mercredi 14 décembre 2011

Football : l'Équipe de Bretagne ne rencontrera pas l'Équipe d'Irlande en mai prochain


Grosse déception pour BFA (Bretagne Football Association) : depuis plusieurs mois, les dirigeants de BFA travaillaient d'arrache-pied pour organiser le 26 mai prochain au stade de la Beaujoire à Nantes une rencontre entre les équipes de football de Bretagne et d'Irlande. Au printemps 2011, BFA avait obtenu l'accord de principe de la Football Association of Ireland pour l'organisation d'une semaine de stage pour les Irlandais en Bretagne en mai 2012 avec en point d'orgue un match entre Bretons et Irlandais.

BFA venait à peine, il y a quelques jours, d'envoyer les lettres de pré-convocation aux joueurs bretons sélectionnés, que la Fédération irlandaise de football indiquait avoir changé son planning et annulait l'engagement en Bretagne.

BFA maintient la date du 26 mai 2012 pour une rencontre entre l'équipe de Bretagne et une équipe qui reste à déterminer.

Voir le site de BFA

Le veto européen de David Cameron contesté par les gouvernements écossais et gallois


La position du Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, lors du dernier sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union Européenne, n'en finit pas de provoquer des réactions en tout genre outre-Manche.

En opposant son veto à un nouveau traité, David Cameron a de facto isolé son pays par rapport aux 26 autres états. Le Premier ministre britannique est soutenu fortement dans cette position par le Parti Conservateur et une majorité des Anglais ; en revanche, son allié libéral-démocrate est vent debout face une décision considérée comme dommageable pour l'avenir de l'économie britannique.

Finalement, c'est d’Écosse puis de Galles que sont venues les attaques les plus virulentes contre la décision de David Cameron.

Dans un courrier adressé au 10 Downing Street, Alex Salmond, Premier ministre écossais (SNP), accuse David Cameron d'avoir pris une décision qui aura des conséquences graves pour l’Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord sans avoir consulté leurs gouvernements. A. Salmond pose plusieurs questions au sujet de ce veto et de ses implications pour l’Écosse, notamment dans le domaine de l'investissement industriel, des négociations en cours dans différents domaines économiques affectant potentiellement l’Écosse, l'incapacité pour le gouvernement britannique de défendre désormais les intérêts écossais à Bruxelles ; le Premier ministre écossais demande par ailleurs une réunion urgente du Comité de liaison entre les 3 gouvernements « locaux » et le gouvernement britannique pour étudier l'impact de ce veto ; enfin, Alex Salmond accuse David Cameron d'avoir pris cette décision pour sauvegarder les intérêts de la City londonienne tout en confortant son leadership sur un Parti Conservateur quelque peu frondeur.

De son côté, le Premier ministre gallois, Carwyn Jones (Labour) accuse David Cameron d'avoir, par son veto, marginalisé le Pays de Galles par rapport à l'Europe et précise que « cette marginalisation menace les intérêts nationaux gallois ». Et d'indiquer qu'il « refuse de voir l'avenir économique du Pays de Galles mis en danger par des eurosceptiques londoniens et la City ». Le leader du Plaid Cymru, Ieuan Wyn Jones, précisait, quant à lui, que « David Cameron préférait défendre les intérêts de ses amis conservateurs plutôt que les emplois gallois ».

Ces accusations ont toutes été rejetées par le 10 Downing Street qui précisait ce mercredi que « les Affaires étrangères dont les relations avec l'Union européenne étaient du seul ressort du gouvernement du Royaume-Uni ».

Au-delà du jeu politique, cet affrontement souligne le fossé qui se creuse de plus en plus entre Londres et Edinbourg et, dans une moindre mesure, Cardiff.



Video : intervention du député européen SNP, Alyn Smith, au Parlement européen.

mardi 6 décembre 2011

Un livre d'heures breton vendu aux enchères à Londres pour 41.000 €

C'est ce mardi matin que Sotheby's à Londres organisait sa traditionnelle vente aux enchères dédiée aux Manuscrits d'Orient et d'Occident.

Parmi les dizaines de miniatures et de manuscrits offerts aux enchères, la Bretagne était représentée par un Livre d'Heures richement illustré datant de 1420-1440. Composé de 112 feuillets, de 18,2 cm sur 13,8 cm, cet ouvrage relève de l'usage de Dol et provient sans doute de la région de Tréguier : les enluminures contiennent de façon exceptionnelle des saints bretons, Saint Yves pour le mois de mai, Saint Tugdual pour le mois de juin, Saint Brendan pour le mois d'avril, Saint Mandez pour le mois de novembre ou encore Saint Colomban. On remarque aussi une femme à genoux en prière représentant sans doute le commanditaire de ce travail.

Pour les experts de Sotheby's, il s'agit là d'un exemple assez remarquable de l'enluminure bretonne.

Estimé de 9 à 13.000 euros, le Livre d'Heures a été adjugé ce matin pour 41.158 €.



Fin novembre, un autre manuscrit ayant un lien avec la Bretagne était proposé, cette fois-ci chez Christie's de Londres : Expositiones Vocabulorum Biblie de William Brito, autrement dit Guillaume Le Breton, datant de la moitié du XIIIe siècle. Guillaume Le Breton est un frère franciscain originaire de Bretagne dont on trouve trace du passage à Vienne et à Lyon et dont l'ouvrage le plus célèbre est ce vocabulaire explicatif de la Bible : ce dictionnaire a eu un grand succès et faisait partie des classiques des bibliothèques européennes de l'époque.

L'ouvrage vendu le 23 novembre dernier provenait de l'Abbaye de Lacock, Angleterre ; il y a à peu près 130 exemplaires encore existants de cet ouvrage mais c'était la première fois qu'un des manuscrits était proposé à la vente. Pour la petite histoire, l'Abbaye de Lacock, propriété du National Trust, fut l'un des lieux de tournage des Harry Potter. Estimé entre 40.000 et 46.000 euros, le manuscrit de William Brito est parti à 54.000 €.

dimanche 4 décembre 2011

Shane Williams, un des meilleurs joueurs de rugby du monde, dit adieu à l'équipe nationale de Galles


Ce samedi 3 décembre, le magnifique Millenium Stadium de Cardiff accueille une rencontre tout à fait particulière entre les équipes nationales de rugby de Galles et d'Australie : ce match est en effet le dernier pour l'un des meilleurs joueurs de rugby de tous les temps, l'ailier gallois Shane Williams.

Véritable star du rugby gallois, Shane Williams aura marqué 58 essais en équipe nationale, ce qui fait de lui le troisième meilleur marqueur de toute l'histoire du rugby international.

Né en 1977 à Swansea, Shane Williams commençe à jouer au rugby durant sa scolarité au club d'Amman, puis il rejoint le club de Neath où il signe son premier contrat professionnel. Joueur atypique du fait de sa taille (1,70 m), Williams est rapidement remarqué par le staff de l'équipe nationale de Galles pour ses qualités d'ailier.

A 23 ans, il est pour la première fois sélectionné en équipe nationale contre la France ; durant les 11 années qui suivront, Shane Williams va dynamiser le rugby gallois alors en plein renouveau.

En 2008, la Fédération Internationale de Rugby lui décerne le titre de meilleur joueur du monde. S. Williams devient l'icône, le « petit prince » du pays de Galles. Bilingue et profondément attaché à son pays, S. Williams a toujours refusé de jouer hors du Pays de Galles. Lorsque le club de Castres tente de le recruter pour un salaire annuel de 400.000 €, Shane Williams accepte de tenter l'expérience mais au bout de quelques semaines, il revient au Pays de Galles, indiquant qu'il ne pouvait bien jouer que chez lui.

