lundi 27 octobre 2014

Réunification de la Bretagne: mobilisation générale pendant le mois de novembre !

MOBILISATION GÉNÉRALE pendant le mois de Novembre pour la Réunification et contre la Fusion Bretagne/Pays de Loire !!!

- Le 01 Novembre, lancement officiel de l'opération " Un Gwenn-ha-du" à ma fenêtre pour soutenir la BRETAGNE et sa Réunification.

- Le 08 Novembre, lancement officiel de l'opération " Manifestation devant les permanences des députés Bretons de Bretagne 5" par un rassemblement devant la permanence de monsieur Gwenegan Bui, député du Finistère à MORLAIX !

- Le 15 Novembre, grande manifestation des forces Bretonnes à Brest, pour soutenir l'ensemble des revendications de la Bretagne !

- Le 22 Novembre, suite de l'opération "Manifestation devant les permanences des députés Bretons de Bretagne 5" par des rassemblements simultanés devant les 36 autre permanences des Députés de Bretagne 5.

- Le 29 Novembre, (à confirmer suivant le débat parlementaire), manifestation à Paris devant l'Assemblée Nationale, qui sera en plein débat sur la réforme territoriale.

- Le 02 Décembre, (à confirmer), accueil à Nantes d'une certaine personnalité anti Réunification et anti Bretonne.

A partager, bien évidement...............

BRETAGNE REUNIE

samedi 18 octobre 2014

1914 - 2014 ou comment continuer à donner des leçons à la Bretagne....

En lisant dans Ouest-France du 17 octobre, le compte-rendu de l'hommage aux poilus bretons rendu par Jean-Yves Le Drian au Mémorial de Sainte Anne d'Auray, j'ai été choqué, véritablement choqué, par un extrait du discours du ministre français de la défense. J'y reviendrai plus loin mais cette indignation qui m'a pris m'incite à écrire ces quelques lignes.

Cette guerre de 14-18 a été un traumatisme pour toute l'Europe, y compris la Bretagne et c'est pour cela que j'ai participé au sein de Santez Anna Gwened à l'organisation chaque année le 11 novembre de l'hommage aux soldats bretons à Sainte-Anne d'Auray sous la forme d'une veillée uniquement en breton mettant en valeur les chants liés de près ou de loin à cette période de notre histoire ainsi que des textes écrits par des poilus . Dès le départ en 2008 si je ne me trompe pas, nous avons toujours mis l'accent sur un hommage épris d'humanité et de paix et chaque année, près d'un millier de personnes participent à cette veillée à la basilique de Sainte-Anne d'Auray. Je vous invite d'ailleurs à participer à la prochaine édition le 11 novembre à partir de 15h.



Par ailleurs, comme dans presque toutes les familles bretonnes, cette guerre a laissé des traces dans ma famille paternelle et maternelle dont un nom inscrit au mémorial de Sainte-Anne et un grand-père qui ayant "fait" Verdun n'a jamais voulu en parler .

Tout ceci pour dire mon intérêt pour cette période charnière pour la Bretagne et les Bretons.

On vous le dit et le redit !

Ça fait plusieurs années que la "dispute" sur le nombre de morts bretons m'intrigue; j'en avais discuté avec Roger Laouénan, auteur d'une série d'ouvrages sur la Bretagne dans la guerre en m'étonnant de l'insistance avec laquelle certains revenaient en permanence sur le chiffre en question, comme si ces "méchants" Bretons racontaient n'importe quoi avec leurs "240 000" morts . A ma connaissance ce chiffre est seulement noté au Mémorial de Sainte-Anne d'Auray et a été mis en avant à l'époque à la fois par l'Etat et l'Eglise pour "souligner l'attachement des Bretons à la France" . A quoi correspond ce chiffre, je n'en sais rien mais il serait intéressant d'y revenir précisément et voir par exemple s'il n'inclue pas morts durant la guerre et morts à la suite de blessures après la guerre. Mais en fait ce qui est étonnant ici, c'est la leçon permanente que nous donnent les spécialistes auto-proclamés de la guerre de 14-18 en nous disant et redisant par presse locale interposée que non, non la Bretagne n'a pas eu plus de morts qu'ailleurs...Ce qui est "amusant" si je peux dire sur un tel sujet, c'est que quelque soit la démonstration, on en arrive malgré tout à la conclusion que la Bretagne a eu plus de morts que la moyenne française... Que l'on m'explique alors cet acharnement à démontrer le contraire .....

