jeudi 6 octobre 2011

27 octobre, élection présidentielle irlandaise, trois candidats en tête

Demain jeudi 27 octobre se déroulera le scrutin pour l'élection présidentielle irlandaise et, depuis le dépôt des candidatures, le 28 septembre dernier, la campagne s'est amplifiée et s'est durcie au point que la presse irlandaise l'a qualifiée de « campagne la plus violente » qui ait jamais été organisée en République d'Irlande.

Sept candidats se présentent devant les électeurs irlandais : Gay Mitchell pour le Fine Gael (centre-droit libéral au pouvoir), Michael D. Higgins pour le Parti Travailliste, Martin MacGuinness soutenu par le Sinn Féin, et 4 indépendants, le sénateur David Norris, Mary Davis militante des droits des enfants et des handicapés, Séan Gallagher un entrepreneur, et Dana Rosemary Scallon chanteuse et ancienne députée européenne.

Les quatre semaines de campagne ont été émaillées de retournements, coups bas, révélations en tout genre qui ont donné un tour politique sinon politicien à un scrutin qui était resté jusqu'ici assez consensuel.



C'est ainsi que l'on apprit que le sénateur David Norris, protestant pratiquant et gay militant, avait utilisé des moyens illégaux pour aider ses compagnons successifs, que Dana Rosemary Scallon avait aussi la nationalité américaine ce qui posait problème pour cette élection, que Séan Gallagher avait le soutien en sous-main du Fianna Fail qui, pourtant, avait décidé de ne présenter aucun candidat, que la famille de Mary Davis aux USA avait subi des pressions sans qu'on ne sache lesquelles, etc.



Mais la controverse la plus violente et quasi-permanente se développa autour de la candidature de Martin MacGuinness qui aura subi des attaques de quasiment tous les autres candidats du fait de son appartenance dans le passé à l'IRA. Ce ne fut guère une surprise dans la mesure où la présence du Sinn Féin à cette élection bousculait les habitudes et obligeait les différents partis et candidats à sortir du discours habituel sur l'Irlande, la réunification, l'économie, le social sans parler de l'ambigüité présente depuis des dizaines d'année en République d'Irlande sur le rapport des Irlandais et de leurs représentants avec leur propre histoire.

Une anecdote assez parlante concernant un incident début octobre dans le comté de Cork : un universitaire connu était invité à ouvrir un salon littéraire par un bref discours qui porta finalement, non sur la littérature, mais sur le scandale que représentait à ses yeux la candidature de Martin MacGuinness : plusieurs participants lui firent alors remarquer qu'il manquait totalement de cohérence, lui qui avait présidé 15 jours auparavant une cérémonie à la mémoire de Michael Collins, le chef de l'IRA de la guerre d'indépendance… Autre anecdote : lors d'un débat télévisé rassemblant l'ensemble des candidats, Martin MacGuinness précisa que, s'il était élu, il se considérerait comme le président des 32 comtés (les 26 de la République plus les 6 de l'Irlande du Nord), remarque qui eut pour effet de mettre mal à l'aise et en porte à faux les 6 autres candidats. Par sa candidature, M. MacGuinness a fait réapparaître au grand jour des non-dits cachés dans les profondeurs de l'histoire irlandaise.



Suivant les sondages du début de semaine, trois candidats arrivent en tête : Séan Gallagher avec 35 à 40 % des voix, Michael D. Higgins avec 25 à 30 % et Martin MacGuinness avec 13 à 17 % des voix, les autres candidats étant à 10 % ou moins de 10 %.

Si les résultats se révèlent conformes aux sondages, Séan Gallagher serait élu président de la République d'Irlande, ce qui signifierait que le Fianna Fail, pourtant en pleine déroute, aurait réussi à faire élire un de ses proches. Du côté du Sinn Féin, tout pourcentage au-dessus de 10 % (son score aux élections générales du printemps 2011) sera analysé comme un progrès et, comme le faisait remarquer un journaliste dublinois, le Sinn Féin étant le seul parti capable actuellement en Irlande de se projeter sur les 15 ans à venir, ce progrès sera considéré par la direction du Sinn Féin comme une victoire pour l'implantation du parti républicain dans les 32 comtés.

Résultats vendredi.

Aucun commentaire: