jeudi 31 décembre 2015

Bloavezh Mat ! ... ha ra vezo digabestr ma bro !

Pour vous souhaiter à tous et à chacun une Bonne Année 2016, je vous transmets le discours du président irlandais Michael D Higgins au sujet de l'année 2016 qui verra la commémoration du centenaire du soulèvement irlandais de Pâques 1916. De quoi réfléchir sur notre propre Bretagne... Ra vezo digabestr ma bro....


jeudi 24 décembre 2015

Nedeleg Laouen ! Joyeux Noël ! Merry Christmas !

Nativité , Livre d'Heures de Catherine de Rohan et de Françoise de Dinan, 1450-1455, Bibliothèque de Rennes.

samedi 19 décembre 2015

Petite ballade à Brest sur les pas de Pierre Péron

L'hiver est un moment propice pour faire un peu de tourisme urbain et découvrir ou redécouvrir les grandes et petites villes de Bretagne.

Pierre Péron, un artiste génial et très moderne

D'ici le 3 janvier prochain, vous pourrez ainsi faire un saut jusqu'à Brest pour découvrir deux expositions consacrées à Pierre Péron, artiste aux talents multiples (1905-1988).



Première étape au Musée des Beaux-Arts, 24 rue Traverse, un bâtiment typique de la reconstruction particulièrement familier au Lorientais que je suis ... On dirait un des anciens bâtiments du Lycée Dupuy de Lôme de Lorient... Ici, est présenté un Pierre Péron dessinateur, graphiste, affichiste, membre des Seiz Breur, passionné par sa ville de Brest, ayant travaillé pour les maisons Hermès et Le Minor, des compagnies de transatlantiques, des brasseurs, grand ami de René-Yves Creston, collaborateur du Télégramme, créateur de bijoux chez Kelt, ...


Cette présentation a changé ma perception de cet artiste beaucoup plus divers et multiple que je ne le pensais jusqu'à présent. Avec son style très particulier, il occupe une place un peu à part dans le monde du renouveau culturel breton et cette exposition rend bien hommage à son talent multiple.


Ayant été peintre de la Marine, c'est tout naturellement que le Musée de la Marine situé au château de Brest expose une quarantaine de ses œuvres consacrées à la marine et à Brest dans ses différentes salles.(L'exposition a été prolongée jusqu'au 3 janvier en partenariat avec le Musée des Beaux-Arts).





A travers ses dessins, ses tableaux, c'est toute l'histoire brestoise  du XXè siècle qui reprend vie. 



Le château de Brest, un patrimoine exceptionnel

L'envie de découvrir l’œuvre de Pierre Peron m'a fait entrer dans un lieu que je ne connaissais pas encore, le château de Brest et je dois dire que j'en suis sorti impressionné.... D'une part, par le musée en tant que tel qui est remarquable, d'autre part par la scénographie muséographique tout à fait actuelle et enfin par le château en lui-même.

Le donjon du château de Brest. Sur la gauche l'un des piliers du pont de Recouvrance.

Lieu fortifié depuis l'antiquité, ce site est devenu sous les ducs de Bretagne une puissante forteresse dont la vocation était de protéger les voies maritimes commerciales entre Portugal, Espagne, Bordelais , Bretagne et Angleterre, Flandres, etc.. Duguesclin considérait que c'était une place imprenable .Vers 1460, le château avait une garnison permanente de 500 soldats et disposait d'une centaine de pièces d'artillerie dont 50 canons, chiffres importants pour l'époque. Et la visite du Musée qui se répartit entre 2 tours et le donjon permet de constater l'importance du château. Les salles d'apparat du donjon où résidaient les souverains bretons de passage ainsi que le gouverneur du château sont impressionnantes par leur taille et la décoration en kersanton. A noter la rénovation en cours du bâti depuis quelques années qui est particulièrement réussie. Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce lieu, à voir absolument.





Quelques douceurs en cette période Noël ! 

La culture, c'est aussi les livres et Brest propose l'une des librairies les plus intéressantes de Bretagne, la librairie Dialogues , Square Mgr Roul, le long de la rue de Siam. Un vrai plaisir que de déambuler dans ce lieu où l'envie de rester des heures à feuilleter les dernières nouveautés est ...forte ! A quelques encablures, un vrai palais de la gourmandise dont le patron Jean-Yves Kermarrec est le frère du fondateur de la libraire Dialogues, Charles Kermarrec, "Histoire de Chocolat" , au 62 rue de Siam.. Clin d’œil à la librairie, le produit phare de ce Noël 2015 c'est un livre "Histoire de Chocolat" empli de ... chocolats ..... Un endroit fait pour les lipouzerien , c'est certain ! Pour ceux qui auraient encore une petite faim, à quelques pas le restaurant L'Imaginaire, 23 rue Fautras, qui dans une ambiance moderne scandinave, propose une cuisine inventive . Il n'y a aucun choix, c'est la surprise du chef . Sympa.

Après avoir crapahuté dans les tours du château, on traverse le pont de Recouvrance jusqu'à la petite place Pierre Péron ( eh oui on y revient) pour faire quelques emplettes dans un delicatessen consacré à la viande, Meat Couture. Les patrons d'origine ukrainienne et après un passage à New York ont posé leurs valises à Brest dans cet établissement avec vue sur le château  et proposent une boucherie new look dans un décor new yorkais tendance Soho. Tout à fait étonnant et on peut aussi y manger.

Ce ne sont que quelques conseils pour agrémenter votre visite des deux expositions Pierre Péron qu'il faut absolument voir avant le 3 janvier ! Ne pas oublier d'acheter au Musée des Beaux Arts le catalogue de l'exposition réalisé sous la direction du graphiste Fañch Le Henaff.



vendredi 18 décembre 2015

Une journée historique ce jeudi en Corse

Il est très rare de ressentir une telle émotion dans l'enceinte d'une collectivité locale comme ce fut le cas hier en fin d'après-midi dans la salle des délibérations de la Collectivité territoriale de Corse à Ajaccio.

Faisant suite à la victoire des nationalistes corses dimanche dernier, l'Assemblée de Corse procédait à l'élection de son président ainsi qu'à celui des conseillers exécutifs formant une sorte de gouvernement de la Corse.

L’élection de Jean-Guy Talamoni, leader indépendantiste, à la tête de l'Assemblée fut en elle-même déjà un véritable évènement mais le moment le plus fort fut sans aucun doute le discours du nouveau président Gilles Simeoni, sous les yeux de son père, Edmond Simeoni, figure historique du nationalisme corse.



"A partir d'aujourd'hui une autre histoire commence et nous allons l'écrire ensemble", a-t-il déclaré avant de conclure "Evviva a Corsica ! Evviva u populu corsu ! Evviva a demucrazia !" sous un tonnerre d'applaudissements suivi de l'hymne national corse, le Dio vi salvi, Regina, repris en coeur par les spectateurs et tous les élus debouts.

Ce moment d'histoire a été suivi d'un évènement plein de symboles forts, la prestation de serment en corse des membres du Conseil exécutif corse sur un livre de 1758 , "Giustificazione della revoluzione di Corsica", ouvrage le plus important publié en Corse durant la période de l'Etat corse dirigé par Pasquale Paoli.



"Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le respect absolu de l’intérêt général et au service du peuple corse.
Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions avec honnêteté, justice, probité, équité et intégrité.
Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions en considérant avec la même attention le fait majoritaire et l’opinion de la minorité, et en respectant la diversité de toutes les convictions.
Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le constant souci de la transparence, et le respect des droits et principes démocratiques et humanistes.
Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le cadre universel du droit des peuples à maitriser librement leur destin."

Ce jeudi 17 décembre restera dans l'histoire corse comme étant sans aucun doute un pas important sur la longue route de l'émancipation du peuple corse .


mardi 1 décembre 2015

Runrig de nouveau à l'affiche !



Il y a bien longtemps, au début des années 80, nous nous baladions sur l’île de Skye en Ecosse et au détour d'une petite route, nous nous arrêtâmes dans une boutique station service comme on n'en fait plus.

