lundi 30 janvier 2012

Il y a 40 ans, « Bloody Sunday » à Derry

Le 30 janvier 1972 eut lieu un évènement à Derry qui allait changer le cours de l’histoire pour l’Irlande du Nord mais aussi la République d’Irlande et le Royaume-Uni.



Lors d’une manifestation pacifique pour les droits civiques, des soldats de l’armée britannique ouvrirent le feu et tuèrent 14 manifestants. Cet évènement tragique aura plusieurs conséquences : à court et moyen termes, la relance du conflit armé entre les républicains de l’IRA, les troupes britanniques et les groupes armés unionistes mais aussi, petit à petit, sur une vingtaine d’années, la fin des discriminations contre les « catholiques » nationalistes. Un autre évènement, le 10 avril 1998, clôturera en quelque sorte cette période des « troubles », l’Accord du Vendredi Saint signé entre quasiment toutes les parties prenantes au conflit qui mit fin aux activités armées des Républicains, des Britanniques et des Loyalistes en organisant le partage du pouvoir entre nationalistes et unionistes.

Pour en revenir au « Bloody Sunday », le gouvernement britannique a reconnu officiellement lors d’un discours de David Cameron la responsabilité de l’armée britannique mais aucun des soldats concernés n’a pour l’instant été poursuivi, ni condamné, laissant planer un doute sur le niveau des responsabilités au sein de l’armée britannique de l’époque.

Aujourd’hui, l’atmosphère s’est apaisée à Derry, ville en plein renouveau et qui sera la Cité de la Culture en 2013 . Ceci dit, tout est loin d’être réglé et les antagonismes entre les deux communautés sont toujours présents, d’autant que certains tentent de rallumer le conflit avec d’un côté des dissidents républicains n’acceptant pas la voie politique choisie par la majorité des nationalistes, de l’autre des groupes ultra-loyalistes de plus en plus inquiets devant l’évolution démographique de l’Irlande du nord, avec à assez court terme, une majorité d’habitants « catholiques » pour la première fois depuis la partition de 1920. La publication des prochains résultats du recensement seront une sorte de moment de vérité pour les partis unionistes qui craignent de voir le Sinn Fein devenir le premier parti politique d’Irlande du nord.

Il n’en reste pas moins que l’évolution depuis 1972 est assez extraordinaire et il suffit de citer quelques évènements pour en constater l’étendue : le Sinn Fein partage le pouvoir avec les Loyalistes pour gouverner l’Irlande du Nord, la Reine d’Angleterre a été reçu à Dublin et s’est notamment inclinée devant le monument à la mémoire des combattants irlandais morts pour l’indépendance, le Sinn Fein est devenu l’un des principaux partis en République d’Irlande, etc… mais les défis restent importants et redoutables.

Festival Interceltique 2012 : un nouveau logo et un visuel consacré à l’Acadie



Le Festival Interceltique de Lorient se dote, en ce début d’année, d’un nouveau logo avec une planète reprenant la forme du triskell et une multitude d’instruments de musique et de danseurs.



Et du 3 au 12 août, le FIL accueillera cette année l’Acadie, « l’âme francophone du Canada atlantique ». On peut quand même se demander ce que vient faire cette région canadienne dans un festival interceltique alors que d’autres provinces de l’atlantique canadien auraient bien plus leur place à Lorient comme la Nouvelle-Ecosse …..mais il est vrai qu’à chaque fois, les Acadiens mettent une ambiance d’enfer au festival de Lorient !

Concernant le logo et l’affiche, il est à espérer que la langue bretonne y fera son apparition d’ici l’été ….

Précision du 11 février 2012 : venant de lire le numéro hors-série d'ArMen "Langue bretonne et entreprise", je découvre avec plaisir en page 2 de couverture l'affiche et le logo du FIL 2012 totalement en langue bretonne. Parfait !

samedi 28 janvier 2012

GWERZ AR SKINWEL E BREIZH gant Bernez Tangi

D'ar mare e lider ar Prizioù evit ar Brezhoneg war France 3 Breizh dav eo embann sklaer plas truezus hor yezh war ar skinwel hag embann ivez stad ar yezhoù all en Europa ha Bro-C'hall e keñver ar skinwel.


