vendredi 26 décembre 2014

Noz Nedeleg gant Ar Vro Bagan, disul a zeu en Oriant.


A voir: les illuminations de la cathédrale de Nantes, l'une des 9 cathédrales de Bretagne.


Une cathédrale colorée, vous en rêviez ? La cathédrale St Pierre et St Paul à Nantes, l'une des 9 cathédrales de Bretagne, est magnifiquement illuminée chaque soir.

Pour Noël, Lumi'Nantes propose un spectacle son et lumière gratuit sur la façade de la cathédrale jusqu’à samedi soir compris.
A la tombée de la nuit, La Nativité, un triptyque de 3, 5 mètres carrés sera projeté sur la façade.
Le tableau a été réalisé par le peintre naïf nantais Alain Thomas. Après un an de travail, l’œuvre est exposée depuis 2004 à l’intérieur de la cathédrale.
Pour Lumi’Nantes, ce tableau est "un excellent support pour représenter l’esprit de Noël et animer les fêtes de fin d’année".

Spectacle de dix minutes, diffusé toutes les demi-heures de 19h30 à 22h00

mercredi 24 décembre 2014

Nedeleg Laouen ! Merry Christmas ! Joyeux Noël !


 Nativité, enluminure du Livre d'Heures à l'usage de Dol (de Bretagne), XVe siècle, artiste inconnu, conservée à la Bibliothèque de Rennes sous les références Ms 0028, folio f.061.

Nedeleg Louen d'an holl ! Merry Christmas ! Joyeux Noël à tous !

jeudi 11 décembre 2014

Tanwezhen en .bzh !



Le .bzh étant désormais disponible, Tanwezhen est bien  entendu passé en .bzh .

Pour tous ceux qui le souhaitent, il suffit d'aller sur le site de l'association .bzh et vous aurez toutes les explications pour faire de même . Voir leur site.

Communiquons en .bzh !

mardi 25 novembre 2014

25 novembre 2014: l'Alsace disparaît.

Un grand jour pour l'Alsace: 100 ans après le déclenchement de la première guerre mondiale dont l'un des buts était de "libérer" l'Alsace, 70 ans après sa libération du pouvoir nazi,... les députés PS s'apprêtent aujourd'hui à la faire disparaître au nom d'arguments complètement bidons.....

lundi 24 novembre 2014

Lancement de The National, le premier quotidien pro-indépendance d’Ecosse


L’Ecosse compte une trentaine de quotidiens et d’hebdomadaires et tous ont pris position pour le Non lors du récent référendum sur l’indépendance à l’exception de deux titres qui sont restés neutres et un seul qui s’est positionné pour le Oui à l’indépendance , l’hebdo du dimanche, le  Sunday Herald.
En un an , le Sunday Herald a vu sa diffusion augmenter de 111 % ce qui a incité son équipe à envisager le lancement d’un quotidien pro-indépendance. Ce nouveau titre The National a été présenté samedi au cours du méga meeting du SNP à Glasgow devant 12000 personnes. Encouragée par l’ampleur du mouvement pour le Oui ( 1,6 millions au référendum) et le boum extraordinaire du nombre d’adhérents au SNP passé de 25000 le jour du référendum à presque 95000 à ce jour, la rédaction propose dès ce lundi le premier numéro de The National sur 32 pages et en couleurs, diffusé sur l’ensemble de l’Ecosse et sur le web. Il est prévu de tester le marché en publiant 5 éditions d’ici vendredi, l’accueil reçu décidant de la suite des opérations. A priori, il semblerait que l’opération soit d’ores et déjà gagnée.
Il est possible d’acheter ce premier numéro par internet ou de s’abonner aux 5 premiers numéros pour la somme d’ 1 £ 50 sur le site http://www.thenational.scot/

jeudi 13 novembre 2014

L'Alsace rayée d'un trait de plume ... Et vous trouvez ça normal ?

La tragédie comique dénommée "réforme territoriale" connaît de nouveaux épisodes.

Après être passé au Sénat, ce projet de refonte des collectivités territoriales est arrivé à l'Assemblée nationale de Paris où tous les changements initiés par le Sénat ont été rejetés par la commission ad-hoc de l'Assemblée avant la discussion générale prévue la semaine prochaine. Exit donc un droit d'option assoupli pour les départements souhaitant changer de région, retour à une carte de 13 régions, sans parler de la réunification de la Bretagne qui est enterrée dans les placards dorés de l'assemblée parisienne.

Chacun sait mon engagement pour la réunification de la Bretagne qui mettrait fin à un véritable déni démocratique mais je souhaite cette fois-ci "pousser un coup de gueule" au sujet de l'Alsace.




Ainsi ces députés souhaitent une nouvelle fois que l'Alsace soit fondue dans une truc rassemblant aussi la Champagne, les Ardennes et la Lorraine et ceci en dépit de l'avis des sénateurs et de nombreux élus alsaciens sans parler de la population qui n'a pas droit la parole dans ce processus.

En 1914 la France se lançait dans le première guerre mondiale avec parmi d'autres, une  justification patriotique "il faut récupérer l'Alsace et la Lorraine"; un siècle plus tard, en 2014, des hauts fonctionnaires et élus de différents niveaux , rayent de la carte l'Alsace, en osant, pour certains, invoquer "le danger autonomiste contenu dans la question alsacienne".

Et donc ça n'a l'air de choquer que peu de monde de voir quelques personnes supprimer d'un trait de plume une région dont le nom est connu dans toute l'Europe, dont l'existence même est un véritable pont entre la France et l'Allemagne....

Alors quitte à être politiquement incorrect : l'Alsace française ne mérite plus d'exister selon ces messieurs-dames de Paris, à croire que l'Alsace aurait mieux fait de rester allemande, elle aurait toujours son parlement, serait un land  disposant d'une importante autonomie, serait sans doute officiellement bilingue et se porterait économiquement encore mieux......

Pour qui se prennent ces élus qui se fichent complètement des populations concernées ? Les mêmes qui en rajoutent en permanence sur leurs "valeurs républicaines" mais qui ont oublié ce qu'est une véritable démocratie , s'ils ne l'ont jamais su.

Lamentable.

lundi 10 novembre 2014

1914 - 2014 : que les états européens présentent leurs excuses !


Au lieu d'avoir à subir des cérémonies dites patriotiques où l'on raconte les mêmes discours convenus depuis des décennies, il serait grand temps, et pourquoi pas ce prochain 11 novembre, que les états européens présentent de façon commune et solidaire leurs excuses à l'ensemble des peuples européens pour les atrocités et le massacre de masse perpétrés en 1914 - 1918 car cette guerre a été initiée uniquement par les états pris dans un engrenage politicien nationaliste délirant . Comme le disait le parlement d'Alsace-Moselle en 1913 ( et oui, l'Alsace-Moselle avait son propre parlement alors, institution supprimée par la France en 1919.... avant que l'Alsace elle-même ne soit rayée d'un trait de plume par M. Hollande en 2014...), comme le disait donc le parlement alsacien en 1913, il est inutile de faire cette guerre , l'Alsace n'en veut pas ..... L'on sait ce qu'il en est advenu.

