièrement gallois.

La situation de notre langue a beaucoup évolué : elle a subi des pertes importantes dans les communautés rurales ; en revanche, en milieu urbain, le gallois se porte bien : à Caernarfon, la langue est parlée par 90 % de la population ou bien à Cardiff, ville de 300 000 habitants, 10 % de la population est galloisante, ce qui est une nouveauté en progression constante. Le gallois n'est plus uniquement une langue rurale mais de plus en plus urbaine. »

ABP : Quel impact a eu la création de la chaîne TV en gallois S4C ?

Jeremy Evas : « La création de cette chaîne a été incroyablement positive à plusieurs niveaux : Cardiff est devenue l'un des centres majeurs de la création audiovisuelle en Grande-Bretagne (vous connaissez sans doute la série Dr Who ? …) et avec cette TV, la langue orale s'est unifiée de façon très efficace évitant ainsi une fragmentation dialectale. »

ABP : L'avenir du gallois semble donc garanti ?

Jeremy Evas : « On peut dire actuellement que le gallois survivra alors que 90 % des 6000 langues actuellement parlées dans le monde sont condamnées à plus ou moins brève échéance. Nous avons désormais les moyens en qualité et en quantité pour que la langue progresse significativement. »

ABP : Que pensez-vous de la situation bretonne ?

Jeremy Evas : « La situation en Bretagne est évidemment bien pire qu'au Pays de Galles . Les priorités pour vous sont la transmission en encourageant les parents (ou les grands-parents) à parler en breton aux enfants (aux petits-enfants), bien qu'il soit un peu tard… et la création de média TV en langue bretonne. Pour notre part, nous souhaitons développer notre collaboration avec l'Office de la Langue Bretonne au sein du réseau européen pour la diversité linguistique et sur des projets comme l'éducation en immersion linguistique. »

ABP : Que pensez-vous du Festival de Lorient ?

Jeremy Evas : « C'est intéressant et très riche culturellement mais la langue bretonne devrait y être beaucoup plus présente pour encourager son utilisation et sa promotion. Mais il semblerait que les choses bougent depuis peu au Festival de Lorient en ce domaine. »

ABP : Merci .

Polig Monjarret : l'inauguration émouvante de la statue d'un grand patriote breton



Dimanche 3 août, sous un crachin persistant, ce sont plusieurs centaines de personnes, amis, sonneurs, militants, responsables culturels et politiques qui se sont retrouvés place Polig Monjarret, autour de la famille de ce grand patriote breton que fut Polig Monjarret, pour l'inauguration de sa statue.

L'idée de cette statue avait été lancée par moi-même lors de l'inauguration de la place Polig Monjarret au centre-ville de Lorient. Les initiateurs se regroupèrent au sein de l'Association des amis de Polig Monjarret, Mignoned Polig Monjarret, et obtinrent rapidement l'appui des principaux responsables du monde culturel breton mais aussi de nombreux politiques dont, par exemple, le président du Conseil régional ou le président du Conseil général du Morbihan. [ABP 11672]

La réalisation du projet aura pris plus de 3 ans et aura nécessité un budget de près de 60 000 € financé en partie par les collectivités mais en premier lieu par les amis de Polig et un certain nombre d'entreprises.

Réalisée par le sculpteur costarmoricain Bernard Potel et la fonderie Nivet de Plérin, l'oeuvre en bronze représente Polig assis sur un banc qui permet, déjà, à de nombreuses personnes depuis quelques jours de venir se faire photographier auprès du grand Polig, l'un des fondateurs de la BAS, créateur de Bretagne-Irlande, du Kan ar Bobl, du Festival Interceltique, etc..

L'inauguration fut saluée par un chant de Gilles Servat suivi d'une aubade de sonneurs représentant les bagadoù de Bretagne

Pour le respect de nos droits et de notre culture



Ce premier dimanche du Festival Interceltique de Lorient a, comme chaque année, été riche d'événements dont la grande parade avec ses 4000 musiciens et danseurs qui s'est déroulée devant des dizaines de milliers de spectateurs et sous un crachin pour le moins rafraichissant .

Invitées remarquées de ce défilé musical et dansant, deux banderoles « Respect de nos droits et de notre culture » et « Défendre les pratiques amateurs, c'est assurer une culture vivante » à l'initiative du Conseil Culturel de Bretagne, de BAS, de Kendalc'h, de War 'l Leur, de Bretagne Réunie et de l'Institut Culturel de Bretagne.

Intercalées entre des bagad, ces banderoles et ses porteurs ont été chaleureusement applaudis tout au long du parcours.

C'est d'abord le danger qui pèse sur la participation des amateurs et bénévoles dans les manifestations culturelles populaires qui est au centre du débat. Le projet de loi en préparation mettrait fin à des festivals tels que celui de Lorient et bien d'autres en les transformant, s'ils en avaient les moyens financiers, en manifestations uniquement professionnelles (version optimiste) ou à leur disparation pure et simple.

Samedi, au cours du Championnat nation des Bagadoù, la pétition (voir pièce jointe) a recueilli des milliers de signatures comme auparavant au Festival de Cornouaille et l'intervention du président de Bodadeg ar Sonerion, Bob Haslé, fut applaudie fortement par les milliers de spectateurs.

Cette opération sera réitérée tout au long des fêtes et festivals de Bretagne à venir.

Une première mondiale philatélique : l'émission de la série « Interceltique » par la poste de l'Île de Man à l'occasion du Festival Interceltique 2008


C'est le 12 mai 2008 que la poste de l'Ile de Man a émis une série de 8 timbres consacrés aux drapeaux nationaux et aux langues de chacun des pays participant au Festival Interceltique de Lorient : Bretagne, Cornouaille, Pays de Galles, Irlande, Écosse, Ile de Man, Galice et Asturies. [ABP 10508]

Pour la Bretagne, c'est une première philatélique historique : première fois qu'un timbre représente le drapeau breton, première fois que la langue bretonne est présente sur un timbre d'une poste officielle.

Durant les 10 jours du festival, la poste manxoise est présente à Lorient, quai des Indes, et propose non seulement ces timbres mais aussi de nombreux souvenirs philathéliques : enveloppes Premier Jour, blocs de 10 timbres, cartes postales, etc..

De plus, les Manxois mettent à disposition une boîte à lettres où les visiteurs pourront poster leur courrier avec des timbres de l'Ile de Man, dont le Gwenn ha Du, et profiteront ainsi d'une marque postale spéciale « Festival Interceltique ».