Entre payer l'essence et acheter quelques bricoles,je regardais le tourniquet où il y avait quelques cassettes ( les plus jeunes ne savent même plus ce que c'est ...) de musique écossaise et je demandais à la dame qui tenait la caisse ce qu'elle me conseillait comme musique : elle m'indiqua une cassette dénommée "Heartland" du jeune groupe Runrig en me disant que c'était excellent et avec des jeunes de Skye.. .

Et depuis je ne les ai pas quittés ... C'est sans doute le seul groupe dont j'ai tous les CDs et DVDs ... Je les ai vu à deux reprises au festival de Lorient mais ça n'a jamais réellement "pris" en Bretagne. Runrig est LE groupe avec Capercaillie à avoir remis le gaélique et la musique gaélique à la mode et aussi à avoir accompagné l'émancipation de l'Ecosse durant les années 90.

C'est d'ailleurs la politique qui mit à mal le groupe, le chanteur d'alors se retrouvant député travailliste, le reste du groupe soutenant le SNP. Le groupe ne se remit pas totalement de cette fracture. Il n'empêche que Runrig est devenu un groupe mythique de la musique écossaise, ses airs et mélodies étant repris par de nombreux autres artistes.

C'est donc avec un très grand plaisir que j'ai découvert le premier morceau de leur nouveau et sans doute dernier disque (après 42 ans de carrière) dont voici le clip:


Si vous en avez l'occasion, allez les voir lors de leur tournée 2016 ! Voir leur site ici.


jeudi 26 novembre 2015

Migrants, économie, sécurité : oui à l'Europe, non aux postures hypocrites et autoritaristes .



Que l'on me permette ici un petit coup de gueule qui vient d'une exaspération grandissante depuis plusieurs mois au fil de l'actualité devant l'hypocrisie d'une bonne partie du personnel politique français à laquelle s'ajoute désormais un discours frôlant l'autoritarisme.

Je ne prendrai que 3 exemples récents.

Vous avez dit dumping social ?

La Bretagne en connaît les effets dévastateurs, ce dumping social qui permet dans un autre pays européen d'embaucher des salariés à moindre coût et qui aboutit à une concurrence déloyale entre, par exemple, des entreprises agro-alimentaires installées en Bretagne et celles basées en Saxe ou ailleurs . Bien évidemment c'est insupportable et incompréhensible dans une Europe que l'on croyait unie et solidaire.Et nos responsables de dénoncer les coupables : l'Europe, l'Allemagne, l'Euro et j'en passe. Les mêmes responsables d'ailleurs qui ont freiné la construction européenne en diabolisant toute évolution fédéraliste. Il y a quelques années, l'Allemagne consciente des problèmes économiques à venir avait fait une proposition à Paris portant sur l'harmonisation économique accompagnée d'une harmonisation fiscale et de la mise en place d'institutions fédérales...La chancellerie allemande attend toujours la réponse de Paris.... A croire que dans les faits, la France n'est pas intéressée par cette fameuse harmonisation ( et il est vrai que dans le cadre d'une telle harmonisation, le système français devrait fortement être revu ). mais comme on vous le dit, c'est la faute de l'Europe !

Cachez ces migrants qu'on ne saurait voir

L'arrivée massive de migrants en provenance des pays touchés par la guerre a suscité une sorte de concours d'hypocrisie au sommet de l'Etat. Les arrivées devenant de plus en plus nombreuses, nos responsables ne purent en rester aux vœux pieux et aux larmes de crocodile et une petite musique a commencé à se faire entendre au printemps dernier pointant l'inefficacité des premiers pays touchés comme la Grèce, la Hongrie ou encore la Roumanie en y rajoutant d'ailleurs la ritournelle habituelle "C'est la faute de l'Europe". Et lorsque la Commission européenne proposa une mesure de solidarité assez évidente, c'est à dire une répartition des réfugiés à travers les différents états européens suivant leurs moyens, l'un des premiers à s'élever contre cette proposition fut la France aussitôt suivie avec empressement par les états les plus conservateurs. Puis vint le piteux rétropédalage français.... Le vrai bazar qui s'en est suivi avec des dizaines de milliers de réfugiés sur les routes européennes, des barrières qui s'élèvent ici ou là ne fait que souligner l'absence d'une véritable Europe capable d'intervenir dans les pays du sud et du sud-est européen pour gérer au mieux ce drame humain et humanitaire : où sont les gardes-côtes européens ? où est la police européenne ? Ben non, ça n'existe pas et tout reste au bon vouloir des états.... mais comme on vous le répète à foison, c'est la faute de l'Europe !

Se dédouaner en accusant les autres 

L'abominable drame que furent les attaques djihadistes à Paris a donné lieu là aussi à un concours d'hypocrisie mettant en cause l'Europe et la Belgique accusées à tour de rôle d'inefficacité sinon de nullité . Encore une facilité pour éviter les questions qui dérangent . Il est quand même bon de rappeler que la France a été l'un des premiers états à refuser la mise en commun des fichiers des passagers aériens intra-Europe, que les services français ne veulent pas de la création d'une agence européenne du renseignement, etc... Quand on sait ça, c'est encore plus insupportable d'entendre divers commentateurs et différents politiques mettre sur le dos de l'Europe l'absence de politique commune en la matière.

Comment courir après le FN

Donc voilà nos donneurs de leçons patentés qui après avoir dénoncé l'Europe comme source de tous nos maux en arrivent à des postures martiales et autoritaristes. Certes il est tout à fait normal qu'après de si dramatiques événements, l'on veuille arrêter toute personne plus ou moins mouillée dans ces opérations. Mais il n'y a aucune véritable raison pour développer des discours autoritaires assez choquants je dois dire. Ou alors il y a une  bonne raison...... courtiser les électeurs du FN. Et hop on sort le drapeau français, et hop on fait des discours ultra-sécuritaires, ou encore on veut changer une constitution (on se demande bien pourquoi d'ailleurs ), et zou on interdit des manifestations à tour de bras au nom de , au nom de quoi en fait ? Serions-nous en période électorale  ah ben oui en fait ! Où sont les démocrates ? On ne voit plus que des républicains  brandissant leurs valeurs républicaines comme Moïse brandissait les tables de la Loi. Où sont les pro-Europe ? Il n'y a en plus maintenant dans les medias que pour les thuriféraires de l'ordre, de la République une et indivisible, tous aspirés petit à petit par le trou noir qu'est ce FN .... Par la même occasion, la Bretagne est sommée de disparaître derrière ces cohortes de bleu-blanc-rouge et de Marseillaise. Plus de Bretagne, plus d'Europe, terminé, fini.... Comme si partager la peine, rendre hommage ne pouvait se conjuguer qu'en bleu-blanc-rouge ...

L'Europe, seule voie d'avenir pour la Bretagne

Le choix pour la Bretagne est relativement simple désormais: se retrouver enfermée dans un hexagone replié sur son nombril dont la vie politique n'évolue qu'au rythme du FN ou alors participer à la construction d'une véritable fédération européenne garante de notre développement économique, de nos droits démocratiques, de la diversité linguistique et culturelle. Ceci dit, la construction européenne est une longue aventure ainsi que l'émancipation de la Bretagne mais les prochaines élections régionales offrent l'occasion de conforter l'avenir de la Bretagne dans une véritable Europe unie et diverse. Ne vous trompez pas de bulletin ! Donnons un coup d'air frais et chassons tous ces miasmes sentant le renfermé .

vendredi 20 novembre 2015

Hersart de la Villemarqué, pourquoi tant de haine ?

Théodore Hersart de la Villemarqué, 1884, par Évariste-Vital Luminaise


Le CRBC organisait fin de semaine dernière deux jours de colloque au Manoir de Kernault autour de la figure de Théodore Hersart de la Villemarqué à l'occasion du bicentenaire de sa naissance.

