dimanche 29 décembre 2013

La culture des ploucs ou les ploucs de la "culture officielle"

Lu dans Ouest-France Dimanche du 29 décembre 2013

La culture des ploucs ploucs



« Comment peut-on être breton ? » s'interrogeait Morvan Lebesque en 1970. En 2013, le vice-président de la Région, Jean-Michel Le Boulanger, écrit lui aussi un livre intitulé « Être breton ? » L'auteur nous dit que ces jacobins qui s'accrochent à l'idée d'État-Nation, qui refusent la République des territoires, deviennent les ploucs de notre temps... Avec le Pacte d'avenir pour la Bretagne, Jean-Marc Ayrault apporte deux délégations de compétences à la Région Bretagne, la culture et l'eau. Entendez que la Région n'obtient pas la compétence mais une dé-lé-ga-tion. Dans la première mouture du Pacte d'avenir qui a voyagé entre Rennes et Paris, ce passage sur la délégation de la culture a été biffé par la ministre, Aurélie Filippetti. Comment donc les Bretons pourraient-ils s'occuper de se cultiver ? De retour à Rennes, on remet la culture dans le texte et un bras de fer s'engage entre la Région et le ministère. Ici, vous pouvez imaginer que le ministre de la Défense et de la Bretagne, Jean-Yves Le Drian, a dû hausser le ton. La délégation culture revient à la Région. Depuis, des fonctionnaires de la culture s'activent à miner le terrain, craignant le joug d'une Région dirigée par de grands féodaux habillés de gwenn ha du. Pour eux, ce brin de décentralisation sentirait l'archaïsme antirépublicain. Les ploucs dirigent-ils donc la culture ?

Christian Gouerou

Bravo pour ce billet ! et on n'a pas finit de voir monter au créneau tous les cultureux officiels empêtrés dans leurs conservatismes et "leur" culture , la seule, la vraie ......

vendredi 27 décembre 2013

Catalogne: le concert de la Sant Esteve devient une manifestation pour l'indépendance.



Le concert traditionnel du 26 décembre, la Sant Esteve, à l'Orfeo Catala à Barcelone, se transforme en manifestation pour l'indépendance catalane en présence d'Artur Mas, Président de la Generalitat de Catalunya.

mercredi 18 décembre 2013

"Identité apaisée" et en quoi donc ?


En lisant l'article paru ce matin dans Le Télégramme consacré au dernier livre de Jean-Michel Le Boulanger, il m'est venu deux réflexions.

L'auteur de l'article, Alain Le Bloas, note "identité apaisée": je dois avouer que je ne comprends pas ce terme alors que notre identité de Bretons est complètement déséquilibrée avec des éléments constitutifs majeurs en grand danger comme la langue bretonne ne disposant d'aucun statut officiel, la partition du territoire breton avec Nantes subissant une sorte de "gommage" systématique de sa dimension bretonne, ou encore notre histoire qui n'a quasiment aucune place dans l'enseignement primaire et secondaire, sans parler de l'absence de medias audiovisuels dignes de ce nom, etc etc. Je ne vois vraiment pas comment on peut trouver dans tout ça un apaisement si ce n'est celui de la disparition à petit feu.

Ce qui m'amène au second point que j'ai relevé comme quoi nous nous reconnaîtrions bretons, français et républicains . Moi je veux bien qu'on le dise mais là aussi, il y a un peu tromperie sur la marchandise si je puis dire. Les points cités ci-dessus soulignent en fait le manque de reconnaissance par la France et par la République de la dimension bretonne. Dans ces conditions, je ne vois pas comment on peut se reconnaître breton et français et républicain quand les deux derniers termes ne reconnaissent pas le premier et ceci dans le cadre d'une idéologie hostile aux fondements de notre identité bretonne.

Il y a là des contradictions qui ne sont toujours pas résolues ni surmontées.

Pour terminer, tant que les Bretons sentiront toujours le besoin de dire qu'ils sont "bretons mais ouverts sur le monde", "bretons mais humanistes", "bretons mais républicains", c'est que ces contradictions n'auront pas été surmontées et que l'un des "partenaires" de notre identité n'aura pas évolué vers la reconnaissance de ce que nous sommes.

Actuellement , je peux me reconnaître dans une Europe qui prône l'unité dans la diversité mais pas dans une France qui impose son unicité et son indivisibilité y compris à nos dépens .

Voilà quelques réflexions qui me sont venues en buvant mon café :=)))

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/edition-bretons-l-identite-apaisee-18-12-2013-2341971.php?xtmc=Jean-Michel%20Le%20Boulanger&xtcr=2

samedi 7 décembre 2013

Kanaouennoù 3, le troisième tome du collectage musical de Polig Monjarret

Une soirée en l'honneur de Polig Monjarret ce samedi à Amzer Nevez à l'occasion de la sortie de Kanaouennoù 3. Un vrai plaisir de retrouver des amis, des musiciens et chanteurs, la famille de Polig . Un livre de collecte assez extraordinaire avec une troisième partie consacrée aux créations de Polig et de Per-Mari Mevel ou Per-Jakez Helias en lien avec l'actualité des années 60 et 70 , la prise de la sous-pref de Morlaix, la loi-programme, les marées noires, etc... A lire et à chanter :=))) Un cadeau pour Noël !






jeudi 14 novembre 2013

Le gaélique (re)deviendrait-il à la mode chez les jeunes Irlandais ou comment en tirer quelques leçons pour la Bretagne ......

Des jeunes Irlandais ont créé l’évènement durant le mois d’août en Irlande en faisant, comme le remarquait un journaliste de la RTE, « rentrer le gaélique dans le 21e siècle ».



