mercredi 30 novembre 2016

Happy St Andrew's Day à tous nos amis écossais !

En ce 30 novembre, jour de la St Andrew, la fête nationale écossaise, quelle heureuse surprise que de trouver dans notre boîte à lettres une carte de vœux envoyée par Nicola Sturgeon, Première Ministre d’Écosse :=)))) Un petit plaisir qui annonce une grande Année de l’Écosse au Festival interceltique de Lorient en 2017 ?





mardi 22 novembre 2016

Polémique après la vente d'une lettre du Duc de Bretagne sur eBay.

France Bleu Breizh Izel, 22 novembre 2016

par Annaïg Haute




Même si le document n'est pas authentifié, il a été acheté, pour 2510 euros. Cette vente en ligne pose la question de la préservation du patrimoine breton.
Sur le site de vente en ligne eBay, cette lettre est présentée comme un "Rare manuscrit médiéval, Parchemin du XVème siècle, Jean V Duc de Bretagne", d'une quarantaine de centimètres. Même s'il n'est pas authentifié, ce document a été acheté 2510 euros, après sept enchères.

"Scandaleux de voir son patrimoine bradé !"

De quoi émouvoir les amoureux de l'histoire bretonne, qui s'agitent sur les réseaux sociaux, après un article du journal autonomiste Le Peuple breton. La Conseillère municipale déléguée au patrimoine et à la politique linguistique à Rennes, Ana Sohier par exemple s'agace sur Facebook : "Une multinationale qui vend la valeur historique patrimoniale d'un manuscrit Breton. Tout à fait scandaleux de voir son patrimoine bradé pour quelques milliers d'euros, l'histoire n'a pas de prix !"

Déjà des ventes de manuscrits bretons chez Sotheby's et Christies

Cette vente en ligne rappelle l'enjeu de la préservation du patrimoine régional, selon le Lorientais Jacques-Yves Le Touze. Ce passionné du patrimoine breton, responsable du Comité Anne de Bretagne explique que si ce document n'est pas authentifié, il a déjà alerté lors de ventes précédentes : "La question que je pose, c'est ce qui se passe dans les salles des ventes à l’extérieur de la Bretagne, où on voit passer une partie du patrimoine breton. Je prenais l'exemple de plusieurs choses que j'ai vu passer chez Sotheby's et Christie's. Des livres d'heures de l'école bretonne, du XVème siècle, et des dossiers administratifs datant de l'époque de l'indépendance de la Bretagne (XIVème et XVème siècles)."
"Y a-t-il une politique claire de récupération des documents qui sont à l’extérieur de la Bretagne ? J'ai comme un doute."
Ce passionné explique que ces documents sont souvent envoyés à l'étranger : "On peut étudier les ventes de Sotheby's et Christie's, les documents partent en grande partie aux États-Unis, et très peu de choses sont achetées par des organismes en Bretagne. La question que je pose, en prenant prétexte de cette lettre en vente sur eBay c'est y a-t-il une politique claire de récupération des documents qui sont à l’extérieur ? J'ai comme un doute."

Des organismes dispersés qui peinent à se coordonner

Même si tous les documents n'ont pas le même intérêt, ce spécialiste estime qu'il faudrait une administration dédiée, qui scrute les documents mis en vente pour décider s'ils méritent d'être achetés et conservés en Bretagne. "Les administrations bretonnes sont très dispersées, explique Jacques-Yves Le Touze, entre les départements, les musées, les archives. Le problème en Bretagne, c'est qu'on n'a pas l'équivalent de la Bibliothèque nationale galloise ou du Musée national Gallois qui sont des organismes centraux à l'échelle de la région et qui ont une vision un peu globale des choses."

dimanche 20 novembre 2016

Il y a 31 ans naissait Emglev Bro an Oriant .

Il y a 31 ans ce week-end était créé Emglev Bro An Oriant...... Avec 7 associations courageuses et décidées à remuer le cocotier :=))) vu le peu d'intérêt alors accordé par les communes locales à la culture bretonne .Et toujours autant de choses à faire pour promouvoir la langue et la culture bretonnes au pays de Lorient .... Et que c'est désolant de constater que depuis, la ville de Lorient a (largement) perdu sa place de leader en la matière .... http://www.emglevbroanoriant.org/

mardi 25 octobre 2016

Festival du livre en Bretagne. « Pâques 1916 a eu un impact évident »

À l’honneur ce week-end au Festival du livre en Bretagne, l’Irlande célèbre les 100 ans de son insurrection contre la Grande-Bretagne.

 

Trois questions à Jacques-Yves Le Touze, coordinateur du comité Irlande 2016

Quels échos ont eu les événements de Pâques 1916 en Bretagne ?

Durant tout le XIXe siècle, il existait un mouvement culturel – notamment avec le Congrès celtique – qui a participé à la renaissance celtique. Il comprenait aussi l’Écosse et le Pays de Galles, mais les liens étaient peut-être plus étroits entre la Bretagne et l’Irlande, toutes deux ayant le catholicisme en commun.

Un premier parti national breton est même créé au début du XXe siècle. Mais la Première Guerre mondiale agit comme une césure. Quand l’insurrection irlandaise a lieu, les Bretons y voient d’abord l’action d’une petite bande de traîtres vis-à-vis de l’allié britannique. Il est d’ailleurs avéré que l’Allemagne leur avait fourni des armes.

Après la guerre, comment le regard des Bretons évolue-t-il ?

Pâques 1916, qui était militairement un échec, est un succès politique qui a eu un impact très fort sur le mouvement breton. En obtenant son indépendance, l’Irlande, sans chercher à jouer ce rôle, devient un exemple. Ce qui ressemblait à un certain régionalisme bourgeois fait place à de nouveaux militants politiquement plus radicaux.
Mais l’Irlande inspire aussi un renouveau linguistique et artistique, notamment musical à partir des années 1950. Des événements comme le Festival de Lorient ont agi comme une vitrine pour la scène irlandaise. Ce pays, parfois mythifié, devient un lieu de pèlerinage obligatoire pour des générations de militants.
Il ne faut pas non plus oublier les mauvais côtés de cette influence, notamment quand certains ont essayé de reproduire Pâques 1916 pendant la Seconde Guerre mondiale : le contexte avait changé et les Allemands n’étaient pas les mêmes.

Et aujourd’hui ?