Nouveauté dans les leçons que nous sommes sommés d'apprendre, voilà maintenant que l'on nous dit que les poilus bretons parlaient français ( émission sur Tébéo relayée dans Le Télégramme) . En voilà une nouveauté .... Juste pour en revenir à une note personnelle, l'un de "mes" poilus ne parlait que français, et l'autre plus ou moins "gallo" . Bref, tout ceci pour sans doute nous faire comprendre que les Bretons de l'époque étaient aussi français que les autres. Et cerise sur le gâteau, l'on apprend que l'armée elle-même avait mis en place des sortes de "stages" pour diffuser le français. C'est possible mais c'est une fois de plus l'insistance actuelle à mettre en avant ce genre d'anecdote qui est pour le moins curieux.

Conclusion, on vous le dit et le redit, il n'y a aucun problème, les soldats bretons sont aussi français que les autres, pas plus de morts, pas de problème de langue.... Bizarre cette insistance, non ?


Parler breton et mourir pour la France




Vous me direz, tu exagères ! et bien pas du tout car voilà le ministre français de la défense qui nous sert un discours digne de la 3ème république ... C'était donc jeudi 16 octobre au Mémorial de Sainte-Anne d'Auray. Je cite : "Cent ans après, nous nous rassemblons dans le souvenir, solennel de tous les soldats bretons tombés au combat. Combat qui exigea de nos aïeux une force d'âme exceptionnelle. Le souvenir d'une Bretagne qui s'affirma dans la Nation prouvant qu'on pouvait parler breton dans les tranchées et mourir pour la France" ..... Et là, les bras m'en tombent... nous en sommes restés au discours des années 20 où l'on disait, par exemple, que les Bretons étaient deux fois français puisqu'ayant deux fois plus de morts que la moyenne.  Passons sur la "force d'âme exceptionnelle" qui relève de la pure langue de bois..Et arrivons à la dernière phrase ... Donc si je comprends bien le soldat breton brittophone est devenu français en mourant dans les tranchées et la Bretagne par le miracle du massacre de 14-18 est devenue respectablement française.... Je ne sais pas pour vous mais pour moi ce genre de propos sont proprement scandaleux et insupportables. En résumé, c'est comme si on avait dit aux mobilisés bretons "Prouvez que vous êtes français, mourrez pour la France !" . Je vous épargne l'analyse des pourquoi et des comment mais le fait qu'un ministre tienne de nos jours ce genre de propos souligne la persistance du problème que pose la Bretagne à la France . Ceci dit , ça correspond bien à l'ambiance générale où un président de la république charcute les régions sans rien demander aux populations, où un premier ministre nie l'existence d'un peuple alsacien et ose répondre à un conseiller régional breton qui lui parlait de "Nantes, capitale de la Bretagne" ... "vade retros satanas..." ... incroyable mais vrai .... Mais que Jean-Yves Le Drian en soit réduit à proférer ce genre de propos, ça devient tragique.

Pour en revenir au "parler breton et mourir pour la France", juste pour mémoire après la guerre, la pétition signée par de nombreux notables bretons  adressée au président américain Woodrow Wilson portant sur les droits linguistiques etc de la Bretagne est restée lettre morte, l'Etat français a continué son éradication de la langue bretonne, les prémices de la partition du territoire breton ont été engagés, sans parler de l'histoire de la Bretagne toujours pas enseignée si ce n'est pendant quelques années dans l'enseignement catholique, bref ... c'est bien gentil de radoter "parler breton et mourir pour la France" mais dans la réalité , la France n'a strictement rien fait pour reconnaître les spécificités bretonnes, pire elle s'est attachée à les détruire......

Qu'on nous ressorte ce genre d'inepties un siècle après le déclenchement de la première guerre mondiale en dit long non pas sur la Bretagne mais sur l'état de la France..... A croire que les Bretons auraient du suivre l'exemple de Louis-Napoléon Le Roux qui refusa de servir la France en 1914 et se réfugia en Irlande... Pauvre Yann-Ber Kalloc'h qui croyait que le sacrifice des Bretons leur permettrait d'obtenir la reconnaissance de leurs droits ..... Rien de rien .... Peanuts ....