Juste avant la dernière Coupe du Monde qui s'est tenue en Nouvelle-Zélande en septembre 2011, Shane Williams indiqua qu'il mettrait ensuite un terme à son extraordinaire carrière internationale. Et c'est en marquant un ultime essai lors de ce Galles-Australie (par ailleurs perdu par les Gallois 18 à 24) que Shane Williams aura pris congé de l'équipe nationale galloise sous les ovations des dizaines de milliers de spectateurs présents au Millenium Stadium.

Ce joueur exceptionnel, respecté unanimement par ses collègues à travers le monde, reste néanmoins dans le monde du rugby, au sein du club des Ospreys. Par ailleurs, S. Williams a laissé entendre qu'il aimerait intégrer le staff qui dirige l'équipe nationale galloise.

Il est fortement probable que le « petit prince » fasse parler de lui sur les terrains de rugby gallois et internationaux dans les années à venir.

samedi 3 décembre 2011

Le Kouign-amann à la conquête de New-York et des USA !

Depuis quelque temps, le Kouign-amann fait parler de lui dans la presse américaine de New-York à Los Angeles en passant par Salt Lake City .


La spécialité sucrée, salée, beurrée, originaire de Douarnenez, est en passe de devenir une star outre-Atlantique.

En cherchant bien, on note sa première apparition dans la région de San Francisco au début de 2011 à la Starter Bakery à Oakland, Californie, puis sa diffusion, suite à quelques articles laudateurs sur cette nouvelle pâtisserie ressemblant à un croissant beurré et caramélisé (sic), à Salt Lake City avec la pâtisserie « Les madeleines » ou bien à Seattle à la Honore Artisan Bakery , au Huckleberry Cafe de Santa Monica en Californie, ou au Bouchon Bistro de Beverley Hills toujours en Californie.

Ce qui est remarquable, c'est qu'au cours de ses pérégrinations américaines notre gâteau douarneniste ait gardé son nom en breton ce qui donne lieu à de savoureuses explications dans les gazettes américaines pour expliquer son origine celtique et bretonne ainsi que sa prononciation : prononcer koo-WEEN a-MON…..

Mais c'est avec l'ouverture de la pâtisserie de Dominique Ansel dans le quartier de Soho à New York que l'aventure de notre Kouign-amann aux States prend une nouvelle dimension en devenant la star de la presse new-yorkaise, le décrivant comme la nouveauté de l'année pour les foodies .




Picard d'origine, Dominique Ansel a développé ses talents de pâtissier à Paris , d'abord chez Pelletier, puis chez Fauchon où il a découvert le Kouign-amann proposé sous forme individuelle et quelque peu retravaillé par rapport au Kouign-amann traditionnel : ce fut le coup de foudre entre le pâtissier picard et la gourmandise bretonne.

Après 7 ans chez Fauchon, Dominique Ansel migre à New-York pour prendre la direction de la pâtisserie chez Daniel, restaurant aux 3 étoiles Michelin : «Je suis resté 6 ans chez Daniel Boulud et j'ai continué à faire du Kouign-amann ; je l'ai fait goûté lors des réunions d'équipe et j'ai vu que ça plaisait beaucoup». En 2009, il est considéré comme l'un des 10 meilleurs pâtissiers des USA par le Dessert Professionnal Magazine.

Il y a un mois, Dominique ouvre sa propre pâtisserie avec une équipe de 8 personnes à Soho, au 189 Spring Street : «J'ai pour ambition de revisiter les recettes traditionnelles et de les adapter au goût américain comme le Paris-Brest qui devient un Paris-New York …. »

Il propose ainsi deux recettes originaires de Bretagne : les sablés bretons et le Kouign-Amann. «Je propose mes sablés bretons par paquets de 2 et ça se vent comme…des petits pains » mais le Kouign-amann est le produit star de la pâtisserie « C'est le produit le plus vendu ; nous ouvrons la boutique à 8h et j'en fabrique 90 à 100 par jour , à midi tout est vendu et il y a la queue ; il arrive que les gens téléphonent pour les réserver» .

Le Kouign-amann de Dominique Ansel est une interprétation de notre kouign douarneniste en l'allégeant quelque peu avec un peu moins de beurre et de sucre. Le beurre de qualité supérieur vient du Vermont auquel est rajoutée de la fleur de sel de Guérande. Pour Dominique, il est sans doute «le seul à réaliser aux USA des Kouign-amann d'après la recette traditionnelle, les autres producteurs utilisant plutôt des pâtes à croissant» ».

«J'ai voulu garder le nom en breton avec la bonne orthographe mais j'ai vu rapidement la difficulté pour les clients de bien prononcer « kouign-amann » : j'ai donc décidé de les rebaptiser DKA pour Dominique's Kouign-amann et ça passe plus facilement» .

Très rapidement, le New York Times ou The Village Voice se sont intéressés au phénomène DKA et en ont fait la nouvelle star des petits déjeuners branchés :«Pour le moment, nous nous limitons à une centaine d'exemplaires par jour car la fraîcheur de nos productions est primordiale» précise cependant Dominique Ansel.

En tout cas un nouveau terme breton fait son trou outre-Atlantique et le Kouign-amann prend sa place dans le monde gastronomique américain. Pour terminer Dominique Ansel «invite les Bretons de passage à New-York à venir déguster son Kouign-amann» et à lui donner leurs impressions.

Dominique Ansel from Lam Thuy Vo on Vimeo.

dimanche 27 novembre 2011

La Saint Andrew écossaise fêtée le 30 novembre


À l'image de la Saint Patrick fêtée par les Irlandais et les amis de l'Irlande à travers le monde autour du 17 mars, de la Saint David galloise autour du 1er mars, la Saint Piran en Cornouailles autour du 5 mars ou de la Saint Yves bretonne autour du 19 mai, l’Écosse fête la Saint Andrew le 30 novembre.

Depuis quelques années, cette date prend une importance grandissante dans le calendrier écossais et marque le début des festivals d'hiver en Écosse qui se déroulent jusqu'à fin janvier avec le Robert Burns Festival en passant par Hogmanay ou Celtic Connections. C'est aussi l'occasion pour le Premier ministre écossais, Alex Salmond, de s'adresser à l'ensemble de la population écossaise et au-delà.

Pour en savoir plus.

dimanche 30 octobre 2011

Écosse : la campagne pour l'indépendance est lancée


Petit coup de tonnerre ce dimanche dans le paysage politique écossais : un nouveau sondage place le soutien à l'indépendance à 34 %, soit 6 points de plus depuis le dernier sondage sur cette question, en mai dernier, à la veille des élections qui virent le succès historique du Scottish National Party (SNP) et l'avènement d'une majorité absolue nationaliste au Parlement écossais.

Certes, 34 % ne représente qu'un gros tiers de l'électorat écossais mais la tendance sur plusieurs années est clairement vers une augmentation du soutien à l'option indépendantiste, lentement mais gagnant chaque année, depuis 2008, un ou deux points par an. Alors que certains observateurs pensaient que l'élection d'un gouvernement SNP suffirait à certains secteurs de l'opinion, cette augmentation de 6 % depuis le mois de mai dernier semble au contraire conforter la stratégie d'Alex Salmond de mettre en place une politique pédagogique sur plusieurs années qui serait suivie par l'organisation d'un référendum.

En marge de la Convention du SNP organisée à Inverness du 20 au 23 octobre dernier, les journalistes présents ont pu assister à une présentation par le député Angus Robertson de la campagne que va lancer le SNP pour obtenir une majorité pour l'indépendance au prochain référendum. Considéré comme l'un des meilleurs stratèges politiques de tout le Royaume-Uni (1), Angus Robertson a véritablement « bluffé » son auditoire et les commentaires qui ont suivi dans la presse britannique étaient tout à fait éloquents jusqu'à lire dans The Guardian : « Dans 5 ans, il n'y aura plus d'union » (entre l'Angleterre et l'Écosse).