Bernez Tangi ha Yon Gouez - Gwerz ar skinwel e... par an-tarv

vendredi 20 janvier 2012

« Merlin », une série grand public au succès international consacrée aux aventures du Roi Arthur


Après Camelot actuellement sur Canal+, c'est la troisième saison de la série britannique Merlin qui est diffusée du 20 janvier au 2 mars 2012 sur Canal+ Family à raison de deux épisodes chaque vendredi soir.

Fiction basée sur le mythe arthurien, Merlin est produit par BBC Wales depuis 2008 et en est à sa 4ème saison en Grande-Bretagne. On y retrouve tous les grands classiques de la matière arthurienne avec plusieurs originalités : Merlin et Arthur ont le même âge ; la magie est pourchassée par le roi Uther Pendragon ; le combat entre les anciennes et nouvelles croyances est assez bien rendu. Globalement, on retrouve cependant la plupart des épisodes principaux de la matière arthurienne.

Destiné au grand public, Merlin est dans la même veine que l'autre série à succès produite par BBC Wales, Doctor Who, utilisant effets spéciaux et scénarios à rebondissements. Le tournage est réalisé au Pays de Galles et …. en France, au château de Pierrefonds, près de Paris, vieille forteresse entièrement restaurée par Viollet-le-Duc sous Napoléon III, et qui joue ici le rôle de Camelot.

Petit à petit Merlin a conquis outre-Manche son public au point de devenir un véritable phénomène télévisuel devenant l'une des séries les plus regardées de la BBC.Merlin est aussi diffusé à travers le monde, des USA à la Russie, d’Australie au Japon, en passant par la Slovénie, la Turquie, etc.. Les saisons 1 et 2 ont déjà été diffusées dans l’hexagone sur plusieurs chaînes.

Merlin est un excellent divertissement pour toute la famille et une agréable déclinaison de la matière arthurienne qui n’en finit pas de se diffuser à travers le monde.

Lorsque l’on voit ce succès de la thématique arthurienne, on ne peut que regretter qu’elle soit aussi peu présente en Bretagne malgré les efforts du Centre Arthurien de Comper. Il s’agit pourtant d’un des éléments fondateurs de la Bretagne et l’un des rares qui soit aussi universellement connu.

mercredi 18 janvier 2012

Pays de Galles: le Plaid Cymru sur la voie de la refondation


2011 aura été une année mitigée pour les nationalistes du Plaid Cymru. D'un côté, ils auront applaudi au succès du referendum donnant de nouveaux pouvoirs à l'Assemblée nationale galloise ; de l'autre, les élections du printemps auront laminé le Plaid Cymru qui aura perdu 5 sièges au Senedd (1) passant pour la première fois derrière le Parti Conservateur gallois.

Cette situation paradoxale qui voyait le parti porteur de « l'idée galloise » fortement diminué alors que le Pays de Galles se dotait du statut le plus avancé de son histoire contemporaine a poussé la direction du Plaid Cymru à lancer une large réflexion pour une sorte de refondation du parti nationaliste.

Février prochain verra l'élection d'un nouveau leader, le précédent, Ieuan Wyn Jones, ayant décidé de se retirer après l'humiliante défaite du printemps 2011.

C'est dans cette perspective que le rapport Moving Forward (« Aller de l'avant ») vient d'être présenté ce 17 janvier après plusieurs mois de consultations et de réflexions.

Le rapport indique notamment que le parti gallois devrait clarifier son positionnement sur les institutions futures du Pays de Galles et que le Plaid demeure pour de nombreux électeurs le parti des Gallois parlant gallois alors que le Labour se présente comme le parti de tous les Gallois.

Le rapport suggère, parmi 95 mesures, que le parti explique clairement sa vision sur l'indépendance du Pays de Galles dans le cadre de l'Europe et qu'enfin il est sans doute temps pour le Plaid Cymru de changer la version en anglais de son nom pour devenir le Welsh National Party (parti national gallois) au lieu de The Party of Wales (le Parti du Pays de Galles) : par ailleurs , les rapporteurs soulignent aussi la nécessité d'expliciter la formule « socialisme décentralisé » qui ne diffère guère des positions travaillistes.

Globalement, le rapport regrette le manque d'image claire du Plaid Cymru et le peu d'audace de son positionnement politique. Traçant un parallèle avec l'évolution du SNP écossais, les rapporteurs appellent à une refondation du mouvement gallois.