L’intérêt des Bretons pour l’Irlande s’est normalisé depuis une quinzaine d’années. Les facilités de voyage ont sans doute participé à sa démythification. Actuellement, l’influence politique serait davantage écossaise. Mais l’Irlande conserve un capital sympathie évident en Bretagne. Il y a toujours énormément de liens dans des secteurs très différents. Par exemple, avec la création de clubs de football gaélique, des échanges entre universités, les quelque 120 jumelages entre communes, etc. Si vous interrogez dans la rue un Breton sur Pâques 1916, il est peu probable que ça lui parle. Pourtant, sans ces événements, la Bretagne en tant que telle ne serait aujourd’hui pas la même.



Vendredi 28 et samedi 29 octobre, colloque organisé par Le CRBC-Rennes 2 dans le cadre du Festival du livre de Carhaix « Les influences irlandaises : 1916 – 2016 » à l’occasion du centenaire du soulèvement de Pâques 1916. Ouvert à tout public. Renseignements sur le site du festival.
Maxime Lavenant
Ouest-France

dimanche 23 octobre 2016

La biographie de Patrick Pearse par L.N. Le Roux rééditée et complétée.



Dans le cadre du centenaire du soulèvement irlandais de Pâques 1916, l’Institut Culturel de Bretagne vient de rééditer la biographie de Patrick Pearse écrite par Louis N. Le Roux augmentée de textes explicatifs d’Alan Le Cloarec, Jacques-Yves Le Touze et Erwan Chartier.

Comme indiqué dans des articles précédents ( voir ici ) , ce livre paru en français en 1932 a été pendant des décennies une référence concernant l’histoire de Patrick Pearse et du mouvement nationaliste irlandais .

Cet ouvrage et son auteur sont aussi des témoignages importants de l’influence que les évènements irlandais ont eu sur la Bretagne entre les deux-guerres et jusqu’à nos jours.
Ce livre est disponible en librairie ( Diffusion Coop Breizh) et auprès de l’Institut Culturel de Bretagne (Ti ar Vro, 3 rue de la Loi, 56000 Vannes). Et aussi sur le stand de l’Institut durant le Festival du Livre en Bretagne à Carhaix, les 29 et 30 octobre prochains.

La vie de Patrice Pearse et l’insurrection irlandaise de Pâques 1916, par Louis N. Le Roux, Editions de l’Institut Culturel de Bretagne, 340 pages, 15 € . Textes complémentaires d’Alan Le Cloarec, Jacques-Yves Le Touze et Erwan Chartier.

mercredi 12 octobre 2016

Théâtre de Lorient, et hop on oublie la langue bretonne.....

Décidément, la langue bretonne n'est pas à la fête à Lorient.

photo Le Télégramme


Alors que le Grand Théâtre de Lorient dispose depuis sa construction en 2003 d'une signalétique intérieure bilingue français-breton en cohérence avec le plan de promotion linguistique municipal adopté en 1992 et voté par le maire actuel, voilà que la signalétique extérieure qui vient d'être mise en place est uniquement en français.....

 Le bilinguisme français-breton retenu en 1992 par la Ville de Lorient se basait sur une égalité entre les deux langues et sur son côté systématique. C'est la seule voie pour avoir quelque chose de cohérent.

Que faut-il en déduire ? qu'au minimum personne ne s'en occupe plus au sein de la municipalité et qu'au pire c'est un sujet marginal qui ne présente plus aucun intérêt pour les élus actuels.

Il est plus que temps de réagir et de remettre en selle une véritable politique municipale de promotion linguistique.

PS: texte publié aussi dans Le Télégramme du 13 octobre 2016


mardi 11 octobre 2016

La langue bretonne, un sujet de rigolade pour le maire de Lorient .....

Et voilà où en est rendue ma bonne ville de Lorient: la langue bretonne, un sujet de rigolade pour son maire ....

Témoignage recueilli par Ai'ta :

"En effet, voici ce que pense réellement M. Métairie de la langue bretonne (pour ceux qui auraient encore un vague espoir...) :


Vous trouverez ci-dessous les propos de M. Métairie tenus à Vannes le 17 septembre dernier, et rapportées par une militante qui nous a écrit:

"hier (Vendredi 17 septembre ndlr) je me suis rendue à la réunion du club TGV 56.(..) J'ai vu les projections de la gare de Lorient, présentées par Norbert Métairie, avec qui j'ai discuté en petit groupe (...) J'ai émis, de façon souriante et bon enfant, en tant qu'utilisatrice plus que régulière du TGV (... ) le souhait de voir la gare de Lorient prendre en compte la réalité bilingue de la Bretagne, (..) Il m'a pratiquement ri au nez, à ma grande surprise, et lorsque j'ai demandé si la gare allait être bilingue, il m'a dit: quoi, bilingue anglais? je n'en revenais pas, et cela m'a vraiment rendue triste. (...) alors il m'a sorti un discours sur les langues "utiles", a cité l'anglais ! (...) "


dimanche 9 octobre 2016

28 et 29 octobre à Carhaix, Colloque « Irlande – Bretagne, 1916-2016, chemins croisés »



Colloque organisé par Le CRBC-Rennes 2 dans le cadre du festival du livre de Carhaix “Les influences irlandaises : 1916 – 2016” à l’occasion du centenaire du soulèvement de Pâques 1916.

Ouvert à tout public.


"Irlande Bretagne 1916>2016: Chemins croisés"

Aoine/ Gwener/ Friday/ Vendredi 28 octobre 2016

Economic and Historical aspects

Chair : Gwendal Denis

14:30 – Yann Bévant (Rennes 2): « 1916-2016. Du schème nationaliste au post nationalisme, quel exemple irlandais pour la Bretagne ? »

15:00- Alan Le Cloarec (Rennes 2): « Du Trégor à Dublin, le parcours militant de Louis-Napoléon Le Roux »

16:00- Éamon Ó Ciosáin (NUI Maynooth): « De l’interceltisme à la fascination politique – l’Irlande dans le discours breton au XXe siècle. »

16:45 – Coffee Break/ pause café

Plenary Speaker 

17:00 – Aziliz Gouez (Head of speech writing to President Michael D. Higgins) : « Commémorer l’Insurrection de Pâques 1916 »


Satham/Sadorn/Saturday/Samedi 29 octobre 2016

Cultural and Artistic Interactions

Chair :  Yann Bévant

9:00 – Tangi Philippe (UBO) : “The Institution of Regional/National Sports at the Turn of the Century in Ireland and Brittany. Cultural significance and Symbolic Impact

9:30 – Erwan Chartier (Rennes2): « L’Irlande, une fascination pour les mouvements bretons du XIXe siècle à nos jours »

10:00 – Yves Defrance (Rennes2) : « La Saint Patrick et les Bretons »

14:00 – General discussion and round table

Chair: Yves Defrance

Lieu: Espace Glenmor – Centre des Congrès, Carhaix

mercredi 28 septembre 2016

L'Irlande d'Alexis de Tocqueville



En cette année du centenaire du soulèvement irlandais de 1916, il peut être intéressant de revenir sur un petit livre édité en 2010 par Magellan et Cie.