Les divers intervenants ont tenté avec succès de cerner la personnalité de l'auteur du Barzaz Breizh en abordant son environnement familial, ses engagements politiques, ses réseaux, ses liens avec le Pays de Galles, ses différents ouvrages.

Deux journées particulièrement éclairantes et qui m'ont permis de mieux comprendre les polémiques très violentes dont La Villemarqué fut l'objet pendant des décennies et même pendant près d'un siècle. Rappelons qu'assez rapidement , La Villemarqué fut accusé d"avoir "inventé" les textes du Barzaz Breizh, polémique qui allait durer jusqu'à ce que Donatien Laurent étudie les cahiers de collectage conservés dans la famille La Villemarqué et établisse la véracité du collectage effectué par Théodore Hersart.

Pourquoi donc tant de haine envers le Barzaz Breizh et La Villemarqué ?

C'est au fil des différentes interventions et aussi des remarques et questions du public que je me suis fait une idée assez précise des raisons qui ont poussé certains pendant près d'un siècle à vouloir absolument détruire ce personnage et son oeuvre.

On peut finalement dire que le Barzaz Breizh est un peu l'arbre ( très gros arbre !) qui cache la forêt des actions de La Villemarqué qui ont influencé la Bretagne et sa culture jusqu'à aujourd'hui.

L'interceltisme

En participant à l'Eisteddfod d'Abergavenny en 1838 au Pays de Galles, La Villemarqué pose ce que l'on pourrait appeler la première pierre des relations interceltiques des temps modernes, relations qui ne cesseront de se développer jusqu'à aujourd'hui. Alors bien entendu en cette période de romantisme qui marque la première moitié du XIXème siècle, la vision développée par La Villemarqué et ses collègues nous paraît emprunte de rêves et de brumes bien éloignées de la réalité mais il  n'en reste pas moins que La Villemarqué est l'un sinon le fondateur de l'interceltisme.

La langue bretonne

Jusque-là, je n'avais pas trop fait attention aux liens profonds entre La Villemarqué et Jean-François Le Gonidec, le grand linguiste. C'est en s'appuyant sur les travaux de Le Gonidec, que La Villemarqué va tenter d'imposer une réforme orthographique de la langue bretonne ainsi qu'un travail sur le vocabulaire en s'inspirant de l'exemple gallois. Avec plus ou de moins de succès, La Villemarqué sera pendant des décennies le porte-parole de la modernisation linguistique bretonne par volonté de sortir la langue bretonne de l'état dans lequel elle lui semblait se complaire. Cette volonté sera reprise par d'autres durant le siècle qui suivra et provoquera des débats sans fin assez violents jusqu'à la fin des années 1990.

Le réveil des nationalités

Le XIXème siècle a été marqué par ce que l'on nomme "le réveil des nationalités" avec le retour sur la scène européenne de peuples qui jusque là avaient disparu, enfermés et étouffés par les empires, royaumes et autres républiques, Tchèques, Écossais, Croates, Irlandais, Baltes, ce sont des intellectuels, des artistes, des écrivains, des musiciens qui remettent à l'honneur leur propre culture en tentant de la mettre au "niveau" des grandes cultures européennes dominantes. C'est dans ce contexte européen que l'on peut replacer La Villemarqué et ses amis. Grâce à leur travail et à leurs oeuvres, la Bretagne a retrouvé sa place sur la carte européenne. Même si la dimension politique en Bretagne aura pris moins d'importance qu'ailleurs tout au moins dans l'immédiat, le résultat fut que la Bretagne, sa culture et sa langue, retrouvèrent une nouvelle jeunesse aux yeux des intellectuels européens.

Critiquer le Barzaz Breizh pour affaiblir La Villemarqué

La violence des attaques contre le Barzaz Breizh peut s'expliquer bien entendu par diverses raisons, notamment du fait de fortes inimitiés personnelles, des problèmes d’ego, etc... Mais le fait que ces attaques continuèrent longtemps après la disparition de La Villemarqué m'amènent à penser que le sujet véritable n'est pas le Barzaz Breizh en tant que tel. L'inimitié, la haine, les attaques développées contre La Villemarqué portent en fait sur son rôle joué à travers ses œuvres, ses actions pour la renaissance de la Bretagne, de sa culture et de sa langue.

On a voulu l'enfermer dans des accusations de menteur, affabulateur, réactionnaire mais rien n'y a fait. Grâce à son travail et à celui de ses amis, la Bretagne a pu retrouver sa place au sein des cultures européennes au grand désespoir sans doute de ceux qui auraient voulu (voudraient) confiner la Bretagne au rôle de province quelque peu folklorique.


PS: juste deux points . Il a été question à plusieurs reprises d'Auguste Brizeux et il m'a semblé que son rôle a été sous-estimé jusqu'à présent; il serait intéressant de revenir sur ce personnage à l'occasion d'un prochain colloque. Enfin c'est l'occasion de souligner le travail extraordinaire de Fanch Postic, depuis 25 ans cheville ouvrière de Kernault, membre du CRBC et du CNRS.

mardi 10 novembre 2015

11 novembre : bis repetita ... malheureusement ..

En octobre 2014, j'écrivais ici même un article consacré aux commémorations du 11 novembre (voir l'article) qui se terminait par le paragraphe ci-dessous. Malheureusement, ces mots sont toujours d'actualité et je les republie donc ce 11 novembre 2015.

Que les états européens présentent leurs excuses !

Au lieu d'avoir à subir des cérémonies dites patriotiques où l'on raconte les mêmes discours convenus depuis des décennies, il serait grand temps, et pourquoi pas le prochain 11 novembre, que les états européens présentent de façon commune et solidaire leurs excuses à l'ensemble des peuples européens pour les atrocités et le massacre de masse perpétrés en 1914 - 1918 car cette guerre a été initiée uniquement par les états pris dans un engrenage politicien nationaliste délirant . Comme le disait le parlement d'Alsace-Moselle en 1913 ( et oui, l'Alsace-Moselle avait son propre parlement alors, institution supprimée par la France en 1919.... avant que l'Alsace elle-même ne soit rayée d'un trait de plume par M. Hollande en 2014...), comme le disait donc le parlement alsacien en 1913, il est inutile de faire cette guerre , l'Alsace n'en veut pas ..... L'on sait ce qu'il en est advenu.

Que les états présentent leurs excuses aux peuples européens et qu'ils arrêtent de s'auto-justifier dans des commémorations particulièrement déplacées.


Pour ceux qui veulent participer à un événement ce 11 novembre , rendez-vous à Ste Anne d'Auray.



mercredi 28 octobre 2015

Langues minorisées au sénat: gauche et droite, tous hypocrites....

Alors qu'avec la même hypocrisie, gauche et droite enterrent la charte européenne des langues minorisées, souvenons-nous de Charles-Marie Guillois , cette voix bretonne de la Résistance qui s'exprima en breton sur les ondes de la BBC et dont la lettre à De Gaulle à la Libération demandant une reconnaissance officielle de la langue bretonne resta sans réponse ..... Et ça continue depuis .... Bref ne comptons que sur nous-mêmes ....

lundi 26 octobre 2015

Le discours très politique de Martial Menard, président d'honneur du Salon du Livre en Bretagne.

Samedi matin, lors de l'inauguration à la salle Glenmor de Carhaix, de la 25e édition du Salon du Livre en Bretagne, nous avons eu droit à quelque chose de finalement assez rare dans le monde culturel plutôt prudent habituellement, un discours d'ouverture très politique et engagé. Vous trouverez, ci-dessous, la version en français des propos de Martial Ménard.