Que les états présentent leurs excuses aux peuples européens et qu'ils arrêtent de s'auto-justifier dans des commémorations particulièrement déplacées.


Loin de ces commémorations "étatiques", aura lieu ce 11 novembre à 15h, à la basilique de Sainte-Anne d'Auray, la veillée en langue bretonne comprenant lectures et chants.


Dalham soñj
Souvenons-nous
Veillée chantée à l’occasion du 11 novembre.
avec les chorales
Kaloneù Derv Bro Pondi (Pontivy)
Trouz ha Didrouz (Plouhinec)
avec les enfants de l’école bilingue de Sainte-Anne d’Auray
Témoignages de petits enfants
de soldats bretons morts en 1914
Depuis plusieurs années, l’Association Santéz-Anna-Gwéned et le Sanctuaire de Ste-Anne d’Auray organisent une célébration du souvenir des soldats bretons morts pendant la première guerre mondiale. Pour les Bretons, il ne peut y avoir de meilleur site pour maintenir ce souvenir, que celui de Ste-Anne, avec son Mémorial et son interminable mur où sont inscrits ou comptabilisés les quelques 140 000 morts bretons
Cette année, le choix qui a été fait, à l’occasion de cette veillée chantée du 11 novembre, est celui de la lecture de témoignages écrits de descendants (petits-enfants) de soldats morts en 1914.
Pour cela, l’Association Santez-Anna Gwéned a rencontré un certains nombre de descendants de poilus.
Avec les témoignages recueillis, avec les petits bouts d’histoire familiale qui ont survécus à l’oubli, avec les extraits de matricules militaires, 5 témoignages ont été choisis pour illustrer cette première année de la guerre.
C’est ainsi que l’histoire reconstituée de ces 5 soldats nous fera rentrer dans la grande histoire de la guerre 14-18 : la mobilisation, la bataille de Belgique fin aout 14, la bataille de l’Yser et Dixmude, la première bataille de l’Artois, la bataille de la Marne et la guerre de tranchée.
A la douleur des familles d’apprendre la mort d’un des leurs, s’ajoutera pour certaines la peine de ne pouvoir aller se recueillir sur la tombe de ceux qui n’ont jamais été retrouvés.
La quasi-totalité des soldats bretons, tout au moins ceux de la partie bretonnante de la Bretagne, ne parlaient que breton et rares étaient ceux qui savaient écrire.
C’est pour leur faire honneur que la langue bretonne a été choisie pour cette veillée.
Après chaque lecture de témoignage, une chorale interviendra avec un cantique traditionnel ou un chant breton, chant écrit en l’honneur des soldats ou pour commémorer leur souvenir, ainsi ce « Klemgan ar ré varù », la complainte de ceux qui sont morts à la guerre, écrite par Taldir, le compositeur du Bro-Gozh, chantée en 1926, à l’occasion du début de la construction du Mémorial à Ste-Anne. Un cantique écrit par un soldat prisonnier en Allemagne sera aussi chanté.
Cette veillée commencera à 15h, mardi 11 novembre.
Elle se terminera par un temps de recueillement, d’ouverture à la Paix.
Elle est organisée par l’Association Santez-Anna-Gwéned et la Basilique Sainte-Anne d’Auray.

samedi 1 novembre 2014

Le gaélique toujours aussi fun au Colaiste Lurgan !

Il y a un an, j'écrivais un article sur le phénomène lancé par le Colaiste Lurgan qui redonnait une nouvelle jeunesse au gaélique . Voir ici.



Cet été 2014 a été fructueux avec la production de clips tout aussi dynamiques. En voici quelques exemples.











Et bien d'autres à voir sur TG Lurgan .



lundi 27 octobre 2014

Réunification de la Bretagne: mobilisation générale pendant le mois de novembre !

MOBILISATION GÉNÉRALE pendant le mois de Novembre pour la Réunification et contre la Fusion Bretagne/Pays de Loire !!!

- Le 01 Novembre, lancement officiel de l'opération " Un Gwenn-ha-du" à ma fenêtre pour soutenir la BRETAGNE et sa Réunification.

- Le 08 Novembre, lancement officiel de l'opération " Manifestation devant les permanences des députés Bretons de Bretagne 5" par un rassemblement devant la permanence de monsieur Gwenegan Bui, député du Finistère à MORLAIX !

- Le 15 Novembre, grande manifestation des forces Bretonnes à Brest, pour soutenir l'ensemble des revendications de la Bretagne !

- Le 22 Novembre, suite de l'opération "Manifestation devant les permanences des députés Bretons de Bretagne 5" par des rassemblements simultanés devant les 36 autre permanences des Députés de Bretagne 5.

- Le 29 Novembre, (à confirmer suivant le débat parlementaire), manifestation à Paris devant l'Assemblée Nationale, qui sera en plein débat sur la réforme territoriale.

- Le 02 Décembre, (à confirmer), accueil à Nantes d'une certaine personnalité anti Réunification et anti Bretonne.

A partager, bien évidement...............

BRETAGNE REUNIE

samedi 18 octobre 2014

1914 - 2014 ou comment continuer à donner des leçons à la Bretagne....

En lisant dans Ouest-France du 17 octobre, le compte-rendu de l'hommage aux poilus bretons rendu par Jean-Yves Le Drian au Mémorial de Sainte Anne d'Auray, j'ai été choqué, véritablement choqué, par un extrait du discours du ministre français de la défense. J'y reviendrai plus loin mais cette indignation qui m'a pris m'incite à écrire ces quelques lignes.

Cette guerre de 14-18 a été un traumatisme pour toute l'Europe, y compris la Bretagne et c'est pour cela que j'ai participé au sein de Santez Anna Gwened à l'organisation chaque année le 11 novembre de l'hommage aux soldats bretons à Sainte-Anne d'Auray sous la forme d'une veillée uniquement en breton mettant en valeur les chants liés de près ou de loin à cette période de notre histoire ainsi que des textes écrits par des poilus . Dès le départ en 2008 si je ne me trompe pas, nous avons toujours mis l'accent sur un hommage épris d'humanité et de paix et chaque année, près d'un millier de personnes participent à cette veillée à la basilique de Sainte-Anne d'Auray. Je vous invite d'ailleurs à participer à la prochaine édition le 11 novembre à partir de 15h.



Par ailleurs, comme dans presque toutes les familles bretonnes, cette guerre a laissé des traces dans ma famille paternelle et maternelle dont un nom inscrit au mémorial de Sainte-Anne et un grand-père qui ayant "fait" Verdun n'a jamais voulu en parler .

Tout ceci pour dire mon intérêt pour cette période charnière pour la Bretagne et les Bretons.

On vous le dit et le redit !