Jusqu'en 1973, le service postal de l'ile manxoise était dirigé par la Royal Mail britannique ; le 5 juillet 1973, la poste de l'Île de Man est devenue indépendante incluant le droit d'émettre ses propres timbres. Pour plus de renseignements et commandes éventuelles : [Voir le site] des timbres de Île de Man.

Cette présence à Lorient a reçu le soutien du gouvernement manxois et de la Manx Heritage Foundation. Nul doute que ce stand attirera collectionneurs et amateurs.

Ta Ellan Vannin cur failt erriu ! (L'Île de Man vous souhaite la bienvenue !)

Polig Monjarret, une grande ambition pour la Bretagne



Dans le cadre du Festival Interceltique 2008 sera inaugurée, dimanche 3 août, à 17 h, place Polig Monjarret à Lorient, une statue du « père des bagadoù ». A cette occasion, j'ai rencontré, pour ABP, les 3 filles de Polig Monjarret, Gwenola, Nolwenn et Soazig.


ABP : Que représente pour vous Polig ?

« Tout d'abord, un père, un vrai papa, certes peu présent pris qu'il était par de multiples réunions, en déplacement permament pour BAS, Kendalc'h ou Bretagne-Irlande, mais qui veillait à nous amener avec lui dans les fêtes, à nous rapporter des souvenirs. C'est plus tard à la fac puis lors de sa disparition, que nous nous sommes rendu compte de la place qu'il tenait en Bretagne et au-delà, de l'impact qu'il avait eu sur plusieurs générations »

ABP : Les réalisations de Polig sont impressionnantes : BAS, Bretagne-Irlande, le Kan ar Bobl, le Festival de Lorient, etc….

« C'était un extraordinaire organisateur plein d'idées qui travaillait énormément ; il ne dormait que 3 ou 4 heures par nuit ; il possédait une puissance de travail impressionnante qui s'accompagnait d'un caractère affirmé. Lorsqu'il avait une idée, il voulait la mener à bien et ceci souvent sans s'encombrer des débats habituels sans fin.

Polig avait une très grande ambition pour la Bretagne, pour la culture bretonne jusqu'alors méprisée et marginalisée. C'est cette ambition qui l'a poussé à monter Bodadeg ar Sonerien, le Kan ar Bobl, Bretagne-Irlande ou encore le Conservatoire de Musique de Soye (devenu depuis le Centre Amzer Nevez) »

ABP : Cette ambition pour la Bretagne, il ne l'a pas transposée dans la politique ?

« Notre père avait une vision politique mais pas politicienne ; il voulait que la Bretagne retrouve sa culture, s'ouvre vers de nouveaux horizons. Son passage au PNB pendant 9 mois l'avait dégoûté de l'engagement partisan. Il a tenté une autre expérience en devenant conseiller municipal de Lorient mais là encore dans le but de faire avancer ses idées. Par exemple, la mise en place de Bretagne-Irlande avait pour but, dans son idée, d'amener les Bretons à s'ouvrir à d'autres horizons que Paris. »

ABP : Dimanche sera inaugurée à Lorient la statue de votre père. Y a-t-il d'autres initiatives que vous souhaiteriez voir prises ?

« L'élaboration de cette statue sous l'impulsion des Mignoned Polig Monjarret a été un moment tout à fait étonnant pour nous ; nous avons simplement tenu à participer à sa réalisation, au choix de l'image que l'on allait donner de notre père. Pour les projets, Polig avait écrit dans les années 50 une Messe pour Bagadoù et nous souhaiterions la voir programmée dans un festival de Bretagne ».

ABP : Merci.

Andrew Davies, ministre gallois des Finances : «Depuis 10 ans, le Pays de Galles vit une success story économique»


Mr Andrew Davies, ministre gallois des Finances, est venu représenter le gouvernement gallois lors du premier week-end du Festival Interceltique de Lorient. J'ai souhaité évoquer, pour ABP, avec lui la dimension économique de la dévolution.

ABP : Que représente pour vous la présence galloise au Festival Interceltique de Lorient ?

Andrew Davies : « L'Année du Pays de Galles est une chance exceptionnelle pour nous pour exposer notre riche patrimoine culturel, de promouvoir notre tourisme et un certain nombre de produits qui participent à la réputation de notre nation à travers le monde.

Mais ce n'est pas seulement une action de promotion ; le Festival nous permet d'être présents aux côtés des autres nations celtiques, de partager leurs expériences et d'apprendre aussi pour aider au mieux au développement de nos cultures dans un monde de plus en plus global. »

ABP : Quelle est la situation économique du Pays de Galles actuellement ? Les points forts ? Les points faibles ?

Andrew Davies : « Comme les autres pays, le Pays de Galles ressent les effets des tensions économiques mondiales. Bien que la politique en matière de taxes et d'impôts reste entre les mains de Westminster, la Dévolution a permis au gouvernement gallois de faire face aux problèmes en mettant en place des politiques adaptées à la situation galloise. Avant la création en 1999 de notre Assemblée nationale, nous ne pouvions pas le faire.

Nous avons pu développer notre propre politique économique grâce aux pouvoirs dont nous disposons dans des secteurs comme la santé, l'éducation, les universités, l'investissement dans des secteurs technologiques prioritaires et novateurs, le transfert technologique du monde de la recherche vers les entreprises, etc…

Il est évident pour tous que la dernière décennie a été une success story économique pour le Pays de Galles avec des niveaux records d'emplois et d'investissements.

Dans le domaine de l'éducation, le gouvernement gallois a encouragé la commercialisation des recherches universitaires et les entreprises novatrices.

Nous avons souhaité encourager le développement en priorité des entreprises galloises tout en continuant à attirer de nouvelles compagnies au Pays de Galles.

Prenons l'exemple de Admiral Insurance, une compagnie financière créée et développée au Pays de Galles : elle vient d'annoncer des benefices avant impôts de 100 millions £ ; prenons aussi l'industrie aéronautique qui joue un rôle vital dans l'économie galloise actuelle avec près de 180 entreprises employant plus de 25 000 personnes, dont 7500 sur le site d'Airbus à Broughton qui fabrique les ailes du superjumbo A380.

Notre gouvernement a une ambition certaine en matière économique et d'emploi. »

ABP : Quel a été l'impact économique de la dévolution ?

Andrew Davies : « L'impact économique de la Dévolution a été significatif. Depuis 1999, nous avons quasiment résolu tous les problèmes des années 80 et du début des années 90. C'est pourquoi nous avons milité si fortement à l'époque pour le Pays de Galles dispose de ses propres institutions. C'était la période où le Pays de Galles a du faire face à des niveaux de chômage inconnus jusque là avec la fermeture de nos sites miniers et industriels, l'impact étant dévastateurs sur nos communautés.