Bonjour à tous,

C’est un grand plaisir pour moi d’avoir été choisi par les organisateurs comme président d’honneur de ce 26e Festival du Livre en Bretagne. Je les en remercie de tout cœur. C’est un grand plaisir pour plusieurs raisons. D’abord je n’oublie pas que j’ai moi-même été éditeur pendant près d’un quart de siècle, ce qui représente quand même quelque chose. C’est encore un grand plaisir, n’allez pas croire que j’aime les honneurs : je le laisse à ceux dont on entend le nom de Bretagne à l’approche de certaines élections, comme ce sera le cas en décembre. Non, c’est surtout un grand plaisir car je n’oublie pas ce qui se passa à Quimper il y a 25 ans, alors que je déjeunais en compagnie de Jean-Yves Cozan, Charlie Grall, quelques membres de Stourm ar brezhoneg, une poignée d’élus et quelques représentants de l’Equipement, pour trouver une solution à la mise en place du bilinguisme signalétique. C’est là, entre la poire et le fromage, que naquit le Festival du Livre de Carhaix. Et il continue, année après année, d’honorer le travail des éditeurs en Bretagne ! Il faut louer la constance et la persévérance des organisateurs : c’est un exemple pour tous ceux qui veulent faire quelque chose pour la Bretagne, tant au point de vue culturel que politique.

On a entendu beaucoup de discours depuis la première inauguration du festival par Youenn Gwernig en 1990. Je voudrai rappeler quelques paroles de Pêr Denez lorsqu’il fut lui aussi président d’honneur;

A l’occasion du Festival du Livre on verra à Carhaix tout ce qu’on édite aujourd’hui en breton. Les gens seront contents : il y a beaucoup de livres, des livres de toutes sortes, bien imprimés, bien illustrés, de quoi intéresser toutes sortes de lecteurs.

Ce qu’on ne verra pas, c’est le dévouement, le sacrifice, le volontariat des militants qui travaillent sans gloire pour faire vivre leurs éditions. Pour les faire vivre ou survivre, tant il est difficile de trouver des lecteurs dans un pays où l’on apprend à lire qu’à un nombre restreint de gens.
Que nos ouvrages soient beaux et bons – et ils le sont – ils sont peu de choses comparés aux éditions en français. Comme sont peu nombreux les élèves à qui on enseigne dans leur langue, dans les écoles Diwan ou bilingues, comparés à ceux à qui elle n’est enseigné en aucune manière. Tout comme est indigente la place réservée à notre langue à la radio et à la télévision, et plus indigente encore dans la vie publique et administrative.

Il nous faut mener un dur combat, un combat révolutionnaire pour gagner à notre peuple, à notre pays, à nous-mêmes, le droit de vivre libre et librement notre culture.

20 ans après Pêr Denez, on peut dire exactement la même chose, ce qui à l’évidence n’est pas un bon signe.

Car c’est dire que la politique menée par la Région n’a pas été efficace, malgré les belles paroles que l’on entend parfois, et il n’y a pas encore très longtemps.

Car c’est dire clairement que l’Etat français continue un subtil et hypocrite travail de sape en faisant semblant de défendre les langues minoritaires, avec la Charte Européenne, par exemple, charte qui a été signée, mais pas ratifiée.

Car c’est dire encore plus clairement que nous ne combattons avec suffisamment de force et de pugnacité pour recouvrer nos droits linguistiques. Nous n’avons pas besoin de gens qui disent être d’accord avec la langue bretonne : nous avons besoin de gens qui parlent le breton et qui le transmettent à leurs enfants et leur entourage, au vu et au su de tous. Car il y a beau dire, si les Bretons veulent que leur langue vive, il leur appartient de la parler au quotidien pour tous les besoins de leur vie, et encore plus pour les besoins de l’esprit que ceux du cœur. Ceci fut dit on ne peut plus clairement en 1968 par un Irlandais, Eoghan O Neil : « Une nation sans une langue et le courage de ses convictions, pense comme une province, se comporte comme une province, est traitée comme une province ». Pour bien comprendre cette phrase, il faut savoir que le mot « province » signifie « pays vaincu » (du latin vincere vaincre).

Je voudrai également rappeler le titre d’une chanson qui connu son heure de gloire dans les années 1970, une chanson d’Alan Stivell : « Hep brezhoneg, Breizh ebet ! » (sans langue bretonne, pas de Bretagne !). C’était plus qu’un titre : un titre-slogan ! Ce slogan indique clairement que la langue bretonne est l’essence même de la Bretagne, exactement ce qui fait que la Bretagne n’est pas une province, mais un pays dans tous les sens du terme, avec tous ses droits à reconquérir.

***


Et puisque nous sommes à Carhaix, une ville depuis longtemps exemplaire pour l’emploi de la langue bretonne, grâce au travail de gens constamment impliqués dans la lutte pour défendre l’intégrité de la Bretagne, l’avenir de notre langue, la vie de notre économie, de notre culture, en refusant de vivre dans une province ; puisque nous sommes à Carhaix donc, et que les futures élections régionales approchent, je rappelle que la liste Oui la Bretagne menée par monsieur le maire portera très haut les couleurs et l’honneur de la Bretagne. Ce sera un honneur pour chacun d’entre nous de porter cette liste vers la victoire et cesser d’être une province.

jeudi 22 octobre 2015

A Carhaix, samedi, pour l'avenir de la Bretagne !


Quand un élu lorientais ne sait plus ce qu'est la culture bretonne ......

Je viens de lire sous la plume d'un élu lorientais la phrase suivante parlant du Bagad Sonerien an Oriant : "Ce Bagad est une des nombreuses facettes de la vitalité des cultures d'origines populaires à Lorient, dont la culture bretonne est un des aspects." .....

Euh.... faudra préciser ce que ça veut dire car là, on dirait le discours qu'on entend dans la bouche d'élus de Loire-Atlantique quand ils sont obligés de dire quelque chose sur la culture bretonne tout en la minimisant et tout en disant que ben non, y a aussi autre chose, etc etc.... 

La culture bretonne est la résultante de toutes les expressions culturelles présentes en Bretagne et pas un aspect quasi folklorique et marginal de la Culture avec un grand C comme voudraient nous le faire croire les bien-pensants de la culture officielle... 

Là je dois dire que je suis sponté par une telle phrase provenant d'un élu qu'on aurait cru un peu plus cohérent dans ce domaine. Où on va là ?

lundi 17 août 2015

Pour prolonger le Festival interceltique, des artistes cornouaillais et manxois à voir jusqu'au 6 septembre à Lorient.

La Galerie du Faouëdic à Lorient propose jusqu'au 6 septembre, du mercredi au dimanche, de 14h à 19h, une exposition montée conjointement par la Cornouailles et l’Île de Man , "Celtic Myths and Legends, past and present", dans la cadre du Festival interceltique.

8 artistes , 4 de chaque pays, exposent leur vision toute personnelle des mythes et légendes passés et actuels de Cornouailles et de Man.

3 artistes ont plus particulièrement attiré mon attention.

En premier lieu, Julie Roberts, manxoise, qui présente une série de dessins autour de la mythologie de son île, tout à fait réussis.


Aonbharr  


Mannanin, le dieu de la mer qui donna son nom à l'Ile de Man.


Dans un style tout à fait différent, le cornouaillais Leo Sharpe propose une série de photos époustouflantes de skaters dans des sites extraordinaires illustrant ainsi une nouvelle pratique mythique si l'on peut dire. Tout à fait étonnant.


A noter une installation du l'artiste cornouaillais James Eddy.


Catalogue bien fait à disposition gratuitement des visiteurs, catalogue multilingue présentant les artistes en anglais, cornouaillais, manxois, français ...... et .... ben non, rien en breton ....... Que voilà une faute de goût .....

A voir jusqu'au 6 septembre.

samedi 15 août 2015

Musique bretonne : à quand un véritable centre d'interprétation ? Ça urge !

Dans le monde de la culture, de la langue, de la musique bretonnes, qui ne connait pas Alan Le Buhé? Ce sonneur depuis l'âge de 9 ans, fondateur des bagadoù de Carnac et de Locoal-Mendon, devenu président de Bodadeg ar Sonerion de 1991 à 1998, vous pouvez le rencontrer régulièrement ici ou là avec son impressionnante exposition de cornemuses et de bombardes de Bretagne et d'ailleurs.



