vendredi 19 septembre 2014

Après le référendum écossais, vers un Royaume-Uni rénové à 1000 années lumière du système français.

Alex Salmond, premier ministre écossais, Carwyn Jones, premier ministre gallois, David Cameron, premier ministre britannique


A peine les résultats du référendum écossais connu ( non à 55%), les responsables politiques  de tout bord sont  intervenus publiquement pour prendre acte de la décision des électeurs écossais mais aussi pour indiquer que le Royaume-Uni et ses quatre nations constitutives entraient dans une nouvelle ère.

Autant on entend régulièrement ce genre d'annonce à Paris au lendemain de chaque élection sans que rien ne change par la suite, autant il est évident pour tous les observateurs que ce référendum ouvre la voie à de profonds changements dans l'organisation du Royaume-Uni.

D'une part, comme promis par les 3 partis unionistes, le processus est lancé pour la dévolution de nouveaux pouvoirs au Parlement écossais ( propositions pour le jour de la St Andrew le 30 novembre, suivi d'un projet prêt pour la fête de Robert Burns le 25 janvier prochain, puis discussion au Parlement de Westminster ); mais aussi d'autre part, la remise à plat du statut du Pays de Galles, de l'Irlande du Nord et sans doute de l'Angleterre ou de certaines de ses régions et grandes villes.

Comme l'indiquait ce matin un député travailliste, il ne s'agit pas là de discuter de décentralisation mais du renforcement du processus de dévolution en donnant plus de pouvoir politique aux différentes nations du Royaume-Uni et à certaines collectivités anglaises.

Dès ce matin, le premier ministre gallois Carwyn Jones est monté au créneau lors d'une conférence de presse pour indiquer que le Pays de Galles en tant que nation devait participer à la rénovation du système politique britannique et qu'il entendait ouvrir les discussions avec les gouvernements nord-irlandais et écossais pour aboutir à de nouvelles répartitions du pouvoir politique à travers le Royaume-Uni. David Cameron lui-même l'a indiqué ce matin : ce référendum ouvre la porte à une réorganisation du royaume, y compris en Angleterre.

L'avenir nous dira jusqu'à quel point les différentes nations du Royaume-Uni verront leur pouvoir politique conforté mais on peut déjà prédire une évolution importante de la structure même du royaume et tout ceci grâce au référendum écossais qui en donnant des sueurs froides à l'establishment politique de Westminster les aura obligés à se remettre fortement en cause.

Pour conclure, est-ce réellement la peine de faire une comparaison avec la situation en France , cet état où quelques-uns se permettent de redessiner les régions sans rien demander aux populations concernées ? où l'on tient pour négligeable les demandes exprimées de façon importante et continue pour la réunification de la Bretagne ? où l'on considère comme une hérésie de partager le pouvoir politique hors de Paris ?

Alors du Royaume-Uni ou de la France, quel est le système le plus moderne, le plus actuel , le plus à l'écoute de ses habitants ? La réponse semble évidente, non ?

jeudi 18 septembre 2014

Bretagne: cachez cette nation que l'on ne saurait voir .....



Le référendum sur l'indépendance écossaise, quel qu’en soit le résultat,  aura permis de lire de nombreux articles sur les aspirations des petites nations européennes sans état; en ce sens, remercions les Écossais d'avoir "obligé" nos medias à traiter de ces sujets.

Ainsi Le Télégramme aborde-t-il la question écossaise sur une pleine page dans son édition de ce jeudi et son directeur, Hubert Coudurier, se fend d'un point de vue intitulé "L'indépendance n'est pas bretonne" (sic).

Certes tout un chacun sait que Le Télégramme n'est pas un ardent défenseur de l'indépendance de la Bretagne et le contraire aurait été tout à fait surprenant.

Je voudrais quand même relever une phrase dans ce billet: "Mais il y a une différence entre la Bretagne et l'Ecosse ou la Catalogne. Une différence de statut, de puissance économique, d'histoire. L'Ecosse fut une nation, pas la Bretagne, partie prenante d'un Etat jacobin qui n'a laissé à ses provinces qu'une autonomie en trompe-l’œil".

Cet extrait est intéressant car il vise à rabaisser la Bretagne au niveau d'une région banalisée et qui ne pourrait donc avoir d'autres aspirations que le régime général français. Et tout ceci s'appuie sur une affirmation péremptoire : la Bretagne ne serait pas une nation alors que l'Ecosse le serait.

En effet, l'Ecosse est bien une nation et considérée comme telle par tous les acteurs politiques britanniques car leur système politique reconnait 4 nations constitutives du royaume. Mais il suffit de remonter à quelques décennies pour noter que cette reconnaissance était loin d'être acquise  hors d'Ecosse. Mais la nation écossaise existe depuis des siècles et les Écossais en sont tout à fait conscients. C'est clair et net.

Lorsque M Coudurier affirme que "la Bretagne ne fut jamais une nation" , il l'affirme dans un but politique évacuant ainsi toute possibilité d'émancipation de la Bretagne. Et pourtant il s'agit d'un gros mensonge car la nation bretonne existe elle aussi depuis des siècles: durant l'indépendance de la Bretagne bien entendu mais aussi durant la période d'autonomie qui va de 1532 à 1789. Et je maintiens que cette nation bretonne a perduré après 1789 et existe en 2014. Ce n'est pas parce que des idéologues ont décidé lors de la révolution française de gommer la nation bretonne et de la fondre dans un ensemble idéologique dénommé "nation française" que cette nation bretonne aurait soudainement disparu. Là on touche aussi, soit dit en passant, à la différence d'interprétation du terme nation qui existe entre les Ecossais, Anglais etc... et les Français.

Il est faux d'affirmer que la nation bretonne n'a jamais existé et ce sont ceux qui veulent voir la Bretagne disparaître qui le proclament: il n'y a donc aucune raison que ceux qui veulent voir la Bretagne s'émanciper s'interdisent eux aussi de dire qu'il existe une nation bretonne. Cette auto-censure est contre-productive.

Affirmer le contraire relève de la tartufferie et l'on pourrait d'ailleurs parodier Molière pour qualifier les propos de M. Coudurier: " Cachez cette nation bretonne que l'on ne saurait voir, par un pareil objet, les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées" .....

Les Bretons sont un peuple et la Bretagne est une nation et c'est pourquoi nous souhaitons voir l'émancipation de la Bretagne .



ps: une précision pour ceux qui crieraient déjà au communautarisme: pour ce qui me concerne, le terme "peuple breton" est totalement inclusif et intègre tous les habitants de la Bretagne et tous ceux qui se reconnaissent dans la Bretagne et la volonté de construire "autre chose" ici.

jeudi 4 septembre 2014

Hollande au pays du bilinguisme et de la dévolution

François Hollande au sommet de l'Otan au Pays de Galles va recevoir une carte postale bilingue . Surprise ! anglais-gallois ! Au fait, c'est quoi le statut de la langue bretonne en France ? Il va aussi rencontrer le premier ministre gallois... Quoi ? un premier ministre ailleurs qu'à Londres ? Quelqu'un pourrait-il lui expliquer qu'une véritable dévolution, ce n'est pas redessiner sur un coin de table les limites des "régions" ??

http://wales.gov.uk/newsroom/firstminister/2014/140903-NATO-postcards/?lang=en