mercredi 14 décembre 2011

Le veto européen de David Cameron contesté par les gouvernements écossais et gallois


La position du Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, lors du dernier sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union Européenne, n'en finit pas de provoquer des réactions en tout genre outre-Manche.

En opposant son veto à un nouveau traité, David Cameron a de facto isolé son pays par rapport aux 26 autres états. Le Premier ministre britannique est soutenu fortement dans cette position par le Parti Conservateur et une majorité des Anglais ; en revanche, son allié libéral-démocrate est vent debout face une décision considérée comme dommageable pour l'avenir de l'économie britannique.

Finalement, c'est d’Écosse puis de Galles que sont venues les attaques les plus virulentes contre la décision de David Cameron.

Dans un courrier adressé au 10 Downing Street, Alex Salmond, Premier ministre écossais (SNP), accuse David Cameron d'avoir pris une décision qui aura des conséquences graves pour l’Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord sans avoir consulté leurs gouvernements. A. Salmond pose plusieurs questions au sujet de ce veto et de ses implications pour l’Écosse, notamment dans le domaine de l'investissement industriel, des négociations en cours dans différents domaines économiques affectant potentiellement l’Écosse, l'incapacité pour le gouvernement britannique de défendre désormais les intérêts écossais à Bruxelles ; le Premier ministre écossais demande par ailleurs une réunion urgente du Comité de liaison entre les 3 gouvernements « locaux » et le gouvernement britannique pour étudier l'impact de ce veto ; enfin, Alex Salmond accuse David Cameron d'avoir pris cette décision pour sauvegarder les intérêts de la City londonienne tout en confortant son leadership sur un Parti Conservateur quelque peu frondeur.

De son côté, le Premier ministre gallois, Carwyn Jones (Labour) accuse David Cameron d'avoir, par son veto, marginalisé le Pays de Galles par rapport à l'Europe et précise que « cette marginalisation menace les intérêts nationaux gallois ». Et d'indiquer qu'il « refuse de voir l'avenir économique du Pays de Galles mis en danger par des eurosceptiques londoniens et la City ». Le leader du Plaid Cymru, Ieuan Wyn Jones, précisait, quant à lui, que « David Cameron préférait défendre les intérêts de ses amis conservateurs plutôt que les emplois gallois ».

Ces accusations ont toutes été rejetées par le 10 Downing Street qui précisait ce mercredi que « les Affaires étrangères dont les relations avec l'Union européenne étaient du seul ressort du gouvernement du Royaume-Uni ».

Au-delà du jeu politique, cet affrontement souligne le fossé qui se creuse de plus en plus entre Londres et Edinbourg et, dans une moindre mesure, Cardiff.



Video : intervention du député européen SNP, Alyn Smith, au Parlement européen.

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