 Une situation contrastée

Lorsqu’on évoque les langues minorisées, notamment celtiques, on a tendance en Bretagne à considérer l’Irlande comme un contre-exemple.

Or la situation est beaucoup plus contrastée que certains ne le pensent. Il est vrai que jusqu’au milieu du XIXème siècle, plus précisément jusqu’aux grandes famines de 1847-1852, une part importante des habitants de l’île parlaient irlandais et qu’en 1922, il ne restait qu’un peu moins de 15% d’irlandophones ; la politique linguistique menée par les gouvernements irlandais successifs durant le XXème siècle a eu des résultats très contrastés en réussissant d’un côté à maintenir le gaélique comme langue de communication usuelle dans un certain nombre de régions dénommées Gaeltacht ou bien, plus récemment, en créant une chaîne publique de télévision en gaélique, TG4, mais en échouant d’un autre côté à refaire de l’irlandais la langue dominante notamment du fait d’un enseignement de l’irlandais dans les écoles considéré par la plupart des observateurs comme désuet et contre-productif.

Le dernier recensement de 2011 donne quelques chiffres sur la situation du gaélique irlandais : pour en rester à la République d’Irlande (les 26 comtés du sud, les 6 autres comtés formant l’Irlande du Nord), le dernier recensement donne un peu plus de 4,7 millions d’habitants. Sur lesquels on trouve autour de 50 000 irlandophones de naissance, principalement dans les Gaeltacht, 95 000 déclarant utiliser quotidiennement le gaélique et 1,3 million l’utilisant occasionnellement (en dehors des écoles). Auxquels il faut rajouter les quelques milliers d’irlandophones d’Irlande du Nord. Ces chiffres sont en légère progression par rapport au recensement de 2001.

Le gaélique irlandais est une matière obligatoire dans le système d’enseignement en République d’Irlande mais dans le cadre d’un enseignement donné majoritairement en anglais : ce système est considéré comme étant largement insuffisant d’un point de vue linguistique. Depuis les années 60 existe un réseau d’écoles utilisant le gaélique comme langue d’enseignement selon le principe de l’immersion, les Gaelscoileanna, (comparables à nos écoles Diwan), soit actuellement 298 écoles primaires, et 72 collèges (y compris en Irlande du Nord) pour un total de 37800 élèves plus 4000 en maternelles. Auxquels il faut rajouter autour de 9600 lycéens.

 L’exemple du Colaiste Lurgan



Parallèlement à ce système d’enseignement se sont développés depuis une cinquantaine d’années des Colaiste (collèges) principalement dans les Gaeltacht proposant des stages intensifs pour les adolescents et jeunes adultes (entre 14 et 19 ans) durant l’été. Ces dizaines de collèges d’été accueillent à peu près 18 000 stagiaires chaque été. Le but des ces collèges d’été est de renforcer la connaissance et la pratique de l’irlandais parmi les jeunes générations et dans un cadre extra-scolaire.

L’un de ces collèges, le Colaiste Lurgan, connaît depuis cet été un succès médiatique particulièrement remarqué. Micheal O Foighill en est le directeur depuis 1993.

Situé près d’An Spideal dans le comté de Galway, Colaiste Lurgan accueille durant 8 semaines d’été près de 1800 ados entre 14 et 17 ans. « C’est le maximum que nous puissions accueillir et cela mobilise près de 150 encadrants dont une trentaine de professeurs ». Micheal de préciser qu’ « il s’agit de proposer des séjours basés sur les loisirs, le sport, la musique, la détente, le côté éducatif se limitant à deux heures de cours chaque matin. L’irlandais est la seule langue parlée et les stagiaires s’aident mutuellement. Par ailleurs, les étudiants sont logés dans des familles irlandophones de la région ». Le directeur critique explicitement le système d’enseignement irlandais « qui ne donne pas envie aux jeunes de parler en irlandais et reste figé dans une pédagogie inadaptée. Nous souhaitons à Lurgan au contraire faire du gaélique une langue dynamique, jeune, « in », positive ».

Depuis quelques années, Micheal O Foighill a misé notamment sur les nouvelles technologies pour faire travailler ensemble ses groupes de stagiaires ( 500 ados par session…) et le résultat a quasiment « explosé » médiatiquement cet été : émissions à la TV irlandaise, interviews dans des journaux irlandais, canadiens, néo-zélandais, etc…. et succès majeur du clip tourné cette année et mis en ligne sur YouTube où Colaiste Lurgan a sa propre « chaîne » TG Lurgan, clip vu par plus de 2,5 millions d’internautes.

 Le secret ? Un travail en commun des 500 ados avec quelques musiciens et techniciens de l’audiovisuel de la région d’An Spideal sur les hits actuels de la musique mondiale avec la reprise en irlandais de tubes comme Blurred Lines, Hall of Fame, Can’t hold us ou encore Wake me up. C’est ce Wake me up créé par le DJ suédois Avicii et mis à la mode irlandaise par les 500 ados de Lurgan qui a mis le feu aux poudres médiatiques recueillant en quelques semaines plus d’un million et demi de visionnages au point qu’Avicii les félicita en twittant que la version irlandaise était meilleure que l’originale……

 Pour Micheal, le but recherché est atteint au-delà de toutes ses espérances, remettre l’irlandais dans la modernité, redonner le goût de l’irlandais aux jeunes générations, bref comme disait le journaliste de RTE « faire entrer le gaélique dans le 21e siècle ». Et en riant d’indiquer que TG Lurgan vient de mettre en ligne un clip reprenant Can’t hold us de l'Irlando-américain Macklemore et qui est une critique directe du système d’enseignement irlandais. Comme le titrait récemment le grand quotidien dublinois The Irish Times , YouTube est désormais un outil majeur de promotion de l’irlandais.