Depuis la création de notre Assemblée nationale et le transfert des pouvoirs de Westminster à Cardiff, notre pays s'est transformé non seulement économiquement mais aussi culturellement et politiquement.

Avec la Dévolution, nous avons développé notre capacité à prendre nos propres décisions et à répondre de façon plus efficace aux défis et aux opportunités apportés par la globalisation économique.

Par exemple, nous avons été capables d'accueillir la compagnie internet Amazon qui a créé un énorme centre logistique à Swansea qui va acueillir prochainement près de 2700 emplois. Nous avons du agir rapidement et efficacement face à la compétition d'autres sites du Royaume-Uni. Notre réponse a permis à Amazon de choisir le Pays de Galles et leur décision a boosté le monde économique gallois ; en 16 mois, nous avons pu mener à bien cette négociation.

Ce n'est juste qu'un exemple parmi d'autres de la flexibilité et de la réactivité que nous a apportées la Dévolution pour promouvoir le Pays de Galles et son développement économique . Le résultat a été la création de 150 000 emplois depuis 1999, soit une augmentation de 11% comparé au 7% de la moyenne britannique. »

ABP : Quels sont les pouvoirs économiques et financiers du gouvernement gallois ?

Andrew Davies : « Mon rôle principal en tant Ministre des Finances est de m'assurer que les services publics répondent aux besoins de la population, que chaque livre galloise dépensée assure une meilleure vie à nos concitoyens.

Quand l'Assemblée nationale a été créée en 1999, nous avions un budget de 7 milliards £ (8,9 milliards €) ; ce budget a doublé l'année dernière et en 2010 nous disposerons de 16 milliards £ (20,3 milliards €). Cette augmentation nous a permis de transformer les services publics gallois.. Par exemple, pour le domaine de la santé, le temps d'attente pour les patients pour leur traitement continue à diminuer (moins de 22 semaines en moyenne).

Différentes mesures mises en place par notre gouvernement montre ce qu'a apporté la Dévolution dans la vie quotidienne des Gallois : transports en bus gratuits pour les retraités, médicaments gratuits pour tous, accès facilité à l'éducation, interdiction de fumer dans les endroits publics, etc…

Nous continuerons dans cette voie pour contribuer à rendre meilleures les conditions de vie de nos concitoyens. »

ABP : Merci.

Propos recueillis par Jacques-Yves Le Touze

Rhodri Morgan, Premier Ministre gallois : “Nous voulons et avons envie de prendre nous-mêmes nos propres décisions”


Alors que le Pays de Galles est la nation à l'honneur au Festival interceltique de Lorient cette année 2008, j'ai pu interviewer, pour l'ABP, le Premier Ministre gallois, Rhodri Morgan (Labour), à la tête du gouvernement gallois depuis la création de l'Assemblée nationale galloise et ceci depuis 2007 en coalition avec les nationalistes du Plaid Cymru.


ABP : Depuis 1999, le Pays de Galles dispose de son Assemblée Nationale : quel bilan tirez-vous de ces 10 ans de «dévolution»?

Rhodri Morgan : « Je pense que le changement le plus important porte sur notre propre sentiment de confiance en nous-mêmes ; nous voulons et avons envie de prendre nous-mêmes nos propres décisions. Je crois que c'est ce que nous a apporté de mieux la dévolution.

La raison principale en est que la dévolution a aussi été et peut-être en premier lieu un succès économique accompagné du recul du chômage qui est maintenant au niveau de la moyenne britannique. Le Pays de Galles a, depuis 1999, créé un gain net de 150 000 emplois ; la dévolution n'a détruit aucun emploi contrairement à ce que nous annonçaient les anti-Dévolution, bien au contraire la dévolution a aidé à la création de nouveaux emplois.

Le Pays de Galles a évolué durant cette décennie ; en tant que nation, nous sommes bien mieux préparés à prendre la responsabilité de notre propre avenir, en tenant compte de nos propres erreurs et en en tirant les leçons nécessaires. C'est ainsi que se bâtit une nation.

En 1997, la majorité pour la création d'une Assemblée galloise était très juste ; depuis, divers sondages ont montré un soutien grandissant pour la dévolution et les nouvelles institutions galloises.

Cela ne m'étonne guère, dans la mesure où les craintes exprimées par les anti-Dévolution sur l'incapacité supposée des Gallois à gérer leurs affaires se sont révélées injustifiées. Les faits parlent d'eux-mêmes : la situation du Pays de Galles s'est nettement améliorée depuis la création de l'Assemblée nationale galloise.

Quelques exemples de décisions prises par notre Assemblée :

— dans le domaine de l'éducation, la mise en place d'une sorte de baccalauréat à la galloise pour les 16 – 19 ans ou la création de jardins d'enfants sur le modèle scandinave qui ouvriront en septembre prochain ; petit à petit, le système d'enseignement gallois s'éloigne du modèle britannique dominant depuis 125 ans.

— le système de bourses délivrées par l'Assemblée pour permettre au plus grand nombre de suivre des études supérieures, l'interdiction de fumer ou bien encore la délivrance gratuite de médicaments, autant de mesures qui améliorent la vie quotidienne des Gallois.

— autre exemple : le transport en bus gratuit pour les retraités, qui a donné la liberté à des milliers de seniors, non seulement de faire leurs courses hebdomadaires mais aussi de voyager à travers le Pays de Galles pour visiter leur famille ou leurs amis.

Notre approche de l'économie a considérablement évolué depuis 10 ans et nous continuerons en ce sens : terminée l'époque où nous construisions d'abord des zones industrielles avant de chercher ensuite des investisseurs pour remplir les espaces vides.

Maintenant nous encourageons les sociétés à développer leurs unités de recherche scientifique et technique au Pays de Galles.

Il y a une dizaine d'années, nous n'avions pas véritablement d'entreprises capables de développer une recherche de niveau mondial ; désormais, je peux citer EADS, IBM, Motorola, Avaya, GE Healthcare, General Dynamics et bien d'autres.

Dernier exemple : le site Airbus dans le Flintshire emploie plus de 6.000 personnes dans des postes de haut niveau technologique pour la fabrication des ailes de l'ensemble des avions de la marque. La future académie militaire à Saint Athan dans la vallée de Glamorgan créera des milliers d'emplois qualifiés dans un environnement universitaire qui n'aura rien à envier à Oxford ou à Cambridge. »

ABP : Les pouvoirs de l'assemblée galloise sont moins larges que ceux du Parlement écossais : souhaitez-vous une évolution vers le modèle écossais?

