jeudi 20 novembre 2008

A quand une véritable TV pour la Bretagne ? L'exemple de la chaîne corse Via Stella


La Bretagne est l'une des rares régions européennes « à forte identité » à ne pas disposer de sa propre chaîne de télévision.

Cette absence de canal audiovisuel a des conséquences négatives évidentes en termes économique, culturel, linguistique et le silence de la plupart des élus bretons et des principales collectivités bretonnes sur le sujet est pour le moins surprenant, sinon sidérant.

Sans revenir sur des exemples bien connus comme les chaînes galloises, écossaises, basques ou catalanes, et pour rester dans le système hexagonal, l'exemple de la chaîne corse (1) France 3 Corse Via Stella devrait alimenter le débat en Bretagne .

Le blocage existant pour la création d'une TV régionale diffusée en hertzien demeurant et vu le manque de volonté du Conseil régional de la Bretagne administrative et des autres collectivités pour en faire un vrai problème politique, une solution semblable à Via Stella pourrait être déjà un premier pas vers la création d'un service public breton de l'audiovisuel de plein exercice.

Lancée en septembre 2007, la chaîne France 3 Corse Via Stella est diffusée sur Canal Sat, sur TNT Sat , par l'adsl, parallèlement à la diffusion hertzienne de France 3 Corse sur les créneaux habituels des décrochages locaux de la chaîne France 3. Les émissions sont réalisées par les mêmes équipes. Le budget de Via Stella est de 3 millions € dont 700 000 € apportés par les collectivités territoriales corses dans le cadre d'une convention tri-partite entre France télévisions, l'Etat et les collectivités corses.

Via Stella est actuellement la seule chaîne du réseau France 3 à disposer de sa propre grille : 15 heures de programmes quotidiens, 30 % de la programmation en langue corse, une émission culturelle quotidienne en direct à 18h00, des documentaires,.des émissions destinées aux jeunes, de la musique, toutes les 3 heures un point sur l'actualité insulaire, des magazines politiques, de société, des débats.

Voilà donc un exemple de chaîne « régionale » qui fonctionne dans le cadre hexagonal ; certes, la diffusion est limitée au satellite et à internet mais c'est un progrès certain par rapport aux seuls décrochages locaux permis par France 3.

L'obtention d'une telle chaîne pour la Bretagne dans le cadre du service public doit faire partie des priorités des collectivités bretonnes et au premier rang desquelles le Conseil régional de la Bretagne administrative dont le président devrait être en pointe sur le sujet en fédérant les mondes politique, économique et culturel bretons pour en faire une véritable question politique. C'est un tel rapport de force qui permettrait d'obtenir au minimum ce que la Corse a déjà.

Malheureusement, c'est un silence quasi-absolu sur le sujet malgré les promesses électorales de 2004. Qui peut se satisfaire des quelques initiatives audiovisuelles locales ou départementales ? Les 5 départements bretons ont besoin d'un medium audiovisuel grand public mettant en valeur leur vie sociale, culturelle, linguistique, économique et politique.

L'exemple de Via Stella prouve que l'on peut obtenir un tel medium dans le cadre légal hexagonal : encore faudrait-il que les élus « régionaux » soient conscients de l'enjeu et en aient la volonté!

Le Parti Breton interpelle les élus « régionaux » bretons afin qu'ils se mobilisent un minimum pour que la Bretagne soit dotée enfin d'un tel outil audiovisuel public.

(1) pour mémoire : Population Bretagne : 4,4 millions, population Corse : 280 000 .

mercredi 12 novembre 2008

11 novembre 2008 : 1200 participants à la Célébration de la Paix à Sainte-Anne d'Auray



















En ce 90e anniversaire de l'armistice de 1918, l'association Santez Anna Gwened organisait une Célébration de la Paix en hommage aux soldats bretons morts dans les guerres passées.

Avec les 170 choristes de Plouay, Auray, Bubry, Melrand, Pontivy et Plouhinec, les sonneurs Dédé Le Meut , Dominique Le Blay et Samuel Le Hénanff, cet événement a rencontré un succès mérité avec près de 1200 participants, la Basilique étant comble durant tout l'après-midi. On notait, parmi d'autres élus, la présence du vice-président du Conseil général du Morbihan, A. Kergueris, MM. Jean-Yves Le Drian et François Goulard s'étant fait excuser.

La célébration avait commencé par un moment de recueillement dans la crypte du Mémorial où sont représentés les 5 départements bretons et s'est poursuivie dans la basilique, alternant chants et lectures en breton de textes de Yann Bêr Kalloc'h, Loeiz Herrieu et Émile Masson par Jorj Belz et Jean-Pol Rieux.

Et c'est avec 3 chants repris en chœur par l'ensemble des participants, « Pedem evit ar re marv », « Avel hon tadeù » et le « Bro gozh » que se termina cette célébration.

À noter la participation de l'association Bannieloù Breizh présente avec les drapeaux des différents pays bretons.

vendredi 7 novembre 2008

11 novembre à Sainte-Anne d'Auray : Célébration de la Paix en mémoire des soldats bretons morts à travers les siècles


Le mardi 11 novembre 2008, l'association Santez Anna Gwened propose une célébration-concert à la Basilique de Sainte-Anne d'Auray, à 15h.