C'est lors de cette présentation que les observateurs ont constaté que le SNP était prêt à lancer cette grosse machine politique qui devrait aboutir à l'indépendance écossaise : tout est prévu, le financement, le quadrillage des circonscriptions, les slogans, etc. Angus Robertson a résumé cela en quatre phases : galvaniser et motiver les adhérents en organisant des réunions locales ouvertes aux sympathisants ; aller vers les partisans de l'indépendance qui ne sont dans aucun parti politique et vers ceux qui sont membres d'autres mouvements politiques, pour développer une collaboration au niveau local et national ; rencontrer les acteurs de la société écossaise pour les convaincre du bien-fondé de l'indépendance pour l'ensemble des secteurs sociaux, économiques, culturels, etc. ; enfin, un porte à porte généralisé dans toutes les villes, tous les villages dans chaque région pour convaincre un par un les électeurs.

Angus Robertson a, par ailleurs, présenté le document de campagne « Your Scotland, Your Future » qui s'appuie sur un site internet.

Cette préparation du SNP est d'autant plus remarquable que les partis unionistes se trouvent dans des situations difficiles sans leaders, sans stratégies et obligés de « courir après » le SNP, entrant ainsi dans le jeu indépendantiste.

Il n'en reste pas moins que le soutien pour l'indépendance n'est qu'à un niveau de 34 % et qu'il reste au minimum 17 % de l'électorat à encore convaincre. Alex Salmond et Angus Robertson semblent persuadés de pouvoir y arriver dans les deux années à venir.

(1) Le SNP est le seul parti politique du Royaume-Uni à disposer de puissants logiciels pointus et efficaces, Activate lui permettant des analyses extrêmement fines de l'électorat.

À lire une analyse intéressante The Twilight of the British State (Le crépuscule de l'État britannique)

vendredi 28 octobre 2011

Le travailliste Michael D. Higgins, 9e président de la République d'Irlande


Après une campagne âpre et ponctuée de rebondissements en tout genre, les électeurs irlandais ont choisi ce jeudi leur nouveau président, le travailliste Michael D. Higgins, avec 39,6 % des voix.

Viennent ensuite l'indépendant Seán Gallagher avec 28,5 % et Martin MacGuinness pour le Sinn Féin avec 13,7 %.

Favori jusqu'à lundi dernier, Seán Gallagher, entrepreneur et star de la TV irlandaise, a perdu son avantage lors du dernier débat télévisé lorsque Martin MacGuinness l'a accusé d'être l'un des rabatteurs financiers de l'ancien parti au pouvoir, le Fianna Fáil.

Martin MacGuinness permet au Sinn Féin de progresser de façon notable sur l'ensemble du territoire. Cette élection aura été un pas de plus vers une sorte de «normalisation» du parti républicain en Irlande du sud. Selon Maura Stewart de l'Université de Galway, «il était sans doute encore trop tôt pour qu'une majorité d'électeurs se prononce pour le “Sinn Féin”» et «il est probable que le parti républicain joue un rôle plus important lors des prochains scrutins». Martin MacGuinness a chaleureusement félicité le nouveau président en précisant qu'il «considérait Michael D. Higgins comme son président» (ce qui stricto sensu n'est pas encore possible administrativement du fait de la séparation entre les deux Irlande), confirmant ainsi la volonté du Sinn Féin d'être présent désormais des deux côtés de la frontière.

Michael D. Higgins est l'un des hommes politiques les plus connus en Irlande et apprécié quasi-unanimement. Ancien élu de Galway, Michael D. fut aussi ministre de la Culture et à ce titre a notamment soutenu la création de la chaîne de TV en gaélique TnG (devenue TG4). Ancien sénateur, M. Higgins était jusqu'à présent le président du Parti Travailliste (centre-gauche), revenu au pouvoir au printemps dernier, en alliance avec le Fine Gael (centre-droit libéral).

Plusieurs fois accueilli à Lorient, ville jumelée avec Galway, notamment durant le Festival Interceltique, Michael D. Higgins connaît bien Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de la Bretagne administrative : verra-t-on une visite d'un président irlandais en Bretagne dans les prochaines années ? Le Festival Interceltique pourrait en être une étape appréciée...







samedi 22 octobre 2011

Alex Salmond, Premier ministre d'Écosse : « Notre but, c'est l'indépendance : construisons une nation qui reflète les valeurs de notre peuple »


Devant 2000 délégués du SNP (Scottish National Party), Alex Salmond a réaffirmé ce samedi après-midi à Inverness que l'indépendance était le but du SNP et du gouvernement écossais. Dans un discours fortement applaudi, le leader du SNP a souligné d'une part le sérieux et l'efficacité du gouvernement SNP notamment dans le domaine social et économique, d'autre part le droit inaliénable du peuple écossais à décider lui-même de son avenir.

Cette convention intervient après le succès électoral historique des nationalistes écossais en mai dernier qui leur permit d'obtenir la majorité absolue au Parlement écossais à Édimbourg. Cette victoire exceptionnelle s'est ressentie dans l'ambiance quelque peu euphorique qui règne à la convention d'Inverness depuis jeudi avec une forte participation des membres du SNP et la présence d'une vingtaine de délégations étrangères.

Conforté par les sondages qui, à la fois, le donnent comme l'homme politique écossais le plus populaire et soulignent un fort soutien au SNP, Alex Salmond semble avoir défini la stratégie à suivre pour amener l’Écosse vers l'indépendance : pariant sur l'efficacité de sa politique sociale et économique, le gouvernement nationaliste évite de précipiter l'organisation du referendum sur l'avenir de l’Écosse malgré les demandes répétées des partis unionistes et développe un discours pédagogique mettant l'accent sur les atouts écossais et les inconvénients de la situation actuelle.

Tout en privilégiant l'indépendance qui, dans l'esprit d'Alex Salmond, se comprend par la création d'un parlement totalement souverain tout en gardant le même chef d'état que l'Angleterre ainsi que la même monnaie, le SNP s'oriente vers un référendum basé sur 2 questions :

1/ pour l'indépendance et la création d'un Parlement souverain ;
2/ pour l'extension maximale des droits du Parlement écossais actuel (option dénommée « Devolution Max ») ;

ce qui, quel que soit le résultat du référendum, signifierait un très large renforcement des pouvoirs d’Édimbourg.

Face à cette stratégie, Londres sous la houlette du Premier ministre David Cameron, tente de fédérer les 3 partis unionistes (Conservateurs, Libéraux-Démocrates et Travaillistes) pour tenter de reprendre en main l'organisation du référendum en question en imposant une simple question « Pour l'indépendance, oui, non » afin d'éviter d'avoir à céder de nouveaux pouvoirs en cas de victoire du non. La stratégie particulièrement intelligente de l'équipe d'Alex Salmond est en train d'obliger à une certaine union sacrée londonienne qui ne fera qu'apporter des munitions aux nationalistes écossais.

C'est dans ce contexte que British Petroleum a annoncé, il y a quelques jours, sa décision d'investir fortement en Mer du Nord où, d'après la compagnie pétrolière, de nouvelles découvertes permettent de penser que les réserves pétrolières pourraient fournir du pétrole jusque dans les années 2050. Cette annonce a renforcé le discours nationaliste au grand dam de David Cameron qui allait répétant que sans pétrole, l’Écosse indépendante s'appauvrirait….

jeudi 6 octobre 2011

27 octobre, élection présidentielle irlandaise, trois candidats en tête

Demain jeudi 27 octobre se déroulera le scrutin pour l'élection présidentielle irlandaise et, depuis le dépôt des candidatures, le 28 septembre dernier, la campagne s'est amplifiée et s'est durcie au point que la presse irlandaise l'a qualifiée de « campagne la plus violente » qui ait jamais été organisée en République d'Irlande.