 

 Au fait, à quand ce genre d’initiative pour nos ados ? 

La joie, le plaisir, bref le « pied » que prennent tous ces jeunes est évident et enthousiasmant. Avec entrain, ils secouent tous les cocotiers poussiéreux du gaélique version XXè siècle. Alors, l’Irlande un contre-exemple ? Certes non et la Bretagne ferait bien de s’inspirer de ce dynamisme permanent et de cette appropriation des grands courants culturels mondiaux. 

Au fait, à quand ce genre d’initiative pour nos ados ?

Jacques-Yves Le Touze

Colaiste Lurgan
TG Lurgan

Article paru dans Le Peuple Breton, novembre 2013.

jeudi 31 octobre 2013

Pourquoi je participerai au rassemblement du 2 novembre à Quimper


(texte paru en page Morbihan d'Ouest-France ce jeudi 31 octobre 2013)

Ainsi l'application de l'écotaxe est-elle reportée sine die par le gouvernement Ayrault dans le but évident de désamorcer la révolte des "bonnets rouges" bretons sans que l'on sache si cette nouvelle taxe réapparaîtra dans un mois ou un an ou jamais. Cette suspension ne règle pas grand-chose car cette écotaxe n'est que le symbole d'un mécontentement plus général qui parcoure la société bretonne dans son ensemble pour diverses raisons dont certaines semblent ignorées plus ou moins volontairement par la plupart des élus bretons.



Il y a peu, dans les colonnes de Ouest-France, Alan Stivell indiquait que, faute d'institutions autonomes, faute d'un statut pour la langue, faute de réunification, la Bretagne allait s'évaporer. Et oui, Alan Stivell a raison, le danger est là d'une véritable évaporation de la Bretagne au risque de se résumer, en reprenant la désormais célèbre phrase du vice-président du Conseil régional, Jean-Michel Le Boulanger, au risque donc de se résumer  à une bigoudène sur l'arrière des voitures... Ce sentiment diffus est aussi présent en arrière-plan de la mobilisation actuelle.

Romain Pasquier, professeur de sciences politiques à Rennes, le notait récemment dans Ouest-France. C'est le gouvernement où l'on trouve le plus de Bretons et qui ne fait quasiment rien pour faire avancer les dossiers bretons comme la réunification, le droit d'expérimentation, une véritable télévision, un statut linguistique, etc . Pire ce sera le gouvernement qui va appliquer une loi sur la décentralisation complètement anachronique qui rajoute de nouvelles strates administratives.... Le même Romain Pasquier de souligner l'urgence de renforcer le niveau régional breton  en termes de pouvoirs, bref d'autonomie... Vous avez entendu nos élus parler de tels projets pour la Bretagne ?

S’il y a un « pacte d’avenir pour la Bretagne », il ne peut se limiter à quelques rustines qui ne feront que ralentir le déclin de la Bretagne : ce ne peut être qu’un projet global apportant aux Bretons les outils de leur propre développement économique, social et culturel. Il est grand temps que la Bretagne dispose de sa propre autonomie au même titre que la plupart des régions européennes. Ce gouvernement sera-t-il capable de répondre à ce besoin de vivre, de travailler et de décider en Bretagne ?



Samedi 2 novembre à 15h, place de la Résistance à Quimper.



dimanche 20 octobre 2013

De Kevre Breizh à Alan Stivell, de Jean-Yves Le Drian à Jean-Marie Colombani.. impressions, dépressions, espoirs.... Notes très personnelles.

Ce que j'écris ici n'est pas très construit; ce ne sont que des notes prises depuis une dizaine de jours à propos de l'actualité bretonne. Il y a sans doute des conclusions à en tirer...à chacun de le faire et à moi au premier chef :=)) .

Revendications à long terme et à la vitesse d'un escargot....

Il y a quelques mois, on a vu ( et j'y ai participé) quelques manifestations à Brest, Nantes ou Rennes pour une télévision bretonne. Bien, d'autant que le Conseil régional de la Bretagne administrative cogite sur le sujet. Donc une manif et puis..plus rien .... Au lieu de maintenir la pression, Kevre Breizh qui théoriquement représente le monde culturel breton ne répond plus, ne dit plus rien, est aux abonnés absents....On me dira "qu'il ne faut pas brusquer les choses", "qu'on 'négocie"....Foutaises , c'est comme ça qu'on en est où on en est, ie dans une situation médiocre et inquiétante. Et voilà qu'on apprend que Kevre Breizh prévoit une manifestation à l'automne 2014.... Vous avez bien lu automne 2014 ! .... Et qu'on arrête de revenir sur la vieille rengaine de la charte européenne que tout un chacun sait que les institutions françaises ne ratifieront jamais. Au lieu de se focaliser et de mobiliser sur un point précis atteignable et obtenable, la télévision, on repart sur un truc global et en plus après les élections.... C'est à croire qu'ils le font exprès..... Ça devient la manif rituelle, genre de Grande Troménie de la militance bretonne...20 000 à Rennes, 10 000 à Quimper et après ?

La Bretagne en passe de s'évaporer ?

