vendredi 31 juillet 2015

Réforme territoriale ? une réforme ridicule et complètement ratée ....



 Ci-dessous le commentaire que j'ai écrit sur le site du Télégramme à la suite de l'article en question et qui a été refusé ( pourtant je l'avais adouci ...) :

Assez amusant ce papier d'Hubert Coudurier dans Le Télégramme de ce vendredi . Il est obligé de faire beaucoup d'efforts pour trouver quelque chose de positif dans cette réforme ridicule et complètement ratée. Mais quand même là où il fait très fort , c'est quand il parle à la fin de la fusion loupée entre Bretagne et Pays de Loire dont la cause serait uniquement un calcul électoral. Alors qu'à peu près toutes les commissions depuis celle dénommée "Balladur" préconisaient une grande région Val de Loire et la réunification de la Bretagne, qu'à peu près tous les spécialistes ( sauf ceux stipendiés par la bande à Auxiette comme le désormais ridicule Hervé Le Bra(s) ) proposaient la même chose, ce pas important n'a pas eu lieu du fait des réseaux jacobins et d'un petit club de notables défendant leurs intérêts personnels menés par Ayrault et compagnie. M. Coudurier aurait-il oublié le déluge de propos anti-bretons tenus à l'assemblée nationale de Paris ? Curieux cette version hyper-aseptisée, non ?

Autre chose: Paris décide aujourd'hui des "capitales" régionales: un nouvel exemple de ce fonctionnement à la française où quelques personnes, se considérant comme l'élite, décident de ce qui est bon pour le peuple sans lui demander son avis. Dit comme ça, ça fait un peu démago certes mais quand même, ne tenir aucun compte des réalités locales, culturelles, géographiques,économiques, sociales, linguistiques pour tracer les frontières de nouvelles collectivités, c'est quand même sidérant, non ? En poussant un peu loin, on dirait les colonisateurs du début du XXe siècle traçant des frontières en Afrique et au Moyen Orient ne tenant compte que de leurs intérêts et surtout pas de ceux des populations.C'est insupportable et le plus curieux , c'est qu'à part l'Alsace et la Bretagne, tout le monde accepte ça sans mot dire ou presque mais bon pas si curieux que ça finalement puisque pour une grande majorité de Français , ce qui vient de l’État, c'est bien par principe et que la plupart des régions n'ont qu'une existence administrative....

C'est ce qu'on aurait aimé lire sous la plume de M. Coudurier plutôt qu'un papier qui aurait plus sa place dans les colonnes d'un journal "national" parisien que dans celui d'un quotidien qui se dit breton.

lundi 27 juillet 2015

Le Cornouaille, des expos, des rencontres: une journée à Quimper, haut-lieu de la culture bretonne créative

C'est un de nos rituels de l'été, passer une journée à Quimper durant le festival de Cornouaille. Il est vrai que durant quelques années, nous avions fait l'impasse vu l'ambiance et la programmation quelque peu décevantes du rendez-vous quimpérois; mais depuis 2 ou 3 ans, nous avons retrouvé ce plaisir de déambuler à travers les rues, les scènes et les expos de la capitale de la Cornouaille.

Une des sculptures de Jean Fréour

Et c'est entre amis que vendredi dernier nous avons entrepris cette nouvelle ballade culturelle en commençant par un lieu que je ne connaissais pas, la chapelle de l'ancien grand séminaire de Kerfeunteun, bâtiment imposant qui abrite désormais expositions et concerts. A noter ses vitraux qui représentent les principaux saints bretons. La chapelle abrite jusqu'au 16 août une exposition tout à fait originale avec 200 œuvres de 35 artistes différents  de Paul Bloas à Catherine Raoulas, de De Bellay à Jean Fréour dont une vingtaine d’œuvres sont présentées.

 Jean Fréour (1919-2010), membre des Seiz Breur, a créé au cours de sa carrière près d'un millier d’œuvres la plupart sur commande. Inspiré par Rodin, Maillol, la Bretagne, Jean Fréour est l'auteur de plusieurs statues monumentales dont celle d'Anne de Bretagne, devant l'entrée du Château des Ducs de Bretagne à Nantes, La Paludière à Batz-sur-Mer ou Les Laveuses d'huîtres à Cancale ou encore La Rouërie à Fougères. C'est la première fois que je vois autant d’œuvres de Fréour ainsi rassemblées. A voir absolument.

