jeudi 11 décembre 2008

Rencontres sur la politique culturelle de la « Région Bretagne »: tout ça pour ça ?


Cette journée de Lorient du 9 décembre dernier a clôturé une série de rencontres organisées depuis quelques semaines par le Conseil régional de la Bretagne administrative.

Plusieurs questions se posent quant à ces réunions.

Bretagne, culture durable et territoires : au-delà des mots à la mode, « durable », « territoires », comment peut-on évoquer une politique culturelle pour la Bretagne en ignorant la Loire-atlantique, soit un quart de la population bretonne et un cinquième de son territoire ?
Comment peut-on justifier cette absence en s'abritant derrière son administration ? Les présidents du Conseil régional et du Conseil général de Loire-atlantique se sont prononcés pour la réunification : pourquoi ne la mettent-ils pas en pratique dans ce type de rencontres qui ne dépendent que d'eux ? Les résultats de ces débats ne peuvent être que biaisés et incomplets . De plus, le seul intervenant originaire de Loire-Atlantique se prononce contre la réunification … De qui se moque-t-on ?

Bretagne, culture et media : la télévision est un support majeur de la création et de la vie culturelle. Actuellement, la Bretagne ne dispose que de rares décrochages locaux de France 3, et de télévisions locales et départementales. Cette situation est pour tout dire lamentable par rapport à la plupart des autres régions européennes. Et que font nos autorités « régionales » sur le sujet ? Rien pour ainsi dire, attendant on ne sait quoi, espérant vaguement une collaboration entre les TVs locales et départementales, autant dire pas grand-chose . Il existe pourtant un exemple qui pourrait être suivi : la chaîne corse France 3 Via Stella, émettant 15 heures par jour, mise en place par un accord entre l'Etat, France télévisions et les collectivités corses (budget total de 3 millions € dont 700 000 € des collectivités corses) . Qu'attendent donc les collectivités bretonnes pour négocier un tel canal pour la Bretagne ? Enfin, que ce sujet soit quasiment absent de ces rencontres est pour le moins sidérant …..

Bretagne, culture et diversité : sujet bien connu et déjà traité à de multiples reprises, il est établi qu'une des caractéristiques de la Bretagne est sa diversité culturelle, dont , notamment, sa diversité linguistique . Il est pour le moins étrange que cette dimension linguistique ait été évacuée des débats de ces rencontres au prétexte que cela n'entrait pas dans les compétences de Mme Robert, vice-présidente du Conseil régional en charge de la culture….. Comment peut-on débattre de la culture en Bretagne sans y intégrer la dimension linguistique ? Il aurait été tout simple d'associer à ces rencontres les élus en charge des politiques linguistiques. Mais non, on préfère évacuer ….

Bretagne et culture bretonne : on en vient à s'interroger sur ce qu'est pour les organisateurs de ces rencontres la culture en Bretagne, organisateurs qui pour leur propre confort renvoient tout ce qui les dérange dans la catégorie « culture bretonne » …. Peut-on continuer à scinder en deux espaces distincts la culture des habitants de ce pays : d'un côté, « la culture bretonne », de l'autre la « culture » tout court ?Cette distinction est en fait fictive et contre-productive. La culture de l'ensemble des habitants de la Bretagne doit être considérée comme la culture de la Bretagne dans toute sa diversité : penser la culture de la Bretagne comme étant l'ensemble des expressions culturelles de Bretagne ,et donc, la culture de la Bretagne comme étant la culture bretonne , en clair, avoir une perspective bretonne, aussi bien nourrie de nos spécificités que de nos échanges et notre participation aux courants culturels européens et mondiaux ; c'est, à mon avis, la seule voie novatrice qui permettra d'enrichir la vie culturelle de ce pays . Malheureusement, ces débats auront souligné le conservatisme des responsables de la politique culturelle de la « Région Bretagne » qui ne veulent prendre dans « culture bretonne » que le sens le plus limitatif .

Démocratie participative ?

Ces rencontres auraient du être une magnifique occasion pour redéfinir les axes prioritaires du développement culturel de la Bretagne . Et , en ce sens, des rencontres ouvertes et participatives auraient pu donner des résultats intéressants.

Malheureusement, tout ce travail aboutit à pas grand-chose : les avis originaux et/ou divergents ne sont pas pris en compte, la Loire-atlantique est oubliée, la dimension linguistique est évacuée, la télévision n'est pas un sujet de discussion et enfin, on parle de culture en Bretagne comme l'on parlerait de culture ailleurs sans tenir compte des réalités bretonnes.

1 commentaire:

Hervé a dit…

Cette Mme Robert est l'exemple même du politicien qui ne pense qu'à faire carrière .... Nul de chez nul .