Dafydd Iwan, ancien président du Plaid et chanteur bien connu, a accueilli favorablement ce rapport soulignant la nécessité pour le Plaid d'avoir une position ferme en faveur de l'indépendance galloise et d'englober dans sa nouvelle dynamique l'ensemble des habitants du Pays de Galles, galloisants et non-galloisants. Le nom proposé de Welsh National Party lui semble particulièrement porteur de ce que pourrait être la nouvelle stratégie du Plaid Cymru.

(1) Le nom en gallois de l'Assemblée nationale galloise

lundi 16 janvier 2012

Camelot (Canal+) : une interprétation novatrice de la saga du Roi Arhur.


Depuis le 9 janvier dernier, Canal+ diffuse les 10 premiers épisodes de la nouvelle série « Camelot ». Faisant appel à des scénaristes, réalisateurs et acteurs prestigieux, « Camelot » propose une nouvelle vision de la période sans doute la plus médiatisée de l'ancienne Bretagne, l'épopée du Roi Arthur.

Dans l'esprit de la série consacrée aux « Tudors », les deux créateurs de Camelot, Michael Hirst et Chris Chibnall, ont voulu proposer une évocation ambitieuse du règne du Roi Arthur : « Personne ne l'avait encore entrepris ainsi, de cette manière du moins, avec tous les personnages. Pour cela, nous sommes revenus aux sources du mythe, à l'œuvre de Thomas Malory, « La Morte d'Arthur ». C'est « Excalibur » de John Boorman qui inspire les deux créateurs et qui les amène à proposer à la chaîne américaine Starz (les producteurs de la série Spartacus ) ce projet dédié au monde arthurien.

Michael Hirst qui a créé les Tudors et les Borgias a demandé au Britannique Chris Chibnall de travailler au scénario de ce qui allait devenir Camelot : Chris Chibnall est bien connu pour sa participation aux séries à succès comme Docteur Who, Torchwood ou Londres, police judiciaire.

Avec un budget de 7 millions de dollars par épisode, Camelot est une co-production canadienne, irlandaise, américaine et écossaise dont les 10 épisodes ont été diffusés en 2011 aux USA, en Irlande, au Canada et en Grande-Bretagne. La seconde saison devait être tournée en 2011 mais la production est retardée sinon annulée du fait des incidences budgétaires pour les co-producteurs. Pour l'hexagone, c'est donc Canal+ qui diffuse la série.

Camelot est un mélange agréable d'histoire et de mythologie présentant des interprétations innovantes sur certains aspects du mythe arthurien : l'épée dans le rocher, l'origine d'Excalibur, le rôle de Merlin et de Morgane. Tournée dans le Wicklow en Irlande, Camelot propose aussi ce qui a fait les succès des Tudors : une vision sexy, brutale et réaliste du monde arthurien. Les puristes de la matière arthurienne ne s'y retrouveront peut-être pas mais c'est une excellente approche pour un large public.

Les acteurs apportent beaucoup à la série : le Merlin joué par Joseph Fiennes (Shakespeare in love) est tout à fait étonnant en proposant une nouvelle interprétation du personnage entre magie et retenue, folie et pragmatisme. Arthur joué par Jamie Campbell Bower (Le Prisonnier,Harry Potter et les Reliques de la Mort, Twilight 2 et 4) est moins enthousiasmant au premier abord et semble un peu faiblard pour camper l'image du roi héroïque mais le déroulement des épisodes explique finalement cet a-priori. Guenièvre jouée par Tamsin Egerton (Les Brumes d'Avalon, Sherlock Holmes) participe beaucoup à la dimension sexy de la série. Enfin, pour en rester aux principaux personnages, Morgane jouée par Eva Green (Kingdom of Heaven, Casino Royale, La Boussole d'or) est absolument fabuleuse dans son rôle de sœur d'Arthur pressée de remplacer son frère sur le trône de Bretagne, entre magie et férocité. Pour la petite histoire, Eva Green a un lien avec la Bretagne : c'est l'arrière petite-fille du compositeur breton Paul Le Flem…..

Camelot est une approche agréable et dynamique de la geste arthurienne qui est à la fois un monument de l'histoire de la Bretagne et le mythe occidental le plus vivant.