Je passerai sur les incidents qui virent les porteurs de drapeaux bretons entourés de RGs, gendarmes et autres forces de l'ordre pour que les officiels ne voient pas ces étendards séditieux....Ridicule quand tu nous tiens ... d'autant que le bagad des pompiers du Morbihan en avait un bien visible ....


Que les états européens présentent leurs excuses !

Au lieu d'avoir à subir des cérémonies dites patriotiques où l'on raconte les mêmes discours convenus depuis des décennies, il serait grand temps, et pourquoi pas le prochain 11 novembre, que les états européens présentent de façon commune et solidaire leurs excuses à l'ensemble des peuples européens pour les atrocités et le massacre de masse perpétrés en 1914 - 1918 car cette guerre a été initiée uniquement par les états pris dans un engrenage politicien nationaliste délirant . Comme le disait le parlement d'Alsace-Moselle en 1913 ( et oui, l'Alsace-Moselle avait son propre parlement alors, institution supprimée par la France en 1919.... avant que l'Alsace elle-même ne soit rayée d'un trait de plume par M. Hollande en 2014...), comme le disait donc le parlement alsacien en 1913, il est inutile de faire cette guerre , l'Alsace n'en veut pas ..... L'on sait ce qu'il en est advenu.

Que les états présentent leurs excuses aux peuples européens et qu'ils arrêtent de s'auto-justifier dans des commémorations particulièrement déplacées.



jeudi 16 octobre 2014

Pierre Toulhoat, la disparition d'un "trésor national" ....

Pierre Toulhoat dans son atelier


Pierre Toulhoat , à 91 ans, est parti lundi dernier vers les terres de l'éternelle jeunesse et c'est un artiste majeur du renouveau culturel breton qui nous a ainsi quittés.

Les Japonais donnent le terme de "trésor national " aux artistes ou artisans considérés comme les gardiens de biens culturels incorporels importants: je trouve que ce terme de "trésor national" correspond bien à ce qu'était Pierre Toulhoat: un artiste, un artisan d'art, qui s'inspirant de la tradition bretonne, a fait vivre la culture bretonne à travers la céramique, les vitraux, les bijoux et bien d'autres supports.



Comme tout un chacun, m'intéressant à la Bretagne, à la fin des années 70, j'ai découvert les bijoux Toulhoat qui étaient pour moi des symboles du renouveau breton : bagues, hermines, triskells, croix celtiques... Qui n'a pas porté un jour un de ces bijoux fabriqués dans l'atelier Toulhoat ? Mais ce n'était que le côté le plus connu de l'artiste. En 1987, j'ai eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprises Pierre Toulhoat et j'ai découvert l'ampleur de sa créativité. Travaillant alors à l'Institut Culturel de Bretagne et dans le cadre de la cérémonie de l'ordre de Hermine désormais annuelle, Bernard Le Nail me demanda de voir avec Pierre Toulhoat s'il n'était pas envisageable de recréer le collier de l'Hermine qui serait remis à chaque récipiendaire de l'Ordre. Et c'est ainsi que je passais à plusieurs reprises des heures passionnantes avec Pierre Toulhoat chez lui près de Quimper, ravis tous les deux d'échanger sur notre passion commune pour la Bretagne, sa culture, ses artistes. Lui me parlant de son travail, de ses rencontres, de ses difficultés face aux tenants de la culture "officielle", me faisant visiter son atelier, s'attardant sur tel projet en cours, sur tel autre non-abouti, moi tentant de revenir au sujet précis du collier de l'Hermine .....

Le collier de l'Hermine créé par Pierre Toulhoat en s'inspirant de celui du Moyen-Age.

Je dois avouer que je restais bien plus que de raison à discuter avec ce personnage si attachant qui tel un conteur, livrait ses souvenirs  de Per-Jakez Helias, de ses ballades irlandaises avec ses copains du club des "Kasketerien" , des Jakez Fournier ou Jean-Jacques Hénaff. Bref, une plongée dans le renouveau breton des années 50, 60, 70 et 80.... Un vrai plaisir pour le néophyte que j'étais encore.

C'est là aussi que je me suis rendu compte de l'ampleur et de la diversité de ses réalisations: des céramiques, des faïences, des vitraux, des bronzes, des bijoux, des bannières, du linge de table, etc etc sans parler de son magnifique et extraordinaire jeu d'échecs en vermeil et argent exporté jusqu'aux USA .....