Sept candidats se présentent devant les électeurs irlandais : Gay Mitchell pour le Fine Gael (centre-droit libéral au pouvoir), Michael D. Higgins pour le Parti Travailliste, Martin MacGuinness soutenu par le Sinn Féin, et 4 indépendants, le sénateur David Norris, Mary Davis militante des droits des enfants et des handicapés, Séan Gallagher un entrepreneur, et Dana Rosemary Scallon chanteuse et ancienne députée européenne.

Les quatre semaines de campagne ont été émaillées de retournements, coups bas, révélations en tout genre qui ont donné un tour politique sinon politicien à un scrutin qui était resté jusqu'ici assez consensuel.



C'est ainsi que l'on apprit que le sénateur David Norris, protestant pratiquant et gay militant, avait utilisé des moyens illégaux pour aider ses compagnons successifs, que Dana Rosemary Scallon avait aussi la nationalité américaine ce qui posait problème pour cette élection, que Séan Gallagher avait le soutien en sous-main du Fianna Fail qui, pourtant, avait décidé de ne présenter aucun candidat, que la famille de Mary Davis aux USA avait subi des pressions sans qu'on ne sache lesquelles, etc.



Mais la controverse la plus violente et quasi-permanente se développa autour de la candidature de Martin MacGuinness qui aura subi des attaques de quasiment tous les autres candidats du fait de son appartenance dans le passé à l'IRA. Ce ne fut guère une surprise dans la mesure où la présence du Sinn Féin à cette élection bousculait les habitudes et obligeait les différents partis et candidats à sortir du discours habituel sur l'Irlande, la réunification, l'économie, le social sans parler de l'ambigüité présente depuis des dizaines d'année en République d'Irlande sur le rapport des Irlandais et de leurs représentants avec leur propre histoire.

Une anecdote assez parlante concernant un incident début octobre dans le comté de Cork : un universitaire connu était invité à ouvrir un salon littéraire par un bref discours qui porta finalement, non sur la littérature, mais sur le scandale que représentait à ses yeux la candidature de Martin MacGuinness : plusieurs participants lui firent alors remarquer qu'il manquait totalement de cohérence, lui qui avait présidé 15 jours auparavant une cérémonie à la mémoire de Michael Collins, le chef de l'IRA de la guerre d'indépendance… Autre anecdote : lors d'un débat télévisé rassemblant l'ensemble des candidats, Martin MacGuinness précisa que, s'il était élu, il se considérerait comme le président des 32 comtés (les 26 de la République plus les 6 de l'Irlande du Nord), remarque qui eut pour effet de mettre mal à l'aise et en porte à faux les 6 autres candidats. Par sa candidature, M. MacGuinness a fait réapparaître au grand jour des non-dits cachés dans les profondeurs de l'histoire irlandaise.



Suivant les sondages du début de semaine, trois candidats arrivent en tête : Séan Gallagher avec 35 à 40 % des voix, Michael D. Higgins avec 25 à 30 % et Martin MacGuinness avec 13 à 17 % des voix, les autres candidats étant à 10 % ou moins de 10 %.

Si les résultats se révèlent conformes aux sondages, Séan Gallagher serait élu président de la République d'Irlande, ce qui signifierait que le Fianna Fail, pourtant en pleine déroute, aurait réussi à faire élire un de ses proches. Du côté du Sinn Féin, tout pourcentage au-dessus de 10 % (son score aux élections générales du printemps 2011) sera analysé comme un progrès et, comme le faisait remarquer un journaliste dublinois, le Sinn Féin étant le seul parti capable actuellement en Irlande de se projeter sur les 15 ans à venir, ce progrès sera considéré par la direction du Sinn Féin comme une victoire pour l'implantation du parti républicain dans les 32 comtés.

Résultats vendredi.

vendredi 30 septembre 2011

Aifric, une série irlandaise pour les ados doublée en breton


Diffusée pour la première fois en octobre 2006 sur la chaîne TG4 (1), Aifric est une série destinée aux ados produite par Paul Mercier et Micheal ó Domhnaill. Aifric raconte les aventures scolaires, sentimentales, familiales d'une adolescente de 14 ans (Aifric) originaire de Dublin s'installant dans le Conamara (région de Galway) avec sa famille pour le moins originale, Tom, le père musicien, Janis, la mère imaginative, Traolach, le petit frère turbulent, Zoé, l'amie entreprenante, Claudia l'insupportable, etc. Très bien réalisée, la série associe humour et dynamisme.

Aifric a rencontré rapidement un large succès d'audience et en 2009 la série reçoit le premier prix dans la catégorie Programmes pour la Jeunesse aux Irish Film and Television Awards. Aifric est aussi diffusée en gaélique écossais sur BBC Alba (2) , en espagnol en Amérique du Sud et en catalan .

L'originalité de cette série a attiré l'attention de Dizale, l'association spécialisée dans le doublage en langue bretonne, en recherche de programmes à proposer au réseau des TV locales (Tébéo, Ty Télé et TVR ). Samuel Julien, directeur de Dizale, précise : « Dizale a proposé ce programme aux chaînes de TV locales qui ont accepté. Nous avions aussi rencontré plusieurs fois un des auteurs principaux de cette série, Tadhg Mac Dhonnagain, qui nous a aidés sur 2 stages de formation à l'écriture de fiction en langue bretonne. En plus du gaélique, il maîtrise maintenant très bien le breton. Les Irlandais ont été très réactifs à notre demande et les producteurs ont fait en sorte de nous faciliter les choses ».

Le budget total pour la version en breton (doublage, droits, copies) s'élève à près de 100 000 € dont 75% pris en charge par la Région Bretagne au titre de la promotion de la langue bretonne dans l'audiovisuel et les 25% restants par les 3 chaînes locales.(3)



Horaires de diffusion en langue bretonne et sous-titres en français

TY TELE Mercredi à 8h45, 13h30 et 17h00 Samedi à 7h25 & 16h50 Dimanche à 12h40 & 18h40

TVR Mercredi à 18h45, 20h00 & 21h35 Jeudi à 11h00, 12h00 & 16h55 Samedi à 10h00 & 20h00 Dimanche à 10h00 & 20h00

TEBEO Mardi : 19h30 et 23h30 Mercredi : 10h00, 13h30 et 16h Jeudi : 11h30 Vendredi : 17h45 Samedi : 14h00 Dimanche : 10h30, 17h15 et 21h30

(1) TG4 , chaîne de TV publique de langue irlandaise (gaélique), créée en 1996

(2) BBC Alba, chaîne de TV publique écossaise diffusant en gaélique écossais, créée en 2008

(3) Les « voix » bretonnes sont celles de 14 comédiens et comédiennes : Aziliz Bourges, Erell Beloni, Klet Beyer, Goulwena An Henaff, Iwan Benoist, Anna Duval-Guennoc, Marion Gwenn Nolwenn Guignard, Nolwenn Korbell, Klervi Rivière, Kris Menn, Gilles Pennec, Yann-Edern Jourdan, Tangi Merrien.

mercredi 21 septembre 2011

Irlande : une élection présidentielle très ouverte

Le 27 octobre prochain aura lieu l'élection présidentielle qui donnera un successeur à l'actuelle Présidente irlandaise, Mary MacAleese, qui aura effectué deux mandats de 7 ans depuis 1997.

Election jusqu'à présent grandement symbolique, le président irlandais étant chef de l'Etat et chef des Armées sans autorité exécutive, l'élection présidentielle revêt cette année une dimension particulière du fait de l'actualité politique et aussi de l'évolution de la société irlandaise.