Ça fait plusieurs années que la "dispute" sur le nombre de morts bretons m'intrigue; j'en avais discuté avec Roger Laouénan, auteur d'une série d'ouvrages sur la Bretagne dans la guerre en m'étonnant de l'insistance avec laquelle certains revenaient en permanence sur le chiffre en question, comme si ces "méchants" Bretons racontaient n'importe quoi avec leurs "240 000" morts . A ma connaissance ce chiffre est seulement noté au Mémorial de Sainte-Anne d'Auray et a été mis en avant à l'époque à la fois par l'Etat et l'Eglise pour "souligner l'attachement des Bretons à la France" . A quoi correspond ce chiffre, je n'en sais rien mais il serait intéressant d'y revenir précisément et voir par exemple s'il n'inclue pas morts durant la guerre et morts à la suite de blessures après la guerre. Mais en fait ce qui est étonnant ici, c'est la leçon permanente que nous donnent les spécialistes auto-proclamés de la guerre de 14-18 en nous disant et redisant par presse locale interposée que non, non la Bretagne n'a pas eu plus de morts qu'ailleurs...Ce qui est "amusant" si je peux dire sur un tel sujet, c'est que quelque soit la démonstration, on en arrive malgré tout à la conclusion que la Bretagne a eu plus de morts que la moyenne française... Que l'on m'explique alors cet acharnement à démontrer le contraire .....

Nouveauté dans les leçons que nous sommes sommés d'apprendre, voilà maintenant que l'on nous dit que les poilus bretons parlaient français ( émission sur Tébéo relayée dans Le Télégramme) . En voilà une nouveauté .... Juste pour en revenir à une note personnelle, l'un de "mes" poilus ne parlait que français, et l'autre plus ou moins "gallo" . Bref, tout ceci pour sans doute nous faire comprendre que les Bretons de l'époque étaient aussi français que les autres. Et cerise sur le gâteau, l'on apprend que l'armée elle-même avait mis en place des sortes de "stages" pour diffuser le français. C'est possible mais c'est une fois de plus l'insistance actuelle à mettre en avant ce genre d'anecdote qui est pour le moins curieux.

Conclusion, on vous le dit et le redit, il n'y a aucun problème, les soldats bretons sont aussi français que les autres, pas plus de morts, pas de problème de langue.... Bizarre cette insistance, non ?


Parler breton et mourir pour la France




Vous me direz, tu exagères ! et bien pas du tout car voilà le ministre français de la défense qui nous sert un discours digne de la 3ème république ... C'était donc jeudi 16 octobre au Mémorial de Sainte-Anne d'Auray. Je cite : "Cent ans après, nous nous rassemblons dans le souvenir, solennel de tous les soldats bretons tombés au combat. Combat qui exigea de nos aïeux une force d'âme exceptionnelle. Le souvenir d'une Bretagne qui s'affirma dans la Nation prouvant qu'on pouvait parler breton dans les tranchées et mourir pour la France" ..... Et là, les bras m'en tombent... nous en sommes restés au discours des années 20 où l'on disait, par exemple, que les Bretons étaient deux fois français puisqu'ayant deux fois plus de morts que la moyenne.  Passons sur la "force d'âme exceptionnelle" qui relève de la pure langue de bois..Et arrivons à la dernière phrase ... Donc si je comprends bien le soldat breton brittophone est devenu français en mourant dans les tranchées et la Bretagne par le miracle du massacre de 14-18 est devenue respectablement française.... Je ne sais pas pour vous mais pour moi ce genre de propos sont proprement scandaleux et insupportables. En résumé, c'est comme si on avait dit aux mobilisés bretons "Prouvez que vous êtes français, mourrez pour la France !" . Je vous épargne l'analyse des pourquoi et des comment mais le fait qu'un ministre tienne de nos jours ce genre de propos souligne la persistance du problème que pose la Bretagne à la France . Ceci dit , ça correspond bien à l'ambiance générale où un président de la république charcute les régions sans rien demander aux populations, où un premier ministre nie l'existence d'un peuple alsacien et ose répondre à un conseiller régional breton qui lui parlait de "Nantes, capitale de la Bretagne" ... "vade retros satanas..." ... incroyable mais vrai .... Mais que Jean-Yves Le Drian en soit réduit à proférer ce genre de propos, ça devient tragique.

Pour en revenir au "parler breton et mourir pour la France", juste pour mémoire après la guerre, la pétition signée par de nombreux notables bretons  adressée au président américain Woodrow Wilson portant sur les droits linguistiques etc de la Bretagne est restée lettre morte, l'Etat français a continué son éradication de la langue bretonne, les prémices de la partition du territoire breton ont été engagés, sans parler de l'histoire de la Bretagne toujours pas enseignée si ce n'est pendant quelques années dans l'enseignement catholique, bref ... c'est bien gentil de radoter "parler breton et mourir pour la France" mais dans la réalité , la France n'a strictement rien fait pour reconnaître les spécificités bretonnes, pire elle s'est attachée à les détruire......

Qu'on nous ressorte ce genre d'inepties un siècle après le déclenchement de la première guerre mondiale en dit long non pas sur la Bretagne mais sur l'état de la France..... A croire que les Bretons auraient du suivre l'exemple de Louis-Napoléon Le Roux qui refusa de servir la France en 1914 et se réfugia en Irlande... Pauvre Yann-Ber Kalloc'h qui croyait que le sacrifice des Bretons leur permettrait d'obtenir la reconnaissance de leurs droits ..... Rien de rien .... Peanuts ....



Je passerai sur les incidents qui virent les porteurs de drapeaux bretons entourés de RGs, gendarmes et autres forces de l'ordre pour que les officiels ne voient pas ces étendards séditieux....Ridicule quand tu nous tiens ... d'autant que le bagad des pompiers du Morbihan en avait un bien visible ....


Que les états européens présentent leurs excuses !

Au lieu d'avoir à subir des cérémonies dites patriotiques où l'on raconte les mêmes discours convenus depuis des décennies, il serait grand temps, et pourquoi pas le prochain 11 novembre, que les états européens présentent de façon commune et solidaire leurs excuses à l'ensemble des peuples européens pour les atrocités et le massacre de masse perpétrés en 1914 - 1918 car cette guerre a été initiée uniquement par les états pris dans un engrenage politicien nationaliste délirant . Comme le disait le parlement d'Alsace-Moselle en 1913 ( et oui, l'Alsace-Moselle avait son propre parlement alors, institution supprimée par la France en 1919.... avant que l'Alsace elle-même ne soit rayée d'un trait de plume par M. Hollande en 2014...), comme le disait donc le parlement alsacien en 1913, il est inutile de faire cette guerre , l'Alsace n'en veut pas ..... L'on sait ce qu'il en est advenu.

Que les états présentent leurs excuses aux peuples européens et qu'ils arrêtent de s'auto-justifier dans des commémorations particulièrement déplacées.



jeudi 16 octobre 2014

Pierre Toulhoat, la disparition d'un "trésor national" ....

Pierre Toulhoat dans son atelier


Pierre Toulhoat , à 91 ans, est parti lundi dernier vers les terres de l'éternelle jeunesse et c'est un artiste majeur du renouveau culturel breton qui nous a ainsi quittés.

Les Japonais donnent le terme de "trésor national " aux artistes ou artisans considérés comme les gardiens de biens culturels incorporels importants: je trouve que ce terme de "trésor national" correspond bien à ce qu'était Pierre Toulhoat: un artiste, un artisan d'art, qui s'inspirant de la tradition bretonne, a fait vivre la culture bretonne à travers la céramique, les vitraux, les bijoux et bien d'autres supports.