Car , Alan Le Buhé est le créateur en 2009 de l'association Dasson an Awel qui s'est donné pour but de promouvoir et d'expliquer ces instruments bretons mais aussi universels que sont la cornemuse et la bombarde. Grâce aux dons de particuliers et de collectionneurs, Dasson an Awel possède désormais près de 120 instruments de Bretagne, d'Europe et d'au-delà.

C'est au rez-de-chaussée du Palais des Congrès de Lorient qu'Alan Le Buhé a expliqué pendant dix jours  de FIL  aux nombreux visiteurs tous les secrets et petites et grandes histoires de ces instruments.

Au détour de la conversation, c'est ainsi que j'ai appris la fermeture en 2005 du Musée national des Arts Populaires de Paris ( ce qui m'avait échappé ...) et dont toutes les collections se retrouvent au MUCEM (Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) de Marseille... Problème, les collections de cornemuses se trouvent donc désormais dans les réserves du dit MUCEM , dont la collection d'Yves Moreau de Bellaing, fils du capitaine Léopold de Bellaing, officier du 73e régiment d’infanterie de Guingamp pendant la première guerre mondiale  célèbre pour sa "clique" de binious-bombardes..... Tout ça enterré à 1000 kms de la Bretagne ...

Dans le même genre lamentable mais plus près de nous puisqu'une collection de cornemuses séjourne dans les caves du Musée de Brest... Cette collection rassemblée par Polig Monjarret à l'époque du Festival des Cornemuses qui se tenait alors à Brest, appartient à la Ville de Brest depuis les années 60 mais semble enterrée ad vitam aeternam dans les sous-sols du musée en attendant sans doute sa transformation en poussières ..

Et j'en viens donc au sujet principal de ces quelques lignes, l'absence surprenante et de mon point de vue tout à fait regrettable, de lieu consacré à l'histoire et l'actualité de la musique bretonne. Tout le monde, vraiment tout le monde se félicite du dynamisme de la musique bretonne, chacun souligne l'existence de dizaines de festivals et fêtes qui émaillent l'été breton, les uns et les autres louent la vitalité associative, le nombre de bagadoù, de groupes musicaux, etc... Notre musique est utilisée pour la promotion de la Bretagne, dans les clips de telle ou telle marque, etc. Bref, unanimité autour de cette richesse musicale qui est la nôtre. Mais, alors comment se fait-il qu'il n'y ait aucun lieu ouvert au grand public où tout un chacun, écolier ou touriste, pourrait comprendre l'histoire de cette musique, découvrir chaque instrument, suivre l'actualité de notre musique, bref un véritable centre d'interprétation qui pourrait d'un côté exposer les collections dont nous avons parlé plus haut, et d'un autre côté offrir en utilisant les dernières technologies une découverte interactive de notre musique , de nos instruments, de nos musiciens.

On ne peut pas continuer à se gargariser régulièrement du "succès" de la culture bretonne sans donner les moyens de la mieux faire connaître tant aux habitants des cinq départements qu'à nos visiteurs. Cette musique est l'un des principaux marqueurs de la culture bretonne actuelle mais nulle part on ne propose de façon cohérente, moderne et ludique de la comprendre . Certes ce genre de centre d'interprétation a un coût mais il est anormal que ce type de projet ne puisse voir le jour ou soit remisé à plus tard alors que le besoin est là, besoin culturel évidemment mais aussi économique car à nos visiteurs il faut aussi pouvoir proposer des lieux de découverte de notre culture. Les musées jouent leur rôle, des sites comme Océanopolis aussi, mais il manque de façon criante ce type de centres d'interprétation . Sur la musique évidemment d'autant que les collections sont là, la demande est là ( voir Dasson an Awel ) mais aussi sur les costumes de Bretagne ( vous savez où les voir ? un peu ici, un peu là, mais aucun lieu qui propose une vision globale) , l'histoire, etc...

Pour en revenir à la musique et son centre d'interprétation, deux lieux semblent être possibles pour l'accueillir, Gourin et son château de Tronjoly, haut-lieu du Championnat national des Sonneurs chaque mois de septembre; certes le château est un peu alambiqué pour abriter un tel centre mais pourquoi ne pas y rajouter un espace dédié ? Autre site possible et cohérent, Lorient avec son Championnat national des bagadoù et son Festival interceltique. Encore faudrait-il que les élus sortent de leur torpeur et portent un tel projet.

Bon, on attend quoi ?

Voir le site de Dasson an Awel


jeudi 13 août 2015

Interceltique 2015: une Bretagne moderne et créative avec Pascal Jaouen et Richard Quesnel .

L'Interceltique de Lorient, c'est tellement foisonnant pendant dix jours, qu'on peut avoir du mal à s'y retrouver et à se poser pour tenter de choisir ce que l'on aimerait souligner et mettre en valeur.

Suite à quelques remarques sur le côté supposé un peu "has been" de la Bretagne présentée au FIL, je vais donc revenir sur deux évènements qui, pour moi, marquent justement la modernité et la créativité de la culture bretonne actuelle et ce ne sont que deux exemples parmi bien d'autres qui témoignent de la vitalité de notre culture.

Pascal Jaouen présentant la robe "Hermine"

Plus de 1200 personnes ont ainsi assisté au défilé de mode que Pascal Jaouen proposait mardi dernier au Palais des Congrès de Lorient sur le thème du "Gwenn-ha-Du" en hommage à la Bretagne et au drapeau breton. Que dire ? quasiment que des superlatifs ! Magique, magnifique, moderne, enthousiasmant, de niveau international, une bande son super top (créée par le Bagad Kemper et Red Cardell ). Et une affirmation claire et décomplexée de sa "bretonnité" de la part de Pascal Jaouen. Ca nous change de divers "artistes" qui se contorsionnent dans tous les sens pour éviter le terme "breton" comme si c'était une marque infamante et malodorante, ces mêmes "artistes" qui passent leur temps à faire des ronds de jambes dans les cours parisiennes en gommant toute véritable référence à la Bretagne . Pauvres d'eux ! Pascal Jaouen est d'une autre trempe: celle d'un artiste véritable, d'un créateur, conscient de ce qu'il est et d'où il vient, méprisant le provincialisme et prenant pied sur la scène internationale. Oui, bravo à lui et ce travail remarquable. Une leçon pour beaucoup et dont la conclusion pourrait être "Bretagne est univers" .




Toujours ce même mardi et dans un tout autre registre, l'Académie de Musique et des Arts Sacrés de Sainte-Anne d'Auray proposait à l'église ND de la Victoire une création co-produite par le FIL, la cantate "Promesa" écrite par Richard Quesnel, chef des Chœurs de la Maîtrise de Ste Anne d'Auray..

La grande foule pour cette cantate Promesa

Cette œuvre pour chœur, solistes et ensemble instrumental, fond avec intelligence, tradition bretonne et musique classique, reprenant des textes de Yann-Ber Kalloc'h, des textes historiques, des chants et marches traditionnelles. Le rendu est remarquable et fait preuve d'une grande inventivité musicale; de la formation à Cambridge de Richard Quesnel, on en décèlerait même quelques influences anglaises notamment dans le "son" du chœur, quasiment des touches à la Benjamin Britten, le grand compositeur anglais. Ce chœur composé de collégiens et de lycéens est vraiment à saluer pour sa qualité et son dynamisme. A noter aussi le fait de faire participer les spectateurs en leur demandant de chanter ensemble régulièrement tout au long de l’œuvre. Une vraie réussite et un nouveau témoignage du dynamisme culturel breton.

Pascal Jaouen et "Promesa", deux exemples parmi bien d'autres de la création bretonne présente au FIL, deux exemples bien loin des clichés provincialistes que certains voudraient nous imposer et dans lesquels les mêmes aimeraient nous enfermer. L'avenir de notre culture passe par cette créativité de niveau international et par le rejet des carcans mortifères que l'on tente de nous imposer.