À l'occasion de ce 11 novembre, Santez Anna Gwened souhaite proposer une Célébration de la Paix, un moment de souvenir et de mémoire autour du grand massacre que fut cette première guerre mondiale qui fit, aussi, basculer le destin et la réalité culturelle et linguistique du peuple breton.

Autour de la lecture en breton de textes de Loeiz Herrieu, Yann-Ber Kalloc'h et Émile Masson par Jorj Belz et Jean-Paul Rieux, les 5 chorales (170 choristes) Boeh Santez Anna, Bubri-Melrant, Kaloneù Derv, Kanerion er Skorv et Boeh er Mor, interprèteront une quinzaine de chants en langue bretonne en lien avec l'histoire des Bretons pendant la première guerre mondiale ; les chanteurs et récitants seront aussi accompagnés par les sonneurs André Le Meut et Dominique Le Blay.

Enfin, plusieurs chants associeront les chorales et les spectateurs d'une part pour le plaisir de tous, d'autre part pour transmettre la connaissance de ces chants. L'entrée est gratuite et le nombre de places étant relativement limité, il est demandé d'arriver pour 15 heures. L'après-midi commencera par un moment de recueillement au Mémorial près de la basilique.

Renseignements au 02 97 36 66 81 et santez-anna-gwened at aliceadsl.fr

Voir le site de Santez Anna Gwened

Voir l'article de Ouest-France sur le mémorial de Ste-Anne d'Auray

dimanche 2 novembre 2008

Culture : institutions et définitions


Le Conseil régional de la Bretagne administrative vient de voter le principe d'un Conseil consultatif de la culture bretonne, première étape pour la rénovation des institutions culturelles issues de la Charte culturelle de 1977, négociée, notamment,par Yvonig Gicquel.

Cette évolution au bout de 30 ans est nécessaire mais il m'a semblé nécessaire de poser 3 questions au nom du Parti Breton : 2 sur le fonctionnement de ce futur comité consultatif (sorte de commission extra-municipale) et une sur la définition du terme "culture bretonne" . Les multiples réactions qui ont suivi la publication de ce texte montrent d'une part la nécessité d'une évolution de nos institutions en toute transparence et dégagée de toute tentation politicienne (tentation à la quelle est soumis tout pouvoir en place) et d'autre part, d'une clarification de cette notion de "culture bretonne". Ce dernier débat me semble important pour l'avenir de la Bretagne.

Vers un Conseil consultatif de la culture bretonne, une démarche intéressante mais qui reste floue et demande à être précisée, notamment sur sa représentativité

Au bout de 30 ans, il est devenu évident que les outils créés par la Charte culturelle à partir de 1977, Institut Culturel, Conseil Culturel, Agence technique, devaient être rénovés et adaptés aux réalités actuelles.

Le Président Le Drian a souhaité réformer ces 3 organismes et on ne peut que l'en féliciter, même si l'on peut regretter le déficit de débats et de concertations publiques avec l'ensemble des acteurs culturels concernés.

L'une des évolutions majeures soutenues par l'exécutif « régional » est la transformation du Conseil Culturel de Bretagne en Conseil consultatif auprès du Conseil régional. L'idée est intéressante et reconnaît l'importance de la dimension culturelle dans la société bretonne actuelle.

Il n'en reste pas moins que 3 questions se posent face à cette évolution :

1- — Une question du ressort des associations culturelles bretonnes membres de l'actuel Conseil culturel : la création de ce Comité consultatif (ou un autre nom mais il s'agit de cela) ne peut et ne doit pas remplacer le Conseil culturel actuel qui, au-delà de ses activités de conseil et de rapporteur, est aussi, en quelque sorte, un lobby agissant vers l'ensemble des collectivités bretonnes ainsi que vers l'État ; ce rôle nécessaire ne sera pas pris en charge par un Comité consultatif qui sera dépendant d'une collectivité en particulier, dans ce cas le Conseil régional, et des politiques qui sont à sa tête.

2- — L'utilité d'un tel Comité consultatif est évidente mais cette utilité ne sera réelle que s'il dispose d'un minimum de liberté d'expression qui ne peut être garanti que par une composition réellement représentative du monde culturel. Qui décide des membres éligibles à ce Comité consultatif ? Sur quels critères ? Enfin, le fait que ce soit le président de la collectivité « régionale » qui, a priori, soit celui qui accepte ou refuse la participation d'untel ou untel nous semble plus inquiétant qu'autre chose ; c'est mettre entièrement entre les mains d'un politique, quel qu'il soit à l'avenir, un organe qui théoriquement doit parler au nom de l'ensemble des acteurs concernés. Ce fonctionnement, s'il est confirmé, est porteur, à terme, de conflits et de contradictions.

En outre, il serait inacceptable que le monde culturel de Loire-Atlantique n'y soit représenté que de façon marginale.