Rhodri Morgan : « L'Écosse a une tradition politique complètement différente de celles de l'Angleterre et du Pays de Galles mais c'est une question qui se pose désormais au Pays de Galles. Le décret de 2006 consacré au Gouvernement du Pays de Galles a mis en place la possibilité pour nous d'organiser un référendum portant sur un élargissement des pouvoirs législatifs de notre Assemblée nationale. Tant le Parti travailliste que le Plaid Cymru sont prêts à s'engager pour une issue positive à ce référendum qui pourrait avoir lieu en 2011.

Mon gouvernement a créé une Convention pour le Pays de Galles (All- Wales Convention) , présidée par l'ancien ambassadeur britannique aux Nations Unies, Sir Emyr Jones Parry, dans le but de recueillir l'opinion des différents secteurs de la société galloise concernant une possible évolution à l'écossaise des pouvoirs de notre assemblée nationale. Cette Convention rendra ses conclusions en 2010 et sur cette base, le gouvernement décidera de la date de la tenue du référendum. »

ABP : Depuis 1 an, le Parti travailliste gallois et les nationalistes du Plaid Cymru gouvernent en coalition l'exécutif gallois : quelles sont les nouvelles politiques que vous avez définies et mises en pratique ensemble ?

Rhodri Morgan : « Le “One Wales Program” du gouvernement Labour – Plaid Cymru est une synthèse des programmes de 2 partis, avec une priorité pour la santé, l'éducation, l'environnement et l'enfance en difficulté.

Cet accord a coïncidé avec l'obtention de nouveaux pouvoirs dans le cadre du « Government of Wales Act » de 2006, notamment de plus grandes compétences législatives nous permettant de voter nos propres lois et ceci pour la première fois depuis 500 ans [ndlr : depuis la fin du Parlement gallois mis en place par Owain Glyndwr].

Notre programme Labour – Plaid Cymru comprend près de 220 mesures à mettre en place d'ici 2010, ce que nous avons déjà fait sur de nombreux points, que ce soit, par exemple, les parkings gratuits pour les patients hospitalisés, la nomination d'un médiateur en charge des droits des seniors (une première mondiale !) ou le système scolaire pour les enfants de 3 à 7 ans sur le modèle scandinave.

Nous avons aussi arrêté un plan à long terme pour les énergies renouvelables et identifié les zones pour la création de fermes éoliennes qui seront notre contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. »

ABP : Quelle place souhaitez-vous donner à la langue galloise dans la société galloise actuelle ? Votre politique linguistique est-elle bien admise à Londres, y compris au sein du Labour à Westminster ?

Rhodri Morgan : « La langue galloise a un rôle important à jouer dans le Pays de Galles d'aujourd'hui, d'autant qu'un nombre croissant d'élèves est scolarisé dans les écoles en gallois. Mon gouvernement est actuellement en négociations avec Westminster pour l'obtention de nouveaux droits législatifs qui nous permettront de voter une nouvelle législation portant sur la promotion de la langue galloise. »

ABP : Quels rapports avez-vous avec les gouvernements des autres pays celtiques, Irlande, Irlande du Nord et Écosse ? Que pensez-vous de l'évolution politique en Écosse et de la marche vers l'indépendance prônée par Alex Salmond ?

Rhodri Morgan : « Nous avons déjà d'excellentes relations de travail avec les autres pays du Royaume-Uni et d'Irlande : nous avons des réunions régulières au sein du Conseil des Iles britanniques où nous discutons de sujets d'intérêt commun ainsi qu'au sein du Comité inter-ministériel où j'ai des entretiens cordiaux et constructifs avec mes collègues d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande du Nord.

La question de l'indépendance de l'Écosse est du ressort du peuple écossais. »

ABP : Vous avez signé un accord de coopération avec Jean-Yves Le Drian, pour le Conseil régional de Bretagne (administrative) : quelles actions ont été menées dans le cadre de cet accord ? Pensez-vous possible de renforcer cette coopération entre les 2 pays ?

Rhodri Morgan : « Le Pays de Galles est tout à fait conscient des liens historiques avec la Bretagne. Cette relation particulière a été reconnue officiellement et consolidée par un mémorandum (Memorandum of Understanding – MOU) entre le Pays de Galles et la Bretagne [ndlr : administrative] en 2004. Ce MOU créé les fondations pour une future coopération entre l'Assemblée nationale galloise et le Conseil régional de Bretagne [ndlr : administrative] dans un certain nombre de domaines.

En 2006, le Pays de Galles et la Bretagne [ndlr : administrative] ont signé un plan d'action qui cadre les domaines de coopération dont, par exemple :

Le soutien du Pays de Galles pour l'adhésion de la Bretagne [ndlr : administrative] au réseau européen EARLALL (association européenne des régions et autorités locales pour la formation permanente)

Le travail en commun dans le domaine des langues minorisées : l'Office de la Langue Galloise anime un projet soutenu par le programme européen pour la formation permanente 2007-2013, projet qui comprend, notamment, un réseau de promotion de la diversité linguistique qui rassemble 18 organismes similaires représentant 11 langues minorisées à travers l'Union Européenne, dont le gallois et le breton.

La signature d'un accord de coopération porte sur le développement de l'agriculture bio, durable et solidaire entre le Organic Centre Wales Partnership et le FRCIVAM de Bretagne [ndlr : administrative] pour partager les expériences et initiatives au bénéfice des communautés rurales des deux pays.

Nous souhaitons continuer à développer les relations avec le Conseil régional de Bretagne [ndlr : administrative] dans un esprit chaleureux et amical. »

ABP : Le Pays de Galles sera fortement représenté cette année à Lorient : quelle image souhaitez-vous donner de la nation galloise à cette occasion ?

Rhodri Morgan : « Le Festival de Lorient est un événement culturel important ; le Pays de Galles étant la nation invitée, c'est une excellente opportunité pour proposer ce qu'il se fait de mieux en matière de musique et de culture galloises dans le cadre d'un festival celtique important. J'espère aussi que les musiciens gallois présents à Lorient pourront comprendre comment les Bretons ont réussi à imposer la musique celtique sur le marché français, ce que l'industrie galloise de la musique traditionnelle n'a pas réussi à faire sur le marché britannique. »

ABP : Merci.