Oui, Bretagne est univers et Pascal Jaouen et Richard Quesnel le proclament de belle façon !

mercredi 12 août 2015

Festival interceltique 2015: où l'on parle réunification, politique, langue bretonne, drapeaux et région....

Le Festival de Lorient est un lieu et moment assez extraordinaires où, à côté de la programmation officielle, divers évènements nous ramènent aux dossiers habituels qui jalonnent l'actualité tout au long de l'année.



C'est ainsi que la question de la réunification de la Bretagne, enterrée de main de maître par le front des jacobins de tous bords et des notables archaïques accrochés à leurs petits pouvoirs, fit une nouvelle apparition dimanche dernier lors de la Grande Parade à travers les rues de Lorient. Grâce aux infatigables militants locaux de Bretagne Réunie, deux banderoles pour la réunification ont ainsi pu intégrer le très médiatique défilé et tout ceci avec la bénédiction de Lisardo Lombardia, directeur du FIL. Ouvrant la marche aux bagadoù de Nantes et de Saint-Nazaire ainsi qu'au cercle de Clisson, les deux banderoles ont recueilli énormément d'encouragements et d'applaudissements de la part du public....jusqu'au moment où.....la police les empêcha d'entrer dans le stade du Moustoir où se déroulait le final....Sur ordre de qui ? pour quelles raisons ? Mystère pour l'instant .... On peut simplement supposer que certains ne souhaitaient pas indisposer les VIP installés dans la tribune présidentielle.... Le dossier "réunification" serait-il devenu tellement "sulfureux" et politiquement incorrect ? On dirait bien .....



Et puisque cette journée devait réserver de nouvelles surprises, c'est donc Aita qui prenait le relais l'après-midi avec une opération visant le stand de l'université de Bretagne Sud sur le Quai de la Bretagne, action qui mit un joyeux bazar sur les quais noirs de monde. Après avoir démonté divers matériels de signalisation sur le site de l'Université, l'équipe d'Aita est venue les déposer devant le stand pour dénoncer l'absence de politique linguistique en faveur de la langue bretonne au sein de l'UBS, Aita visant expressément son président, Jean Peeters, dont on a déjà parlé ici-même à l'occasion de la visite du Président irlandais Higgins.. Aita en profitait par ailleurs pour tacler le FIL sur son manque d'enthousiasme concernant la langue bretonne. Il est vrai que dans ce domaine-là, le FIL n'est pas top tout en tentant pourtant de faire quelques petites choses mais le résultat n'est pas probant, loin de là: des fautes d'orthographe en pagaille sur la signalétique, absence de présentations des spectacles en breton, etc.... Mais je pense qu'il s'agit plus d'un manque d'organisation sur le sujet et qu'il suffirait que quelqu'un soit chargé du dossier au sein de l'équipe de du FIL pour que ça progresse correctement.


Petite anecdote amusante: le stand Écosse présentait depuis vendredi une banderole avec les drapeaux de toutes les nations celtes et... pas de drapeau breton mais un drapeau français. Quelques petites mains passant par là ont sans doute joué du ciseau durant la nuit car le lendemain, le tricolore était devenu bicolore. L'ami Iffig en profita pour offrir des Gwenn-ha-Du aux Écossais .

Le Festival, c'est aussi le lieu pour diverses personnalités politiques de venir voir, découvrir, écouter, parler. Là j'évoque ceux qui ont compris le sens du festival et l'importance de cet évènement. Évidemment il y en a qui n'ont toujours rien compris et qui discrètement continuent à savonner la planche au FIL et même parmi les élus lorientais (ceux qui connaissent la vie lorientaise les trouveront rapidement....). Pour en revenir à ceux qui y trouvent un intérêt, j'ai pu saluer Jean-Yves Le Drian, soutien du FIL depuis des décennies, ainsi que l'ami Jo Kergueris, ancien président du Conseil général du Morbihan: ces deux-là ont toujours été de fervents afficionados du FIL. Un autre élu  au FIL, c'est Jean-Michel Le Boulanger, vice-président du Conseil régional en charge de la Culture. L'occasion de m'étonner auprès de lui de l'absence de présence physique des institutions bretonnes. Lors de la Volvo race ou de la course du Figaro, la Bretagne était bien présente avec une belle exposition sur la dimension maritime bretonne: pour quelle raison n'y aurait-il pas dans les festivals bretons une exposition expliquant la Bretagne et sa culture ? Ces festivals sont quand même une occasion extraordinaire de faire passer des choses auprès des Bretons et de nos visiteurs. Et bien, selon JM Le Boulanger, le projet est en route et dans les tuyaux. Bonne nouvelle en espérant que ça se réalise dès 2016 car le vide est quand même assez criant.

Christian Troadec et Dan ar Bras.

Le FIL peut être aussi un moment intéressant pour parler politique et élections: c'est ce qu'a bien compris Christian Troadec présent sur le FIL ce lundi et qui a pu promouvoir ainsi auprès d'un large public sa future liste Oui la Bretagne.

Bref, il se passe donc toujours quelque chose à Lorient durant le FIL !

dimanche 9 août 2015

Interceltique 2015: une soirée de gala... qui n'en fut pas une ....

Chaque édition du festival interceltique programme le premier samedi soir au Grand Théâtre de Lorient ce que l'on peut qualifier de soirée de gala mettant en valeur la nation invitée de l'année. Une sorte de vitrine culturelle et musicale qui introduit la semaine de festival. Et tout ceci en présence d'une bonne partie des partenaires du Festival , institutionnels et privés, une vraie soirée de prestige.

Et il est vrai que les soirées proposées par le passé par le Pays de Galles, l’Écosse ou l'Australie ont marqué tant pour la qualité du spectacle et des artistes que pour la mise en scène et la fluidité de la soirée.

Rge Changing room : Cet excellent groupe folk cornouaillais est un projet commun entre l'auteur-compositeur-interprète Tanya Brittain et le musicien Sam Kelly. Ces talentueux artistes sont les lauréats du dernier Pan Celtic Festival où ils représentaient la Cornouailles : meilleur groupe traditionnel, meilleure nouvelle chanson traditionnelle et le prix International.

Et cette année, la déception est d'autant plus grande que la qualité des artistes n'y est pour rien. Des 8 groupes présentés sur scène, l'on peut dire, pour ceux qui suivent le festival depuis un temps certain, que le niveau musical s'est nettement amélioré ces dernières années tant en Cornouailles que sur l'Ile de Man. Le groupe manxois Barrule a une pêche d'enfer qui n'a rien à envier à celle de ses voisins irlandais et la jeune (et jolie) cornouaillaise Kezia possède une voix à faire se damner nombre de festivaliers. Cette Kezia sera-t-elle la Brenda Wootton des temps modernes en Cornouailles ? Barrule et Kezai, rien qu'à eux, valaient le détour. En revanche, avec un groupe comme Dalla, on avait l'impression de se retrouver au début des années 80, tendance celtico-mystique-retour à la terre, finalement assez exotique vu d'aujourd'hui mais guère excitant.

A noter la présence de danseuses des deux pays qui présentèrent une version actualisée de leurs danses traditionnelles du meilleur effet.

Stuart MacQuarrie et Jamie Toms se sont rencontrés en 2014 pour former un duo musical contemporain appartenant à la nouvelle scène populaire de la Cornouailles. Les deux artistes ont inventé un son unique et moderne, basé sur les techniques de jeu traditionnel.

A souligner aussi la tentative de création musicale de David Kilgallon autour d'une fusion entre les langues et les cultures des différentes nations celtiques. Initiative louable avec quelques moments très réussis mais dont la globalité mériterait d'être un peu retravaillé pour être réellement audible.