Comme tout un chacun, m'intéressant à la Bretagne, à la fin des années 70, j'ai découvert les bijoux Toulhoat qui étaient pour moi des symboles du renouveau breton : bagues, hermines, triskells, croix celtiques... Qui n'a pas porté un jour un de ces bijoux fabriqués dans l'atelier Toulhoat ? Mais ce n'était que le côté le plus connu de l'artiste. En 1987, j'ai eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprises Pierre Toulhoat et j'ai découvert l'ampleur de sa créativité. Travaillant alors à l'Institut Culturel de Bretagne et dans le cadre de la cérémonie de l'ordre de Hermine désormais annuelle, Bernard Le Nail me demanda de voir avec Pierre Toulhoat s'il n'était pas envisageable de recréer le collier de l'Hermine qui serait remis à chaque récipiendaire de l'Ordre. Et c'est ainsi que je passais à plusieurs reprises des heures passionnantes avec Pierre Toulhoat chez lui près de Quimper, ravis tous les deux d'échanger sur notre passion commune pour la Bretagne, sa culture, ses artistes. Lui me parlant de son travail, de ses rencontres, de ses difficultés face aux tenants de la culture "officielle", me faisant visiter son atelier, s'attardant sur tel projet en cours, sur tel autre non-abouti, moi tentant de revenir au sujet précis du collier de l'Hermine .....

Le collier de l'Hermine créé par Pierre Toulhoat en s'inspirant de celui du Moyen-Age.

Je dois avouer que je restais bien plus que de raison à discuter avec ce personnage si attachant qui tel un conteur, livrait ses souvenirs  de Per-Jakez Helias, de ses ballades irlandaises avec ses copains du club des "Kasketerien" , des Jakez Fournier ou Jean-Jacques Hénaff. Bref, une plongée dans le renouveau breton des années 50, 60, 70 et 80.... Un vrai plaisir pour le néophyte que j'étais encore.

C'est là aussi que je me suis rendu compte de l'ampleur et de la diversité de ses réalisations: des céramiques, des faïences, des vitraux, des bronzes, des bijoux, des bannières, du linge de table, etc etc sans parler de son magnifique et extraordinaire jeu d'échecs en vermeil et argent exporté jusqu'aux USA .....

Je conseille le livre d'Armel Morgant consacré à Pierre Toulhoat et paru il y a quelques années chez Coop Breizh: vous y découvrirez le travail de cet artiste extraordinaire.


Durant les années qui suivirent, je rencontrai à nouveau Pierre Toulhoat  au gré de fêtes et festivals à travers la Bretagne mais c'est en 2012 que je repris le chemin de son atelier car son fils, Yves, qui avait repris la direction de l'Atelier Toulhoat, souhaitait offrir un collier à Nolwenn Leroy dans le cadre de la remise du Prix Bro Gozh en juin 2012 à Guipavas. C'est dans ce contexte que je rencontrais pour la dernière fois Pierre, bien diminué physiquement mais toujours prêt à se lancer dans un  projet; c'est alors que je lui demandais de créer une broche pour le Comité Bro Gozh mêlant des symboles gallois et breton et en le quittant je vis qu'il était déjà en train de la créer en pensée. Malheureusement ce projet n'aura donc pas vu le jour.

Oui, la Bretagne a perdu un "trésor national" avec la disparition de Pierre Toulhoat . 

Que Tir na n'Og l'accueille avec joie ! et que Ste Anne  (de la Palud) le prenne sous sa protection !


PS: que dire du silence autour de sa disparition... aucun hommage de nos politiques ni de nos cultureux qui sont pourtant prompts à dégainer dans ce genre de situation...... Quelle tristesse ...



« Secrets d’histoire sur Anne de Bretagne: pour en finir avec trois idées reçues… » ou comment en véhiculer d’autres ….

Dans un article mis en ligne ce 14 octobre sur le site de France 3 Bretagne, on nous apprend que l’on va en finir avec 3 idées reçues sur Anne de Bretagne. Nous avons déjà eu l’occasion de revenir sur ces « idées reçues » et de les démonter. C’est à se demander pour quelles raisons certains y reviennent en permanence ….
1/ Anne de Bretagne, Jeanne d’Arc, même combat
Curieux rapprochement qui vient en fait d’un journaliste de France 3 Nantes (« Pays de Loire ») qui souhaitait voir un rapport entre la Jeanne d’Arc du Front National et la Anne de Bretagne des Bretons, sans doute pour faire une sorte d’équation Bretons= extrême droite ? Ça c’est du travail journalistique, n’est-ce pas ?
Et voilà donc qu’on en appelle encore une fois à Alain Croix certes universitaire et historien mais absolument pas spécialiste de cette période qui vient nous dire « qu’on n’a pas demandé son avis au peuple »…. et que « l’union n’a posé aucun problème » …. M. Croix a conservé de ses engagements politiques passés un art certain de la dialectique. Qu’il nous dise donc où en Europe au XVème siècle on demandait son avis au peuple …. et « demander son avis au peuple » ça veut dire quoi exactement à cette époque ? La mémoire de M Croix est sélective pour le moins … Quid des Etats de Bretagne ? Quid de la résistance pendant des années des différentes villes bretonnes contre les armées françaises ? Par exemple, quid de ces marins quimpérois armant des navires pour défendre Nantes assiégé ? Ou encore des habitants de Clisson massacrés dans leur totalité parce qu’ils ne voulaient pas se rendre aux assiégeants français ? Et l’on pourrait en citer des dizaines d’exemples de ce type . Comment M Croix peut-il dire que « l’union n’a posé aucun problème » alors que les Bretons se sont battus pendant des années pour défendre l’indépendance bretonne et ont du faire face aux 50 000 soldats français envoyés pour mettre à genoux la Bretagne , soit le même nombre que la France enverra quelques années plus tard en Italie….. chiffre énorme pour cette époque….. Rappelons que le rapport en nombre d’habitants entre la Bretagne et la France à l’époque était de 1 à 10 ( 1 million d’habitants contre 10 millions.)
L’article indique que « la Bretagne n’était pas une principauté » alors que  les travaux récents de l’historien Frédéric Morvan aboutissent justement à qualifier la Bretagne de l’époque de principauté. Bien évidemment, si l’on suit un Didier Le Fur qui, malgré son nom, est un digne représentant de l’école historique française, la Bretagne n’est en fait pas grand chose… Certes, l’on peut indiquer ce que pense cette école historique française mais si l’on veut faire un travail sérieux, il faut aussi citer l’école historique bretonne ou encore l’école historique anglaise qui à travers les travaux de ses historiens apportent une vision différente . Les travaux d’un Jean Kerhervé ou d’un Michael Jones sont à citer. Il n’est guère juste de ne prendre que le point de vue « vainqueur », non ? Il faudrait aussi que nos journalistes se rendent compte que ces différences entre écoles historiques existent depuis des siècles et qu’elles sont le reflet des rapports de force politique de l’époque. Il est donc un peu fort de café de ne donner la parole qu’à deux représentants d’une seule et même école.
On passera rapidement sur l’anecdote portant sur le fait qu’Anne de Bretagne n’aurait pas parlé breton: d’une part, qu’est-ce que ça peut faire ? d’autre part, on n’en sait strictement rien…. Cette façon d’insister sur ce point est pour le moins curieux, comme pour rabaisser la « bretonnité » d’Anne de Bretagne….
2/ la reine aux sabots
Cette vision folkloriste et provinciale n’ayant plus cours depuis une éternité, on ne voit pas l’intérêt d’y revenir ….
3/ Anne de Bretagne à l’origine de la gratuité des routes
Décidément c’est une obnubilation des media , cette question de la gratuité des routes. Nous l’avons déjà dit et redit en deux points: d’une part, le statut fiscal du duché de Bretagne était différent de celui du royaume de France et d’ailleurs il est resté particulier jusqu’en 1789; d’autre part, la gratuité du réseau routier breton est la conséquence de la mobilisation des années 60 autour du CELIB, du projet de Loi-programme, des batailles du rail et du lait et … des attentats du FLB . Il est bien évident qu’Anne de Bretagne n’a rien à y voir et nous ne « plaidons » rien de particulier sinon d’indiquer des faits.
Bref, cet article de France 3 Bretagne est quelque peu curieux et bien incomplet.
Article de Stéphane Grammont
annedebretagnebonnetrouge
« Secrets d’histoire » sur France2 avec Stéphane Bern consacre son numéro d’octobre à Anne de Bretagne. L’émission, tournée à Nantes et Blois, retrace la vie de la reine de France. Mais bien qu’ attachée à ses terres, certains clichés circulent sur ce symbole de la région.