3- — Enfin, la création de cette nouvelle structure pose la question de la définition même du concept de « culture bretonne » : autant, des années 70 aux années 90, il était nécessaire de porter un effort volontariste sur la promotion de la culture issue de la tradition bretonne, autant actuellement, il nous semble nécessaire de poser la question de la dimension du terme «culture bretonne ». (La langue bretonne étant une question transversale est à traiter spécifiquement).

Peut-on continuer à scinder en deux espaces distincts la culture des habitants de ce pays : d'un côté, « la culture bretonne », de l'autre la «culture » tout court ? Cette distinction est en fait fictive et contre-productive. La culture de l'ensemble des habitants de la Bretagne doit être considérée comme la culture de la Bretagne dans toute sa diversité : penser la culture de la Bretagne comme étant l'ensemble des expressions culturelles de Bretagne, et donc, la culture de la Bretagne comme étant la culture bretonne, en clair, avoir une perspective bretonne, aussi bien nourrie de nos spécificités que de nos échanges et notre participation aux courants culturels européens et mondiaux ; c'est, à notre avis, la seule voie novatrice qui permettra d'enrichir la vie culturelle de ce pays. En ce sens, la composition de ce Comité consultatif doit refléter la diversité des expressions culturelles, ce serait un premier pas en direction de l'affirmation de la dimension bretonne de la culture de l'ensemble des habitants des 5 départements.

samedi 1 novembre 2008

YAOUANKiz


Et que voilà une initiative réjouissante : des jeunes qui s'engagent pour l'avenir du peuple breton ! A lire et à aider!

Après des semaines d'attente, ça y est ! Les Jeunes Bretons sortent le numéro 0 de YAOUANKiz (jeunesse).

Son but ? À travers l'actualité, en 12 pages, faire connaître et susciter le débat sur nos idées et notre projet : démocrate, breton, écologiste et européen.

Il sera disponible via internet et dans toutes les manifestations auxquelles nous participerons.

Au sommaire de ce numéro consacré à l'Europe :

L'actu des Jeunes Bretons ;
Le Pays basque en mouvement ;
Belgique : chronique d'une mort annoncée ? ;
Témoignage : le Service Volontaire Européen ;
Une Silésie multiculturelle ;
Le Sénat : cet anachronisme.

…. Et en bonus une offre d'emploi in-re-fu-sable.

Bonne lecture !


A LIRE

Kenavo, M. Gicquel

C'est avec retard que j'écris ces quelques lignes sur la disparition, samedi 25 octobre dernier, d'Yvonig Gicquel et les deux textes ci-dessous me semblent être le meilleur hommage à cet homme qui aura consacré sa vie à la Bretagne et à qui je dois, en partie, mon intérêt pour l'histoire des Bretons et mon engagement pour notre pays.

Kenavo, M. Gicquel !

Les membres de la fédération Emglev Bro an Oriant ont appris avec consternation le décès d'Yvonig Gicquel.

Sa présence souriante, son amabilité énergique, sa disponibilité permanente et son érudition rare en la Matière de Bretagne, vont terriblement nous manquer.

Au Pays de Lorient, nous le nommions affectueusement «Monsieur GICQUEL » pour bien marquer le respect que nous inspirait le parcours exemplaire de ce grand Breton, tant au niveau professionnel qu'au service de nos associations, et, par dessus tout, au service de la Bretagne qu'il aimait.

D'autres le diront mieux que nous : directeur de la Chambre de Commerce du Morbihan, conseiller municipal de Lorient pendant plusieurs mandats, président de Kendalc'h, président de Coop Breizh, président de l'Institut Culturel de Bretagne, grand initiateur de la Charte Culturelle de Bretagne, président de l'Université Populaire Bretonne, écrivain de grand renom et membre de l'Ordre du Collier de l'Hermine !

Bref, nous admirions chez lui la conjonction d'un érudit breton et d'un homme d'action, pragmatique, engagé dans la vie économique et sociale du Pays de Lorient, comme dans la vie culturelle bretonne, et avec les mêmes méthodes !

Comment cet homme n'a-t-il jamais été choisi pour présider le Festival Interceltique de Lorient ?

Avec ses moyens, Emglev poursuivra son œuvre, et fera en sorte que son nom ne soit pas oublié au Pays de Lorient …

Pour EBO, la présidente, Yvonig Le Merdy


Le Parti Breton tient à saluer la mémoire du grand patriote breton que fut Yvonig Gicquel

Le Parti Breton tient à saluer la mémoire du grand patriote breton que fut Yvonig Gicquel, président de l'Institut Culturel de Bretagne, militant infatigable de la cause bretonne à travers l'ensemble des responsabilités qu'il a assumées au sein du mouvement culturel, du monde économique et politique.

Par son engagement, il fut l'un des acteurs du renouveau culturel breton et du rapprochement entre le monde économique et le monde culturel. Historien, Yvonig Gicquel a toujours souhaité redonner toute sa place à l'histoire nationale du peuple breton.

Par son action, Yvonig Gicquel a participé à rendre sa modernité à la culture bretonne.

Pour le Parti Breton, Le Président, Gérard Olliéric



Le Bro Gozh chanté par les centaines de personnes ayant assisté à la cérémonie en mémoire d'Yvonig Gicquel (doc. ABP)