De l'artiste lorientaise Catherine Raoulas


Après cette première étape, retour au centre-ville à Quimper où après de multiples tours et détours, l'on trouve enfin une place pour se poser, pas facile la circulation à Quimper en cette période....

Une nouveauté que j'avais déjà remarquée l'année dernière mais qui cette année a pris une nouvelle ampleur, c'est l'espace consacré aux produits alimentaires bretons situé désormais sur la place de la Résistance et qui avec une scène et le restaurant du festival forme l'Espace Gradlon. Cette présence de produits bretons et surtout cornouaillais est une excellente chose qui permet de mettre en valeur des productions à forte image culturelle, une illustration tangible des liens entre économie et culture. Autre point positif: l'espace "vert" consacré au développement  durable.

Pour en revenir aux expositions, le passage par Locmaria est quasi obligé avec le Musée de la Faïence qui propose cet été une rétrospective Fouillen, Paul et son fils Maurice, créateurs atypiques dont le style est reconnaissable entre tous. A quelques dizaines de mètres de là, la fabrique Henriot a retrouvé une nouvelle jeunesse grâce à son nouveau propriétaire Jean-Pierre Le Goff. Les salles du rez-de-chaussée ont été rénovées et présentent au public les nouvelles créations des artistes de la faïencerie. Ce retour de la création est à saluer après quelques années de flottement et de production de décors à tendance folklorique . Je recommande les créations de Yann Kersalé tout à fait étonnantes. C'est un vrai plaisir de retrouver une grande maison Henriot (enfin !) .


Encore quelques mètres et c'est l'atelier du brodeur Pascal Jaouen qui propose jusqu'au 18 septembre une rétrospective de ses vingt années d'activités. Là aussi un grand plaisir devant ce talent et cette créativité issus de la tradition qui se trouve ainsi complètement revivifiée. Si vous passez au Festival Interceltique de Lorient, ne manquez pas le défilé de mode proposé par Pascal Jaouen le mardi 11 août autour du thème du Gwenn-ha-Du. 

Avant de quitter Locmaria, jetez un œil au jardin médiéval, juste à côté du Prieuré, une véritable réussite horticole, où l'on apprend plein de choses sur les plantes anciennes, y compris leur nom en breton.
 
Retour vers la place Saint-Corentin, en longeant l'Odet, les quais où s'alignent les stands d'artisanat et de productions bretonnes, globalement de bonne qualité et qui participent à cette ambiance festivalière.
Sur les conseils de Naig Le Gars rencontrée au détour d'un stand, nous voilà Chez Max, à la fois lieu historique ( c'est là que vécut Max Jacob), restaurant et lieu d'expositions. Petit salon d'écrivains quimpérois et cornouaillais, l'occasion pour moi de redécouvrir la revue Hopala avec son directeur Alain-Gabriel Monot. Créée en 1999 par l'ami Jean-Yves Disez, Hopala s'inspirait de la revue galloise Planet alors dirigée par Ned Thomas. Parfois déroutante, Hopala offre une lecture de la Bretagne qui peut paraître un peu trop intellectuelle certes mais qui offre des ouvertures sur de nombreux aspects méconnus de notre pays. Bref, je m'y suis réabonné .....


L'occasion aussi de revoir Angèle Jacq et de parler littérature, actualités et politique. Toujours Chez Max, au premier étage, une exposition de photos de SdR sur la Bretagne. De superbes vues. Et  de discuter avec l'auteur, Sophie de Roumanie, Roumaine de Carhaix, qui, à travers ses photos, déclame son amour pour ce pays. L'occasion aussi d'évoquer la Roumanie, le pays de son père, le Roi Michel, dernier roi de Roumanie, Sinaia, la station de villégiature au pied des Carpathes, avec ses trois châteaux royaux Peles, dont le premier construit à la fin du XIXe siècle a un lien avec la Bretagne: chaque pièce est meublée suivant le style de différents pays et la Bretagne y est représentée par une salle à manger du XVIIIe siècle. Étonnant, non ?