Je conseille le livre d'Armel Morgant consacré à Pierre Toulhoat et paru il y a quelques années chez Coop Breizh: vous y découvrirez le travail de cet artiste extraordinaire.


Durant les années qui suivirent, je rencontrai à nouveau Pierre Toulhoat  au gré de fêtes et festivals à travers la Bretagne mais c'est en 2012 que je repris le chemin de son atelier car son fils, Yves, qui avait repris la direction de l'Atelier Toulhoat, souhaitait offrir un collier à Nolwenn Leroy dans le cadre de la remise du Prix Bro Gozh en juin 2012 à Guipavas. C'est dans ce contexte que je rencontrais pour la dernière fois Pierre, bien diminué physiquement mais toujours prêt à se lancer dans un  projet; c'est alors que je lui demandais de créer une broche pour le Comité Bro Gozh mêlant des symboles gallois et breton et en le quittant je vis qu'il était déjà en train de la créer en pensée. Malheureusement ce projet n'aura donc pas vu le jour.

Oui, la Bretagne a perdu un "trésor national" avec la disparition de Pierre Toulhoat . 

Que Tir na n'Og l'accueille avec joie ! et que Ste Anne  (de la Palud) le prenne sous sa protection !


PS: que dire du silence autour de sa disparition... aucun hommage de nos politiques ni de nos cultureux qui sont pourtant prompts à dégainer dans ce genre de situation...... Quelle tristesse ...



« Secrets d’histoire sur Anne de Bretagne: pour en finir avec trois idées reçues… » ou comment en véhiculer d’autres ….

Dans un article mis en ligne ce 14 octobre sur le site de France 3 Bretagne, on nous apprend que l’on va en finir avec 3 idées reçues sur Anne de Bretagne. Nous avons déjà eu l’occasion de revenir sur ces « idées reçues » et de les démonter. C’est à se demander pour quelles raisons certains y reviennent en permanence ….
1/ Anne de Bretagne, Jeanne d’Arc, même combat
Curieux rapprochement qui vient en fait d’un journaliste de France 3 Nantes (« Pays de Loire ») qui souhaitait voir un rapport entre la Jeanne d’Arc du Front National et la Anne de Bretagne des Bretons, sans doute pour faire une sorte d’équation Bretons= extrême droite ? Ça c’est du travail journalistique, n’est-ce pas ?
Et voilà donc qu’on en appelle encore une fois à Alain Croix certes universitaire et historien mais absolument pas spécialiste de cette période qui vient nous dire « qu’on n’a pas demandé son avis au peuple »…. et que « l’union n’a posé aucun problème » …. M. Croix a conservé de ses engagements politiques passés un art certain de la dialectique. Qu’il nous dise donc où en Europe au XVème siècle on demandait son avis au peuple …. et « demander son avis au peuple » ça veut dire quoi exactement à cette époque ? La mémoire de M Croix est sélective pour le moins … Quid des Etats de Bretagne ? Quid de la résistance pendant des années des différentes villes bretonnes contre les armées françaises ? Par exemple, quid de ces marins quimpérois armant des navires pour défendre Nantes assiégé ? Ou encore des habitants de Clisson massacrés dans leur totalité parce qu’ils ne voulaient pas se rendre aux assiégeants français ? Et l’on pourrait en citer des dizaines d’exemples de ce type . Comment M Croix peut-il dire que « l’union n’a posé aucun problème » alors que les Bretons se sont battus pendant des années pour défendre l’indépendance bretonne et ont du faire face aux 50 000 soldats français envoyés pour mettre à genoux la Bretagne , soit le même nombre que la France enverra quelques années plus tard en Italie….. chiffre énorme pour cette époque….. Rappelons que le rapport en nombre d’habitants entre la Bretagne et la France à l’époque était de 1 à 10 ( 1 million d’habitants contre 10 millions.)
L’article indique que « la Bretagne n’était pas une principauté » alors que  les travaux récents de l’historien Frédéric Morvan aboutissent justement à qualifier la Bretagne de l’époque de principauté. Bien évidemment, si l’on suit un Didier Le Fur qui, malgré son nom, est un digne représentant de l’école historique française, la Bretagne n’est en fait pas grand chose… Certes, l’on peut indiquer ce que pense cette école historique française mais si l’on veut faire un travail sérieux, il faut aussi citer l’école historique bretonne ou encore l’école historique anglaise qui à travers les travaux de ses historiens apportent une vision différente . Les travaux d’un Jean Kerhervé ou d’un Michael Jones sont à citer. Il n’est guère juste de ne prendre que le point de vue « vainqueur », non ? Il faudrait aussi que nos journalistes se rendent compte que ces différences entre écoles historiques existent depuis des siècles et qu’elles sont le reflet des rapports de force politique de l’époque. Il est donc un peu fort de café de ne donner la parole qu’à deux représentants d’une seule et même école.
On passera rapidement sur l’anecdote portant sur le fait qu’Anne de Bretagne n’aurait pas parlé breton: d’une part, qu’est-ce que ça peut faire ? d’autre part, on n’en sait strictement rien…. Cette façon d’insister sur ce point est pour le moins curieux, comme pour rabaisser la « bretonnité » d’Anne de Bretagne….
2/ la reine aux sabots
Cette vision folkloriste et provinciale n’ayant plus cours depuis une éternité, on ne voit pas l’intérêt d’y revenir ….
3/ Anne de Bretagne à l’origine de la gratuité des routes
Décidément c’est une obnubilation des media , cette question de la gratuité des routes. Nous l’avons déjà dit et redit en deux points: d’une part, le statut fiscal du duché de Bretagne était différent de celui du royaume de France et d’ailleurs il est resté particulier jusqu’en 1789; d’autre part, la gratuité du réseau routier breton est la conséquence de la mobilisation des années 60 autour du CELIB, du projet de Loi-programme, des batailles du rail et du lait et … des attentats du FLB . Il est bien évident qu’Anne de Bretagne n’a rien à y voir et nous ne « plaidons » rien de particulier sinon d’indiquer des faits.
Bref, cet article de France 3 Bretagne est quelque peu curieux et bien incomplet.
Article de Stéphane Grammont
annedebretagnebonnetrouge
« Secrets d’histoire » sur France2 avec Stéphane Bern consacre son numéro d’octobre à Anne de Bretagne. L’émission, tournée à Nantes et Blois, retrace la vie de la reine de France. Mais bien qu’ attachée à ses terres, certains clichés circulent sur ce symbole de la région.