1/ Anne de Bretagne, Jeanne d’Arc, même combat

La duchesse Anne est considérée sur ses terres comme « le symbole de la Bretagne écrasée par le royaume de France » , selon l’historien Alain Croix, qui rappelle que l’union à la France à l’époque « n’a posé aucun problème: on n’a pas demandé l’avis du peuple... ». « Elle n’a jamais su parler ni compris le breton » souligne l’historienne Murielle Gaude-Ferragu dans Secrets d’Histoire.
Pourtant, la dernière duchesse de Bretagne véhicule aujourd’hui l’idée de résistance, d’une Bretagne toujours au bord de la révolution, une sorte de Jeanne d’Arc d’une région qui n’était toutefois pas une principauté. Didier Le Fur, auteur en 2000 d’une biographie de la duchesse, estime qu’avant même le mariage à Charles VIII, la Bretagne faisait déjà partie de la France, même si elle n’entrait pas dans le domaine royal et conservait certaines particularités comme le droit de battre monnaie.

2/ La « Reine aux sabots »

Anne de Bretagne a été élevée comme une fille de roi au château de Nantes. Elle vivait avec autour d’elle un personnel composé d’une centaine de personnes. Quatre siècles plus tard, Anne de Bretagne devient une icône, pour les nobles, mais aussi pour le peuple. Une expression circule, « A1nne de Bretagne, duchesse en sabot ». Cette expression vient d’une chanson populaire chantée dans les cour d’écoles à la fin du XIXè siècle.
« Anne de Bretagne ne devait pas avoir beaucoup d’occasion de se déplacer en sabots. Elle aimait le faste, et ignorait assez largement le peuple paysan breton » ironise  Bernard Quillet.

3/ Anne de Bretagne est à l’origine de la gratuité des routes

« Le contrat de mariage stipulait +pas d’octroi sur mes routes+ » plaide Jacques-Yves Le Touze, le coordinateur du Comité Anne de Bretagne qui organisait les fêtes du cinq-centenaire, et le système d’imposition du duché était différent. Malgré tout, c’est bien au Général de Gaulle et au « plan routier breton » de 1969 que l’on doit cette exception.
Anne de Bretagne 1
Cliquer sur l’image pour voir un extrait de l’émission de Stéphane Bern consacré à Anne de Bretagne.

vendredi 19 septembre 2014

Après le référendum écossais, vers un Royaume-Uni rénové à 1000 années lumière du système français.

Alex Salmond, premier ministre écossais, Carwyn Jones, premier ministre gallois, David Cameron, premier ministre britannique


A peine les résultats du référendum écossais connu ( non à 55%), les responsables politiques  de tout bord sont  intervenus publiquement pour prendre acte de la décision des électeurs écossais mais aussi pour indiquer que le Royaume-Uni et ses quatre nations constitutives entraient dans une nouvelle ère.

Autant on entend régulièrement ce genre d'annonce à Paris au lendemain de chaque élection sans que rien ne change par la suite, autant il est évident pour tous les observateurs que ce référendum ouvre la voie à de profonds changements dans l'organisation du Royaume-Uni.

D'une part, comme promis par les 3 partis unionistes, le processus est lancé pour la dévolution de nouveaux pouvoirs au Parlement écossais ( propositions pour le jour de la St Andrew le 30 novembre, suivi d'un projet prêt pour la fête de Robert Burns le 25 janvier prochain, puis discussion au Parlement de Westminster ); mais aussi d'autre part, la remise à plat du statut du Pays de Galles, de l'Irlande du Nord et sans doute de l'Angleterre ou de certaines de ses régions et grandes villes.

Comme l'indiquait ce matin un député travailliste, il ne s'agit pas là de discuter de décentralisation mais du renforcement du processus de dévolution en donnant plus de pouvoir politique aux différentes nations du Royaume-Uni et à certaines collectivités anglaises.

Dès ce matin, le premier ministre gallois Carwyn Jones est monté au créneau lors d'une conférence de presse pour indiquer que le Pays de Galles en tant que nation devait participer à la rénovation du système politique britannique et qu'il entendait ouvrir les discussions avec les gouvernements nord-irlandais et écossais pour aboutir à de nouvelles répartitions du pouvoir politique à travers le Royaume-Uni. David Cameron lui-même l'a indiqué ce matin : ce référendum ouvre la porte à une réorganisation du royaume, y compris en Angleterre.

L'avenir nous dira jusqu'à quel point les différentes nations du Royaume-Uni verront leur pouvoir politique conforté mais on peut déjà prédire une évolution importante de la structure même du royaume et tout ceci grâce au référendum écossais qui en donnant des sueurs froides à l'establishment politique de Westminster les aura obligés à se remettre fortement en cause.

Pour conclure, est-ce réellement la peine de faire une comparaison avec la situation en France , cet état où quelques-uns se permettent de redessiner les régions sans rien demander aux populations concernées ? où l'on tient pour négligeable les demandes exprimées de façon importante et continue pour la réunification de la Bretagne ? où l'on considère comme une hérésie de partager le pouvoir politique hors de Paris ?

Alors du Royaume-Uni ou de la France, quel est le système le plus moderne, le plus actuel , le plus à l'écoute de ses habitants ? La réponse semble évidente, non ?

jeudi 18 septembre 2014

Bretagne: cachez cette nation que l'on ne saurait voir .....



