dimanche 10 mars 2013

"Le côté bilingue des gouvernants existe bien : ils sont bifides à la langue fourchue".

Lu dans Ouest-France Dimanche de ce 10 mars 2013 sous la plume du journaliste Christian Gouerou.

Du 17 au 23 mars, c'est la semaine de la langue bretonne. Qui dit mieux. A l'heure où à la table des bien pensants, politiques, journalistes et fonctionnaires, on se gausse de ces gens qui parlent breton et "qui puent" ! Ces militants vêtus de chandails, cheveux trop longs, qui parlent une langue inconnue. C'est du vécu ! A Quimper, cité de basse-Cornouaille...

Chaque jour, ,un peu plus, dans l'indifférence, on tue la langue, les langues. Celles qui ne riment pas avec le pouvoir. Elles étouffent parce qu'on les étrangle. Le refus de la minsitre Taubira de procéder à la mise à jour des livrets de famille bilingues, français breton, évoque la loi du 2 Thermidor an II, affirme la sacro-sainte unicité de la langue officielle. Et le gouvernement crée un "comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne"... Honteux. Là où il faut parler du droit légitime des langues - aucune n'est supérieure à une autre - on bricole un comité Théodule.

Lucide, sans espoir, j'attends que la décentralisation accouche d'une souris. Quand l'anglais dit dévolution, transfert ou délégation de pouvoir politique, la décentralisation nous parle du centre.

Tout bien pesé, le côté bilingue des gouvernants existe bien. Ils sont bifides. A la langue fourchue.

1 commentaire:

Pierre Le Lann a dit…

Et ça fait des décennies que ça dure....Ils nous prennent vraiment pour des truffes et il faut bien dire que vu le peu de réactions des Bretons eux-mêmes, je ne vois pas pourquoi ils se gêneraient..... C'est une sorte de course de lenteur tout en sachant que plus le temps passe, plus le problème sera réglé... Comme pour la Loire-Atlantique ....En ce qui me concerne, la seule solution c'est l'indépendance . Rester dans cet hexagone ne peut qu'aboutir qu'à la disparition de la Bretagne, but recherché par l'Etat français depuis des siècles.