L'ayant découvert lors du dernier Festival interceltique de Lorient, j'ai été surpris par sa lecture et l'éclairage apporté par les notes prises par Tocqueville sur la situation d'alors en Irlande.

En 1835, Alexis de Tocqueville publiait "Voyages en Angleterre et en Irlande"; l'ouvrage publié par Magellan & Cie en reprend la partie consacrée à l'Irlande.

Tout au long de son voyage à travers l'Irlande, Tocqueville croise de multiples personnages, paysans, artisans mais aussi notables, aristocrates, évêques, protestants et catholiques. C'est une véritable enquête sociale et politique que mène Alexis de Tocqueville et qu'il retranscrit sous forme de notes, de questions/réponses, d'analyses.

Ce qui frappe à la lecture de ces 140 pages, c'est l'état de violence rentrée dans laquelle est enfermée la société irlandaise et devant ces tensions qui deviennent de plus en plus insupportables, l'on ne comprend que mieux le déroulé des  évènements qui vont suivre et aboutir au soulèvement de Pâques 1916.

Alexis de Tocqueville, dès 1835, met le doigt sur les fractures irrécupérables de la société irlandaise, l’ambiguïté et l'immobilisme de l’establishment anglo-irlandais sans oublier le profond mépris des responsables locaux anglais pour le peuple irlandais.

Pour tous ceux qui sont intéressés par l'histoire de l'Irlande, ce petit ouvrage est précieux et nous plonge directement dans la société irlandaise de l'époque. Tout à fait étonnant.


Irlande.
Heureux qui comme.... Alexis de Tocqueville
Éditions Magellan & Cie, 6 € .

jeudi 8 septembre 2016

D'Ecosse en Bretagne: la bataille de Culloden , du mythe à la réalité.

Un petit rappel: la bataille de Culloden (près d'Inverness) opposa le 16 avril 1746 les armées jacobites et britanniques dans ce qui fut la dernière bataille armée sur le sol britannique. L'armée jacobite composée en grande partie des membres de clans des Highlands soutenait le prince Charles Edward Stuart dans sa quête du trône de Grande-Bretagne et d'Irlande perdu par son grand-père Jacques II au profit d'un roi protestant Guillaume III d'Orange.

Représentation  de la bataille de Culloden.


Quel rapport me direz-vous entre la Bretagne et cette bataille de Culloden ? En fait , rien ou plutôt pas grand-chose: certes, la dynastie des Stuart plonge ses racines en Bretagne du côté de Dol; et aussi, il est vrai,  l'expédition du Prince Bonnie Charlie est partie de Bretagne, de Saint-Nazaire, avec des navires affrétés par des armateurs irlandais basés à Nantes. Et sans doute d'autres détails mais là n'est pas le sujet que je souhaite évoquer ici.

Depuis 270 ans ou presque, cette épopée tragique des jacobites a été présentée comme l'histoire d'un aventurier, Bonnie Prince Charlie, quelque peu débile, intégriste catholique, fervent absolutiste, ennemi du progrès, et de ses troupes de Highlanders, des sauvages incultes confis dans la superstition et à peine dégrossis; quant à la bataille de Culloden, elle fut décrite comme la défaite d'une armée jacobite mal armée, mal commandée, désordonnée, bref une défaite méritée. Le documentaire-fiction de Peter Watkins en 1964  est un bel exemple de cette vision des choses. Même en Bretagne, certains auteurs ont suivi sans barguigner cette version des "sauvages incultes manipulés".....

Il y a quelques années, un article paru dans History Scotland avait attiré mon attention : c'était un compte-rendu des fouilles archéologiques entreprises sur le site de Culloden qui donnaient à penser que la bataille en question avait été d'une tout autre nature que celle complaisamment racontée depuis des décennies sinon des siècles . Les fouilles révélaient que le combat avait été beaucoup plus violent que l'on ne le  pensait jusqu'alors et que l’artillerie et les armes à feu avaient été largement utilisées du côté jacobite..... Ce qui  ne correspondait pas à la version habituelle des faits.

Deux publications récentes , "Fight for a Throne: the Jacobite '45 reconsidered" (2015) par le professeur Christopher Duffy, spécialiste de l'histoire militaire britannique, et "Culloden" (2016) par le professeur Murray Pittock, Glasgow University, remettent en cause cette vision et révolutionnent en quelque sorte les connaissances sur le sujet.

Les faits

Selon les deux auteurs qui se basent sur les découvertes archéologiques mais aussi la réinterprétation des textes et témoignages de l'époque, l'armée jacobite était  une armée moderne, bien équipée, disposant d'une logistique efficace, capable en sous-effectif de mettre en échec les troupes de ligne britanniques; leur défaite à Culloden est du, non au mythe des nouvelles baïonnettes anglaises ni à leur artillerie soi-disant défaillante, mais à la présence de la cavalerie anglaise. Culloden vit l'affrontement de deux armées  bien équipées d'un côté comme de l'autre.

Bonnie Prince Charlie


Contrairement à l'imagerie propagée, les jacobites de Bonnie Prince Charlie n'avaient plus grand chose à voir avec ceux de Jacques II , 50 ans plus tôt. Catholiques en grande partie certes mais plutôt "catholiques culturels" que "catholiques intégristes", les jacobites de 1745 étaient beaucoup plus divers que l'on ne le pensait puisque nos auteurs soulignent que le succès des débuts  de Bonnie Prince Charlie est venu du fait qu'il a su et pu fédérer autour de lui les soutiens traditionnels des Stuarts mais aussi une frange libérale sinon radicale de la société opposée à la main mise de la grande aristocratie  sur les différents territoires. Par ailleurs, les auteurs interprètent aussi cette bataille comme l'affrontement entre deux visions politiques: pour Stuart, il s'agit de rétablir un système basé sur plusieurs couronnes (Angleterre, Écosse, Irlande) inséré dans le concert des nations européennes; pour les Orangistes, c'est la volonté de créer un empire commandé par Londres et en concurrence avec les principales nations d'Europe.

Passons sur de nombreuses informations dévoilées par les deux professeurs, comme celle portant sur l'officier commandant le corps expéditionnaire français qui a menti délibérément et contredit les ordres reçus du roi de France en refusant de suivre les troupes de Bonnie Prince Charlie hors d’Écosse vers Londres.... Je renvoie les personnes intéressées aux deux ouvrages cités ci-dessus

Une histoire au service du vainqueur

Nos deux auteurs reviennent aussi sur l'utilisation faite par les vainqueurs ( la Couronne britannique) de cette victoire de Culloden: en diabolisant ce papiste de Bonnie Prince Charlie et ces sauvages d'Highlanders, il s'agit de légitimer le pouvoir en place et de poser la première pierre de ce qui deviendra l'empire britannique après avoir annihilé les opposants irlandais et écossais. Cette légitimation passera par la destruction des structures sociales, des langues celtiques, des coutumes en mettant un point final à la culture et à l'identité écossaise.

