mercredi 21 avril 2010

Evaluations des lycées (avril 2010) par l'Education Nationale, le bilinguisme breton à l'honneur


Les évaluations des élèves des classes bilingues sont bien trop rares en France. Pourtant, une toute dernière étude menée par le Ministère de l'Education Nationale (avril 2010) vient renforcer les nombreuses observations disponibles à l'étranger, ainsi que les analyses des linguistes et autres spécialistes en France, les études comparatives (entre monolingues et bilingues français/langue régionale) menées au sein d'un même établissement de l'enseignement privé en France (Pays Basque, Bretagne), les réponses de l'Inspecteur Gaudemard sur les évaluations dans l'enseignement bilingue publique français/langue régionale, le Bulletin Officiel de l'Education Nationale (N°33 du 13.9.2001), le taux de réussite au bac (toujours compris entre 92% et 100% selon les années et les filières bilingues) et enfin, le nombre de mentions accordées aux élèves de terminale sur les dernières années .

Cette récente étude du Ministère permet de mettre en relief le taux de réussite par rapport au niveau socio-économique des parents et de pondérer les résultats en fonction de la sélection opérée dans les lycées parfois élitistes.

La méthodologie relevée par un grand quotidien français* (sur les lycées où les effectifs en terminale dépassent les 50 élèves) prend en compte pour les 2/3, le taux de réussite (99% en 2009 au lycée Diwan de Carhaix), pour les 2/3, le différentiel de pourcentage de réussite par rapport aux attentes relatives au niveau socio-économique (on sait que plus de la moitié des lycéens de l'établissement sont boursiers) et pour 1/3 la sélection opérée ou non (il n'y en a pas à Diwan, pourvu, bien sûr, que le niveau en breton de l'élève le permette).

Les résultats sont édifiants: sur les 1930 lycées de France et de Navarre, l'unique lycée Diwan, situé à Carhaix se classe second!

Malgré toutes les précautions prises et les pondérations, il faut, en toute rigueur, prendre les résultats avec précaution. Les écarts sont peut-être très faibles par exemple, entre le premier établissement et le vingtième. L'intérêt que portent les parents à une certaine démarche pédagogique peut entrer en ligne de compte, là-bas comme ailleurs.....

On ne peut pas, toutefois, justifier ce classement exemplaire par des conditions d'accueil particulièrement confortables quand on connaît les difficultés que rencontrent les établissements Diwan (dont le lycée) pour trouver les financements, l'espace, les locaux, le matériel et l'éloignement du lieu de résidence, etc.

Alors, qu'est-ce qui fait donc la différence? Qu'est-ce qui permet à des élèves déjà reconnus comme plus autonomes et créatifs que la moyenne selon les linguistes, d'obtenir aussi de meilleurs résultats scolaires et un bagage plus efficient pour entrer dans la vie, sinon une éducation bilingue?

Loin d'être un handicap, comme on le croit encore trop souvent en France, l'immersion en breton qu'offre Diwan a bel et bien été profitable à ces petits. C'est une véritable réussite pédagogique pour Diwan que vient confirmer ce classement.

Qu'en est-il, dans cette étude, des enfants issus de filières bilingues (français/langue régionale) à parité horaire?

Si l'on connaît leurs résultats au bac par rapport à leurs petits camarades monolingues au sein d'un même établissement ou par rapport au pourcentage académique, et c'est, en moyenne, tout à fait à l'avantage des bilingues (toujours plus de 90% de réussite) , aucun établissement n'est entièrement bilingue. Or, l'analyse conduite par le Ministère prend comme référence un lycée dans sa totalité (monolingues et bilingues). On notera toutefois que l'académie de Rennes se place en tête des académies, année après année. Les enfants de Diwan ou bilingues à parité horaire font, en tout cas, partie de ceux qui tirent le résultat vers le haut.

* Le Figaro

texte transmis par Jean-Claude Rivallain

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