1/ Anne de Bretagne, Jeanne d’Arc, même combat

La duchesse Anne est considérée sur ses terres comme « le symbole de la Bretagne écrasée par le royaume de France » , selon l’historien Alain Croix, qui rappelle que l’union à la France à l’époque « n’a posé aucun problème: on n’a pas demandé l’avis du peuple... ». « Elle n’a jamais su parler ni compris le breton » souligne l’historienne Murielle Gaude-Ferragu dans Secrets d’Histoire.
Pourtant, la dernière duchesse de Bretagne véhicule aujourd’hui l’idée de résistance, d’une Bretagne toujours au bord de la révolution, une sorte de Jeanne d’Arc d’une région qui n’était toutefois pas une principauté. Didier Le Fur, auteur en 2000 d’une biographie de la duchesse, estime qu’avant même le mariage à Charles VIII, la Bretagne faisait déjà partie de la France, même si elle n’entrait pas dans le domaine royal et conservait certaines particularités comme le droit de battre monnaie.

2/ La « Reine aux sabots »

Anne de Bretagne a été élevée comme une fille de roi au château de Nantes. Elle vivait avec autour d’elle un personnel composé d’une centaine de personnes. Quatre siècles plus tard, Anne de Bretagne devient une icône, pour les nobles, mais aussi pour le peuple. Une expression circule, « A1nne de Bretagne, duchesse en sabot ». Cette expression vient d’une chanson populaire chantée dans les cour d’écoles à la fin du XIXè siècle.
« Anne de Bretagne ne devait pas avoir beaucoup d’occasion de se déplacer en sabots. Elle aimait le faste, et ignorait assez largement le peuple paysan breton » ironise  Bernard Quillet.

3/ Anne de Bretagne est à l’origine de la gratuité des routes

« Le contrat de mariage stipulait +pas d’octroi sur mes routes+ » plaide Jacques-Yves Le Touze, le coordinateur du Comité Anne de Bretagne qui organisait les fêtes du cinq-centenaire, et le système d’imposition du duché était différent. Malgré tout, c’est bien au Général de Gaulle et au « plan routier breton » de 1969 que l’on doit cette exception.
Anne de Bretagne 1
Cliquer sur l’image pour voir un extrait de l’émission de Stéphane Bern consacré à Anne de Bretagne.