Interview intéressante d'Alan Stivell dans Dimanche Ouest-France la semaine dernière. L'une des rares personnes à avoir révolutionné la culture bretonne dans les 50 dernières années. Que dit donc Alan ? des choses sensées et posées que je traduirais par : faute d'institutions autonomes, faute d'un statut pour la langue, faute de réunification, la Bretagne va s'évaporer. Et oui, Alan Stivell a raison, le danger est là d'une véritable évaporation de la Bretagne au risque de se résumer, en reprenant la désormais célèbre phrase du vice-président du Conseil régional, Jean-Michel Le Boulanger, au risque donc de se résumer à une bigoudène sur l'arrière des voitures... Croire que l'existence de la Bretagne est garantie pour les siècles des siècles est une grossière erreur. Les 150 ans passés ont déjà vu quasi-disparaître la langue bretonne, pourtant la langue celtique la plus parlée avant la première guerre mondiale, grâce à la politique délibérée et bienveillante ( mais si , mais si, c'était pour le bien et le progrès des Bretons) de nos gouvernants des bords de Seine. Et maintenant on assiste à la débretonnisation accélérée de Nantes, l'ancienne capitale de la Bretagne indépendante, et ceci dans un quasi-silence .... Alors oui, le risque d'évaporation est là sans institutions autonomes, sans audiovisuel, sans enseignement, sans réunification.....

Où sont les élus bretons ?

Alors que les plans sociaux touchent le cœur de l'économie bretonne, l'agro-alimentaire, notre industrie lourde, que l'Etat met en place de nouveaux octrois soit-disant pour des raisons écologiques, où sont passés les élus bretons ? A part quelques exceptions comme Christian Troadec ou Christian Guyonvarc'h, Paul Molac ou Yves Pelle, les élus sont aux abonnés absents se planquant en attendant que ces messieurs de Matignon disent ce qu'il faut faire. Aucun mot sur la crise de la part des maires des grandes villes bretonnes, aucun mot des sénateurs, aucun mot ou si peu des députés....Se sentent-ils tellement déconnectés de la Bretagne ? Sont-ils uniquement obnubilés par leurs partis et les querelles entre courtisans à Paris ? C'est sidérant...Lorient dont le port de commerce est en lien direct avec l'industrie agro-alimentaire : rien de la part du maire, rien de la part du député, rien de la part du sénateur (au fait, c'est qui ?), rien de la part du président de la chambre de commerce.... On continue comme avant et on se fiche de ce qu'il se passe à 50 kms...En revanche, on est en lien permanent avec les affaires parisiennes.... A l'époque du CELIB au moins ce genre d'élus se remuait un peu l'arrière-train pour l'avenir global de la Bretagne...

Vu que que ça commence à chauffer, voici en fin de semaine quelques vœux adoptés au Conseil général du Finistère et à la Région. C'est ce qu'on appelle le service minimum.

Romain Pasquier, professeur de sciences politiques à Rennes, le notait cette semaine dans Ouest-France. C'est le gouvernement où l'on trouve le plus de Bretons et qui ne fait quasiment rien pour faire avancer les dossiers bretons comme la réunification, le droit d'expérimentation, etc etc. Pire ce sera le gouvernement qui va pondre une loi sur la décentralisation complètement anachronique qui rajoute de nouvelles strates administratives.... Le même Romain Pasquier de souligner l'urgence de renforcer le niveau régional breton  en termes de pouvoirs, bref d'autonomie... Vous avez entendu nos élus parler d'avenir pour la Bretagne ?

Jean-Marc Ayrault vient de dire "que la France a besoin de la Bretagne" . Vu les décennies passées et la situation actuelle, je dirai plutôt que la Bretagne n'a pas besoin de la France. Aucune revendication n'est acceptée, aucune réforme ne passe, aucune demande n'est réellement étudiée...Ça va durer combien de temps comme ça ? Ils attendent qu'on s'évapore ? La comparaison avec ce qu'il se passe ailleurs en Europe, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, montre bien où est la solution : ça s'appelle dévolution, autonomie ou autre mais nous avons besoin de cette évolution pour traiter nos problèmes et nos dossiers sans s'entendre dire que c'est "anti-constitutionnel" ou autre plaisanterie. Et nos élus ? Rien .... La tête à Paris, le "siège" comme on disait auparavant, en Bretagne. En faisant cela, ils participent à l'évaporation de notre pays.

Jean-Yves Le Drian, dernier espoir de voir les choses bouger avec ce gouvernement ?

Jean-Yves Le Drian a obtenu qu'un de ses conseillers soit nommé à Matigon pour préparer un "pacte d'avenir pour la Bretagne". Je ne sais ce qu'il y aura dans ce paquet-cadeau mais il est à craindre que ça ne reste que cosmétique. Or J.Y. Le Drian connaît la plupart des dossiers évoqués ici en plus de la dimension économique qui est fondamentale . S'il s'agit vraiment de faire bouger les choses, JY Le Drian a l'occasion là d'y intégrer de véritables avancées pour la Bretagne que ce soit en termes d'institutions, d'audiovisuel, d'enseignement et de réunification (quoique sur ce dernier point , le psycho-rigide Ayrault risque de saboter la moindre initiative, son opposition à Nantes en Bretagne étant quasi-maladive). Bref, je pense que JY Le Drian détient la clé pour ouvrir enfin quelques portes malgré les résistances des communautaristes franco-parisiens. C'est à mon avis la dernière chance pour que quelque chose de positif sorte pour la Bretagne avec ce gouvernement. Il reste deux mois pour JY Le Drian pour influer sur ce "pacte d'avenir" pour qu'il intègre de véritables nouveautés pour la Bretagne. Sinon , on pourra dire que le PS breton aura fait pschitt ........

Ils continuent à nous prendre pour des ploucs....