A voir sur Canal+ ; disponible en DVD version en anglais pour l'instant.

jeudi 12 janvier 2012

Ecosse : nationalistes et unionistes s'affrontent pour l'organisation du referendum sur l'indépendance


Lancée à l’automne 2011, la campagne pour l’indépendance menée par les nationalistes écossais du SNP voit depuis le début de la semaine le premier véritable affrontement entre les gouvernements d’Edimbourg et de Londres, entre nationalistes et unionistes.

Dominant la scène politique écossaise depuis sa victoire écrasante aux élections du printemps 2011, le SNP a mis en place depuis juillet dernier les différents outils pour mener à bien son projet de referendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Les trois partis unionistes pratiquement tétanisés par leur défaite n’ont pu que constater sans pouvoir s’opposer : les Libéraux-Démocrates ayant perdu la majorité de leurs députés n’ont pu former un groupe au Parlement écossais, le Parti Conservateur et le Labour ont perdu chacun leur leader et n’ont pu se réorganiser que tardivement en octobre et novembre derniers. Parallèlement, les sondages successifs montraient un renforcement du camp indépendantiste (entre 32 à 36%) et l’affaiblissement des partisans du statuquo (53% selon le sondage de YouGov qui vient d’être publié). Au point que The Times, pourtant un des piliers du journalisme conservateur, décernait en fin d’année le prix de « meilleur homme politique de l’année » à Alex Salmond …..

Le Premier Ministre britannique, David Cameron, se devait de réagir fasse à une situation qui semblait échapper totalement au pouvoir londonien : les attaques en règle contre les projets d’Alex Salmond ont commencé en début de semaine en remettant en cause à la fois le planning retenu par le gouvernement écossais, les modalités du referendum, la responsabilité juridique et légale de son organisation.

En résumé, David Cameron souhaiterait que le referendum soit organisé en 2013, qu’il ne porte que sur une question (oui/non), qu’il soit supervisé par Westminster. Cette position est aussi celle d’Ed Miliband, leader du Labour britannique, et des Libéraux-Démocrates. Les partis unionistes ne remettent pas en cause le fait qu’il y ait un referendum, la victoire écrasante du SNP étant une justification politique suffisante, mais ils tentent d’accélérer et de contrôler le processus pour empêcher le SNP de profiter de mois supplémentaires pour mener campagne.

La réplique n’a pas tardé : Alex Salmond a confirmé que le referendum serait organisé à l’automne 2014 (1) sous l’autorité du Parlement écossais, par une commission indépendante, que le vote serait ouvert aux électeurs écossais à partir de 16 ans et que la question ou les questions posées par ce referendum seraient définies suite à une large consultation de la société écossaise dans les semaines à venir.

La tension est montée d’un cran ce mercredi entre les deux gouvernements avec un débat mémorable à la chambre des Communes qui vit un front commun des partis unionistes contre Angus Robertson, député du SNP, ce qui permit à Alex Salmond de rebondir en dénonçant cette nouvelle alliance qui voulait décider pour l’avenir de l’Ecosse à la place des Ecossais…..

Après ces passes d’armes, il semble que l’heure soit désormais à la négociation, le gouvernement britannique pouvant sans doute céder sur la date mais refusant les électeurs à partir de 16 ans et s’accrochant à la question unique oui/non afin « d’en finir de façon définitive avec la question institutionnelle écossaise ».

Ce jeudi midi, au Parlement écossais, Alex Salmond a confirmé le lancement de la consultation publique dans les 10 jours à venir.

(1) 2014 est une année riche en évènements et en symboles : Glasgow accueillera les Jeux du Commonwealth ; le second festival Homecoming Scotland aura lieu tout au long de l’année et enfin ce sera le 700ème anniversaire de la bataille de Bannockburn qui vit la défaite de l’armée anglaise du roi Edward face aux Ecossais de Robert the Bruce. Les adversaires de Salmond l’accusent d’avoir choisi délibérément 2014 pour l’organisation du referendum du fait de ces évènements, ce qui est sans doute vraisemblable…….

vendredi 6 janvier 2012

Jeanne d'Arc, Jeanne La Flamme, Jeanne de Penthièvre : à chacun sa Jeanne ?


En ces temps d'élections, revoilà sur le devant de la scène médiatique un personnage bien connu des manuels scolaires, Jeanne d'Arc, protectrice de la France éternelle, sainte par la grâce de l’Église de France, héroïne de la République, icône du patriotisme bleu-blanc-rouge, célébrée par la gauche, la droite, l'extrême-droite successivement ou parallèlement ou en même temps, bref un vrai symbole de la francitude, comme aurait dit Ségolène.