Mais en fait, l'ensemble des artistes a été plombé par la mise en scène ou plutôt le manque total de mise en scène, une sorte de défilé de groupes les uns après les autres avec 5 minutes de réglages techniques entre chaque groupe, sans véritable explication sur les groupes, leur répertoire... Ambiance cassée, massacrée par cet oubli impardonnable du liant, du tempo... On aurait voulu que l'écran du fonds de scène soit utilisé avec un aller-retour entre musique et pays concerné, on aurait souhaité avoir un présentateur, un acteur ou un conteur qui le temps des réglages techniques aurait pu nous parler des deux pays , de leur mythologie, de leur culture. Un vrai massacre pour une soirée de prestige ... On se serait cru il y a 25 ans.... Ce n'est plus pensable de proposer une soirée dite de "haute tenue" dans de telles conditions, c'est totalement contre-productif en terme d'image ....

Heureusement, vous avez encore huit jours pour découvrir ces groupes manxois et cornouaillais à travers le festival et au pavillon Man-Cornouailles.

Et pour terminer, la petite note habituelle: aucun mot en breton pour la présentation de la soirée .... Ça devient franchement pénible.....

jeudi 6 août 2015

"Les relations avec les autres pays celtiques ont une importance fondamentale pour l'Ile de Man" affirme Phil Gawne, ministre manxois, à l'occasion du Festival Interceltique.

Phil Gawne, ministre manxois des infrastructures et président de Culture Vannin
L'Ile de Man est sans doute la nation celtique la moins connue en Bretagne. Et pourtant, cette île de la mer d'Irlande et ses 85 000 habitants sont représentés à Lorient depuis les débuts du Festival. De tradition gaélique à l'instar de l'Irlande et de l'Ecosse, l'Ile de Man jouit d'un statut de quasi-indépendance ne relevant en pricipe que directement du souverain britannique au titre de "Lord of the Isle", n'étant membre ni du Royaume-Uni ni de l'Union européenne.

Cette année, l'Ile de Man partage avec la Cornouailles le statut d'invité d'honneur au Festival interceltique de Lorient. C'est dans ce cadre que nous avons pu poser quelques questions à Phil Gawne, ministre du gouvernement manxois en charge des infrastructures et président de Culture Vannin.

JYLT: Que représente pour vous cette présence manxoise au Festival interceltique de Lorient ?

Phil Gawne: Cette opportunité de partager le statut d'invité d'honneur est un grand privilège pour l'Ile de Man et je dois dire que j'y ai travaillé depuis la première fois où j'ai participé au Festival il y a trente ans alors que j'étais encore étudiant. C'est une chance extraordinaire de présenter et de promouvoir notre petite nation insulaire aux centaines de milliers de visiteurs. Et c'est une superbe occasion pour nos danseurs, musiciens, artistes et aussi producteurs de présenter leur savoir-faire dans le cadre d'un évènement international.

JYLT: Les contacts avec les autres pays celtiques sont-ils importants pour vous et comment souhaitez-vous les développer ?

Phil Gawne: Ces relations avec les autres pays celtiques ont une importance fondamentale pour l'Ile de Man. L’Écosse et l'Irlande nous ont beaucoup aidés pour maintenir et développer notre langue manxoise d'origine gaélique ainsi que notre musique traditionnelle. Le Festival de Lorient,lui, nous a ouvert de nombreuses portes pour exporter nos artistes mais aussi nos productions agro-alimentaires comme les fromages d'Isle of Man Creameries et nos produits de la mer avec les superbes Manx Queen scallops .

Nous avons des liens très étroits avec nos cousins gaéliques d’Écosse et d'Irlande et nous sommes membres de nombreux organismes et associations de promotion des langues gaéliques. Nous participons à de nombreuses rencontres sur ce sujet. Par ailleurs, nous participons au British Irish Council (note JYLT: Conseil qui rassemble tous les gouvernements des états et régions autonomes des îles britanniques,Irlande, Irlande du nord, Écosse, Pays de Galles, Grande-Bretagne, Iles de Man, Guernesey et Jersey, conseil mis en place après la signature des accords de paix en Irlande du Nord dits du "Vendredi Saint" en 1998 ), ce Conseil ayant une compétence spécifique consacrée aux langues traditionnelles des pays membres.

Dans le domaine musical, nous participons régulièrements aux festivals nationaux écossais, irlandais et gallois et bien entendu à l'incomparable Festival Interceltique de Lorient. La qualité de nos musiciens atteint désormais le niveau professionnel après des années d'investissements personnels et de soutien d'organismes comme celui que je préside, Culture Vannin.

Culture Vannin est le principal financeur de notre présence cette année au festival de Lorient et joue un rôle très actif dans les programmes de développement à destination des jeunes musiciens, chanteurs et danseurs.


JYLT: Quelle est la situation actuelle de la langue et de la culture manxoises ?


Phil Gawne : Il est vrai et triste à la fois de constater que notre langue manxoise n'est utilisée que par une petite minorité des habitants de Man. Ceci dit, il y a une demande croissante et un véritable enthousiasme parmi les plus jeunes générations pour tout ce qui touche à la langue et à la culture manxoises; c'est d'ailleurs l'un des buts principaux de Culture Vannin. Depuis 2001, l'histoire , la culture et la langue manxoises font partie des programmes de nos écoles. Nous avons une école primaire gaélique, Bunscoill, dont j'ai d'ailleurs aidé à la création, et cette école a permis à l'UNESCO de créer une nouvelle catégorie "langue en voie de renouveau" dans son classement mondial des langues et d'y inclure le Manxois. Auparavant, notre langue était considérée par l'UNESCO comme "disparue" mais lorsque les enfants de Bunscoill ont écrit en manxois à l'UNESCO pour demander le changement de classification, les autorités concernées ont du créer une nouvelle catégorie, le Manxois devenant ainsi la première langue au monde sortant de la catégorie "disparue" et requalifiée "en renouveau" ......

Le site millénaire du Tynwald, le parlement manxois, célébré tous les 5 juillet.
 JYLT: Quel regard portez-vous sur les processus de dévolution en Ecosse et au Pays de Galles ?

Phil Gawne : En un sens, l'Ecosse et le Pays de Galles rattrapent leur retard sur l'Ile de Man mais la marge reste considérable en terme de libertés institutionnelles: l'Ile de Man est une nation pratiquement indépendante dans tous les domaines si ce n'est pour les affaires étrangères et la politique d'immigration. Cette évolution institutionnelle chez nos voisins est passionnante et nous concerne directement vu nos liens culturels, linguistiques et commerciaux. Nous travaillons en bonne entente avec les gouvernements écossais et gallois.

JYLT: Quel message souhaitez-vous porter à travers cette Année de l'Ile de Man (et de la Cornouailles) ?

Phil Gawne : L'Ile de Man est présente à Lorient depuis la première édition du Festival interceltique et nous en sommes très fiers. C'est vraiment un grand festival et nous sommes particulièrement honorés d'avoir été choisis avec nos cousins celtiques de Cornouailles comme invités d'honneur cet année. Nous espérons que tout le monde viendra visiter notre pavillon et apprécier notre musique, notre cuisine, notre culture et les paysages de notre magnifique île indépendante.

JYLT: Merci et très bon festival !

A voir le site de Culture Vannin.


Timbres édités par la Poste manxoise à l'occasion du Festival Interceltique.


La Cornouailles sur la voie de l'autonomie: rencontre avec John Pollard, président du Cornwall Council, à l'occasion du Festival Interceltique.

John Pollard, président du Conseil de Cornouailles


Début Juillet, l'on apprenait que le gouvernement britannique avait accepté de mettre en place des mesures de dévolution (autonomie) pour la Cornouailles. Bien qu'officiellement ne faisant pas partie des 4 nations historiques constitutives du Royaume-Uni ( la Cornouailles restant administrativement incluse dans l'Angleterre), celle-ci va être le premier "comté" à obtenir un certain degré d'autonomie suite aux travaux des politiques et institutions cornouaillais. Alors que le Festival interceltique de Lorient met cette année en valeur l'Ile de Man et la Cornouailles, le président du Cornwall Council a bien voulu répondre à quelques questions sur l'actualité cornouaillaise et la présence de son pays à Lorient.


JYLT: que représente pour vous la participation de votre pays au Festival interceltique ?  

