jeudi 31 octobre 2013

Pourquoi je participerai au rassemblement du 2 novembre à Quimper


(texte paru en page Morbihan d'Ouest-France ce jeudi 31 octobre 2013)

Ainsi l'application de l'écotaxe est-elle reportée sine die par le gouvernement Ayrault dans le but évident de désamorcer la révolte des "bonnets rouges" bretons sans que l'on sache si cette nouvelle taxe réapparaîtra dans un mois ou un an ou jamais. Cette suspension ne règle pas grand-chose car cette écotaxe n'est que le symbole d'un mécontentement plus général qui parcoure la société bretonne dans son ensemble pour diverses raisons dont certaines semblent ignorées plus ou moins volontairement par la plupart des élus bretons.



Il y a peu, dans les colonnes de Ouest-France, Alan Stivell indiquait que, faute d'institutions autonomes, faute d'un statut pour la langue, faute de réunification, la Bretagne allait s'évaporer. Et oui, Alan Stivell a raison, le danger est là d'une véritable évaporation de la Bretagne au risque de se résumer, en reprenant la désormais célèbre phrase du vice-président du Conseil régional, Jean-Michel Le Boulanger, au risque donc de se résumer  à une bigoudène sur l'arrière des voitures... Ce sentiment diffus est aussi présent en arrière-plan de la mobilisation actuelle.

Romain Pasquier, professeur de sciences politiques à Rennes, le notait récemment dans Ouest-France. C'est le gouvernement où l'on trouve le plus de Bretons et qui ne fait quasiment rien pour faire avancer les dossiers bretons comme la réunification, le droit d'expérimentation, une véritable télévision, un statut linguistique, etc . Pire ce sera le gouvernement qui va appliquer une loi sur la décentralisation complètement anachronique qui rajoute de nouvelles strates administratives.... Le même Romain Pasquier de souligner l'urgence de renforcer le niveau régional breton  en termes de pouvoirs, bref d'autonomie... Vous avez entendu nos élus parler de tels projets pour la Bretagne ?

S’il y a un « pacte d’avenir pour la Bretagne », il ne peut se limiter à quelques rustines qui ne feront que ralentir le déclin de la Bretagne : ce ne peut être qu’un projet global apportant aux Bretons les outils de leur propre développement économique, social et culturel. Il est grand temps que la Bretagne dispose de sa propre autonomie au même titre que la plupart des régions européennes. Ce gouvernement sera-t-il capable de répondre à ce besoin de vivre, de travailler et de décider en Bretagne ?



Samedi 2 novembre à 15h, place de la Résistance à Quimper.



dimanche 20 octobre 2013

De Kevre Breizh à Alan Stivell, de Jean-Yves Le Drian à Jean-Marie Colombani.. impressions, dépressions, espoirs.... Notes très personnelles.

Ce que j'écris ici n'est pas très construit; ce ne sont que des notes prises depuis une dizaine de jours à propos de l'actualité bretonne. Il y a sans doute des conclusions à en tirer...à chacun de le faire et à moi au premier chef :=)) .

Revendications à long terme et à la vitesse d'un escargot....

Il y a quelques mois, on a vu ( et j'y ai participé) quelques manifestations à Brest, Nantes ou Rennes pour une télévision bretonne. Bien, d'autant que le Conseil régional de la Bretagne administrative cogite sur le sujet. Donc une manif et puis..plus rien .... Au lieu de maintenir la pression, Kevre Breizh qui théoriquement représente le monde culturel breton ne répond plus, ne dit plus rien, est aux abonnés absents....On me dira "qu'il ne faut pas brusquer les choses", "qu'on 'négocie"....Foutaises , c'est comme ça qu'on en est où on en est, ie dans une situation médiocre et inquiétante. Et voilà qu'on apprend que Kevre Breizh prévoit une manifestation à l'automne 2014.... Vous avez bien lu automne 2014 ! .... Et qu'on arrête de revenir sur la vieille rengaine de la charte européenne que tout un chacun sait que les institutions françaises ne ratifieront jamais. Au lieu de se focaliser et de mobiliser sur un point précis atteignable et obtenable, la télévision, on repart sur un truc global et en plus après les élections.... C'est à croire qu'ils le font exprès..... Ça devient la manif rituelle, genre de Grande Troménie de la militance bretonne...20 000 à Rennes, 10 000 à Quimper et après ?

La Bretagne en passe de s'évaporer ?