Et Nicolas Sarkozy d'aller célébrer ce vendredi en Lorraine son 600e anniversaire, la mettant au même rang que les résistants de la seconde guerre mondiale, la qualifiant d'héroïne respectée par le monde entier (sic). Et demain ce sera au tour de Marine Le Pen de s'emparer de l'aura de la petite bergère lorraine venant au secours du Roi de France pour bouter l'étranger hors de l'hexagone.

Que dire ? Adolescent, j'étais toujours surpris de voir dans de nombreuses églises bretonnes des statues de type sulpicien de cette célèbre Jeanne d'Arc sans parler des paroisses Sainte-Jeanne d'Arc de ci de là comme à Lorient. Mais qu'avait donc fait cette Jeanne pour être autant honorée ? Et de lire son épopée libératrice se terminant sur un bûcher allumé par ces perfides Anglais. Et la Bretagne dans tout ça ? Rien ou quasiment rien à part notamment un Gilles de Rais combattant aux côtés de la pucelle. En résumé, cette Jeanne d'Arc doit sa présence en Bretagne à la domination mémorielle, historique, culturelle et politique française. On est pour, on est contre, mais c'est un fait.

Car que dire alors de l'oubli quasi-total de nos Jeanne bretonnes qui ont bataillé pour sauvegarder la Bretagne des appétits anglais et le plus souvent français ? Pas de statues, pas de paroisses ou si peu, des vitraux, quelques rues, un quasi oubli, un trou noir dans la mémoire bretonne… J'exagère à peine vu la méconnaissance historique de nos compatriotes, l'absence d'enseignement de notre histoire.

Alors voilà Jeanne de Flandres (1295-1374), Duchesse de Bretagne, épouse de Jean de Montfort, qui lorsque son époux se retrouve emprisonné par les Français, reprend le flambeau de la lutte contre le parti français avec l'épisode longtemps célébré de la défense de la ville d'Hennebont face aux troupes de Charles de Blois en 1342. Exhortant les Hennebontais à défendre leur ville, Jeanne surnommée la Flamme détruira par le feu le camp français et reviendra d'Auray avec de nouvelles troupes pour conforter la défense d'Hennebont. L'arrivée par le Blavet d'une flotte anglaise avec 2.000 archers obligera les troupes de Charles de Blois à lever le camp. Voilà un épisode de notre histoire plein de fougue, de douleur, d'héroïsme, de souffrances tout à fait remarquable où notre Jeanne la Flamme a joué un rôle primordial. S'en souvient-on en dehors d'Hennebont (et encore…) ? Eh bien non, alors que le siège d'Orléans avec sa pucelle fait partie des classiques de nos écoles… Cherchez l'erreur !

On peut aussi parler d'une autre Jeanne, Jeanne de Penthièvre (1319-1384), épouse de Charles de Blois, qui, des années durant, s'opposa à Jeanne la Flamme dans cette guerre des deux Jeanne, forte de son droit au trône de Bretagne. Pourtant soutenue par les Français durant toutes ces années de guerre, Jeanne de Penthièvre fut au premier rang de la résistance aux tentatives d'annexion de la Bretagne par le roi français Charles V en 1379 et soutint le retour d'exil de Jean IV le Duc de Bretagne légitime, pour faire face aux manœuvres françaises. Se souvient-on d'elle ? Que nenni, là encore la mémoire bretonne s'est évanouie remplacée par le catéchisme historique français.

Alors, il me semblait important en ce jour de rappeler la mémoire de nos deux Jeanne alors que nos voisins d'outre-Couesnon (ou une partie d'entre eux) célèbrent leur Jeanne. Non pour faire de la surenchère politicienne ou pour rentrer dans une course malsaine du genre ma Jeanne est meilleure que la tienne ou pour reconstruire une histoire fantasmée plus ou moins xénophobe, mais tout simplement pour souligner l'importance de l'histoire et de son enseignement pour la pérennité et le développement de notre culture, de notre pays. Et il y a urgence.

Pour en savoir plus sur le siège d'Hennebont

illustration: miniature représentant Jeanne La Flamme accueillant la flotte anglaise à Hennebont.