Bien qu'occupé dans les décennies passées par des personnalités importantes de la vie politique irlandaise comme Douglas Hyde ou Eamonn de Valera, le poste de Président de la République d'Irlande a commencé à prendre une certaine ampleur médiatique et politique avec l'élection de Mary Robinson, soutenue par le Parti Travailliste, première femme élue à cette fonction, et dont l'aura et l'action internationale donnèrent une nouvelle visibilité à la présidence irlandaise (1) ; Mary Robinson devint d'ailleurs à la fin de son mandat, en 1997, Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme aux côtés de Kofi Annan, jusqu'en 2002.

L'élection de 1997 fut aussi une première avec l'avènement de Mary MacAleese, premier Chef de l’État né en Irlande du Nord. Issue du Fianna Fail (centre-droit nationaliste), elle s'est toujours positionnée pour la réunification de l'Irlande ; catholique plutôt conservatrice, Mary MacAleese va pendant ses 14 années de présidence pousser à la modernisation de la société irlandaise, notamment soutenir le processus de paix en Irlande du Nord, promouvoir la langue gaélique ; en 2004, lors de l'élection présidentielle, Mary MacAleese fut d'ailleurs la seule candidate, les principaux partis ne souhaitant pas lui opposer d'autres candidats.

Depuis 2008, l'Irlande a subi de plein fouet la crise financière mondiale et l’État irlandais a du massivement soutenir les banques d'Irlande en injectant plus de 53 milliards d'euros dans le système bancaire déséquilibrant ainsi les comptes de l’État et obligeant à l'intervention des pays de l'Eurozone et du FMI au grand dam de l'opinion irlandaise très attachée à la souveraineté de l'Irlande. En fait, le pays était jusqu'alors en pleine surchauffe économique avec ses bons côtés dont un niveau de vie de 20% supérieur au niveau de vie breton par exemple, mais aussi avec une bulle immobilière démesurée : le quasi effondrement du système financier irlandais a produit des secousses très fortes dans la société irlandaise qui se sont exprimées notamment lors des élections générales de février 2011.

Ces élections virent un véritable reflux du parti au pouvoir, le Fianna Fail, qui passa de 77 à 20 députés, la disparition de son allié Vert ( 0 député), la victoire du Fine Gael ( centre-droit libéral) avec 76 députés ( + 25) , la progression du Parti Travailliste avec 37 députés ( + 17 ) et la percée remarquée du parti républicain Sinn Fein avec 14 députés ( + 10 ) dont son leader Gerry Adams. Pour la première fois depuis la création de la république, le Fianna Fail perdait son statut de premier parti d'Irlande ; l'autre évènement fut la progression notable du Sinn Fein et l'arrivée de son leader au Dail de Dublin ( parlement) , Gerry Adams , ancien responsable de l'IRA, président du Sinn Fein, négociateur des accords du Vendredi Saint qui mirent fin à la guerre en Irlande du Nord et ouvrirent la porte au partage du pouvoir entre nationalistes et unionistes au parlement de Stormont à Belfast. Cette recomposition du paysage politique aboutit à la constitution d'un gouvernement Fine Gael – Parti Travailliste.

C'est dans cette situation politique assez nouvelle que se présente en octobre prochain l'élection présidentielle.

Le Fianna Fail toujours sous le coup de cette défaite historique se déchire depuis des semaines sur la question de présenter ou non un candidat pendant que le Parti Travailliste décidait de présenter son président Michael D Higgins qui jusqu'à dimanche dernier semblait devoir l'emporter facilement.

Pour la petite histoire, Michael D Higgins connaît bien la Bretagne et plus particulièrement Lorient puisqu'il fut, pendant plusieurs années, conseiller municipal puis maire de Galway, la ville jumelle du port breton, et qu'à ce titre, il participa à plusieurs festivals interceltiques ; nommé en 1993 Ministre de la Culture, Michael D Higgins inaugura « l'Année de l'Imaginaire Irlandais » au Festival Interceltique de 1995 en présence notamment de Jean-Yves Le Drian.

Cette victoire annoncée semble désormais moins assurée depuis le week-end dernier puisque le Sinn Fein vient de désigner Martin MacGuinness comme candidat à l'élection présidentielle irlandaise. Cette candidature vient rebattre les cartes et l'élection du 27 octobre devient très ouverte, certains commentateurs évoquant même un vote record pour Martin MacGuinness, et ceci pour plusieurs raisons.

Ancien chef de l'état major de l'IRA, très proche de Gerry Adams, Martin MacGuinness est devenu le principal négociateur des accords de paix du Vendredi Saint ; ministre de l'éducation du gouvernement nord-irlandais, il en devient le vice-premier ministre jusqu'à ce jour. De façon générale, l'on s'accorde sur le rôle fondamental joué par Martin MacGuinness dans le processus de normalisation en Irlande du Nord.



Le parti républicain Sinn Fein diabolisé pendant des décennies en Irlande du Sud a, par son action dans les accords de paix, pu (re)devenir le premier parti nationaliste en Irlande du Nord et sortir de la marginalité en Irlande du Sud ; son succès aux élections générales de 2011 en est le signe le plus évident.

Le discours social et économique, à la gauche des travaillistes, du Sinn Fein, en dehors de la question nord-irlandaise, porte particulièrement en cette période de crise et notamment vers l'électorat habituel du Parti Travailliste ; de plus, l'effondrement du Fianna Fail, porte-parole historique du nationalisme irlandais, donne une nouvel espace électoral au Sinn Fein.

Ces différents éléments, la personnalité respectée de Martin MacGuinness, la dynamique électorale du Sinn Fein, l'effondrement du Fianna Fail et la crise économique, font que l'élection est loin d'être jouée. Crédité de 10% des voix aux législatives de 2011, le Sinn Fein en présentant Martin MacGuinness pense dépasser largement ce score et concurrencer sérieusement la candidature de Michael D Higgins. Par ailleurs, l'élection présidentielle représente aussi une occasion historique pour le Sinn Fein de mener une campagne sur l'ensemble du territoire de l’Irlande du Sud et de développer son implantation.

Reste à savoir si le Fianna Fail , vu cette nouvelle situation, décidera ou non de présenter un candidat dans le but essentiel de sauvegarder sa place de premier parti de l'opposition et de ne pas laisser le champ libre au Sinn Fein en République d'Irlande . Les candidats ont jusqu'au 28 septembre pour se déclarer.

(1) A noter que Mary Robinson fut faite Docteur Honoris Causa de l'Université de Haute-Bretagne Rennes 2


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vendredi 9 septembre 2011

Eva Joly donne des boutons à Bernard Debré, député UMP de Paris

Les propos d'Eva Joly, candidate écologiste aux prochaines présidentielles françaises, lors de l'Université d'Été de Régions et Peuples Solidaires, continuent d'offusquer un certain nombre de responsables politiques français. Cette fois-ci, c'est Bernard Debré, député UMP de Paris qui publie une lettre ouverte à Eva Joly ciblant les propositions sur les langues minorisées et la place des régions. Quelques extraits : "Madame Eva Joly, Une fois encore, mais nous ne comptons plus, vous avez... dérapé ! Quel besoin aviez-vous d'affirmer qu'il fallait, en France, lutter contre l'hégémonisme de la langue française, qu'il fallait donc redonner vie aux langues régionales ? Quelle idée saugrenue ! Voici Eva-la-rouge qui entend revenir sur 500 ans d'histoire, qui renvoie François 1er raturer l'ordonnance de Villers-Cotterêts (pour votre parfaite mémoire, 1539). Ça n'est pas très sérieux, vous y perdez encore un peu de crédibilité. Mais qui vous conseille ?" Ou encore : "Voici donc la France explosée en régions quasiment autonomes parlant une langue différente les unes des autres. Un train partant de Paris allant en Bretagne (sud) traversant une ou deux régions (la région autonome de Paris, la région autonome des bords de Loire puis la Bretagne) devrait avoir des contrôleurs parlant deux langues (il paraît que le français le plus pur est celui des bords de Loire)." Et aussi : "Madame, ce que vous dites n'a aucun sens et devient même dangereux. Pourquoi en voulez-vous au français ? Par démagogie après avoir passé des vacances où vos voisins de l'île de Groix vous ont initié au breton ?" Pour lire l'ensemble de cette prose , voir ici .

mercredi 31 août 2011

L'armée française assiège des indépendantistes retranchés dans la presqu'île de Crozon...