Propos recueillis par Jacques-Yves Le Touze / ABP

Festival Interceltique : pour la délégation écossaise, un festival brillant


Festival Interceltique 2007

Après 10 jours de festivités intenses et conviviales, il était intéressant de connaître l'opinion sur cet évènement de la part d'un des responsables de la délégation écossaise.

Clare Smith est l'une des responsables des projets internationaux du gouvernement écossais ; à ce titre , elle a travaillé sur le projet de pavillon écossais et a conduit l'équipe de 20 personnes qui a mis en place et animé ce site tout au long du festival .

De façon générale, Clare et ses collègues ont été très surpris par l'importance du festival Interceltique tant en fréquentation qu'en programmation : « Le festival Interceltique de Lorient n'est pas connu en Ecosse et nous ne nous attendions vraiment pas à un tel évènement; c'est véritablement brillant ! ». Et c'est finalement un peu par chance que l'équipe écossaise avait conçu un espace suffisamment important pour faire face aux dizaines de milliers de visiteurs ; en revanche, les concepteurs n'avaient pas prévu un festival aussi convivial et festif et le Pavillon écossais donnait une image un peu trop formelle ; enfin, les différents stands se sont retrouvés en rupture de stock face à la demande……. « autre point qui m'a surpris est la vraie convivialité entre les différents types de festivaliers, jeunes et plus âgés, de toutes catégories sociales, c'est une véritable réussite » ; « en un certain sens, le FIL ressemble, à une plus petite échelle, au Fringe ( festival off) du Festival d'Edinburgh, avec un côté à la fois très chaotique et très organisé ».

Cette méconnaissance du FIL et , il faut bien le dire, de la Bretagne explique le positionnement de la délégation écossaise au début du festival « par exemple, il y a quelques mois, votre office du tourisme ne nous a présenté la Bretagne que comme une région comme une autre avec des petits plus comme les crêpes ou les phares ou un fonds culturel celtique…Si vous voulez être connus et reconnus à l'extérieur, je pense que votre politique de communication doit sérieusement évoluer' »….. « Nous avons nous-mêmes depuis 3 ans complètement fait évoluer notre communication extérieure en mettant en valeur les points forts de l'Ecosse, notamment ceux déjà connus au niveau mondial, mais dans une perspective globale et positive » .

Pour en revenir au Festival de Lorient, le succès rencontré portera sans doute les responsables écossais à maintenir une présence pour les prochaines éditions du FIL.

Un petit bémol à cet enthousiasme pour les charmes festivaliers lorientais : « la venue de notre ministre de la culture, Linda Fabiani, représentait pour nous un évènement très important et symbolique ; il faut bien dire que l'accueil qui lui a été réservé à Lorient a été un peu « rafraîchissant » sinon un peu froid dans la mesure où il n'y a pas eu de réelles réunions de travail à quelque niveau que ce soit et que les rencontres avec les politiques bretons se sont limitées à de la pure courtoisie . Nous sommes un peu déçus à ce niveau là mais il s'agit sans doute là aussi d'un manque de préparation et de communication de notre part avant le festival ».

En tout cas, le FIL représente , pour Clare Smith, « une occasion rêvée pour développer les connaissances mutuelles sur nos nations respectives » … Et c'est avec grand plaisir qu'elle reviendrait à Lorient … pour parfaire ses connaissances

Festival Interceltique 2007 : petites polémiques entre amis.


Festival Interceltique 2007

Comme tout évènement de cette importance, le Festival de Lorient génère en son sein ses propres petites polémiques et en un sens, cela reflète la vitalité de cet évènement.

Ecosse – France ou Ecosse – Bretagne ?

Dès l'inauguration de l'exposition de photos (magnifiques) écossaises à la Chambre de Commerce de Lorient , le jeudi 3 août, une interrogation est apparue sur le choix fait par la délégation écossaise pour sa communication à Lorient : on pouvait trouver des documents titrant « 7 choses peu connues à propos de l'Ecosse et de la France » , ou bien « célébrez l'Ecosse et la France » ou encore « L'Ecosse et la France partagent des liens historiques depuis des siècles … » …Bref un petit malaise s'installa entretenu d'ailleurs par l'Espace Bretagne qui dénomma son bar du nom de la « Vieille Alliance » « The Auld Alliance » (pour mémoire , cette alliance, qui dans les faits n'apporta quasiment rien à l'Ecosse, remonte au Moyen-Age du temps où les rois français cherchaient à contrer les Anglais et où les souverains bretons souvent faisaient appel aux Anglais pour contenir les Français….). Comme l'écrit Iffig Cochevelou aux responsables écossais « j'ai été particulièrement choqué par le texte de présentation de votre livret sur votre présence au festival Interceltique : En tant que Breton, je considère que les liens que votre pays entretient avec la France sont votre problème, et non celui des Bretons : depuis 5 siècles la Bretagne subit un processus d'intégration, en lui refusant tous ses droits fondamentaux , sa langue n'est toujours pas reconnue par l'état Français, et en ce qui concerne la gestion de notre pays , nous sommes bien loin de la dévolution que la Grande-Bretagne vous a accordé . Les liens de la Bretagne avec l'Angleterre ont été souvent très bons, car , longtemps ennemi de la France, ils nous ont permis souvent de nous défendre contre l'envahisseur français. Il nous serait cependant difficile pour nous Bretons, de venir en Ecosse et de nous vanter de cette amitié ».

A ces remarques, les Ecossais ont reconnu, à demi mots, avoir , d'une part, sous-estimé l'importance du Festival de Lorient, et d'autre part, ne pas avoir intégré la dimension bretonne de l'évènement. Et c'est ainsi que l'on vit dans les jours suivants, la ministre écossaise de la culture s'exprimer en …. breton !

En tout cas, cela souligne le manque criant de communication sérieuse de la Bretagne vers ses proches voisins.

Où sont passées les associations ?

Depuis des années, le FIL était aussi un lieu d'information sur les revendications en cours en Bretagne ; depuis 2 ou 3 ans, reléguées dans un espace peu fréquenté, les associations ont petit à petit cessé d'être présentes et pour finir cette année par être absentes, à part Bretagne Réunie de façon épisodique. Bref, il y a là un manque que le nouveau directeur du Festival , Lisardo Lombardia, devra combler . Une piste sans doute, un Pavillon dédié aux associations bretonnes locales sous l'égide d'Emglev Bro an Oriant, c'est en tout cas le souhait de sa présidente, Yvonig Le Merdy .