Les débats le matin sur Radio Classique menés par Guillaume Durand sont souvent intéressants par leur représentativité de la pensée dominante de "nos élites" . L'autre jour, y intervenait Jean-Marie Colombani , ancien directeur du Monde et actuel directeur Slate.fr : un homme que j'apprécie, modéré, ouvert, bref..Et voilà que sur le sujet de l'effondrement de l'agro-alimentaire breton, M Colombani passe ça par pertes et profits en mettant en avant les contrats ramenés par François Hollande d'Afrique du Sud. J'ai trouvé ça très choquant. En fait, pour ce genre de gens, il s'agit simplement d'une sorte de compte avec débit et crédit. Sans s'intéresser à l'impact destructeur sur le "territoire" concerné. Vu de Paris, il semble donc qu'on s'en fiche si c'est contre-balancé ailleurs par des "plus" . Bref, la Bretagne, on s'en fiche, ce n'est qu' un "territoire" parmi d'autres.

Et dans le même genre, hier, le secrétaire général de la préfecture de Quimper vient voir les manifestants contre les octrois "éco-taxes" et sous le feu des reproches, ne sait que répondre "mais c'est de l'économie privée, c'est du privé"... Là aussi , sidérant ! Et les portiques octrois, c'est du privé ?? Ça m'a donné l'impression que ce genre de techniciens-technocrates se verraient bien vivre dans le magnifique monde des hauts fonctionnaires vivant entre eux, se reproduisant entre eux, ne fréquentant qu'eux-mêmes, loin de ces ploucs râleurs qui ne comprennent rien à rien aux véritables lumières intellectuelles portées par l'ENA et autres écoles communautaristes.

Conclusion: remuons-nous !

Tout cela n'est guère réjouissant et il serait facile de tomber en déprime et de lâcher le bout en se disant que l'affaire "Bretagne" est terminée. Mais je pense au contraire que nous avons énormément d'atouts pour rebondir et pour construire une Bretagne dynamique, ouverte mais cela passe aussi par son émancipation institutionnelle. L'état de dépendance dans laquelle se trouve notre pays par rapport à Paris entraîne tous les blocages que l'on constate: cet état de dépendance est mortifère . Il est grand temps que les habitants de cette Bretagne prennent en main leur avenir dans tous les domaines, c'est une nécessité démocratique. C'est à chacun d'entre nous de faire comprendre à ses élus qu'on ne peut plus rester dans l'état où nous sommes, c'est à chacun d'entre nous de s'engager pour faire bouger le système, bref remuons-nous ! C'est aussi l'avenir de nos enfants qui en dépend.

En souscription , la bannière d'Anne de Bretagne pour 2014


Le Comité Anne de Bretagne 2014 propose en souscription la bannière d'Anne de Bretagne pour 2014.
De format 95 cm sur 120 cm (avec sangle et deux anneaux) , elle s'inspire de la bannière des souverains bretons, semis d'hermines sur fond blanc, avec en son centre le portrait stylisé d'Anne de Bretagne. Réalisée par Mikael Bodlore-Penlaez de l'association vexillologique Bannieloù Breizh , cette bannière au tirage limité est destinée aux associations, organismes et institutions organisant des manifestations autour du personnage d'Anne de Bretagne en 2014. C'est aussi une pièce de collection pour tout particulier intéressé par l'histoire de la Bretagne que l'on pourra faire flotter tout au long de l'année 2014.
Le prix par unité est de 15 € jusqu'au 15 novembre , port compris. ( Le prix sera de 18 € après cette date).
Précision: Anne regarde vers la hampe de la bannière.
Merci de nous indiquer dès que possible votre commande par e-mail à annedebretagne2014@free.fr .

samedi 14 septembre 2013

« 1916, Seachtar na Casca », une série TV magistrale consacrée au soulèvement irlandais de Pâques 1916.


En 2016, l’Irlande célébrera le centenaire du soulèvement de Pâques 1916 qui vit quelques centaines de républicains irlandais prendre le contrôle du centre de Dublin et proclamer la République d’Irlande. Écrasé militairement par l’armée britannique, ce soulèvement se révéla assez rapidement une victoire politique amenant à moyen terme  l’indépendance d’une grande partie de l’Irlande.
En prévision de ces célébrations qui devraient durer plusieurs années (2016-2022), de nombreuses initiatives ont déjà eu lieu. L’une des plus remarquables est la série télévisée 1916, Seachtar na Casca produite et diffusée par TG 4, la chaîne publique en irlandais, et Abu Media, racontant l’histoire des 7 signataires de la proclamation de la République d’Irlande le lundi de Pâques 1916.
Parfaitement réalisée, alternant docu-fictions et interventions d’historiens, la série a reçu de nombreux prix dont l’Irish Film and Television Award et le prix de la meilleure série au Celtic Media Festival de 2011 à Stornoway.
Chaque épisode présente l’un des leaders du soulèvement, son histoire personnelle et familiale, son parcours politique, son évolution vers l’engagement armé: tour à tour, on découvre ainsi Thomas J Clarke, Patrick Pearse, Thomas MacDonagh, Joseph Plunkett, Eamonn Ceannt, Sean Mac Diarmada et James Connolly. C’est ainsi que l’on comprend en grande partie les raisons qui poussèrent ces enseignants, universitaires, syndicalistes à se résoudre à prendre les armes contre la couronne britannique pour l’indépendance de l’Irlande. Et l’on comprend aussi que la responsabilité de cette confrontation armée revient en grande partie à l’état britannique incapable de répondre aux aspirations irlandaises tant sociales que culturelles ou politiques.
C’est ce cheminement intellectuel, cette prise de conscience de chacun d’entre eux que nous présente1916, Seachtar na Casca jusqu’au soulèvement et à leur exécution. Comme le dit l’un commentateurs en conclusion, c’est grâce à ces hommes que les Irlandais d’aujourd’hui peuvent vivre dans leur propre pays ( à l’exception des 6 comtés du nord) et qu’à ce titre leur mémoire doit être célébrée.