De Sophie de Roumanie.
Le temps passant à toute vitesse, impossible de voir l'exposition du Musée des Beaux-Arts consacrée à Alexandre Séon. Next time !

Toujours une ambiance du tonnerre place Saint-Corentin avec ce grand chapiteau où l'on apprend à danser, où l'on danse, où l'on écoute d'excellents groupes. Un des cœurs du Cornouaille Quimper.

Pour les amoureux de l'art et de la culture, il suffit de faire quelques pas derrière la cathédrale, rue du Frout, pour rendre visite à la Galerie de Bretagne, galerie qui propose notamment des œuvres de Maurice Le Scouëzec, peintre du XXe siècle. J'ai particulièrement apprécié une peinture datant de sa période africaine réalisée au Soudan . A découvrir. Juste à côté, la galerie du peintre Yann Queffelec , à ne pas confondre avec l'écrivain. Étonnante son utilisation des couleurs blanche et noire. A voir.

Avant de continuer plus avant, une pause restauration au Maharadja, quai de l'Odet, sans aucun doute le meilleur restaurant indien entre Quimper et Vannes...Une bonne introduction (une mise en bouche pour ainsi dire) pour le spectacle du soir, India Noz, avec Olli goes to Bollywood et Eostiged ar Stangala. Comme pour tout Lorientais qui se respecte, ce qui touche à l'Inde m'intéresse et l'affiche de ce spectacle mêlant l'Inde et la Bretagne a attiré immédiatement notre intérêt. J'avais déjà assisté au showcase d' Olli ( en fait Olivier Leroy, un Breton tombé amoureux de l'Inde) il y a quelques années au Musée de la Compagnie des Indes de Port-Louis et avais apprécié ses interprétations bollywoodiennes. C'est donc avec un intérêt un peu interrogatif que nous nous dirigeâmes vers le Théâtre de Cornouaille pour assister à cette première mêlant Bollywood et Eostiged ar Stangala, le célèbre cercle de Kerfeunteun. 

Passons sur la gestion assez nulle du flux de spectateurs et arrivons au spectacle. Après une introduction mêlant Olli et danseurs du cercle pas très convaincante, l'alchimie a pris petit à petit et l'enthousiasme a gagné les rangs du public devant cette fusion entre chants indiens et danses bretonnes particulièrement entrainante. Et une partie du public de se retrouver à danser y compris sur la scène au rythme d'un Tri Martolod version indi .... Incroyable ! Il fallait oser et Oli et les Eostiged l'ont fait , bravo ! Ce fut un vrai plaisir . Tout à fait digne d'un des principes du cercle quimpérois, "lutter contre la folklorisation" . A renouveler.

Désolé pour la qualité de la photo.... Et tout le monde de danser sur les airs brito-indiens.



Jusqu'à présent, l'une des grandes différences entre les festivals de Quimper et de Lorient, c'était les "after" avec une ambiance assez chaude à Lorient et ...rien à Quimper. Et bien grâce à quelques courageux, la place de la Cozanie centrale, la place du Ceili, a connu son festival off qui a rencontré un grand succès avec une super organisation, grands écrans, retransmission web, plateau, soirées thématiques... Parfait pour terminer les soirées quimpéroises durant le festival. 



Cette année, c'est évident, ça se confirme, Quimper est bien l'un des hauts lieux de la créativité culturelle bretonne . Ce fut super fiskal !

En dehors de la musique et des expos,

Ce que j'ai aimé: la place correcte de la langue bretonne ( par rapport à d'autres festivals), correcte n'est pas idéale mais ce n'est pas trop mal.

Ce que j'ai moins aimé: le bazar sinon le foutoir au Théâtre de Cornouaille pour gérer l'afflux des spectateurs



dimanche 19 juillet 2015

Petite promenade toute personnelle aux Vieilles Charrues 2015

Ce jeudi 16 juillet, nous revoilà donc sur la route de Carhaix dans le flot interrompu depuis Lorient de voitures à destination du 24e festival des Vieilles Charrues, cet évènement hors normes qui attire des dizaines de milliers de participants dans la capitale du Poher pour 4 jours de concerts en tous genres.