Langue bretonne : des progrès en 2007 et des espoirs en 2008

Comme indiqué par ailleurs,les responsables du FIL ont exprimé une véritable volonté de donner toute sa place à la langue bretonne : 2007 a vu les quelques réalisations que l'on sait, 2008 devra confirmer et amplifier cette présence comme l'ont exprimé à la fois les représentants de l'Office de la Langue Bretonne et ceux d'Emglev Bro an Oriant .

A suivre…en 2008 !

Le Pavillon de l'Ecosse, haut lieu du Festival Interceltique 2007



Festival Interceltique 2007

Pour cette édition 2007, l'un des points de passage obligatoire pour le festivalier demeure le pavillon officiel de la nation invitée, cette année l'Ecosse.


Réalisé de façon très professionnelle , ce pavillon regroupe, sur plusieurs centaines de m², divers exposants, VisitScotland pour le tourisme, un espace enfants où l'on peut rencontrer de temps à autre une vache des Highlands ou se retrouver tatoué comme dans Braveheart, un stand consacré au golf, l'un des sports nationaux écossais, ou bien un comptoir très fréquenté « A drink from Scotland » où le maître des lieux fait découvrir à une foule compacte les secrets des whiskies, sans parler du mini-restaurant où l'on peut déguster de sublimes sandwiches au saumon ou au boeuf braisé ou à l'agneau...d'Ecosse bien entendu .

De midi à 2 heures du matin, la scène propose une animation musicale quasi-permanente avec la participation des groupes écossais présents sur le FIL.

Bref, une mini-Ecosse en plein centre de Lorient (près du Palais des Congrès) .

Cependant les responsables écossais de ce pavillon reconnaissent avoir un peu sous-estimé l'importance du Festival de Lorient et ne pas avoir suffisamment intégré dans le pavillon une dimension plus « fun » .

En tout cas , à visiter d'urgence d'ici dimanche soir .

Lorient : Festival Interceltique et langue bretonne , des progrès en 2007....


Festival Interceltique 2007

La question de la présence de la langue bretonne au FIL revient chaque année en même temps que le festival .

Depuis plus de 25 ans, des bénévoles ou des associations ont fait part de diverses propositions pour que la langue bretonne ait toute sa place dans le plus grand festival de Bretagne avec des résultats pour le moins mitigés.

D'une manière générale, Bodadeg ar Sonerion qui organise le championnat national des bagadoù le premier week-end du festival a , pour ainsi dire, toujours tenu à ce que les présentations soient bilingues .

En revanche, pour le reste de la programmation et les autres sites, l'utilisation de la langue bretonne a pour le moins été rare et dépendante du bon vouloir de tel ou tel responsable ou de la disponibilité de tel ou tel bretonnant , bref un bricolage qui n'a jamais été satisfaisant et qui a provoqué régulièrement des conflits entre les militants de la langue et les dirigeants du festival .

Dans les années 90 et en application du plan lorientais pour le bilinguisme voté en 1992, la signalétique du FIL a commencé à être bilingue; cependant au cours des années qui suivirent , cette signalétique fut abandonnée progressivement .

Depuis 2 ou 3 ans, devant les protestations répétées et grâce aussi à l'arrivée d'une nouvelle génération de responsables au FIL, la langue bretonne a repris petit à petit sa place.

Grâce à l'ancien vice-président Mikael Micheau-Vernez, le FIL signa la charte « Ya d'ar Brezhoneg », sans être suivie, d'ailleurs, de beaucoup d'effets ni de réalisations concrêtes en la matière.

2005 et 2006 furent les années de concrétisation de cet engagement : les différents éditoriaux du programme du FIL furent systématiquement bilingues ; une signalétique bilingue rénovée refit son apparition bien que ne répondant pas aux critères de qualité habituels.

Début 2007, le nouveau directeur du FIL, Lisardo Lombardia donna une nouvelle impulsion à cette politique en affirmant à plusieurs reprises que la langue bretonne devait trouver toute sa place au FIL : c'est ainsi que le site internet du FIL aura très bientôt une version en langue bretonne et qu'une (petite) place nouvelle a été donnée à 2 acteurs importants en ce domaine , Emglev Bro an oriant, fédération des associations culturelles bretonnes du Pays de Lorient , et l'Office de la Langue Bretonne . De même, Radio Bro Gwened est devenue la radio officielle du FIL .

Pour Emglev Bro an oriant, pour la première fois depuis 25 ans, un stand lui a été offert et le FIL lui a permis de construire une programmation autour de la langue bretonne à l'Espace Bretagne durant les 2 samedis après-midi du FIL; pour l'Office de la Langue Bretonne , il s'agissait de mettre en place un véritable Pavillon de la Langue Bretonne permettant aux dizaines de milliers de visiteurs de découvrir la langue bretonne et ses différents systèmes d'enseignement. Malheureusement seul le Conseil général du Morbihan soutint le projet, les autres partenaires dont le Conseil régional de Bretagne, refusant de s'y engager; il ne s'agit que de partie remise et faute de pavillon , l'Office est présent durant toute la durée du FIL à l'Espace Bretagne.


En conclusion, la présence de la langue bretonne , cette année au FIL, bien que marginale est en progrès et 2008, d'après les différentes parties prenantes, devrait voir un net progrès en la matière , le but , à terme, étant de concevoir un véritable Pavillon de la Langue Bretonne. 2008 étant l'Année du Pays de Galles, cette présence devra être à la hauteur des réalisations galloises, rêvent et souhaitent les militants brittophones.

Festival Interceltique : VisitScotland pour séduire les visiteurs


Festival Interceltique 2007

Pour la 3ème année consécutive, VisitScotland, l'Office national du Tourisme Ecossais,est présent au Festival Interceltique.

En 2005, VisitScoltand ne disposait que d'un petit emplacement ; devant le succès rencontré , plus de 12000 visiteurs, 3000 nouveaux abonnés à sa newsletter, l'Office du Tourisme écossais a renouvelé l'expérience en 2006 avec un espace 4 fois plus grand et une mise en valeur particulière des festivals des Highlands de 2007.

Cette année, année de l'Ecosse au Festival, VisitScotland participe à l'imposant Pavillon de l'Ecosse et, selon Martha Bryce de la direction de l'Office du tourisme écossais, attend près de 150 000 visiteurs.

D'une voix unanime, Martha Bryce et Anne Roels de VisitScotland se réjouissent de ce succès potentiel et soulignent la raison de cette présence importante : mettre en valeur les atouts de l'Ecosse et aussi les nouvelles facilités pour venir en Ecosse, que ce soit les nouveaux produits de Brittany Ferries ou bien la création de la ligne aérienne Rennes - Edinburgh par la compagnie Flybe.