Un empire ayant besoin de soldats, la fin du XVIIIè siècle et le début du XIXème virent un changement dans le discours dominant, le "sauvage inculte" devenant le "noble sauvage" , celui qui a su perdre dans l'honneur mais à qui on a apporté la civilisation et à qui on propose une place dans la construction de ce projet merveilleux qu'est l'empire britannique. Vu la présence plus qu'utile des troupes écossaises dans l'armée britannique, il fallait bien que le discours s'adoucisse quelque peu . L'un des auteurs prend deux exemples contemporains de discours portant sur le "noble sauvage" magnifique mais qui doit perdre, l'un c'est le film "Danse avec les loups" avec Kevin Costner et l'autre "Le dernier Samouraï" avec Tom Cruise.

La mode écossaise lancée par le roi George IV sur les conseils avisés de Walter Scott remit à l'honneur sous une forme romantique les attributs les plus visibles de la culture gaélique (kilt, cornemuse) mais sans remettre en cause fondamentalement l'interprétation du choc de 1745.

Ce n'est qu'à partir des années 50, ce qui coïncide d'ailleurs avec la disparition de l'empire britannique, que les historiens écossais commencèrent à analyser les interprétations véhiculées par l'enseignement et les medias. Les recherches historiques et archéologiques ont depuis vingt ans fait progresser la connaissance de ces évènements et les ouvrages cités sont une sorte de condensé de ces découvertes et de ces nouvelles interprétations délivrées de l'écriture des "vainqueurs".

Le nouveau centre d'interprétation sur le site de la bataille de Culloden.


Pour les auteurs, contrairement à ce qu'ont voulu et proclamé les autorités britanniques de l'époque, la culture et l'identité écossaise ne sont pas mortes en 1746 et ont su perdurer : analyser le discours dominant permet ainsi de libérer l'histoire écossaise et redonner place aux réalités historiques.

Et la Bretagne dans tout ça ?

Et bien, je pense que vous avez compris pourquoi je suis revenu sur cet épisode de Culloden et la remise en cause de la version officielle britannique depuis quelques décennies. Ne pensez-vous pas qu'il s'agit aussi pour nous de nous débarrasser de l'histoire écrite par les vainqueurs et de revenir à notre histoire, celle qui n'est pas enseignée à nos enfants ? à notre histoire de Bretagne, singulière et multiple. Le point de vue breton n'est pas le point de vue français , ni le point de vue anglais ou castillan: tous sont intéressants par ce qu'ils disent mais le point de vue breton doit exister et se développer malgré tout. Continuer à gommer notre histoire nous fera disparaître. C'est ce que pensaient avoir réussi les Orangistes en Ecosse. Ne laissons pas faire les jacobins de même avec nous ici en Bretagne.

Un des ouvrages d'Erwan Chartier.


A Lire


















A voir: la série Outlander, une bonne reconstitution de l’Écosse avant, pendant et après Culloden.



Disponible en DVD / BlueRay

mercredi 7 septembre 2016

A méditer au sujet du Brexit.

Brexit: une phrase que j'ai lue dans The Guardian l'autre jour et qu'il me semble bon de publier ici . 

Depuis le vote pro-Brexit au Royaume-Uni, les actes xénophobes et racistes se sont multipliés. Et donc la phrase en question: "Tous ceux qui ont voté pour le Brexit ne sont pas xénophobes ou racistes, mais tous ceux qui sont racistes ou xénophobes ont voté pour le Brexit". 

A méditer en cette période de surenchères autoritaristes et populistes.

mercredi 3 août 2016

Skedanoz, une réussite lumineuse.

La chapelle St Michel du tumulus de Carnac revue et corrigée par nos artistes nantais.
A la Toussaint 2015, nous avions déjà crapahuté à travers les menhirs d'Erdeven à la lumière de torches à l'invitation de Paysages de Mégalithes et à l'initiative de 4 étudiants de l'école d'architecture de Nantes. Accompagnée de contes, cette visite nocturne en la nuit de la Samhain avait attiré la foule.

10 des plus importants sites mégalithiques du pays de Carnac sont marqués par une colonne de lumière.

Cet été, la même équipe réitère sa mise en valeur nocturne des mégalithes de la côte morbihannaise. Et là aussi c'est un spectacle superbe et quelque peu new age aux limites d'X-Files, si, si . On ne peut que féliciter Paysages de Mégalithes et nos 4 Nantais pour ces réalisations et enfin, on a l'impression que ça commence à bouger autour de ces sites mégalithiques exceptionnels. Tout cela d'ailleurs est réalisé dans la perspective d'un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Curieuse vision que cet ancien calvaire du tumulus St Michel à Carnac avec les faisceaux lumineux "mégalithiques"



Un des panneaux lumineux descriptifs des 10 sites mégalithiques retenus, en haut du tumulus..

La carte projetée sur la chapelle montrant la situation des 10 sites.

Photo Paysages de Mégalithes



Pour tout renseignement complémentaire, voir le site très bien fait de l'association Paysages de Mégalithes ( en français, breton et anglais), ici.



PS: merci à Mariannig pour les photos.


lundi 1 août 2016

La vacuité du personnel politique breton .....

Alors que dans les autres pays celtiques, les politiques s'expriment lors des festivals et annoncent des projets comme le premier ministre gallois Carwyn Jones qui vient de présenter à l'Eisteddfod national d'Abergavenny un plan pour atteindre le million de locuteurs galllois .....Ici en Bretagne que disent les politiques durant les festivals ? Rien , rien de rien , des banalités , des blablablas qui n'engagent à rien ..... Nul de chez nul .

Patrick Pearse, l’archange de la république irlandaise: rencontre avec Frédéric Collemare.

Les éditions Terre de Brume ont publié , il y a quelques mois, « Gens du Connemara », un recueil de textes de Patrick Pearse, inédits en français. Rencontre avec Frédéric Collemare, le traducteur en français des ces écrits méconnus.