Le référendum sur l'indépendance écossaise, quel qu’en soit le résultat,  aura permis de lire de nombreux articles sur les aspirations des petites nations européennes sans état; en ce sens, remercions les Écossais d'avoir "obligé" nos medias à traiter de ces sujets.

Ainsi Le Télégramme aborde-t-il la question écossaise sur une pleine page dans son édition de ce jeudi et son directeur, Hubert Coudurier, se fend d'un point de vue intitulé "L'indépendance n'est pas bretonne" (sic).

Certes tout un chacun sait que Le Télégramme n'est pas un ardent défenseur de l'indépendance de la Bretagne et le contraire aurait été tout à fait surprenant.

Je voudrais quand même relever une phrase dans ce billet: "Mais il y a une différence entre la Bretagne et l'Ecosse ou la Catalogne. Une différence de statut, de puissance économique, d'histoire. L'Ecosse fut une nation, pas la Bretagne, partie prenante d'un Etat jacobin qui n'a laissé à ses provinces qu'une autonomie en trompe-l’œil".

Cet extrait est intéressant car il vise à rabaisser la Bretagne au niveau d'une région banalisée et qui ne pourrait donc avoir d'autres aspirations que le régime général français. Et tout ceci s'appuie sur une affirmation péremptoire : la Bretagne ne serait pas une nation alors que l'Ecosse le serait.

En effet, l'Ecosse est bien une nation et considérée comme telle par tous les acteurs politiques britanniques car leur système politique reconnait 4 nations constitutives du royaume. Mais il suffit de remonter à quelques décennies pour noter que cette reconnaissance était loin d'être acquise  hors d'Ecosse. Mais la nation écossaise existe depuis des siècles et les Écossais en sont tout à fait conscients. C'est clair et net.

Lorsque M Coudurier affirme que "la Bretagne ne fut jamais une nation" , il l'affirme dans un but politique évacuant ainsi toute possibilité d'émancipation de la Bretagne. Et pourtant il s'agit d'un gros mensonge car la nation bretonne existe elle aussi depuis des siècles: durant l'indépendance de la Bretagne bien entendu mais aussi durant la période d'autonomie qui va de 1532 à 1789. Et je maintiens que cette nation bretonne a perduré après 1789 et existe en 2014. Ce n'est pas parce que des idéologues ont décidé lors de la révolution française de gommer la nation bretonne et de la fondre dans un ensemble idéologique dénommé "nation française" que cette nation bretonne aurait soudainement disparu. Là on touche aussi, soit dit en passant, à la différence d'interprétation du terme nation qui existe entre les Ecossais, Anglais etc... et les Français.

Il est faux d'affirmer que la nation bretonne n'a jamais existé et ce sont ceux qui veulent voir la Bretagne disparaître qui le proclament: il n'y a donc aucune raison que ceux qui veulent voir la Bretagne s'émanciper s'interdisent eux aussi de dire qu'il existe une nation bretonne. Cette auto-censure est contre-productive.

Affirmer le contraire relève de la tartufferie et l'on pourrait d'ailleurs parodier Molière pour qualifier les propos de M. Coudurier: " Cachez cette nation bretonne que l'on ne saurait voir, par un pareil objet, les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées" .....

Les Bretons sont un peuple et la Bretagne est une nation et c'est pourquoi nous souhaitons voir l'émancipation de la Bretagne .



ps: une précision pour ceux qui crieraient déjà au communautarisme: pour ce qui me concerne, le terme "peuple breton" est totalement inclusif et intègre tous les habitants de la Bretagne et tous ceux qui se reconnaissent dans la Bretagne et la volonté de construire "autre chose" ici.

jeudi 4 septembre 2014

Hollande au pays du bilinguisme et de la dévolution

François Hollande au sommet de l'Otan au Pays de Galles va recevoir une carte postale bilingue . Surprise ! anglais-gallois ! Au fait, c'est quoi le statut de la langue bretonne en France ? Il va aussi rencontrer le premier ministre gallois... Quoi ? un premier ministre ailleurs qu'à Londres ? Quelqu'un pourrait-il lui expliquer qu'une véritable dévolution, ce n'est pas redessiner sur un coin de table les limites des "régions" ??

http://wales.gov.uk/newsroom/firstminister/2014/140903-NATO-postcards/?lang=en


jeudi 28 août 2014

Lorient: les propos du président irlandais Michael D Higgins censurés ?


Dans un article précédent consacré à la visite de Michael D Higgins, président d'Irlande au Festival Interceltique de Lorient, j'indiquais que les déclarations officielles avaient manqué pour le moins de contenu.

Or ce n'est pas tout à fait exact car le président d'Irlande a profité d'une réception donnée le samedi 2 août sur le bâtiment irlandais le LE Niamh (donc en territoire irlandais) pour faire un discours notable.  En dehors de la soixantaine de personnes présentes, ce discours est passé malheureusement inaperçu, aucun media ne le reprenant.

Pire, pour les non-anglophones présents, la traduction faite en français sur place aura fait l'impasse sur deux points importants de ce discours portant sur la langue bretonne et son sort peu enviable, et sur les Bonnets rouges, exemple social d'une tradition réinventée.

C'est pour le moins curieux. L'interprète  répondra sans doute qu'il ne pouvait pas tout traduire, etc etc. Si c'est le cas, c'est une attitude pour le moins désinvolte lorsqu'il s'agit d'un discours officiel d'un chef d'état. Ou bien s'agit-il d'un choix délibéré de faire l'impasse sur des propos politiquement incorrects dans le contexte français ? L'interprète en question étant par ailleurs un grand promoteur de la fusion des universités bretonnes dans un grand-ouest universitaire, la seconde option est sans doute la bonne ..

Ci-dessous le texte intégral du discours du président Higgins.