Première étape; la pose du bracelet, sésame qui ouvre les portes du site avec cette année une nouveauté qui me laissait interrogatif jusqu'à ce que j'en use: la puce Moneiz qui permet de tout régler dès qu'on est à l'intérieur de l'enceinte. Un peu d'embouteillage aux entrées pour obtenir la désormais célèbre puce et je dois dire qu'après usage , cette nouveauté est bien pratique et facilite la vie des festivaliers et des bénévoles à l’œuvre sur les différents stands du festival.

Seconde étape: l'inauguration juste à l'extérieur des entrées du site avec aux manettes le maire de Carhaix, Christian Troadec, et le président des Vieilles Charrues,Jean-Luc Martin, accompagnés de Jean-Michel Le Boulanger, vice-président de la région Bretagne en charge de la culture, et du directeur du festival Jérôme Tréhorel: au-delà du rituel du sillon tracé sous la férule des frères Morvan, c'est toujours l'occasion de discours bien sentis sur la culture, la Bretagne, et cette année, on aura donc entendu un plaidoyer pour la réunification de la Bretagne, un poème d'Armand Robin appelant à la résistance, une dénonciation du poids de l'Etat, etc... Bref, on entre tout de suite dans l'ambiance d'un festival qui est tout sauf aseptisé. C'est aussi l'occasion de "sentir" l'ambiance de l'année à venir et cette édition 2015 n'y manque pas avec un violent parfum de pré-campagne électorale pour les élections régionales avec la présence de poids-lourds de la scène politique bretonne, de Christian Troadec à Jean-Michel Le Boulanger donc, mais aussi de Marc Le Fur à Daniel Cueff, de Lena Louarn à Richard Ferrand, de Christian Derrien à Nil Caouissin ou Christian Guillemot . Ne manquait donc que ... Jean-Yves Le Drian.... De quoi échanger et discuter autour d'un verre de Coreff ou autre breuvage en espérant des jours meilleurs pour la Bretagne après ces prochaines élections.

Les 4 compères lancent la 24e édition des Vieilles Charrues avec le panneau Breizh5/5 bien en vue.

De retour sur le site de Kerampuilh ce vendredi et cette fois-ci en famille, plus jeunes et plus vieux, direction la scène Gwernig pour voir à quoi ressemble cette "Grande Tribu Gwernig" formée pour rendre hommage au grand Youenn: des musiciens de talent, une émotion certaine et une version de "E kreiz an noz..." particulièrement novatrice et prenante. Reste qu'on sent qu'il s'agit d'un jeune projet qui mériterait quand même quelques retouches.


Un peu plus loin, à l'écart, l'école de gouren de Carhaix propose de rapides initiations à la lutte bretonne à de courageux festivaliers qui sans crier gare se retrouvent les pieds en l'air, la tête en bas, et pour finir à plat dos dans la sciure. C'est aussi ça les Vieilles Charrues, l'opportunité de découvrir divers aspects de la culture bretonne. En résumé, de Muse au gouren, toute cette ambiance qui fait le succès renouvelé de ce festival atypique.

Cette fois-ci direction la grande scène Glenmor pour découvrir ce qu'on annonçait comme un évènement québécois, Pierre Lapointe. Je résumerai par belle voix, belle gueule, humour curieux et pour tout dire tout ça un peu ennuyeux mais j'avoue que ce style genre "chanson française" a tendance à m'ennuyer rapidement mais çà a un côté utile....c'est reposant et permet de se préparer au marathon qui va suivre. Bon d'accord, je suis un peu de mauvaise foi mais ce n'était quand même pas très emballant...


Après cet intermède de calme sinon d'ennui, nous voilà repartis vers la scène Kerouac pour découvrir un groupe inconnu de moi, "Caravan Palace", groupe français qui a... une pêche d'enfer avec son électro-swing super joyeux. Cette caravane a mis en transes les 10, 20 ou 30 000 personnes qui ont accouru au son de sa musique super-énergisante. Et hop tout le monde de s'agiter , de sauter, de danser, le pied quoi .....

Un vrai régal.