Pearse 3D
“Gens du Connemara”, recueil de textes de Patrick Pearse vient de paraitre aux Éditions Terre de Brume. Vous en êtes le traducteur en français, comment définiriez-vous cet ouvrage ?
« Gens du Connemara » regroupe les deux recueils de nouvelles publiés par Patrick Pearse.
Iosagan, le premier d’entre eux , est un recueil dont le thème principal est la vie enfantine. Ces histoires simples sont dessinées avec un charme délicat et reflètent de façon assez inhabituelle à l’époque ce que peuvent penser les enfants. Il décrit de manière lyrique les paysages du Connemara et il affectionne particulièrement peindre les habitants de cette région. Toutes ces histoires se passent dans les environs du hameau fictif de Rosnageeragh, en réalité Ros Muc, que Pearse visita pour la première fois en 1903 et où il acheta un cottage. Pearse considère le Connemara comme un paradis pastoral, un paysage sacré où Jésus peut apparaitre sous les atours d’un enfant. La communauté est soudée, elle craint Dieu, le prêtre catholique est toujours prêt à offrir ses conseils et l’apaisement, même un personnage qui n’a pas assisté à la messe depuis soixante ans est considéré avec respect et avec courtoisie. Cette idéalisation n’est pas le reflet de la réalité, mais elle démontre l’aspiration à un meilleur futur. La vision romantique de Ros Muc reflète un usage stratégique de l’idéalisation afin d’inspirer les lecteurs qui vivent ailleurs.

Dans ces histoires , les femmes sont nées pour être mères, tandis que les garçons le sont pour être aimés et révérés. Elles peuvent être aussi lues comme une tentative de Pearse de transposer sa propre enfance urbaine au coeur du Connemara gaélique et investir son moi d’adulte de toute l’autorité spirituelle qu’il associe à cette région.


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Le cottage de Ros Muc (Connemara) où Patrick Pearse aimait se retirer pour écrire.


La mère, le deuxième recueil de ce volume, se situe également au Connemara, mais ici Pearse insiste sur la vie des adultes, vie qui peut s’avérer rude et éprouvante. Comme l’indique le titre, la maternité est une préoccupation centrale de ce recueil. Certaines histoires insistent sur le fait que les femmes sont destinées, par dessus tout, à être aidantes. Il suggère aussi que la maternité peut-être une via dolorosa. Les femmes dans Iosagan étaient capables, en pleine santé, s’occupant sans se plaindre des taches domestiques. Dans La mère, elles sont indigentes, souvent pathétiques, des personnages dont la vie n’est pas seulement définie par la maternité mais aussi détruite par elle. L’idéalisme premier de Pearse est assombri par la réalisation croissante que le mode de vie gaélique n’a jamais été parfait et ne pourra pas survivre aisément dans le monde moderne. Un grand sens de la dépossession règne dans toutes ces pages, et l’idéal se confronte à la réalité. Pearse y concède que la vie peut y être austère, voire désolée. Il end hommage à la volonté inébranlable des habitants du Connemara. Pour lui, le principal coupable de cet état de fait est le statut colonial de l’Irlande, l’injustice officielle et l’indifférence anglaises. Il critique également le Catholicisme, lors de la scène finale de La pleureuse, où la mère de Coilin répond à la tentative de déclaration de guerre de son époux aux soldats anglais en annonçant qu’il est l’heure du Rosaire. Ici, la dévotion religieuse est présentée comme étant une esquive au devoir moral et comme une réponse inappropriée à une injustice généralisée. Dans Le Dearg-daol, Pearse critique l’institution catholique rigide et bigote, l’exact opposé des inclinations naturelles de la communauté.


PatrickPearse2
Patrick Pearse


On connait Patrick Pearse le révolutionnaire, le militant, l’éducateur, le poète: que révèlent
de plus ces textes ?
Dans ces textes , le côté froid et sombre de la personnalité de Pearse décrit par certains de ses détracteurs et par lui-même dans une lettre étonnante qu’il s’est adressée s’efface totalement: ils révèlent la face rêveuse et mélancolique, cette empathie qu’il éprouve devant les souffrances et les rêves des femmes et des enfants du Gaeltacht. Il s’y dévoile également la psyché d’un homme beaucoup plus complexe qu’on ne le pensait, écartelé entre le réel et l’imaginaire, un passé révolu et un avenir non encore formé.


Après avoir fréquenté Pearse à travers ses textes, que représente pour vous Patrick Pearse et
qu’avez-vous découvert que vous ne connaissiez pas encore ?
Patrick Pearse demeure l’une des figures les plus complexes et énigmatiques de l’histoire de l’Irlande moderne: le champion de tout ce qui est irlandais et gaélique dont le père était anglais; le défenseur du sacrifice sanglant qui ne pouvait supporter la souffrance humaine et animale; un homme timide et gauche lors des rencontres formelles en société, mais qui pouvait soulever une foule avec ses mots et gagner les cœurs et la dévotion leur vie durant des enfants dont il s’occupait. L’on ne pourra sans doute jamais comprendre Pearse, mais il est peut-être préférable de se rappeler les mots de son ancien étudiant et premier biographe Desmond Ryan: « Pearse n’a jamais été une légende, c’était un homme. »


Pearsetraducteur
Frédéric Collemare


Plus globalement, pour vous, quel rôle a véritablement joué P Pearse dans l’indépendance de l’Irlande ? Et que représente-t-il encore aujourd’hui ?
Pearse a été une figure profondément révérée dans les premières années de l’Etat Irlandais et elle fut promue en tant qu’incarnation des espoirs et des idéaux de cette nation nouvellement née. Des politiques ont tenté de se présenter comme leur successeur et son nom était fréquemment évoqué à la chambre du Dail afin d’ajouter une légitimité à une opinion particulière. Il est devenu de loin la figure la plus proéminente lors de la célébration du 50èmeanniversaire de la Révolte. Son profil d’icone, qu’il privilégia des sa jeunesse du fait d’un très important strabisme, devint l’un des symboles les plus identifiables de la Révolte et sa réputation a éclipsé celle de la plupart des autres signataires de la Proclamation. Il fut en effet la voix qui réveilla la conscience irlandaise après l’engourdissement provoqué par la promesse d’un Home Rule. Il a réussi à réunir les milices nationalistes et les milices ouvrières du Jaurès irlandais, Joseph Connolly: il est maintenant certain que le texte de la Proclamation de la République que Pearse lira sur les marches de la Grande-Poste de Dublin a été composé de concert par les deux tribuns. Pearse devait posséder un charisme extraordinaire pour rallier un Connolly qui n’appréciait pas le sens du sacrifice sanglant du Poète. Connolly deviendra plus jusqu’au-boutiste que Pearse, qui , dans un étrange mouvement de balancier, sera effrayé et écœuré par tout ce sang civil versé.