Interview intéressante d'Alan Stivell dans Dimanche Ouest-France la semaine dernière. L'une des rares personnes à avoir révolutionné la culture bretonne dans les 50 dernières années. Que dit donc Alan ? des choses sensées et posées que je traduirais par : faute d'institutions autonomes, faute d'un statut pour la langue, faute de réunification, la Bretagne va s'évaporer. Et oui, Alan Stivell a raison, le danger est là d'une véritable évaporation de la Bretagne au risque de se résumer, en reprenant la désormais célèbre phrase du vice-président du Conseil régional, Jean-Michel Le Boulanger, au risque donc de se résumer à une bigoudène sur l'arrière des voitures... Croire que l'existence de la Bretagne est garantie pour les siècles des siècles est une grossière erreur. Les 150 ans passés ont déjà vu quasi-disparaître la langue bretonne, pourtant la langue celtique la plus parlée avant la première guerre mondiale, grâce à la politique délibérée et bienveillante ( mais si , mais si, c'était pour le bien et le progrès des Bretons) de nos gouvernants des bords de Seine. Et maintenant on assiste à la débretonnisation accélérée de Nantes, l'ancienne capitale de la Bretagne indépendante, et ceci dans un quasi-silence .... Alors oui, le risque d'évaporation est là sans institutions autonomes, sans audiovisuel, sans enseignement, sans réunification.....

Où sont les élus bretons ?

Alors que les plans sociaux touchent le cœur de l'économie bretonne, l'agro-alimentaire, notre industrie lourde, que l'Etat met en place de nouveaux octrois soit-disant pour des raisons écologiques, où sont passés les élus bretons ? A part quelques exceptions comme Christian Troadec ou Christian Guyonvarc'h, Paul Molac ou Yves Pelle, les élus sont aux abonnés absents se planquant en attendant que ces messieurs de Matignon disent ce qu'il faut faire. Aucun mot sur la crise de la part des maires des grandes villes bretonnes, aucun mot des sénateurs, aucun mot ou si peu des députés....Se sentent-ils tellement déconnectés de la Bretagne ? Sont-ils uniquement obnubilés par leurs partis et les querelles entre courtisans à Paris ? C'est sidérant...Lorient dont le port de commerce est en lien direct avec l'industrie agro-alimentaire : rien de la part du maire, rien de la part du député, rien de la part du sénateur (au fait, c'est qui ?), rien de la part du président de la chambre de commerce.... On continue comme avant et on se fiche de ce qu'il se passe à 50 kms...En revanche, on est en lien permanent avec les affaires parisiennes.... A l'époque du CELIB au moins ce genre d'élus se remuait un peu l'arrière-train pour l'avenir global de la Bretagne...

Vu que que ça commence à chauffer, voici en fin de semaine quelques vœux adoptés au Conseil général du Finistère et à la Région. C'est ce qu'on appelle le service minimum.

Romain Pasquier, professeur de sciences politiques à Rennes, le notait cette semaine dans Ouest-France. C'est le gouvernement où l'on trouve le plus de Bretons et qui ne fait quasiment rien pour faire avancer les dossiers bretons comme la réunification, le droit d'expérimentation, etc etc. Pire ce sera le gouvernement qui va pondre une loi sur la décentralisation complètement anachronique qui rajoute de nouvelles strates administratives.... Le même Romain Pasquier de souligner l'urgence de renforcer le niveau régional breton  en termes de pouvoirs, bref d'autonomie... Vous avez entendu nos élus parler d'avenir pour la Bretagne ?

Jean-Marc Ayrault vient de dire "que la France a besoin de la Bretagne" . Vu les décennies passées et la situation actuelle, je dirai plutôt que la Bretagne n'a pas besoin de la France. Aucune revendication n'est acceptée, aucune réforme ne passe, aucune demande n'est réellement étudiée...Ça va durer combien de temps comme ça ? Ils attendent qu'on s'évapore ? La comparaison avec ce qu'il se passe ailleurs en Europe, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, montre bien où est la solution : ça s'appelle dévolution, autonomie ou autre mais nous avons besoin de cette évolution pour traiter nos problèmes et nos dossiers sans s'entendre dire que c'est "anti-constitutionnel" ou autre plaisanterie. Et nos élus ? Rien .... La tête à Paris, le "siège" comme on disait auparavant, en Bretagne. En faisant cela, ils participent à l'évaporation de notre pays.

Jean-Yves Le Drian, dernier espoir de voir les choses bouger avec ce gouvernement ?