Un de leur clips:


Et un peu de l'ambiance lors de leur passage sur scène:


Après ce moment très plaisant, il est temps de prendre position devant la scène Kerouac en prévision de l'arrivée du légendaire Tom Jones et d'aller au ravitaillement. L'occasion de redire tout le bien que je pense du système Moneiz qui est vraiment très très pratique. Amusant de voir l'arrivée des "fans" de Tom Jones : un bon contingent d'Anglais et de Gallois, des jeunes, des vieux, des moins jeunes, des moins vieux, un public très divers et l'on sent bien que le "petit gars de Pontypridd" a marqué plusieurs générations en 50 ans de carrière et 100 millions de disques vendus. En parlant de Pontypridd, petite ville d'une ancienne vallée minière du sud-est gallois, c'est là qu'a été créé l'hymne national gallois au XIXè siècle qui donnera lui-même naissance à l'hymne national breton, le Bro Gozh en 1903. Autre célébrité chantante du XXè siècle originaire du même lieu, Shirley Bassey, ce qui confirme que le chant est une véritable religion à ... Pontypridd. 



Bref, pour en revenir au King of Wales, Tom Jones, j'ai pu constater par le passé qu'outre-Manche, il s'agit véritablement d'une légende vivante, un monstre sacré respecté par tout le monde, artistes et public, la question étant donc quel sera l'accueil qui lui sera réservé sur une terre beaucoup moins sensible à son "aura" comme Carhaix ? Divine surprise, le show Tom Jones fonctionne au quart de tour et le Gallois emballe la foule qui a grossi considérablement ( quand on est au milieu, impossible d'estimer le nombre ...) et fait danser tout le monde sur ses hits indémodables; et encore mieux, voilà donc que la plus jeune génération connaît aussi les paroles ....Certes, on n'en était pas à la qualité d'un chœur gallois mais ça chantait à tue tête ... "Sex Bomb" recueillant le plus de suffrages, pas très étonnant d'ailleurs. Et la star galloise de prendre visiblement un grand plaisir à cette prestation rajoutant rappel après rappel. Un seul mot: super! great! fiskal!



Bon comme d'hab aux Vieilles Charrues, on discute avec les voisins et là, je dois dire que ce fut un peu cata .... "Ah ? Il est gallois Tom Jones ? " "C'est où le Pays de Galles ?" ..... Y a du boulot niveau culture générale ....

Fantastic crowd yesterday in Brittany - Les Vieilles Charrues Festival - THANK YOU ! Tom Jones sur son compte twitter.

Après cette prestation galloise super appréciée par toute la petite famille, direction un endroit plus cool pour se poser du côté de la scène Gwernig pour manger une crêpe et boire un verre de .... champagne . Et oui, aux Vieilles Charrues, il y a même un stand qui propose du champagne. La belle vie quoi !

Et ensuite, dispersion, les plus jeunes vont voir "Salut c'est cool" et nous "Christine and the Queens", Christine la nantaise. J'avoue que j'ai un peu de mal: c'est beau à voir et à entendre, c'est vraiment chiadé mais ça reste un peu froid sinon quelque peu glacial mais il en faut pour tous les goûts, n'est-ce pas ?

Que dire en conclusion de ce passage prolongé aux Charrues 2015 ? Vivement l'année prochaine pour les 25 ans de ce festival hors normes ! Si U2 voulait bien y venir .... ce serait géant :=)) et un super clin d’œil à l'Irlande en cette année 2016 tellement symbolique pour les Irlandais et les amis de l'Irlande ...

Jacques-Yves Le Touze

A part la musique

Ce que j'ai aimé: le site, sa décoration, son confort, le système Moneiz, la gentillesse des bénévoles.

Ce que j'ai moins aimé: les deux grandes scènes Kerouac et Glenmor sont trop proches l'une de l'autre, le son de la scène Grall aussi empiète sur celui de la scène Kerouac; la place de la langue bretonne est un peu bizarre, c'est tantôt bilingue, tantôt ça ne l'est pas...Au risque de me répéter, une signalisation bilingue doit être systématique et en celà, les Charrues ont encore un effort à faire.

Ce que j'ai regretté: que l'on n'offre pas un Gwenn-ha-Du à Tom Jones sur scène, ça aurait fait une super photo et une super promo pour la Bretagne outre-Manche.... Que le discours du directeur du festival lors de l'inauguration soit aussi peu "breton" d'esprit...


samedi 11 juillet 2015

Good bye, Mr McNee !



Avec retard, un petit mot au sujet de Patrick MacNee, disparu le 25 juin dernier.