Cette série est disponible en DVD comprenant à la fois la version en gaélique et celle en anglais .


vendredi 13 septembre 2013

Samedi 21 septembre, rassemblements de soutien à l’indépendance écossaise à Quimper et Saint-Nazaire

Le 18 septembre 2014 aura lieu le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse; dans cette perspective est organisée le 21 septembre 2013  à Édimbourg une grande manifestation de soutien à l’indépendance écossaise.
Le collectif « Breton People support Scots Independence » (les Bretons soutiennent l’indépendance écossaise) organise à cette occasion deux rassemblements de soutien au processus d’indépendance écossaise, le samedi 21 septembre 2013:

- à Quimper, à 11 heures, rendez-vous devant l’entrée de la Cathédrale .

- à Saint-Nazaire, à 17h45, rendez-vous devant le Manoir du Sable, près du Jardin des Plantes.

Drapeaux bretons et écossais bienvenus ainsi que sonneurs et musiciens.



mercredi 4 septembre 2013

BBC Northern Ireland à la découverte de la culture bretonne

BBC Northern Ireland a diffusé cette année une série consacrée à l’héritage celtique européen à travers la découverte de différentes cultures européennes. Sur les 4 documentaires de 52 minutes (entièrement en gaélique), le premier est consacré à la Bretagne.


Les deux présentateurs – voyageurs, Art Hughes et Tomaí Ó Conghaile, ont choisi de poser leurs valises à Quimper durant le Festival de Cornouaille et de découvrir la culture bretonne à travers ce rassemblement festif.

Art Hughes, professeur à la School of Irish Language and Literature de l’Université d’Ulster, y est accompagné de son collègue Tomaí Ó Conghaile, animateur sur BBC Radio Ulster. Sur un ton humoristique, les deux compères s’initient à la danse bretonne, au gouren, à la gastronomie et à bien d’autres curiosités bretonnes.

Le docu donne une vision très positive de la Bretagne (Quimper est très photogénique durant le festival et sous le soleil….) et Art Hughes insiste fortement sur le caractère remarquable et unique de la danse bretonne ;  pour l’universitaire, c’est là le point fort et caractéristique de la culture bretonne avec, bien entendu, la musique. En revanche, le reportage s’attarde quelque peu sur la situation de la langue bretonne, les deux collègues arpentant les rues quimpéroises à la recherche de brittophones… en vain, si ce n’est comme le remarque Art Hughes quelques personnes âgées. Dans la conclusion du documentaire, Art Hughes revient d’ailleurs sur la situation de la langue bretonne en espérant que celle-ci soit à l’avenir plus « visible » et que les Bretons la réutilisent beaucoup plus largement.

2 Irlandais ne pouvaient venir à Quimper sans faire un saut à Locronan sur les pas de Saint Ronan, saint irlandais, l’occasion de rappeler la communauté culturelle existant entre Irlande, Bretagne, Ecosse au haut Moyen-âge.

Ce détour à Locronan est aussi l’occasion pour Art et Tomai de revenir sur un phénomène pour eux très étonnant : le développement du football gaélique en Bretagne. C’est en participant à la séance d’entrainement du club de Locronan qu’Art soulignera l’intérêt qu’il y aurait pour les clubs irlandais à inviter des clubs bretons en Irlande. Ce qui devrait faire plaisir à la Ligue bretonne de Football gaélique…..

mardi 11 juin 2013

A voir cet été: la tombe viking de l'île de Groix

L'île de Groix est connue notamment par la découverte au début du XXème siècle d'une rare tombe viking près du village de Locmaria. Comportant les restes d'un bateau viking que l'on nomme actuellement "drakkar",  la tombe fut remarquablement fouillée par deux personnages que l'on a un peu oublié, Paul Du Chatellier et Louis Le Pontois



Malheureusement, le site actuel de cette tombe ne ressemble plus à rien entre l'effritement du à la mer, la construction d'un nid de mitrailleuse durant la seconde guerre mondiale et le quasi total abandon depuis. En dehors de quelques rappels à l'écomusée de Groix, rien ne reste de cet exceptionnel site viking.

C'est donc un petit événement qu'organise cet été le port-musée de Douarnenez avec la présentation d'une exposition consacrée à "la tombe viking de Groix". Et les visiteurs ne seront pas déçus: présentation des fouilles, des deux archéologues, des objets retrouvés sur place ainsi qu'une remise en perspective par rapport à l'histoire des vikings en Bretagne et en Europe et toute ceci dans une mise en scène très agréable.

A ne pas manquer !

lundi 1 avril 2013

Lundi de Pâques, un jour historique pour l'Irlande

Chaque année, une cérémonie officielle marque l'anniversaire du soulèvement de Pâques 1916 qui devait aboutir à l'indépendance de l'Irlande du sud.

Reportage de la TV irlandaise RTE en 2012 avec le président Michael D Higgins devant la GPO, le siège central de la poste à Dublin où se trouvait l'état-major de l'IRA en 1916.

dimanche 24 mars 2013

Collège Diwan du Morbihan : grand succès des portes ouvertes


Ce samedi matin, le parking du collège Diwan du Morbihan, au-dessus du port de Vannes, semblait bien trop petit pour accueillir la petite foule de familles venues visiter les locaux du collège en prévision de la rentrée 2013.
Stéphanie Menec, heureuse de cet afflux, accueillait les futurs parents d’élèves et les orientaient vers d’autres professeurs pour que la visite se déroule au mieux à travers salles de classe, centre de documentation, dortoirs et salles de jeux.
Stéphanie Menec, directrice du Collège Diwan du Morbihan
Stéphanie Menec, directrice du Collège Diwan du Morbihan
Le collège s’apprête à accueillir en septembre prochain près de 40 élèves en 6 ème avec l’ouverture d’une seconde classe.
Pour tout renseignements: 02 97 62 60 81

dimanche 10 mars 2013

"Le côté bilingue des gouvernants existe bien : ils sont bifides à la langue fourchue".