Discours de  Michael D. Higgins, President d'Irlande

lors de la réception sur le LE Niamh

Lorient, Bretagne

Samedi 2 août 2014

Commandant Heffernan,
M. L'Ambassadeur Montgomery,
Monsieur le Sous-Préfet,
Aotrou Député,
Itronezed hag Aotrounez, 
Mignoned Breizh hag Iwerzhon,]
Ur blijadur vras eo bout ganeoc’h en Oriant, e Breizh.
C'est avec grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue sur ce bateau de la marine irlandaise, le LE Niamh. C'est pour moi, ma femme Sabina, notre ambassade et notre délégation l'occasion de vous remercier pour le chaleureux accueil que nous avons reçu hier à notre arrivée à Lorient. Au nom de l'équipage, je souhaite aussi remercier la ville et le port de Lorient pour l'accueil du LE Niamh.
Depuis son entrée en service en 2001, le Niamh a patrouillé à travers les mers autour de l'Irlande par tous les temps, sauvant des vies, poursuivant les trafiquants, protégeant nos zones de pêche. Le peuple irlandais est très fier de sa marine et le Niamh fait régulièrement des visites de courtoisie comme aujourd'hui à Lorient. Je peux aussi vous dire que l'équipage est particulièrement heureux d'avoir jeté l'ancre sur la côte sud de la Bretagne, pays avec une très riche histoire maritime.
Le Niamh, comme tous les navires militaires irlandais jusque récemment, a été nommé d'après un personnage de la mythologie celtique: Niamh était la magnifique fille aux cheveux blonds de Manannan Mac Lir, le dieu de la mer qui donna son nom à un autre pays celtique, l’Île de Man. Elle se maria avec Oisin, le fils du grand guerrier Fionn Mac Cimhaill, et durant de nombreuses années vécurent et régnèrent ensemble sur Tir na nOg, "le pays de l'éternelle jeunesse". Cet arrière-plan celtique fait du Niamh le lieu idéal pour cette réception interceltique.
J'ai bien entendu accepté l'invitation à assister au Festival Interceltique de cette année.
C'est en partie du fait des liens entre ma ville Galway et Lorient. Nos deux cités sont jumelées depuis 1975, soit près de 40 ans. En tant qu'ancien maire de Galway, je suis tout à fait conscient de la valeur de ce lien et je suis très heureux de pouvoir rencontrer une nouvelle fois les Lorientais, et en particulier mon homologue et très bon ami, Jean-Yves Le Drian.
Mais je suis aussi conscient de la profondeur des liens entre Bretagne et Irlande. De nombreux liens commerciaux et culturels au sens large ont existé dès les temps les plus anciens jusqu'au Moyen-Age entre l'Irlande et l'Armorique, souvent par l'intermédiaire de l’Île de Bretagne et ceci grâce, semblerait-il, au rôle joué par le Trégor maritime. De nombreuses églises, de nombreuses chapelles, de nombreux villages portent la marque et souvent le nom de moines irlandais, Colomban, Brendan, Ronan, Fingar et bien d'autres, qui ont contribué à la christianisation de la péninsule
De tels liens ne se limitent pas à la seule Bretagne mais touchent aussi de nombreuses régions d'Europe de Luxeuil-les-Bains, Regensburg jusqu'à Bobbio. Et bien que ces anciens liens avec l'Europe continentale aient quelque peu été éclipsés au fil des siècles au sein de l'imaginaire irlandais, de nos histoires populaires et de nos chansons,par l'émigration massive en Grande-Bretagne en Amérique et dans d'autres régions du monde, ces anciens liens constituent une part essentielle de l'histoire irlandaise.
Les liens entre l'Irlande et ce qui est aujourd'hui la France remontent à plus de 1400 ans avec la grande pérégrination de Saint Colomban. A travers les siècles nos peuples ont forgé des liens très forts à travers les échanges religieux et intellectuels, à travers les arts et la littérature, à travers le commerce. Des soldats français ont combattu pour la liberté irlandaise en 1798 et des soldats irlandais sont morts au service des rois de France.
Et il est aussi important, en ce mois qui commémore le centenaire de la première guerre mondiale, de se souvenir des dizaines de milliers d'Irlandais engagés dans les troupes britanniques qui arrivèrent sur le sol français et de ceux qui donnèrent leur vie ou furent terriblement blessés, sur les champs de bataille de Belgique et de la Somme.
Nos liens aujourd'hui sont plus forts que jamais. Nous sommes partenaires au sein de l'Union Européenne. La France est l'un des principaux marchés pour les produits irlandais, dont les produits de la mer , un secteur que la Bretagne connait bien. La langue française est la langue étrangère la plus enseignée et plus de 400 000 Français ont visité l'Irlande l'année dernière.
Nos footballeurs, nos golfeurs, et nos pêcheurs... se rencontrent régulièrement. Et si je peux me permettre , notre équipe de rugby a gagné en mars dernier le tournoi des six nations en s'imposant au Stade de France.
Mais de toutes les régions françaises, il n'y en a pas de plus chère aux cœurs irlandais que la Bretagne.
Je constate que nulle part ailleurs en France, l'intérêt pour l'Irlande n'est aussi fort qu'ici. Nos paysages et nos côtes sont similaires et nos climats sont presque semblables.
Et, bien entendu, nous sommes ensemble les gardiens de deux langues celtiques parmi les langues les plus anciennes d'Europe. Brezhoneg et Gaeilge sont plus cousins que frère et sœur, mais le fait est qu'elles appartiennent à la même famille des langues celtiques: il y a de nombreuses similarités entre elles et elles partagent les mêmes mots comme pour la couleur noire ( dubh/du) ou le terme baiser (pog/pok).
Aujourd'hui, les deux langues doivent relever des défis importants non seulement du fait de l'urbanisation et de la mondialisation, mais aussi de la pression sociale: nos deux langues vivent dans l'ombre de deux langues internationales, mais nous restons unis dans notre détermination pour préserver et promouvoir le breton et l'irlandais. Des universitaires travaillent avec des professeurs et de nombreux bénévoles pour transmettre nos langues à nos enfants. Bien entendu, je sais que la langue bretonne ne bénéficie pas du même soutien institutionnel et constitutionnel que le gaélique et j'encourage vivement les nombreux militants qui se dévouent corps et âme pour que la langue bretonne continue à vivre.
La vitalité de la société civile bretonne, le dynamisme et la détermination de sa jeunesse à garder vivante la Bretagne intérieure, la remarquable capacité des Bretons à se mobiliser pour des causes collectives et l'importance des projets coopératifs dans les domaines sociaux, culturels et économiques, constituent des ressources vitales pour le présent et le futur du peuple breton. Tout ceci fait de la Bretagne une région exemplaire à la citoyenneté active et participative. Et je sais que face aux nombreux défis que présente l'avenir, les Bretons pourront s'appuyer sur une forte identité collective. 
Je sais qu'ils peuvent s'appuyer sur leur longue tradition culturelle et leur propre histoire pour préserver le nom et l'intégrité de leur région dans le futur.
Selon les mots de Paul Ricoeur, une tradition reste vivante seulement si elle se réinterprète en permanence.
Le récent épisode des Bonnets Rouges, qui invoqua un mouvement du XVIIème siècle pour porter des revendications contemporaines, au-delà de ce qu'on peut penser de celles-ci, est un exemple éclatant d'une tradition restée vivante dans la conscience collective et réinterprétant les promesses émancipatrices mais non-abouties du passé.
Une telle conception de la tradition réinterprétée est incarnée magnifiquement dans le chant et la musique bretonnes. Et je suis heureux de voir musiciens bretons et irlandais s'enrichirent mutuellement. Cette amitié à la fois ancienne et moderne sera cette année amplement démontrée lors du Festival interceltique et dès ce soir avec l'excellent piper Liam O Flynn.
In Éirinn an lae inniu, is mian linn Eoraip a chruthú agus a mhúnlú a bhfuil níos saibhre in a chumas traidisiúin chultúrtha a shamhlú agus a chur i láthair. 
En Irlande aujourd'hui, nous voulons construire une Europe plus imaginative et plus respectueuse de ses traditions culturelles.
 Ainsi les liens contemporains entre l'Irlande et la Bretagne n'ont jamais été aussi forts. De si nombreux Irlandais viennent en Bretagne chaque année, notamment grâce à la ligne Cork-Roscoff; vous avez même nommé un Irlandais à la tête de votre Comité du Tourisme. Un autre phénomène est l'intérêt croissant pour les sports traditionnels irlandais à travers l'Europe, la France mais surtout la Bretagne.
Peu d'évènements symbolisent la forte de nos liens autant que le Festival interceltique de Lorient et ceci depuis 1971. L'Irlande est de nouveau l'invitée d'honneur cette année et je suis heureux que le gouvernement irlandais ait participé financièrement à cette édition. Je remercie le président du festival, Guy Gestin, son directeur Lisardo Lombardia et toute l'équipe pour leur travail extraordinaire. 
Trugarez evit ho tegemer. 
Go raibh míle maith agaibh go léir don chéad míle fáilte agus go mbainfidh sibh taitneamh mór as an Féile.