Les détracteurs de « l’Archange de la République irlandaise », selon la belle formule de Pierre Joannon, lui ont reproché entre autres d’avoir déclenché une révolte à une période de l’histoire inappropriée, des milliers de soldats irlandais meurent dans la Somme au même moment, et surtout de ne l’avoir pas assez préparée. L’horreur des bombardements aveugles détruisant tous les immeubles sans épargner le moins du monde les civils de Dublin, trois mille morts écrasés entre les deux camps, lui fait signer l’acte de reddition; De Valera, futur président de la République irlandaise, refusera de se rendre et ses hommes reprendront leur poste, avant de briser leurs armes ;Clarke, autre signataire était aussi partisan de la lutte à outrance: Pearse n’était pas le jusqu’au- boutiste fanatique que l’on a bien voulu faire croire.


Propos recueillis par Jacques-Yves Le Touze

mercredi 27 juillet 2016

Dublin 2016: la reconnaissance du dynamisme du football gaélique breton.

Début août, Dublin accueillera , dans le cadre du centenaire de Pâques 1916, les Jeux gaéliques mondiaux, auxquels est invitée l’Équipe de Bretagne de football gaélique. L'occasion de faire le point avec Fabien Régnier, un des responsables de l’Équipe de Bretagne, et par ailleurs, président du club de Lorient, le Lorient GAC.

4 des joueurs de l’Équipe de Bretagne qui sera présente à Dublin.
- L'Equipe de Bretagne de football gaélique va participer aux jeux mondiaux de Dublin en août prochain. Depuis quand existe cette équipe de Bretagne et comment est-elle composée ?

- Fabien Régnier : L'équipe de Bretagne, sous sa forme actuelle, existe depuis juillet 2012. Elle a été créée pour répondre à une invitation des Galiciens qui souhaitaient organiser un premier match international. Une quinzaine de volontaires avaient alors fait le déplacement. L'expérience positive, le potentiel de l'équipe et les liens tissés au cours de cette aventure ont marqué un véritable acte fondateur, qui nous a ensuite permis de développer, structurer et pérenniser cette sélection.
Auparavant, des "Équipes de Bretagne" avaient ponctuellement participé à des rencontres, mais c'est véritablement en 2012 qu'un projet durable et structuré s'est concrétisé.

- Que représente pour vous cette participation à ces jeux mondiaux ? Quelle place pensez-vous pouvoir tenir ? Quel est le programme pour les Bretons qui feront le déplacement ?

- FB : C'est une formidable reconnaissance pour notre développement et une grande fierté. Nous évoluerons dans la compétition des "non-irlandais" avec 13 autres équipes. La liste des participants confirme que la Bretagne est un des premiers endroits au monde où le football gaélique s'est développé avant tout auprès de la population locale, avec peu ou sans présence irlandaise. En Europe, seuls la Galice, l'Italie et un certain nombre de clubs français sont également concernés. C'est en quelque sorte une récompense pour notre travail.

Le niveau du tournoi sera très relevé. Les équipes d'Amérique (New York, Canada, Argentine) ont un historique plus important et certains joueurs pratiquent le sport depuis leur plus jeune âge. D'autres comme la Chine ont une expérience plus récente, mais s'appuient sur un noyau universitaire avec de très bons athlètes. Il reste malgré tout une grande part d'inconnu car il s'agit seulement de la 2ème édition de ces jeux, et beaucoup y participent pour la première fois.

L'objectif pour la Bretagne est de donner le meilleur et de montrer une belle image de notre équipe. Il s'agit de notre première participation à un tournoi officiel. Cela nous a contraint à une certaine restructuration, mais ça nous permet également de poser les bases pour l'avenir. Cette première expérience en appelle d'autres et avec une organisation solide et un soutien du public, nous espérons motiver de nombreux joueurs et futurs joueurs à rejoindre l’Équipe de Bretagne à l'avenir.
L'équipe arrivera à Dublin le samedi 6 août, elle se préparera avec un club local et défilera lors de la cérémonie d'ouverture le dimanche 7 à Croke Park. Les matchs se joueront du mardi 9 au vendredi 12 août.  Le format de la compétition est typiquement irlandais, avec un système de repêchage et de consolantes qui assure à toutes les équipes de jouer un certain nombre de matchs. Chaque équipe est assurée de jouer au moins 3 journées, sur les 4 jours de compétition.

CrokePark

Croke Park où se dérouleront la cérémonie d'ouverture et les phases finales des Jeux gaéliques mondiaux.
- Que pense le GAA irlandais du développement assez exceptionnel du football gaélique en Bretagne ?

FB : Pour le moment, la fédération irlandaise fait office de fédération internationale, et soutient logiquement le développement de ses sports à travers le monde. Cela fut assez marquant pour la Bretagne, qui a bénéficié de nombreux programmes d'accompagnement sur le coaching, l'arbitrage, le matériel, le développement jeunesse, afin de répondre à une forte demande.
La visite du président irlandais, Michael D. Higgins, à Lorient en 2014 fut également une belle marque de reconnaissance. A sa demande, une rencontre avait été organisée avec les acteurs locaux. Plus généralement, les Irlandais sont souvent enchantés d'apprendre que leurs sports traditionnels sont pratiqués par des étrangers.

- Comment voyez-vous l’avenir du football gaélique en Bretagne ?

FB : Après une croissance importante du nombre de clubs (une douzaine en 15 ans), le nombre connaît désormais une certaine stagnation qui s'explique par le fait que les principales villes sont désormais "équipées". Le développement se poursuit davantage au sein de la ligue et des clubs existants avec de nouvelles équipes (féminines, jeunes, équipes B), des compétitions mieux structurées, une sélection, etc...

Ce type de développement est moins visible mais tout aussi important : avant de lancer de nouveaux clubs, il est important de pérenniser la pratique et de structurer les associations existantes. A ce titre, l'implication des bénévoles est primordiale : notre sport dispose encore d'une faible notoriété et de peu de reconnaissance de la part des instances. Tout est encore à construire, et chaque membre est en mesure de jouer un rôle important.

- En dehors du déplacement à Dublin, quels sont les principaux événements pour le football gaélique breton dans les mois à venir?
 
FB : La plupart des clubs reprendront le chemin de l'entraînement courant août, afin de se préparer pour la reprise du championnat en septembre. Plusieurs d'entre eux feront aussi le déplacement au tournoi européen de Maastricht.
En ce qui concerne l’Équipe de Bretagne, l'objectif est de développer son activité avec l'organisation de plusieurs stages dans l'année, et la participation à des rencontres, notamment pendant la période estivale.
LogoFootGaelBZH
Le football gaélique breton en quelques chiffres:
Environ 350 licenciés, et 10 clubs actifs actuellement : Rennes, Nantes, Brest, Lorient, Vannes, Quimper, Liffré, Guérande, Pordic et Plédran.
Des équipes féminines à Rennes, Lorient, et en développement dans les autres clubs.
Des sections jeunes à Liffré, Brest, Lorient, Guérande, Vannes et en développement dans les autres clubs.
Le hurling (l'autre sport gaélique) est également pratiqué à St-Brieuc et Rennes.