Jean-Yves Le Drian a obtenu qu'un de ses conseillers soit nommé à Matigon pour préparer un "pacte d'avenir pour la Bretagne". Je ne sais ce qu'il y aura dans ce paquet-cadeau mais il est à craindre que ça ne reste que cosmétique. Or J.Y. Le Drian connaît la plupart des dossiers évoqués ici en plus de la dimension économique qui est fondamentale . S'il s'agit vraiment de faire bouger les choses, JY Le Drian a l'occasion là d'y intégrer de véritables avancées pour la Bretagne que ce soit en termes d'institutions, d'audiovisuel, d'enseignement et de réunification (quoique sur ce dernier point , le psycho-rigide Ayrault risque de saboter la moindre initiative, son opposition à Nantes en Bretagne étant quasi-maladive). Bref, je pense que JY Le Drian détient la clé pour ouvrir enfin quelques portes malgré les résistances des communautaristes franco-parisiens. C'est à mon avis la dernière chance pour que quelque chose de positif sorte pour la Bretagne avec ce gouvernement. Il reste deux mois pour JY Le Drian pour influer sur ce "pacte d'avenir" pour qu'il intègre de véritables nouveautés pour la Bretagne. Sinon , on pourra dire que le PS breton aura fait pschitt ........

Ils continuent à nous prendre pour des ploucs....

Les débats le matin sur Radio Classique menés par Guillaume Durand sont souvent intéressants par leur représentativité de la pensée dominante de "nos élites" . L'autre jour, y intervenait Jean-Marie Colombani , ancien directeur du Monde et actuel directeur Slate.fr : un homme que j'apprécie, modéré, ouvert, bref..Et voilà que sur le sujet de l'effondrement de l'agro-alimentaire breton, M Colombani passe ça par pertes et profits en mettant en avant les contrats ramenés par François Hollande d'Afrique du Sud. J'ai trouvé ça très choquant. En fait, pour ce genre de gens, il s'agit simplement d'une sorte de compte avec débit et crédit. Sans s'intéresser à l'impact destructeur sur le "territoire" concerné. Vu de Paris, il semble donc qu'on s'en fiche si c'est contre-balancé ailleurs par des "plus" . Bref, la Bretagne, on s'en fiche, ce n'est qu' un "territoire" parmi d'autres.

Et dans le même genre, hier, le secrétaire général de la préfecture de Quimper vient voir les manifestants contre les octrois "éco-taxes" et sous le feu des reproches, ne sait que répondre "mais c'est de l'économie privée, c'est du privé"... Là aussi , sidérant ! Et les portiques octrois, c'est du privé ?? Ça m'a donné l'impression que ce genre de techniciens-technocrates se verraient bien vivre dans le magnifique monde des hauts fonctionnaires vivant entre eux, se reproduisant entre eux, ne fréquentant qu'eux-mêmes, loin de ces ploucs râleurs qui ne comprennent rien à rien aux véritables lumières intellectuelles portées par l'ENA et autres écoles communautaristes.

Conclusion: remuons-nous !

Tout cela n'est guère réjouissant et il serait facile de tomber en déprime et de lâcher le bout en se disant que l'affaire "Bretagne" est terminée. Mais je pense au contraire que nous avons énormément d'atouts pour rebondir et pour construire une Bretagne dynamique, ouverte mais cela passe aussi par son émancipation institutionnelle. L'état de dépendance dans laquelle se trouve notre pays par rapport à Paris entraîne tous les blocages que l'on constate: cet état de dépendance est mortifère . Il est grand temps que les habitants de cette Bretagne prennent en main leur avenir dans tous les domaines, c'est une nécessité démocratique. C'est à chacun d'entre nous de faire comprendre à ses élus qu'on ne peut plus rester dans l'état où nous sommes, c'est à chacun d'entre nous de s'engager pour faire bouger le système, bref remuons-nous ! C'est aussi l'avenir de nos enfants qui en dépend.

En souscription , la bannière d'Anne de Bretagne pour 2014


Le Comité Anne de Bretagne 2014 propose en souscription la bannière d'Anne de Bretagne pour 2014.
De format 95 cm sur 120 cm (avec sangle et deux anneaux) , elle s'inspire de la bannière des souverains bretons, semis d'hermines sur fond blanc, avec en son centre le portrait stylisé d'Anne de Bretagne. Réalisée par Mikael Bodlore-Penlaez de l'association vexillologique Bannieloù Breizh , cette bannière au tirage limité est destinée aux associations, organismes et institutions organisant des manifestations autour du personnage d'Anne de Bretagne en 2014. C'est aussi une pièce de collection pour tout particulier intéressé par l'histoire de la Bretagne que l'on pourra faire flotter tout au long de l'année 2014.
Le prix par unité est de 15 € jusqu'au 15 novembre , port compris. ( Le prix sera de 18 € après cette date).
Précision: Anne regarde vers la hampe de la bannière.
Merci de nous indiquer dès que possible votre commande par e-mail à annedebretagne2014@free.fr .