Il restera pour moi l'acteur fétiche de la série "The Avengers" (en français "Chapeau melon et bottes de cuir") qui fur sans doute l'une de mes séries préférées (les premières saisons en tout cas avec Diana Rigg dans le rôle d'Emma Peel et surtout pas la suite "The New Avengers" totalement insipide) avec "Le Prisonnier" de Patrick MacGoohan. Deux séries que j'ai découvertes lors de mes "séjours linguistiques" à Wirral, ville jumélée avec Lorient, à la fin des années 70.

RIP.

jeudi 9 juillet 2015

Quimper. Michel Marion, l'armateur du XVe siècle, a mérité sa statue.



Article paru dans Ouest-France, 9 juillet 2015, par Ronan Gorgiard.

Commerçant et armateur du XVe siècle, Michel Marion arma une flotte pour libérer Nantes, encerclée par les Français. Il laissa sa vie dans la bataille. Trois associations souhaitent lui rendre hommage.

Si les jeunes Bretons qui viennent de passer le bac sont souvent incollables en matière d'Histoire de France, ils ignorent presque tout de l'Histoire de la Bretagne. Ainsi combien de Quimpérois connaissent-ils la vie de Michel Marion ? Trois associations différentes, Ti ar Vro (qui regroupe les associations dédiées à la culture bretonne), le Lougre de l'Odet et l'équipe de la revue "Manoirs et Châteaux des pays de Bretagne" ont décidé de lui rendre hommage en proposant à la ville de Quimper de lui consacrer une statue sur les bords de l'Odet, place du Stivell.

Libérateur du Duc de Bretagne

"Michel Marion, expliquent Gweltaz ar Fur et Jean-Marc Sochard (qui écrit un ouvrage sur le sujet) est né en 1450 à Quimper. C'était un riche commerçant , armateur et receveur d'impôts pour le duc. A uen époque où un dicton disait Bretagne est Pérou pour la France . Ce qui soulignait la richesse du pays.Penmarc'h ou Loctudy étaient de grands ports marchands.On exportait du lin et du sel, on importait du vin de Bordeaux."

Ce sont des temps agités. En 1487, le roi de France convoite ce riche pays et les Français font le siège de Nantes où François II, le père d'Anne de Bretagne, est bloqué. "Michel Marion décide alors de vendre toute sa flotte sauf une caraque, sort de caravelle, à l'image de celles de Christophe Colomb, qu'il arme en guerre, avec une centaine d'hommes à bord. Et pourtant, le navire faisait à peine 5 mètres de plus que le lougre Corentin actuel". Il utilise aussi son argent pour monter une véritable flotte bretonne (notamment avec le Morlaisien Jehan de Coatanlem), ce qui représente une soixantaine de bateaux. Et c'est par un stratagème (il transforme son bateau à l'image d'une des îles de la Loire et arrive par surprise) qu'il casse le siège de la ville. Mais, par contre, il y laisse la vie.

Pourquoi l'hommage ?

Anne de Bretagne, reconnaissante, dotera la fille de Michel Marion de près de 3000 livres. Son père possédait déjà le manoir de Penanguer, au pied de la colline de Penhars, à Quimper, ainsi que le manoir de Kerhuel, à Plonéour-Lanvern. Une rue de Quimper allant de la rue de Penanguer au chemin de halage et à l'Odet porte son nom.

Les Français, eux, ne lâcheront pas l'affaire puisque l'année suivante, ils débarquent avec une armée de 50 000 hommes (1) (c'est colossal à l"époque) et bousculent les Bretons à Saint-Aubin du Cormier laissant 6000 morts sur le carreau.

"Nous avons souhaité cet hommage pour plusieurs raisons, expliquent Gweltaz ar Fur et Jacques-Yves Le Touze, d'abord  parce qu'il est important via cette statue de marquer le paysage de notre propre histoire. La statue pourrait être mise en place dans le cadre du réaménagement de la place du Stivell. Ensuite, parce que le Lougre est jumelé avec le Greyhound, un bateau repratiquant du cabotage à la voile et qu'il nous semble intéressant de faire , de cette manière, revivre le port du Corniguel à Quimper à l'heure où sa gestion doit revenir à la ville".