Lu dans Ouest-France Dimanche de ce 10 mars 2013 sous la plume du journaliste Christian Gouerou.

Du 17 au 23 mars, c'est la semaine de la langue bretonne. Qui dit mieux. A l'heure où à la table des bien pensants, politiques, journalistes et fonctionnaires, on se gausse de ces gens qui parlent breton et "qui puent" ! Ces militants vêtus de chandails, cheveux trop longs, qui parlent une langue inconnue. C'est du vécu ! A Quimper, cité de basse-Cornouaille...

Chaque jour, ,un peu plus, dans l'indifférence, on tue la langue, les langues. Celles qui ne riment pas avec le pouvoir. Elles étouffent parce qu'on les étrangle. Le refus de la minsitre Taubira de procéder à la mise à jour des livrets de famille bilingues, français breton, évoque la loi du 2 Thermidor an II, affirme la sacro-sainte unicité de la langue officielle. Et le gouvernement crée un "comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne"... Honteux. Là où il faut parler du droit légitime des langues - aucune n'est supérieure à une autre - on bricole un comité Théodule.

Lucide, sans espoir, j'attends que la décentralisation accouche d'une souris. Quand l'anglais dit dévolution, transfert ou délégation de pouvoir politique, la décentralisation nous parle du centre.

Tout bien pesé, le côté bilingue des gouvernants existe bien. Ils sont bifides. A la langue fourchue.

samedi 9 mars 2013

Livret de famille bilingue: les arguments hypocrites et antédiluviens du ministère français de la justice....


Communiqué d'Emglev Bro Karaez

« Il faut persévérer… »

Interpellé par Chantal Guittet, député du Finistère, au sujet du fameux livret de famille bilingue français-breton dont un exemplaire avait été refusé par le ministère des Affaires étrangère et suscité un courrier de rappel à la l’ordre de la part du vice-procureur de Brest, le ministère de  la Justice vient à son tour de donner sa lecture des  lois et considère qu’en l’état actuel du droit,  « dans l’attente de la ratification de la Charte des langues minoritaires » promise par François Hollande, ce livret ne peut être « reconnu officiel ». Puisant dans les poubelles de l’histoire, remontant eux aussi à l’époque de Terreur et du consul Napoléon après son coup d’Etat, les services de Mme Taubira exhument même des textes à l’usage des pays colonisés par La France (Belgique, nord de L’Italie). Aucun de ces deux décrets bien entendu n’ayant été validé par une assemblée élue démocratiquement ! On peut s’étonner au passage que le ministère de la Justice, faisant preuve d’un total manque d’imagination, doive en référer pour argumenter à des textes aussi obsolètes, totalement déconnecté de la réalité du terrain et des aspirations de la population ! Est-ce là la véritable base légale de la politique de l’Etat pour ce qui concerne les langues régionales que par ailleurs le législateur a tenu à inscrire dans la Constitution en soulignant qu’elles « appartiennent au patrimoine de la France » ?

Emglev Bro Karaez invite les mairies à persévérer et à continuer à offrir des livrets de famille bilingues. Cette action, comme d’autres, même symboliques, participent à la nécessaire « réparation historique » dont parlait François Mitterrand. A travers ces péripéties politico-administratives, l’urgence d’une loi donnant une véritable légalité aux langues régionales se fait cruellement sentir au même titre que  la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires promise par le président de la République, François Hollande.

vendredi 8 février 2013

De l’importance économique d’avoir une véritable TV pour la Bretagne


Sur ce dossier d’une TV pour la Bretagne, on connaît tous les arguments culturels et linguistiques qui à eux seuls justifient que notre pays dispose d’une vraie chaîne de télévision émettant sur l’ensemble de son territoire et donnant toute leur place aux langues de Bretagne.
Considérant l’importance de l’investissement et du coût de fonctionnement (entre 25 et 30 millions d’Euros annuels), il est tout aussi important de regarder la dimension économique du projet.

Emplois et entreprises
Quelque soit le modèle retenu (purement public, coopération entre public et chaînes locales), la création d’une telle chaîne aura un impact en termes de création d’emplois et d’entreprises. Sans espérer un effet à la galloise (2000 emplois directs et indirects, une centaine d’entreprises travaillant dans le secteur), il est sans doute prévisible de voir une embellie dans le petit monde de l’audiovisuel breton avec l’augmentation des besoins de la nouvelle chaîne. En ces temps économiques difficiles, il n’est donc pas inutile de rappeler qu’une TV pour la Bretagne est aussi une opportunité directe pour l’emploi et les entreprises.

L’image de la Bretagne
Une chaîne bretonne, c’est aussi mettre en images la Bretagne et ses habitants. Et dans ces images, il y a un fort potentiel économique. Faire connaître les atouts et les faiblesses de la Bretagne est aussi une façon d’intégrer les habitants à l’évolution économique et sociale de leur pays. En ce sens, les syndicats, les chambres de commerce, les chambres d’agriculture, etc. devraient être intéressés au premier chef par un tel projet. De même Produit en Bretagne devrait être un soutien important au projet.

Depuis une dizaine d’années, la fréquentation touristique en Bretagne est en baisse pour de nombreuses raisons. Cette TV permettra aussi en faisant connaître les différents aspects des pays bretons, d’encourager le tourisme de proximité interne à la Bretagne mais aussi de présenter une image moderne à l’extérieur. Le Comité régional du Tourisme, les Comités départementaux et locaux devraient eux aussi être demandeurs d’un tel support audiovisuel.