John Pollard: C'est une occasion merveilleuse de présenter le meilleur de la Cornouailles. Je pense qu'il faut vraiment avoir suivi ce festival pour bien le comprendre et ma présence l'année dernière fut vraiment éclairante. C'est un évènement de premier ordre et nous sommes très heureux d'y apporter notre touche cornouaillaise et de contribuer ainsi à la richesse et au dynamisme de ce festival. C'est vraiment un grand honneur d'être les invités de l'année avec l'Ile de Man.

JYLT: Quelle importance donnez-vous aux relations avec les autres pays celtiques ?

John Pollard: Dès qu'une possibilité s'ouvre, nous essayons de travailler ensemble dans les domaines culturels et économiques. Nous avons des liens très forts avec le Finistère et nous développons des projets en commun. D'ailleurs , nous accueillons un permanent du Conseil départemental du Finistère au sein de notre administration afin de suivre ces dossiers communs et les faire avancer au mieux. Et bien entendu, nous sommes présents dans la plupart des festivals celtiques et nous souhaitons y trouver des opportunités pour travailler ensemble sur différents sujets.

JYLT: Quelle place pour la culture et la langue corniques dans la Cornouailles d'aujourd'hui ?

John Pollard:  La Cornouailles présente de nombreuses particularités et nous venons, d'ailleurs d'être reconnus comme minorité nationale selon les critères de la Convention européenne. Notre pays est géographiquement distinct avec un patrimoine important du néolithique jusqu'à la révolution industrielle. Il est vital pour notre avenir de protéger et promouvoir ce patrimoine ainsi que notre culture à travers tous les moyens modernes de communication. Notre culture est de plus en plus appréciée et le nombre de locuteurs en cornique augmente petit à petit. De nombreuses expressions corniques sont de plus en plus utilisées dans la vie de tous les jours.

Signalétique bilingue à la Police Station de Truro.
JYLT: Comment vous situez-vous par rapport aux processus de dévolution en cours au Pays de Galles et en Écosse ?

John Pollard:  Nous venons juste d'obtenir l'accord du gouvernement pour la mise en place des premières mesures d'autonomie (dévolution) pour la Cornouailles, une première en dehors de l’Écosse, du Pays de Galles,de l'Irlande du Nord ou des grandes métropoles. Notre Cornwall Council (l'équivalent grosso modo d'un Conseil départemental) avait pris l'initiative de faire des demandes claires et précises et bien que ce ne soit qu'une première étape, notre travail a déjà porté ses fruits. Ce que nous avons dénommé The Case for Cornwall ( nos demandes) a abouti au Cornwall Deal, c'est tout à fait enthousiasmant pour l'avenir de notre pays.

JYLT: Quel message souhaitez-vous porter lors de cette Année de la Cornouailles (et de l'Ile de Man) au festival de Lorient ?
John Pollard: la Cornouailles est un endroit extraordinaire pour y vivre et y travailler mais aussi à visiter. Nous avons un patrimoine très riche et une culture dynamique que nous souhaitons partager avec nos visiteurs. Par ailleurs nous souhaitons construire une société équitable, résiliente et dynamique et l'occasion offerte par le festival de présenter la Cornouailles sous son meilleur jour est pour nous très positive.
JYLT: Merci et Bon Festival
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur The Case for Cornwall voir ici.

lundi 3 août 2015

Ce samedi 1er août, le centenaire des obsèques de Jeremiah O’Donovan Rossa a marqué le lancement des cérémonies de 2016.

Jeremiah O’Donovan Rossa est l’une des figures emblématiques du mouvement de libération de l’Irlande.

Jeremiah O'Donovan Rossa

Né en en 1831 à Rosscarbery dans le comté de Cork, O’Donovan Rossa fut l’un des fondateurs de l’Irish Brotherhood Society en 1858. Arrêté en décembre de la même année, il fut maintenu en prison jusqu’en 1865 sans procès. Par la suite, il est accusé de mener un complot fenian, de haute trahison et condamné à vie dans une prison anglaise.

Lors de l’amnistie de 1870 et sur promesse de ne pas revenir en Irlande, Jeremiah O’Donovan Rossa s’exile aux USA où il va développer de nombreuses activités en faveur de l’Irlande . C’est lui notamment qui est à l’origine de la première campagne d’attentats sur le sol britannique durant les années 1880.

Fatigué par la maladie, O’Donovan Rossa s’éteint le 29 juin 1915.

Saisissant cette opportunité d’en faire un évènement national, le mouvement républicain organise ses funérailles le 1er août 1915 à Dublin auxquelles assistent des dizaines de milliers de personnes . C’est au cimetière de Glasnevin que Patrick Pearse donna l’un de ses plus célèbres discours, véritable appel aux armes pour libérer l’Irlande.





Considérées comme le premier évènement qui devait amener au soulèvement de Pâques 1916, ces funérailles ont été l’occasion, un siècle plus tard, ce 1er août 2015, d’une double commémoration: d’une part, une cérémonie en présence du corps diplomatique et des descendants d’O’Donovan Rossa au cimétière de Glasnevin sous la présidence de Michael D. Higgins, le président irlandais que les Lorientais connaissent bien ( voir son discours remarquable à Lorient en août 2015 largement censuré par la presse locale ). La reconstitution du discours de Patrick Pearse par l’acteur Jim Roche fut particulièrement puissante et semble avoir touché l’assistance dont les leaders actuels du Sinn Fein , Martin McGuinness et Gerry Adams.

Ce même samedi, le Sinn Fein organisait une véritable reconstitution des funérailles d’O’Donovan Rossa à travers les rues de Dublin devant des milliers de spectateurs.


Cette journée marquait le lancement des commémorations du soulèvement de Pâques 1916 qui vont s’échelonner jusqu’au 27 mars 2016 puis continuer dans les années suivantes pour marquer le centenaire d’évènements fondamentaux pour l’Irlande comme la guerre anglo-irlandaise, le traité de paix, la partition du territoire irlandais, etc…

samedi 1 août 2015

A voir à Quimperlé: Pascal Jaouen et Paul Bloas

Deux expositions à voir cet été à Quimperlé, l'une en ville basse, l'autre en ville haute, de deux artistes d'exception représentatifs de la vitalité de la culture bretonne contemporaine, Pascal Jaouen et Paul Bloas.

Pascal Jaouen, le génial brodeur

Détail d'une des créations de Pascal Jaouen

C'est à la magnifique maison des Archers, bâtiment du XVIe siècle, en basse ville, que Pascal Jaouen propose une exposition autour du costume breton et de sa propre ré-interprétation à travers des travaux récents de 2000 à 2014. C'est vraiment remarquable. Son travail mériterait une diffusion bien plus large et l'on se prend à rêver au retour d'une ligne de prêt à porter inspirée de ses travaux ......



A voir jusqu'au 20 septembre tous les jours sauf le mardi, Maison des Archers, 7 rue Dom Morice à Quimperlé.

Paul Bloas, un marqueur des espaces



Autre exposition à découvrir à Quimperlé en profitant d'un billet couplé avec la Maison des Archers, celle de Paul Bloas à la chapelle des Ursulines, en ville haute. Intitulée "Géants et méduses", Paul Bloas y propose ses "Saigneurs" , dessins géants, qui surveillent 5000 petits carrés de faïence décorés  de ses dessins et suspendus à une douzaine de méduses en osier: c'est tout à fait étonnant et assez magique. Dans un autre espace de la chapelle, on trouve son travail "Cormourants" autour du cimetière à bateaux militaires de Landévennec qui lui valut d'être trainé au tribunal par la Marine sous l'accusation de "dégradations d'épaves" .... pour être félicité par la suite par la même Marine ( Le Père UBU serait-il marin ?). Le travail de Paul Bloas est remarquable et d'autant plus remarquable que ses oeuvres sont...géantes !



A voir jusqu'au 5 octobre tous les jours sauf le mardi, à la Chapelle des Ursulines, Haute-ville de Quimperlé.