Cette présence sur le Festival Interceltique est relativement unique pour l'Europe ; seul le Schottland Festival aux Pays-Bas retient une attention similaire de la part de VisitScotland ; au-delà de l'Atlantique, c'est la Tartan Week de New-York qui représente le plus gros investissement .



Depuis la mise en place de la dévolution , VisitScotland travaille de façon indépendante de VisitBritain et est financé directement par le gouvernement écossais.

En 2008, le tourisme écossais va mettre en valeur les sites de tournage de films comme le « Da Vinci Code », « Le dragon des Mers » (sortie avril 2008) ou bien « Shrek » ; en 2009 , l'accent sera mis sur le « Home coming » ou le retour aux sources de tous les descendants d'Ecossais à travers le monde ou bien des amateurs de golf ou de whisky .....

En tout état de cause, VisitScotland souhaite maintenir dans les années à venir une présence au Festival de Lorient , véritable lien entre l'Ecosse et la Bretagne. ■

Culture, indépendance, gaélique, audiovisuel : entretien avec Mme Fabiani, ministre écossaise, à l'occasion du Festival Interceltique


Festival Interceltique 2007

Lors d'un entretien accordé ce vendredi 3 août 2007 à l'ABP, Linda Fabiani, Ministre des affaires étrangères, européennes et culturelles d'Ecosse, membre du nouveau gouvernement SNP, s'est exprimé sur différents sujets portant sur la culture ,la politique ou les relations entre l'Ecosse et la Bretagne .

Ravie de l'accueil rencontré à Lorient, Mme Fabiani a souligné l'importance de la présence écossaise cette année au Festival de Lorient «C'est pour nous un investissement important et très positif ;l'accueil que nous recevons est enthousiasmant et je ne doute pas que cette action apportera beaucoup à l'image de l'Ecosse en Bretagne et au-delà » . Cette présence à Lorient s'explique bien entendu par les liens privilégiés entre pays de culture celtique mais aussi par une volonté affirmée de donner une image de l'Ecosse très dynamique, ouverte au monde et souhaitant séduire les potentiels visiteurs mais aussi investisseurs « Nous sommes désireux de faire comprendre que nous sommes ouverts à tous ceux qui ont le projet de vivre, travailler ou d'investir en Ecosse ; notre richesse et notre dynamisme doivent beaucoup aussi à tous ces « nouveaux Ecossais » . Notre présence ici est aussi un premier pas vers une nouvelle politique d'affirmation de notre culture et de son niveau de qualité à l'international ».


Pour Mme Fabiani, la culture écossaise se définit à la fois par une forte tradition marquée par la culture gaélique et l'intégration des influences les plus diverses : « l'une des caractéristiques les plus marquantes de notre culture, c'est sa capacité à embrasser tous les domaines, les influences les plus diverses, la tradition et la modernité : c'est cette combinaison qui fait de la culture écossaise une culture extrêmement dynamique, innovatrice et capable de s'exporter dans le monde entier . Notre volonté, au gouvernement, est justement de renforcer cette dimension internationale : nous avons en Ecosse des institutions de niveau mondial que ce soit dans le domaine de l'opéra, de la danse, des musées, du théâtre ou des festivals, le festival d'Edinburgh est sans doute le plus grand festival au monde ; ces différents éléments doivent être encore mieux mis en valeur pour renforcer l'image de l'Ecosse au niveau mondial. C'est l'une des tâches qui va m'incomber dans les mois à venir ». « Nous avons aussi pour objectif de créer une véritable saison culturelle en hiver qui commencerait avec la St Andrew, la fête nationale écossaise, Hogmanay (fin de l'année), les festivités autour de Robert Burns en janvier et Celtic Connections à Glasgow. La culture dans toutes ses dimensions est une véritable richesse pour l'Ecosse et nous devons la conforter ».

Concernant les relations entre la Bretagne et l'Ecosse, la ministre constate « que la Bretagne est peu connue en Ecosse, y compris dans le domaine musical ; un des objectifs est de remettre à plat la politique de relations internationales de l'Ecosse et dans ce cadre , des relations à différents niveaux entre les 2 pays celtiques pourraient être créées ; mais notre gouvernement n'est mis en place que depuis 2 mois, et nous avons beaucoup à faire dans tous les domaines » .

Dans le domaine de la langue gaélique, le nouveau gouvernement souhaite permettre un fort développement de l'enseignement du et en gaélique « Glasgow vient de voir s'ouvrir le premier établissement dont l'enseignement se fait uniquement en gaélique de la maternelle à la terminale ; nous avons aussi prévu le lancement d'une chaîne de télévision en gaélique à partir de mars 2008 qui pourra être reçue gratuitement par satellite , câble et internet ; nous avons déjà budgété 9 millions de livres ( 13,140 millions d'Euros) pour ce projet » .

La question de l'audiovisuel est un dossier important pour Mme Fabiani « l'audiovisuel reste encore de la compétence de Westminster mais nous avons bon espoir d'obtenir la création d'une chaîne autonome BBC Scotland mais c'est une question de rapport de force politique, comme l'a d'ailleurs été par le passé la question de l'intégration de l'histoire et de la culture écossaises dans l'enseignement primaire et secondaire. »

Sur un plan politique, la victoire des nationalistes du SNP a représenté pour Mme fabiani « beaucoup d'espoir ; le SNP est devenu aux yeux des Ecossais le véritable Parti de l'Ecosse ; cette victoire est un pas important vers l'indépendance ». Dans quelques semaines, le Premier ministre Alex Salmond va présenter une proposition sur l'éventuel referendum sur l'indépendance, le « Independence White Paper ». Ne disposant que de 47 sièges sur 120 au parlement écossais, le SNP aura sans doute du mal à trouver une majorité pour l'organisation de ce referendum. Pour Mme Fabiani, « les partis unionistes se disent démocratiques ; qu'ils nous le prouvent en acceptant l'organisation de ce referendum ! » . Pour la ministre, l'éventuelle indépendance de son pays ne provoque chez elle aucune inquiétude : « regardez l'Irlande, la Finlande, la Norvège, et bien d'autres petits pays d'Europe : pensez-vous que les Ecossais soient plus stupides que les autres ? L'Ecosse dispose de formidables atouts pour mettre en place son indépendance ».

Concernant la récente actualité, Mme Fabiani se réjouit de « la présence du Plaid Cymru à la tête de l'Assemblée nationale de Cardiff et de l'évolution positive du gouvernement nord-irlandais ; la participation récente d'Alex Salmond, à Belfast, au Conseil irlando-britannique avec l'ensemble des chefs de gouvernement des îles britanniques marque pour nous une étape importante dans la ré-organisation politique des pouvoirs de nos différentes nations dans une optique plus ouverte et plus transparente ».