L’impact sur la vitalité culturelle
Les temps sont durs actuellement pour les acteurs de la culture bretonne et notamment pour le monde musical mais aussi littéraire, par exemple. En dehors des festivals, des fêtes plus ou moins locales, de certaines émissions sur quelques radios, quelques rares articles dans la presse quotidienne, la plupart de ces acteurs, des ces artistes, de ces écrivains, sont inconnus du grand public breton. Ce qui a un impact direct sur l’économie de leurs créations, sur leur vie économique tout court. Cette TV bretonne serait un atout formidable pour faire connaître tous ces créateurs et leur donner toute la place qu’ils méritent, leur permettant ainsi une meilleure respiration économique et sans doute une créativité renouvelée.

Dans le même ordre d’idée, les festivals bretons  auraient tout à gagner à l’existence d’une telle TV qui serait le medium idéal pour faire revivre tout au long de l’année la richesse de leurs programmations. Il semble assez difficilement acceptable que tant de créations originales n’aient pas l’occasion d’être diffusées vers un public plus large. Les exemples de chaînes comme BBC Alba, S4C ou TG4 montrent bien l’interactivité entre festivals et TVs et la richesse culturelle retransmise ainsi tout au long de l’année. L’apport économique pour les festivals ne serait pas négligeable et leur apporterait un impact complémentaire.

Cette TV bretonne, un projet pour l’ensemble de la société bretonne
Ce ne sont là que quelques éléments sur l’atout économique que représenterait la création d’une telle TV pour la Bretagne. Il ne s’agit plus ici de bricoler au sein du mini-microcosme de l’audiovisuel breton une solution bâtarde satisfaisant plus les besoins de quelques-uns que l’intérêt général.Il ne s’agit pas non plus de retomber dans le localisme qui peut certes apporter quelques éléments intéressants mais d’avoir un medium ayant une dimension bretonne et un rayon d’action sur les 5 départements. Il s’agit de construire une TV, une vraie avec des capacités de création, présente en hertzien, sur le satellite et sur internet, au service de l’ensemble de la société bretonne.

C’est pourquoi on aimerait voir tous ces responsables économiques, sociaux, culturels participer aux manifestations de demain à Brest, Nantes et Rennes. Sans parler des politiques qui, malheureusement, pour leur très grande majorité, n’ont toujours rien compris à l’intérêt d’une telle chaîne.

Pour toutes ces raisons, il est important d’être présent demain à 15h, devant les locaux de France 3, à Nantes, Brest et Rennes. C’est une première étape mais elle doit être significative et consistante comme dirait François Hollande ……


jeudi 7 février 2013

Une Télévision pour la Bretagne ! manifestations le 9 février.


Rassemblements le 9 février 2013
pour une télé publique bretonne bilingue
skritell_skinwel_bzgRDV à 15h devant les locaux de France 3 à Brest, Nantes et Rennes
 « Une chaîne humaine pour exiger une vraie chaîne de télé publique bilingue pour la Bretagne… comme en Corse ! »
Le projet de loi sur la décentralisation se met en place peu à peu. D’ici fin février, la direction de France 3, le Conseil Régional de Bretagne et l’Etat décideront de l’avenir du service public audiovisuel. En Bretagne, des voix s’élèvent pour réclamer une véritable chaîne de télévision publique bilingue, sur le modèle de Via Stella en Corse… Créée en 2006, celle-ci diffuse de nombreux programmes spécifiques à la vie locale et culturelle de l’île de Beauté. Pourquoi une telle chaîne, au service de la Bretagne et de ses habitants, ne pourrait-elle voir le jour chez nous ? Ce qui a été possible pour 300 000 Corses doit l’être pour 4,5 millions de Bretons !
C’est également une occasion majeure en ce qui concerne la langue bretonne, dont la place reste ridicule à l’écran (1h30 d’émission par semaine, et dont la Loire Atlantique est privée depuis 2002… à comparer avec les 168h hebdomadaires de catalan et de basque à la télé, ou même des 36h de gallois, ou des 28h de corse !) C’est aussi une possibilité pour donner sa place au gallo.
Cette nouvelle étape de la décentralisation est une chance à ne pas rater pour nous doter d’un outil moderne, essentiel à l’avenir de la langue bretonne, pour l’information et l’expression de l’ensemble de la société bretonne dans les domaines social, culturel, économique, politique sur les 5 départements bretons. Cette chaîne de télévision publique, largement ouverte à des partenariats avec les télévisions locales, les producteurs bretons mais aussi les autres médias, constituerait une avancée considérable. Elle est aujourd’hui à notre portée. A nous, Bretons, de nous mobiliser en force pour l’obtenir !
Nous voulons que cet événement soit à l’image de l’importante mobilisation de la société civile bretonne pour le droit à nos langues et culture, la décentralisation et la démocratie en Bretagne. Suite à la manifestation Deomp De’i de 12 000 personnes le 31 mars Mars 2012 à Quimper, et de 2000 personnes à Morlaix en décembre pour réclamer la réunification et plus de démocratie en Bretagne,  cette nouvelle initiative doit amplifier le mouvement, et nous souhaitons y associer tous ceux, citoyens, élus, associations, syndicats, partis politiques qui se sentent concernés et mesurent l’enjeu d’un tel média pour notre langue et pour la Bretagne.Soyons nombreux à relayer cet appel et à participer à cette chaîne humaine à Brest, Nantes et Rennes le 9 février prochain !skritell_skinwel_fr
Coordination pour une télévision bretonne :
Ai’ta ! – Kevre Breizh – 44=BZH – Bretagne Réunie
Brest (            06 31 18 17 71      ) – Nantes (            06 12 30 67 15      ) – Rennes (            06 59 31 38 63      )