Depuis hier, parachutistes et militaires sont en opération sur la presqu'île de Crozon "pour libérer des ressortissants français pris en otage par des indépendantistes retranchés dans la presqu'île".

L'opération Avel Mor est en cours et va durer trois jours, selon Le Télégramme.

Non, non, vous n'avez pas manqué une actualité importante car il ne s'agit en fait que d'un exercice de rentrée des élèves de Saint-Cyr Coetquidan....

Ouf, on a eu peur !

lundi 29 août 2011

Il y a 40 ans disparaissait Sean Ó Riada, le maître de la musique irlandaise



Il y a 80 ans naissait Sean Ó Riada, il y a 40 ans disparaissait ce grand compositeur et musicologue irlandais.

Durant cette courte vie, Sean Ó Riada va révolutionner la musique irlandaise et permettre une véritable réappropriation de leur propre musique par les Irlandais eux-mêmes.

Né à Cork le 1er août 1931 d'un père membre de la Garda ( police irlandaise ) mais aussi joueur de fiddle et d'une mère accordéoniste, Sean Ó Riada commença à prendre des leçons de violon à 7 ans et de piano à 8 ans. Après une scolarité au Saint Finbarr's Seminary de Farranferris, il fut reçu à l'University College de Cork en 1948 où il suivit des études en musique, grec, latin et irlandais; il en sortit avec un diplôme de musicologie en 1952.

Marié en 1953, il obtint le poste de directeur musical adjoint à Radio Eireann (la radio publique irlandaise) ; il en démissionna en 1955 pour s'installer à Paris où il rencontra nombre d'artistes et musiciens et où il découvrit sa véritable vocation, la musique. De retour à Dublin, il s'investit entièrement dans un travail de composition et d'arrangements pour le Radio Eireann Singers and Light Orchestra ainsi que pour d'autres orchestres de chambre et symphoniques.

Durant cette période, il fut aussi le directeur musical de l'Abbey Theatre, la célèbre scène dublinoise, et il composa diverses musiques de films dont le désormais classique Mise Eire (1959) qui retraçait la naissance de l'État irlandais.

Sa musique eut un impact phénoménal sur les Irlandais et Sean Ó Riada devint une personnalité musicale de premier plan dans l'Irlande des années 50 et 60. On peut citer 2 autres musiques de films, Saoirse ? (1961) et The Playboy of the Western World (1962). Sa série radiodiffusée Our musical Heritage en 1962 fut aussi un vrai succès populaire.

Une de ses innovations fut de faire travailler ensemble des musiciens traditionnels sur différents sons et thèmes, ce qui aboutit à la création du groupe Ceoltori Chualann qu'il décrivait lui-même comme un orchestre de chambre folk. Leur premier concert fut donné en 1961 à Dublin à l'hôtel Shelbourne. Cet ensemble fut, comme nous le verrons plus tard, l'inspirateur direct du célèbre groupe The Chieftains.

Tout au long de cette période, Sean Ó Riada organisa chez lui des sessions rassemblant musiciens traditionnels, diplomates, journalistes, ministres, élus….

En 1962, Sean Ó Riada démissionna de son poste à l'Abbey Theatre et s'installa avec sa famille à partir de 1963 dans le Gaeltacht (région où la langue gaélique est dominante) Cuil Aodha près de Cork, tout en continuant à écrire pour l'Irish Times et la RTE, le service public irlandais de l'audiovisuel.

Voyageant à travers le monde pour donner des conférences, des concerts, enregistrer des disques, Sean Ó Riada continua à écrire des compositions musicales, à participer à de nombreuses commissions universitaires et musicales et trouva le temps d'étudier la musique orientale et indienne. Il fut aussi à l'origine du chœur Cor Chuil Aodha et écrivit plusieurs messes dont un Requiem, commande du gouvernement irlandais.

Il décéda suite à une maladie fulgurante à Londres le 3 octobre 1971 et il fut enterré à Cork.

Son œuvre est immense non seulement par le nombre de réalisations, compositions mais aussi par l'influence qu'il eut sur l'ensemble de la société irlandaise, à un moment où la culture traditionnelle subissait un fort affaiblissement. Son impact sur les auditeurs et spectateurs a permis un renouvellement de l'intérêt des Irlandais pour leur patrimoine musical. La création de Ceoltori Chalann a dynamisé la musique irlandaise sous une forme que l'on connaît toujours actuellement. Enfin, Sean Ó Riada a sorti de l'oubli les créations et compositeurs irlandais des siècles passés, au premier rang desquels Ó Carolan que tous les harpistes d'aujourd'hui connaissent et interprètent.

C'est ce musicien d'exception qui est célébré cette année en Irlande.

Sean Ó Riada a eu une certaine influence sur la Bretagne : directement avec Polig Monjarret qu'il connaissait depuis le début des années 50 et avec qui il échangea une correspondance au moment où Polig structurait la Bodadeg ar Sonerion ; indirectement à travers le groupe The Chieftains qui popularisa la musique irlandaise en Bretagne ; Paddy Moloney, le leader des Chieftains, fut en effet le joueur de uillean pipe du groupe fondé par Sean Ó Riada, Ceoltori Chalann; c'est d'ailleurs en interprétant des œuvres de Sean Ó Riada que les Chieftains ont percé sur la scène internationale ; il est tout à fait frappant de retrouver dans The Chieftains le son de Ceoltori Chalann.


Que dire d'autre ? Sans qu'ils le sachent, nombre d'artistes bretons interprètent des airs composés ou arrangés par Sean Ó Riada dont le célèbre Mna na Eireann, par exemple. Il y a sans doute eu d'autres liens entre Sean Ó Riada et la Bretagne et si vous en connaissez, je vous serais très reconnaissant de m'en faire part.

Remerciements à Peadar Ó Riada, Gael Linn et Nolwenn Monjarret pour les sources et informations.


Rapide discographie

Mise Eire, 1959, Shanachie.

Ó Riada sa Gaiety, Gael-Linn, 1969.

Sean Ó Riada, Gael-Linn, 1995.

The Playboy of the Western World Gael-Linn.

Reacaireacht an Riadaigh, Gael-Linn.

Ceol an Aifrinn, Gael-Linn.

Aifreann 2.

The Battle of Aughrim.

Ó Riada's Farewell, Atlantic.

Seoda an riadaigh, The Essential Collection, Sean Ó Riada 1931-1971, Gael Linn, 2011

jeudi 18 août 2011

Festival Interceltique 2011 : une plus grande présence de la langue bretonne

Question récurrente depuis des années, sinon des dizaines d'années, que la présence de la langue bretonne au Festival Interceltique de Lorient.

Tous ceux qui ont eu à s'occuper de cette question, de près ou de loin, les années passées, ont connu des situations très diverses, relevant plus du bricolage que d'une politique claire en la matière de la part de la direction du FIL.

Bien qu'ayant signé la charte "Ya d'ar Brezhoneg" il y a plusieurs années, les avancées furent minimes et ce n'est que depuis 3 ans que l'on voit les choses s'améliorer petit à petit.