Contact pour toute personne intéressée :
liguebretonne@footballgaelique.com

mardi 26 juillet 2016

Stupeur, tristesse, colère.....

Que dire face à une telle horreur ?  Un sentiment de stupeur, de dégoût , de colère aussi ... Prier pour les victimes et aussi pour les bourreaux , c'est la grandeur de ma foi . C'est difficile mais juste , c'est dur et me paraît injuste , c'est pourtant ce que je dois faire , c'est la grandeur de ma foi , quelle tristesse en ce jour de Ste Anne d'Auray .

vendredi 22 juillet 2016

Langue et culture bretonnes: la mairie de Lorient aux abonnés absents.

Manifestation à la Cité de la Voile de de Lorient pour protester contre la disparition de la signalisation en langue bretonne.


Cette semaine, la presse nous apprend que Dizale va s'installer à Quimper avec l'appui enthousiaste de la ville et de l'agglomération de Quimper. Pour mémoire, Dizale, l'organisme de doublage en langue bretonne, était installé à Lorient au sein du défunt pôle audiovisuel et fut quelque peu poussé à partir s'installer dans des locaux provisoires à Plouharnel. Bien que souhaitant rester sur Lorient, Dizale n'a trouvé aucun véritable relais au sein des élus lorientais et la mairie a laissé filer Dizale sans problème.

Cette malheureuse histoire est la dernière en date de toute une série de reculs en matière de langue et de culture bretonnes à Lorient: disparition de la langue bretonne à la Cité de la Voile, recul des aides financières à Emglev, charte Ya d'ar Brezhoneg suivie a minima. Ces reculs sont en fait la conséquence de l'absence d'une véritable politique de promotion de la langue et de la culture bretonnes au sein de la municipalité actuelle, absence qui se ressent dans tous les domaines et dont les conséquences sont visibles au niveau culturel, éducatif, patrimonial, musical.

Lorient dans les années 1990 à l'époque de Jean-Yves Le Drian a porté une politique ambitieuse en la matière qui a fait de Lorient un exemple alors en Bretagne. Depuis, notre ville est à la traîne loin derrière Vannes ou Quimper, et même est dépassée par Ploemeur, Lanester ou bientôt Quéven....

Cette situation est le fait de la mairie depuis deux mandats, c'est le fait d'élus qui considèrent la langue et la culture bretonnes comme folkloriques devant rester dans une sorte de ghetto bien gentil laissant les vraies questions, la vraie Culture avec un grand C aux gens sérieux. Ils ne le diront pas publiquement mais ils le suggèrent au détour de telle ou telle réunion.

Alors bien évidemment avant chaque élection, les mêmes sont obligés de faire quelques vagues promesses en la matière qui retombent dans les oubliettes aussitôt les élections passées, comme ce Ti ar Vro qui aurait du voir le jour il y a des années mais qu'on fait miroiter en permanence pour calmer les ardeurs revendicatrices.

Grâce au Festival interceltique, grâce à Emglev et aux dizaines d'associations, la langue et la culture bretonnes survivent quand même à Lorient mais ceci en dépit d'élus qui n'ont rien compris à l'atout que cela aurait du représenter pour notre ville . Il y a bien longtemps, Lorient se considérait comme la capitale du monde celte, ce n'est plus désormais qu'un vieux rêve dénué de réalité du fait d'élus incapables de sortir des normes culturelles officielles.

Lamentable, je suis triste pour ma ville et je ne peux  conclure que par un "Secouez-vous !" un peu musclé. Ça ne peut pas continuer comme ça.

Jacques-Yves Le Touze
Ancien conseiller municipal chargé de la promotion de la langue et de la culture bretonnes

dimanche 10 juillet 2016

Langue et culture, deux piliers de la politique de la Fédération galloise de football .

A plusieurs reprises, ces dernières semaines, je suis revenu sur la communication de l'équipe nationale de foot galloise installée à Dinard durant cet Euro 2016 pour souligner leur intérêt pour la langue bretonne et la Bretagne, intérêt assez mal récompensé par Dinard qui a complètement zappé les liens entre la Bretagne et le Pays de Galles comme d'ailleurs le Conseil régional de la Bretagne administrative malgré les multiples demandes émanant notamment des comités de jumelage Bretagne-Pays de Galles.

L'équipe galloise débarquant à Cardiff en provenance directe de Dinard.


Or, vendredi dernier, sur BBC Wales, un des dirigeants de la Fédération galloise de football ( FA Wales) a expliqué les raisons de ce positionnement.

Ce vendredi fut jour de fête à Cardiff où l'on accueillait l'équipe nationale de retour en direct de Dinard. Accueil grandiose devant des dizaines de milliers de spectateurs à travers les rues de la capitale galloise jusqu'au stade des Cardiff Blues ( l'équipe de foot de Cardiff) où devant plus de 30000 supporteurs, l'équipe, le staff, l'entraîneur furent applaudis à tout rompre.

Dans les rues de Cardiff, vendredi dernier.
Or, durant toute cette célébration de l'aéroport au château de Cardiff, des rues du centre de la ville jusqu'au stade, outre la marée de drapeaux gallois, une chose assez significative sautait aux yeux, la place donnée à la langue galloise dans la communication et les supports mis en place par la fédération galloise. Des bus recouverts d'énormes DIOLCH ( merci en gallois) , un bilinguisme systématique, sans parler du Hen Wlad, bref de quoi pousser un journaliste à poser la question évoquée ci-dessus, pourquoi une telle place à la langue galloise ?

Le dirigeant interviewé par la BBC a répondu de façon très claire: "la langue et la culture sont des marqueurs fondamentaux pour notre petit pays, c'est de cette façon que nous nous distinguons des autres pays, que nous existons. La fédération de football a intégré cette dimension pour renforcer la cohérence de l'équipe et la communication vers l'extérieur". Et là on en vient à la Bretagne: "D'ailleurs, puisque nous étions à Dinard, en Bretagne, nous en avons fait de même en utilisant à la fois le français et le breton". Question là aussi de cohérence.