jeudi 7 août 2014

Bretagne Réunie à la rencontre des délégués du Festival Interceltique

Après un week-end bien chargé et des tractages non-stop sur les sites du Festival Interceltique de Lorient, Bretagne Réunie s'est accordé ce jeudi midi une pause sympathique et conviviale sur le Quai de la Bretagne en invitant journalistes et responsables des délégations des différents pays celtiques autour d'un buffet de produits bretons avec la participation de producteurs de muscadet, le désormais célèbre «grand vin breton» au son du Bagad Pijadur de Sonerien an Oriant.



Jean-François Le Bihan en tant que président de Bretagne Réunie revint sur l'importance des semaines à venir pour mobiliser le plus possible pour la manifestation du samedi 27 septembre à Nantes et aussi la nécessité d'informer de la situation subie par la Bretagne au niveau international. C'est dans cet esprit qu'un courrier a été remis au président irlandais Michael D Higgins dimanche dernier et que les délégués gallois, asturiens, galiciens, cornouaillais, écossais, manxois et irlandais avaient été conviés à ce verre de l'amitié.
L'occasion aussi de remercier les dizaines de bénévoles qui depuis 6 jours assurent une présence très visible de la cause de la réunification bretonne au Festival de Lorient.

mercredi 6 août 2014

Michael D. Higgins, un président irlandais en visite au Festival interceltique de Lorient, impressions diverses et subjectives.

Pour la première fois dans l'histoire du Festival interceltique de Lorient, un président de la république irlandaise en exercice a fait le déplacement et séjourné durant 3 jours dans la ville aux 5 ports, l'Irlande étant l'invité d'honneur de cette édition 2014.
Il est vrai que Michael D. Higgins connait bien Lorient pour avoir été maire de Galway (jumelée avec Lorient) et que son amitié pour Jean-Yves Le Drian, ancien maire de Lorient, est bien connue. Alors qu'il était ministre de la culture et en charge du gaélique, Michael D Higgins était déjà venu en 1996 au Festival interceltique dans le cadre de l'Année de l'Imaginaire irlandais et j'avais eu le grand plaisir de l'accueillir à l'université d'été du festival pour la conférence inaugurale, une intervention brillante et remarquable.


Que dire de cette visite en 2014 ?
Deux moments sont à noter : d'une part, la soirée au Grand Théâtre de Lorient pour un hommage au grand poète irlandais très récemment décédé, Seamus Heaney, avec le quartet de Liam O Flynn et Micheal O Suileabhan, d'autre part la rencontre avec les équipes de football gaélique de Bretagne.


Ce samedi soir avec « The Glanmore Concert » restera un grand moment de culture et de poésie. Alors que la première partie uniquement musicale fut finalement assez décevante, les quatre musiciens sur scène ayant quelque mal à donner corps à des morceaux pourtant bien connus, la seconde partie alternant musique et lectures de poèmes de Seamus Heaney fut brillante et tout à fait prenante. Le président Higgins y participa en lisant l'un des poèmes. Remarquable.
A côté de cela, une fois de plus, l'organisation du FIL a fait l'impasse sur la dimension linguistique, pas un mot en gaélique, pas un mot en breton, un comble quand on connaît l'engagement de Michael D. Higgins pour la promotion du gaélique…. Sans parler de l'entrée du président au Grand Théâtre en-dessous de tout comme si l'on accueillait une personne lambda ….


Autre moment très chaleureux, la rencontre le dimanche entre le président irlandais et les représentants des clubs de football gaélique de Bretagne, rencontre organisée à la demande de l'ambassade d'Irlande. Il faut noter que les Irlandais sont surpris et enthousiasmés par le développement du football gaélique en Bretagne (11 clubs) et que le GAA (l'organe central qui gère les sports irlandais) prend désormais la Bretagne pour exemple concernant le développement du football gaélique hors-Irlande. Cette rencontre organisée au Galway Inn, le pub irlandais bien connu de Lorient tenu par Padraig Larkin (de Galway) fut un vrai moment de convivialité et d'amitié entre Irlandais et Bretons. Un vrai succès qui, de plus, donne une meilleure visibilité au football gaélique en Bretagne.


A côté de ces deux moments intenses, le programme du président Higgins alternait visites comme celle du Musée de la Compagnie des Indes et réceptions comme celle sur la corvette irlandaise présente à Lorient durant ces mêmes journées, le Niamh.
Entre neutralité absolue et silences coupables…..
Et comme l'on pouvait s'y attendre, cette visite n'a donné lieu à aucune déclaration particulièrement notable ni du côté irlandais, ni du côté breton.
Côté irlandais, même si la Bretagne a une place particulière pour eux , les officiels de tout rang se gardent bien de prononcer quelque parole que ce soit qui pourrait être mal interprétée par Paris. Ce n'est pas surprenant en fait ; juste une anecdote, alors que j'offrais différents ouvrages sur la Bretagne au président Higgins, celui-ci me dit qu' « il était au courant de la situation ». Nous nous contenterons de cela…..
Côté breton, et bien, là, c'est plutôt catastrophique. Alors que les élus et officiels bretons de tout genre n'arrêtent pas de vanter « l'interceltisme », aucun n'aura dit ou souligné que la Bretagne est désormais complètement dépassée au niveau culturel, linguistique ou audiovisuel par les autres pays ou régions présents à Lorient durant ces dix journées. Silence total ! Pour ma part, je trouve ça particulièrement lamentable. Les grands festivals en Ecosse, Pays de Galles ou Irlande sont souvent le lieu pour des interventions politiques majeures ou des annonces d'importance. Ici, rien, netra, nada ….On dirait qu'ils attendent que ça se passe en espérant que l'on parle rapidement d'autre chose ….. Ça oscille entre hypocrisie et intérêt folklorique….
Il ne manque plus grand-chose…..
Au bout de trois jours, c'est la réflexion que je me suis faite : il ne manque plus grand-chose pour que la Bretagne et le festival interceltique entrent dans la cour des « grands », tout est là, la matière est là, les relations sont là, les amitiés interceltiques sont là mais…. Nous restons enfermés dans le conformisme et le système politique hexagonal qui nous étouffe. Tous les autres pays celtiques nous attendent, seraient heureux de travailler avec nous, de nous parler d'égal à égal …. Sauf qu'une sorte de barrière invisible, une autocensure généralisée, un manque de courage de nos responsables politiques et culturels nous …. plombent!
La visite de Michael D. Higgins a été une vraie bouffée d'air. Dommage qu'aussi peu de monde l'ai remarqué.