Cette année 2011 a vu plusieurs initiatives qui ont renforcé la présence de la langue bretonne ; de plus, le directeur du festival, Lisardo Lombardía, est très clairement en faveur de ce renforcement.


Pour cette année, on peut tenter de faire une petite liste de réalisations :

– la nouvelle signalétique entièrement bilingue bien qu'imparfaite ;

– la présentation en breton sur plusieurs sites du festival ;

– une programmation largement ouverte à la langue bretonne au nouveau Dôme du FIL (artistes, cinéma, documentaires) ;

– une initiation à la langue bretonne dans les jardins de l'Hôtel Gabriel ;

– une journée consacrée à la langue bretonne et aux langues celtiques à l'Espace Paroles ;

– sans compter des spectacles bilingues comme "Glenmor, an disuj"

– ou "Chansons d'orgueil" ;

– ou encore les animations de l'école Diwan de Lorient ;

– ou encore la messe du FIL en langue bretonne ;

– le bilinguisme de la radio du FIL, etc.


Globalement, tout cela donne l'impression que la langue bretonne prend petit à petit la place qui devrait lui revenir ; certes tout n'est pas parfait, loin de là sur certains points, mais l'on sent un nouvel état d'esprit à ce sujet de la part du FIL.


Il y aurait sans doute quelques initiatives à prendre pour rendre cette présence plus claire et plus cohérente. Comptons sur le FIL et divers collaborateurs, personnes et associations, pour progresser sur cette voie


Festival Interceltique 2011 : drapeaux et pavoisements

L'arrivée du Festival à Lorient voit chaque année fleurir drapeaux et oriflammes divers aux fenêtres et balcons de particuliers à travers la ville et ceci de plus en plus chaque année.

Pour cette édition, ce fut au tour des Halles de Merville de pavoiser en l'honneur des différents pays présents au FIL.




À ce sujet, il est assez curieux de constater le peu d'implication de la plupart des commerçants de la ville (en dehors des halles) dans l'esprit du festival : rien ou presque, ni en déco, ni en thématiques ....

En dehors de certains particuliers et commerçants, et hors du périmètre directement concerné par le FIL, on ne ressent guère la présence des festivités, il y aurait sans doute des idées à prendre dans les villes du nord de l'Europe qui savent parfaitement mettre en scène leurs festivals.

À noter la promotion permanente des stands écossais offrant près de 50 drapeaux écossais par jour à leurs visiteurs.

“Chansons d'orgueil”, un spectacle remarquable

Présenté jeudi dernier au Festival Interceltique, "Chansons d'orgueil" est un spectacle construit autour de poèmes de Per-Jakez Helias chantés par Manu Lannhuel et mis en musique par Didier Squiban au piano et Eric Le Lann à la trompette.

Alternant breton et français, Manu Lannhuel se révèle un chanteur tout à fait inspiré par l'œuvre de P.-J. Helias et magistralement appuyé par ces deux excellents musiciens que sont D. Squiban et E. Le Lann.

Créé en avril dernier au studio de Porz Gwenn, ce remarquable spectacle devrait être présenté sur diverses scènes bretonnes dans les mois à venir.

Festival Interceltique 2011: Mhairi Hall Trio, un groupe écossais innovant



En première partie du spectacle "Chansons d'orgueil" de Manu Lannhuel, Didier Squiban et Eric Le Lann, le Festival de Lorient a proposé un groupe écossais "Mhairi Hall trio".

Excellente découverte que ce trio composé de la pianiste Mhairi Hall, du guitariste Michael Bryan et du percussionniste Fraser Stone.

A l'écoute de leur musique, on ne peut s'empêcher de penser au pianiste irlandais Michael O'Suilleabhain ou à notre Didier Squiban. C'est dans le même esprit que travaille le trio de Mhairi Hall : revisiter la musique écossaise à travers le piano avec une dominante tantôt classique, tantôt jazzy.

Parrainé et produit par le grand Donal Lunny, ce trio vient de sortir son premier CD "Cairngorm" . Une réussite.


lundi 15 août 2011

Son Elena , le premier CD de Nolwenn Monjarret

Qui ne connaît Polig Monjarret , "le général des binioù" comme le nomme Gilles Servat ? Ou Zaïg, sa femme, véritable chanteuse vedette des éditions Mouez Breizh ? Désormais, il faudra ajouter Nolwenn, l'une de leurs trois filles.

Nolwenn vient de sortir son premier CD , "Son Elena, Ballades e Breizh" aux éditions Coop Breizh .




Accompagnée de Philippe Le Gallou à la guitare, Ronan Le Disez à la flûte et Pierre Sergent à la contrebasse, Nolwenn Monjarret propose un voyage très personnel dans sa mémoire musicale, revisitant de sa très belle voix un répertoire traditionnel dont certains chants collectés par son père, d'autres interprétés par sa mère.

L'on connaissait déjà le talent de Nolwenn qui participa notamment au "Celtic Wedding" des Chieftains en 1988 ; c'est d'ailleurs cette participation qui lui ouvrit les portes des festivals celtiques des USA , dont le premier à Potomak en 1996. Depuis, Nolwenn passait 2 mois par an en Amérique du nord quasiment chaque année pour participer à ces festivals en compagnie d'autres musiciens américains et canadiens avec qui elle a enregistré plusieurs disques. Et régulièrement, artistes et spectateurs lui demandaient ses disques .... Le projet de sortir un CD a ensuite muri lentement dans l'esprit de Nolwenn.

C'est la rencontre avec Philippe Le Gallou lors d'un stage de musique en 2009 qui apporta le déclic nécessaire pour la production de ce premier CD sorti en juillet 2011.

11 titres en breton, 2 en français, c'est un ensemble très agréable à écouter, sensible et harmonieux, une véritable réussite que cette première production.

Nolwenn et ses amis se proposent de monter sur scène à l'automne et ce serait une excellent nouvelle pour la scène bretonne. et pourquoi pas un second CD ....


Article totalement scandaleux dans le Ouest-France de ce lundi 15 août 2011

Parlant des jeunes Bretons des 5 diocèses participant aux JMJ, l'article passe son temps à faire la distinction entre Bretons et Nantais et l'auteur a même trouvé une Rennaise affirmant que "Nantes ne sera jamais en Bretagne"...

Cet article est une véritable manipulation de l'information : prenant prétexte d'un rassemblement de jeunes Bretons des 5 départements à St Jacques de Compostelle, l'auteur fait exprès de qualifier différemment "Bretons" et "Nantais" et trouve un témoignage allant en ce sens ( en supposant que ce témoin existe vraiment ) . Ce n'est plus du journalisme, c'est de la propagande . Alors que justement c'était un rassemblement de jeunes provenant des 5 départements, l'auteur manipule l'ensemble pour détruire l'effet unitaire du rassemblement...

C'est quoi la devise d'Ouest-France ? "Justice et Liberté".... Sidérant !

samedi 13 août 2011

Festival Interceltique 2011: Frédéric Mitterrand et CRS au programme...

Alors que le FC Lorient jouait face à Bordeaux au stade du Moustoir où, à nouveau, les supporters lorientais avaient déployé le gwenn-ha-du, une autre partie se jouait au Palais des Congrès où était annoncée la présence du ministre français de la culture, Frédéric Mitterrand, à la soirée consacrée à la harpe celtique.


Suite à son interview publiée le matin même dans Ouest-France où il indiquait qu'il n'y aurait pas de loi pour les langues "régionales" et que l'état en faisait déjà beaucoup, la fédération Kevre Breizh appelait d'urgence à manifester à partir de 20h30 au Palais des Congrès de Lorient .