Enfin, le récent attentat de Glasgow a , pour Mme Fabiani, « souligné la grande solidarité entre les différentes communautés écossaises qui ont condamné dans leur ensemble (une première au Royaume-Uni) cette action . Plus généralement, nous défendons l'idée d'une nation écossaise où tout un chacun peut célébrer sa propre culture tout en étant pleinement écossais. C'est aussi une clé de notre dynamisme »

En conclusion, Mme Fabiani s'est félicité de l'ambiance chaleureuse du festival de Lorient qui permet à des représentants des différentes nations celtiques de se retrouver, d'échanger et de donner le meilleur d'eux-mêmes pour le plaisir de tous.

propos recueillis par Jacques-Yves Le Touze / ABP

Linda Fabiani, ministre des affaires étrangères, européennes et culturelles d'Ecosse : il est juste que la voix de l'Ecosse s'élève et soit entendue e

Interview réalisée à la veille du Festival Interceltique 2007 .

Le Festival Interceltique de Lorient commence ce vendredi 3 août et sera consacré cette année en grande partie à l'Ecosse; la délégation écossaise est conduite par Mme Linda Fabiani, nouveau ministre des affaires étrangrèes, européennes et culturelles du gouvernement nationaliste SNP dirigé par Alex Salmond, depuis mai dernier .


Députée SNP depuis 1999, Mme Fabiani a tenu à ce que l'Ecosse soit fortement présente en investissant près de 450 000 € dans le Festival Interceltique 2007 (soit la moitié de ce que le gouvernement écossais investit dans la Tartan Week à New York chaque année).

A la veille du Festival, Mme Fabiani a accepté de répondre à quelques questions de l'Agence Bretagne Presse.

ABP : Le nouveau gouvernement écossais dirigé par le SNP est en place depuis 2 mois. Vous êtes actuellement chargée de la culture. Quelle politique désirez-vous appliquer dans ce domaine et en quoi les mesures que vous pensez prendre vont-elles être différentes de celles du gouvernement travailliste qui vous a précédé ?

Mme Fabiani : « L'activité culturelle est un élément essentiel de la vie en Ecosse. Elle contribue à notre économie, à notre éducation et à l'essence même de notre société. La culture peut définir une nation ainsi que son identité. Toute politique culturelle future devra être capable de produire les avantages les plus larges possibles et je vais étudier très attentivement les différentes options disponibles pour veiller à ce que les politiques à venir reflètent cet objectif. Je prévois de faire sous peu une déclaration expliquant nos projets dans le domaine de la culture. »

ABP : Le gaélique compte parmi vos responsabilités. Quelle place pensez-vous donner à cette langue dans la vie culturelle ?

Mme Fabiani : « Le gaélique est un élément important de la vie culturelle écossaise et je désire accentuer son statut et son profil. Le gouvernement écossais ainsi que d'autres organismes offrent leur soutien à plusieurs groupes culturels gaéliques dont la contribution est importante dans ce domaine. Nous mettons également en œuvre un Plan National pour le Gaélique, dont les grandes mesures revêtent beaucoup d'importance pour le futur développement du gaélique en Ecosse. »

ABP : L'un des plus vieux slogans du SNP est « L'Indépendance en Europe ». En tant que responsable des affaires européennes, considérez-vous que ce slogan est toujours valide ? Sinon, quelle est votre stratégie ?

Mme Fabiani : « Nous cherchons à renforcer nos relations avec l'Union Européenne et considérons que l'Ecosse a beaucoup à offrir. L'Ecosse est une nation prospère et des liens solides avec le reste de l'Union Européenne sont indispensables pour nous développer en tant que nation. L'Ecosse est entourée de zones de pêche parmi les plus productives au monde, faisant de l'Ecosse l'un des plus importants pays d'Europe dans ce domaine. Il nous semble donc tout naturel que la voix de l'Ecosse se fasse clairement entendre sur ces questions. Nous encourageons de ce fait les Ministres écossais à mener les négociations de l'Union Européenne sur les pêcheries au nom du Royaume-Uni. L'Ecosse possède son propre système juridique qui diffère de celui du reste du Royaume-Uni et sur ce sujet, ainsi que sur d'autres affectant les Ecossais, il est juste que la voix de l'Ecosse s'élève et soit entendue en Europe. »

ABP : Pour de nombreux visiteurs , l'Ecosse est une véritable carte postale avec ses lacs , ses châteaux : vous ne trouvez pas cela un peu caricatural ?

Mme Fabiani : « L'Ecosse a beaucoup de chance de posséder des paysages aussi spectaculaires et d'être un pays aussi baigné d'histoire. Notre architecture, ancienne ou contemporaine, est très prisée et a produit des symboles emblématiques de notoriété mondiale. L'Ecosse est bien plus qu'un simple livre de belles images : nos établissements universitaires sont de niveau mondial, nous sommes fiers d'être le troisième centre financier d'Europe et d'abriter l'un des regroupements les plus importants et les plus dynamiques d'Europe dans le domaine des sciences de la vie qui emploie plus de 25 000 personnes. Chaque pays possède des domaines d'excellence dont il est fier et, en plus du monde des finances, Aberdeen qui est bien connue pour ses industries pétrolières et gazières s'est établie comme un centre mondial pour l'exploration et la production internationales. Notre économie bénéficie également du tourisme et nous offrons aux visiteurs une expérience culturellement riche et variée, unique à notre pays. »

ABP : Vous serez présente au Festival Interceltique de Lorient : que signifie pour vous la présence de l'Ecosse à ce festival et comment considérez-vous les relations entre l'Ecosse et la Bretagne ?

Mme Fabiani : « Le Festival de Lorient est un festival fantastique auquel nous sommes très heureux de participer. Je suis particulièrement impatiente d'y assister car ce sera ma première visite. J'ai eu l'occasion de découvrir celui de Quimper et de Douarnenez il y a quelques années déjà. Nous espérons que notre contribution par l'intermédiaire de l'Année de l'Ecosse ne fera que renforcer un événement qui est déjà en lui-même très réussi et qu'elle permettra aux visiteurs de goûter à un petit morceau d'Ecosse ici en Bretagne.

La Bretagne et l'Ecosse ont beaucoup en commun en termes de culture et de caractère et j'espère que le festival sera l'occasion de les resserrer. »

Propos recueillis par J.Y. Le Touze / ABP