Bien entendu, il sera également fait appel à mécènes et sponsors, sans oublier le crowfunding.

(1) le nombre de 50 000 hommes représente la totalité des armées françaises présentes en Bretagne; il y avait entre 16 et 18 000 hommes côté français à la bataille de Saint-Aubin du Cormier.

Quimper 2017. Michel Marion, un héros méconnu à la fête .

De gauche à droite, l'équipe du Lougre, Eric Leost, Jean-Marc Sochard, Gweltaz ar Fur et Jacques-Yves Le Touze.


Article du Télégramme, 9 juillet 2015, par Ronan Larvor.

Fin 2017, à l'occasion de la remise sur le marché des concessions portuaires, la ville de Quimper pourrait remettre la main sur le port du Corniguel. Dans cette perspective, un projet liant l'histoire bretonne, le passé maritime de Quimper, le développement durable et les arts pourrait se concrétiser lors d'une grande fête maritime. Rêvons un peu....

Qui connait Michel Marion ? A Quimper, une impasse porte son nom rive droite, en contrebas de la rue de Pont-L'Abbé. Elle donne sur l'Odet et voisine avec la rue de Penanguer - deux marqueurs du personnage. A Penanguer, Michel Marion possédait un manoir. L'Odet maritime fit sa richesse. Michel Marion était armateur, commerçant et défenseur de l'indépendance bretonne. Voilà suffisamment de qualités pour sortir le personnage de l'oubli. L'histoire se passe au XVe sièvle et sert de moteur à un projet qui brasse l'économie, les arts et le développement durable présenté hier, à Locmaria. L'idée revient à Jacques-Yves Le Touze. Ce Morbihannais a entrepris de rendre visible l'histoire de la Bretagne en balisant le territoire avec des "marqueurs". A son actif, l'installation d'une statue de Polig Monjarret, co-fondateur de Bodadeg ar Sonerion, à Lorient. "J'ai découvert un article sur Michel Marion dans la revue Manoirs et Châteaux des Pays de Bretagne" dit-il. L'idée d'une statue en l'honneur de l'armateur a été lancée". L'association éditrice de la revue a vu l'intérêt du projet. " En 2017, la ville de Quimper pourra se réapproprier le port du Corniguel, explique Gweltaz ar Fur, directeur de la revue. Ce serait l'occasion de promouvoir le nouveau port de Quimper en rappelant le commerce maritime passé du vin, du sel et des toiles". Tout naturellement l'association du Lougre de l'Odet, qui entretient la flamme du patrimoine maritime, a aussi adhéré.

De Nantes à Quimper

Le personnage de Michel Marion a aussi une dimension politique. "Il naît vers 1450, explique Jean-Marc Sochard, administrateur du Lougre. C'est un fidèle du Duc de Bretagne dont il est l'un des receveurs des finances. En 1487, il vend ses biens pour financer l'armement de sa plus belle caraque et recrute des hommes d'armes. Ils rejoignent la flotte bretonne qui rallie Nantes où le duc François II est assiégé par les forces royales françaises. "Ce fut l'un des premiers épisodes de la guerre d'indépendance de Bretagne qui se terminera l'année suivante à Saint-Aubin du Cormier" précise Jacques-Yves Le Touze. Le siège de Nantes a été levé par les troupes royales mais Michel Marion a péri suite à ses blessures dans les combats. Il n'avait pas 40 ans.

Quimper 2017

Une association de parrainage s'est constituée autour de la revue "Manoirs et Châteaux", l'association nantaise d'écoconception maritime qui promeut le transport de marchandises à la voile et le Lougre. Une réunion de travail a eu lieu avec la Ville. Le but final s'est imposé: organiser une fête maritime en 2017. Elle aurait logiquement lieu à Locmaria, sur le port historiique où sera installée, à cette occasion, la statue en bronze de Michel Marion. On peut aussi rêver à la remontée, depuis Nantes, de bateaux chargés de muscadet, d'une grande fête du fret à la voile tel qu'il se développe à l'image de TOWT (Trans Oceanic Wind Transport), entreprise brestoise spécialisée qui arme des voiliers pour transporter des produits bretons outre-mer. Dans l'immédiat, il faudra trouver des financements pour la statue de Michel Marion. Une campagne de financement participatif est prévue.