Hasard ou non, le cortège de Frédéric Mitterrand se présentait en ce lieu avant l'heure de la manifestation et les responsables n'eurent que le temps de lui remettre quelques documents. M. Mitterrand eut, lui aussi, juste le temps d'indiquer que "c'était la faute des journalistes qui avaient mal interprété ses propos" (sic) .

Quelques minutes plus tard, ce fut un méli-mélo de manifestants, de spectateurs faisant la queue pour le concert et de CRS..




Un nouveau rôle d'ailleurs pour les CRS dont la polyvalence est vraiment remarquable : contrôleurs de billets afin d'empêcher l'entrée de personnes indésirables et c'est ainsi que certains bénévoles bien connus du FIL se retrouvèrent interdits de concert...

C'est sous le slogan "Brezhoneg, Yezh Ofisiel" porté par une soixantaine de manifestants que les spectateurs entrèrent au compte-gouttes dans le Palais des Congrès.

Il y eut quelques heurts lorsque les CRS voulurent dégager la porte d'entrée.

Et la conclusion vint d'un élu lorientais qui sortant rapidement indiqua que M. Mitterrand était parti en catimini en précisant qu'il "s'était complètement planté" sur ce dossier.

On peut dire d'ailleurs que ça fait des décennies que les ministres parisiens sont complètement à côté du sujet, à croire qu'ils le font sans le vouloir ..

mardi 9 août 2011

FIL 2011 : un bagad et un cercle de Saint-Malo épatants avec "Terre-Neuve nous appelle"!

Dans un Grand Théâtre de Lorient comble, "Quic en Groigne", le bagad et le cercle de Saint-Malo ont présenté "Terre-neuve nous appelle", leur création 2011 réalisée à l'occasion de leur 60ème anniversaire, ce lundi soir.

Un vrai succès ! un régal pour les yeux et les oreilles.... Costumes, musique, danseurs, musiciens, mise en scène, tout s'accordait pour en faire une véritable réussite.

Basée sur l'histoire de la Grande Pêche sur les bancs de Terre-Neuve, cette création offre de multiples tableaux jalonnant la vie de ces générations de marins malouins mais aussi de Cancale, de Paimpol, partis pour un travail épuisant à des milliers de kilomètres des côtes bretonnes.: les fêtes, les pardons, l'enrôlement,le travail à bord, les étapes dans les bistrots et les bordels, le retour avec des hommes manquants, etc...

Habilement mis en scène, souvent ingénieux, le spectacle ne faiblit à aucun moment mettant en valeur tout à tour la danse, la musique, le chant .

A voir absolument.

Pour conclure, c'est le type même de spectacle que la Bretagne devrait exporter dans des pays qui sauraient apprécier ce travail quasi professionnel, notamment ceux ayant eu une histoire maritime un peu semblable: Écosse, Pays-Bas, mais aussi Belgique, Allemagne, etc... A ce sujet, juste une question: existe-t-il une politique cohérente de promotion de la création bretonne en dehors de nos frontières?

lundi 8 août 2011

Festival Interceltique 2011 : Glenmor, l'insoumis, une réussite !


En 2008, le Festival de Lorient avait proposé "l'Oratorio pour Xavier Grall", monté par l'association Dihunerien et Michel Chauvin. A l'époque, j'avais été très agréablement surpris par cet "oratorio" qui avait tenu toutes ses promesses.



En 2011, Dihunerien proposait ce dimanche soir au Grand Théâtre "Glenmor, l'insoumis" ; je dois avouer que dans l'ambiance de fête permanente qui règne à Lorient pendant dix jours, j'ai toujours un peu de mal à me résoudre à venir voir des spectacles dits "sérieux"...

Et, une fois, de plus, j'ai assisté pendant deux heures à quelque chose (je ne sais comment le nommer) d'assez exceptionnel. Alliant images, videos, groupe musical (excellent), solistes (Andrea Ar Gouilh, Gweltaz Ar Fur, Yvon Étienne) et acteurs d'Ar Vro Bagan (pour tout dire parfaits), ce spectacle nous a véritablement plongés dans la vie, l'histoire, l'intimité du grand Milig.

À part quelques longueurs au milieu du spectacle et à la fin, nous sommes complètement plongés dans cet univers militant, littéraire, mystique, politique qui animait Glenmor.

Ne l'ayant croisé qu'à de rares occasions dans les années 80, j'ai pu mesurer l'impact extraordinaire de cet homme extraordinaire sur la Bretagne des années 60 et 70, un véritable éveilleur des consciences au même titre que son ami Xavier Grall.

À la sortie, quelques spectateurs se demandaient où étaient nos "géants" d'aujourd'hui capables de secouer le conformisme ambiant et de réveiller les consciences bretonnes quelque peu endormies et/ou anesthésiées...

Festival Interceltique 2011 : un coup de coeur pour Kevin Burke et Atlantic Seaways


Samedi dernier au Grand Théâtre avait lieu une des premières grandes soirées du Festival Interceltique 2011 dédiées aux diasporas celtiques.

Malgré le côté un peu patchwork de cette soirée et surtout du fait du manque d'une présentation un peu explicative (sans parler de l'absence de présentation en breton), ce concert a révélé deux vraies pépites musicales.



L'une, confirmée et reconnue mondialement : Kevin Burke, ancien de The Bothy Band, ancien accompagnateur de Christy Moore, violoniste irlandais véritablement extraordinaire, pour tout dire le meilleur que j'aie jamais entendu jusqu'à présent : délicat, puissant, léger, rythmé, tout à la fois, avec un doigté magique, voilà un musicien béni des dieux irlandais. Kevin Burke mériterait une soirée tout entière consacrée à son art.

L'autre toute nouvelle, née de la rencontre, il y a quelques mois, de jeunes musiciens écossais et nord-américains de 3 universités, l'école supérieure de musique Berklee de Boston, le Glasgow's Royal Scottish Academy of Music et l'Université de Strathclyde. Pleins de dynamisme et de fraîcheur, leur spectacle, Atlantic Seaways, raconte l'émigration des Écossais en Amérique du Nord avec leur musique, leurs chants, et leur influence sur la musique américaine, bluegrass, soul, country. Une véritable réussite avec deux chanteurs exceptionnels, l'une de Glasgow interprétant un répertoire gaélique, l'autre américain présentant des classiques du country... Une excellente découverte et un vrai plaisir musical tout à fait enthousiasmant.



C'est l'une des grandes qualités du Festival Interceltique que de présenter, à côté des classiques, ce genre de concert à la fois pointu et de découverte.

mardi 15 février 2011

Reportage de France 3 Bretagne

Reportage de France 3 Bretagne consacré au film sur l'histoire de l'hymne national breton.

mardi 11 janvier 2011

Kan ar Galon, des terrains de rugby gallois au Stade rennais... l'histoire de l'hymne national breton



De sa création au Pays de Galles jusqu'à nos jours , ce film retrace l'histoire de l'hymne national breton avec des témoignages, des images d'archives et des reconstitutions.



Réalisé par Mikael Baudu, co-produit par Gwengolo Filmoù et France 3, « Kan a galon,l'histoire de l'hymne national breton » est le premier film présentant les différentes facettes de ce chant connu des vallées galloises jusqu'aux contreforts de l'Himalaya en passant par la Cornouailles britannique et la Bretagne.

Le DVD contient une version en français (30 min.) et une version en breton (30 min.) , des bonus avec un reportage sur la fête du Bro Gozh à Lesneven en 2010, l'interprétation du Bro Gozh par 200 choristes.

Le DVD sera disponible en mars 2011 au prix public de 20 € ; en souscription jusqu'au 31 janvier, le coût est de 15 € port compris. À partir de 5 exemplaires, nous consulter.

A retourner à :

Comité Bro Gozh ma Zadoù, BP 70815, 56108 Lorient/An Oriant cedex

e-mail: gouelarbrogozh@aliceadsl.fr