jeudi 13 novembre 2014

L'Alsace rayée d'un trait de plume ... Et vous trouvez ça normal ?

La tragédie comique dénommée "réforme territoriale" connaît de nouveaux épisodes.

Après être passé au Sénat, ce projet de refonte des collectivités territoriales est arrivé à l'Assemblée nationale de Paris où tous les changements initiés par le Sénat ont été rejetés par la commission ad-hoc de l'Assemblée avant la discussion générale prévue la semaine prochaine. Exit donc un droit d'option assoupli pour les départements souhaitant changer de région, retour à une carte de 13 régions, sans parler de la réunification de la Bretagne qui est enterrée dans les placards dorés de l'assemblée parisienne.

Chacun sait mon engagement pour la réunification de la Bretagne qui mettrait fin à un véritable déni démocratique mais je souhaite cette fois-ci "pousser un coup de gueule" au sujet de l'Alsace.




Ainsi ces députés souhaitent une nouvelle fois que l'Alsace soit fondue dans une truc rassemblant aussi la Champagne, les Ardennes et la Lorraine et ceci en dépit de l'avis des sénateurs et de nombreux élus alsaciens sans parler de la population qui n'a pas droit la parole dans ce processus.

En 1914 la France se lançait dans le première guerre mondiale avec parmi d'autres, une  justification patriotique "il faut récupérer l'Alsace et la Lorraine"; un siècle plus tard, en 2014, des hauts fonctionnaires et élus de différents niveaux , rayent de la carte l'Alsace, en osant, pour certains, invoquer "le danger autonomiste contenu dans la question alsacienne".

Et donc ça n'a l'air de choquer que peu de monde de voir quelques personnes supprimer d'un trait de plume une région dont le nom est connu dans toute l'Europe, dont l'existence même est un véritable pont entre la France et l'Allemagne....

Alors quitte à être politiquement incorrect : l'Alsace française ne mérite plus d'exister selon ces messieurs-dames de Paris, à croire que l'Alsace aurait mieux fait de rester allemande, elle aurait toujours son parlement, serait un land  disposant d'une importante autonomie, serait sans doute officiellement bilingue et se porterait économiquement encore mieux......

Pour qui se prennent ces élus qui se fichent complètement des populations concernées ? Les mêmes qui en rajoutent en permanence sur leurs "valeurs républicaines" mais qui ont oublié ce qu'est une véritable démocratie , s'ils ne l'ont jamais su.

Lamentable.

3 commentaires:

André Corlay a dit…

En guise d'approbation à votre commentaire, en tant que bas-Breton, en retraite sous la ligne de démarcation "paysdeloirienne", doublé d'un amoureux de l'Alsace, je me permets de vous soumettre, sous forme d'Alexandrins, les sentiments qui m'ont animé quand le faux-jeton Ayrault, en 2010, a envoyé ses "marionnettes géantes" fêter avec les Berlinois les 20 ans de la chute de leur mur...




Me ‘zo ur Berlinad (Je suis un Berlinois)

Les Hommes, disait Newton, immense physicien,
Construisent trop de murs et pas assez de ponts.
Avides de pouvoir, trop de politiciens
Pavent leur pré carré de viols et d’annexions.

Pour conquérir le monde, un accès de folie
Mena les Allemands par un mauvais chemin.
Mais toi, damnée Bretagne, quel crime as-tu commis
Pour rester mutilée vingt ans après Berlin ?

Miraculeusement son mur enfin tombé
Réunifia, un jour, ce beau pays d’Allemagne,
Mais une Région d’Europe resta défigurée
Car un mur de la honte amputait la Bretagne.

De Nantes furent envoyées géantes marionnettes
Célébrer la naissance d’une nouvelle Allemagne.
Quel maléfice, ici, me prive d’une telle fête
Et perpétue ce mal qui ronge ma Bretagne ?

Vieux pays de nos pères, tu as su conserver,
Près de mille deux cents ans, intactes tes frontières.
Crains ce vénal serpent qui veut te diviser,
Jaloux de l’unité de ton peuple si fier.

La France, pays qui se dit démocratique,
D’un tiers de tes richesses prétend faire ablation
D’un vilain coup de plume sur la Loire-Atlantique,
Méprisant le courroux de ta population.

Héritée de Vichy pour briser les Bretons,
L’idée reste une aubaine pour maints opportunistes,
Cette démarcation étant belle occasion
De nombreux trônes dorés et sièges d’arrivistes.

Celui qui ne travaille que pour ses intérêts
De la démocratie réjouit les fossoyeurs.
Il ne prend guère soin de sa postérité
En dédaignant ainsi ses propres électeurs.

Quel est donc ce mystère, dès que vous êtes élus
Pour votre savoir-faire et votre probité,
Qui tend à faire de vous, des urnes frais émoulus,
Ces félons prêts à vendre même leur identité ?

Foin de vos boniments, girouettes de salons,
Fi de vos beaux discours, de vos feintes promesses,
Abattez là ce mur qui fâche les Bretons
Ou le prochain scrutin vous bottera les fesses !

André Corlay

Breton du sud isolé de son peuple par un mur de la honte administratif entretenu par un État français pourfendeur de la démocratie
dans son éternelle peur de l’unité de cette Bretagne dont il est si désespérément jaloux de l’identité qu’il rêve de la détruire…

Titre inspiré du fameux « Ich bin ein Berliner » du regretté John Fitzgerald Kennedy à Berlin-Ouest, le 26 juin 1963
Texte inspiré par la célébration par la ville de Nantes, en 2010, du vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin.



B Urvois a dit…

Oui moi aussi, je suis totalement sidéré par leur manière de faire à ces élus complètement désincarnés. J'en veux surtout au PS qui se comporte comme un parti autiste renfermé sur lui-même et déconnecté des réalités. C'est particulièrement vrai en Bretagne où on a l'impression qu'il a trahi toutes ses promesses. On s'en souviendra.

Maidele a dit…

Je suis de l'autre côté de la situation : Alsacienne qui aime beaucoup la Bretagne. Merci pour votre soutien, plus que nécessaire dans cette période... C'est fou de voir comme notre identité culturelle est niée (ou alors leur fait tout simplement trop peur).
Bonne continuation à vous ! :)