Pour parler un peu vulgairement, ça vous la coupe là ! hein ? Que dire, que rajouter ? D'une part, la nullité de la plupart des nos assez riquiquies institutions bretonnes, d'autre part le fossé qui s’agrandit de plus en plus entre la situation de la Bretagne et celles de la plupart des "régions européennes à forte identité" ( le sabir pour ne pas dire "nations sans état d'Europe" ) . Le risque d'une évaporation progressive de la Bretagne est là en fait et il y a intérêt à se secouer sérieusement pour éviter cela et tenter de reprendre la place qui devrait être la notre dans le concert européen.....

mercredi 29 juin 2016

Le Brexit .... ou le profond silence des élus bretons .


Un des navires de la Brittany Ferries arrivant à Plymouth.

Je ne reviendrai pas ici sur le Brexit en tant que tel mais sur un fait qui me semble assez significatif de l'état actuel de la Bretagne.

D'autres ont expliqué en long et en large les liens séculaires entre la Bretagne et les îles britanniques: liens historiques, culturels, économiques. Sans parler des milliers de Britanniques vivant en Bretagne et de Bretons vivant outre-Manche.

Alors lorsque survient un évènement d'importance comme le référendum dit du Brexit qui doit conditionner l'avenir des nations britanniques et leurs relations avec leurs voisins, l'on se serait attendu à entendre nos responsables politiques donner de la voix avant le référendum et après le référendum.

Vous avez entendu quelque chose, vous ? Rien de la part du Conseil régional qui a pourtant signé un accord de coopération avec le Pays de Galles, rien des départements, rien des villes jumelées avec des cités d'outre-Manche, rien de Lorient qui accueille des milliers d'artistes britanniques chaque année, etc... Rien de rien à part une réaction de Christian Troadec. Autrement aucune institution bretonne n'a émis quelqu'avis que ce soit ni avant ni après.

Pour une fois, remercions Le Télégramme d'avoir largement parlé du Brexit et de ses conséquences pour la Bretagne, y compris un billet de René Perez qui a évoqué les liens séculaires entre petite et grande Bretagne.

Finalement, ce silence  est tout à fait significatif de l'idée que se font ces responsables politiques et autres de la Bretagne, une province qui n'a rien à dire à l'international. Obnubilés par Paris, ils en oublient les liens fondamentaux de la Bretagne avec ses voisins d'outre-Manche, ils ne donnent aucune dimension européenne à la Bretagne . La Bretagne est aux abonnés absents. C'est pitoyable ...

mercredi 22 juin 2016

Brexit or not Brexit.... quelques impressions londoniennes.

Ayant eu la chance d'avoir en cadeau d'anniversaire, des places à l'un des méga-concerts de Coldplay à Wembley, nous en avons profité pour passer quelques jours à Londres et je voudrais ici juste partager quelques impressions.

Le stade de Wembley en folie pour le concert de Coldplay.


Brexit or not Brexit....

Arrivés relativement tard à Londres après un vol retardé au départ de Nantes, nous avons pris un petit encas dans un pub près du stade de Wembley , pub submergé soudainement par une foule sortant du concert de Coldplay . Faute de place, un couple s'installe à notre table et on commence à parler... vous êtes d'où ? Ah vous êtes Bretons ? etc etc. La conversation s'engage et l'on apprend que lui est anglais, travaille chez Thalès, connait bien la Bretagne, la DCNS, et votera pour le Brexit . Un peu surpris, j'ai tenté d'en savoir plus, les raisons exactes et je n'ai obtenu que des réponses floues mais surtout j'ai senti comme un ressentiment assez profond contre le "continent"; en revanche, sa compagne, galloise, votera pour le maintien dans l'UE car "on est plus fort ensemble" . Assez éloquent cette opposition Anglais et Brexit / Gallois et maintien . A la question de savoir si l’Écosse en cas de Brexit finirait par choisir l'indépendance, autant dire que c'était comme si j'avais agité un chiffon rouge sous leurs yeux.... Il faut bien entendu n'en tirer aucune généralisation mais je dois dire que voir un ingénieur travaillant avec des groupes européens se prononçant pour le Brexit m'a laissé perplexe et assez inquiet pour la suite ....

Affiche anti-Brexit vue à Londres


Le lendemain, la nouvelle de l'assassinat de la populaire députée travailliste du Yorkshire, Jo Cox, a réellement tétanisé le pays, les medias et le personnel politique. Ce tragique évènement aura-t-il pour conséquence de faire perdre le camp du Brexit ? Alors que Jo Cox se faisait sauvagement attaquer par un individu aux cris de "Britain First", Nigel Farage, l'odieux leader du mouvement populiste UKIP, présentait sa nouvelle affiche de campagne absolument ignoble jouant sur la peur des migrants. Les deux évènements se passant quasiment au même moment, le côté malsain du camp du Brexit en est devenu encore plus évident.

Nigel Farrage et son affiche pro-Brexit qui a choqué la Grande-Bretagne (en tout cas une bonne partie)


L’Écosse huée .....

Super concert de Coldplay en soirée avec 40 000 spectateurs dans ce très beau stade de Wembley. C'était quand même assez bluffant. Un truc à noter quand même et qui est peut-être symptomatique de quelque chose. Au début de la soirée , des messages du monde entier de fans de Coldplay étaient projetés sur les écrans du stade en provenance d'Argentine, du Canada, d'Espagne, etc tous applaudis par la foule, puis vint un message en provenance d’Écosse qui fut véritablement hué par les milliers de spectateurs, le seul message à être hué. A croire que la fracture entre Angleterre et Écosse s'aggrave.

Londres, le cauchemar des talibans républicains français....

Bien que me rendant très régulièrement outre-Manche depuis des décennies, je ne vais à Londres qu'assez rarement, il y a une dizaine d'années pour la dernière fois. De ce que j'en ai vu la semaine dernière, Londres a conforté sa dimension de capitale globalisée (mondialisée) , cosmopolite, multi-culturelle. En quelque sorte, Londres est devenue une New-York européenne. Soit dit en passant, un vrai cauchemar pour nos talibans républicains laïcards français: des étrangers partout, des turbans, des voiles de toutes sortes, des signes extérieurs communautaires, des croix, des kippas, le monde en résumé, tout ce que détestent nos ploucs républicains. Alors que se dégage un dynamisme incroyable de cette ville tant au centre que dans les "quartiers   asiatiques" par exemple. Tout n'est pas rose notamment au niveau du logement mais l'atmosphère de Londres est incomparable . Une autre planète mais qui, en ce qui me concerne; me correspond beaucoup plus que la grisaille parisienne aux tendances autoritaires.

dimanche 19 juin 2016

Croeso i Lydaw !

Les jeunes Gallois de Ysgol Cymuneb Cwm Tawe sont venus soutenir l'équipe galloise à Dinard . Et ils savent où se trouve Dinard :=))) Une bonne leçon pour les commerçants, élus et autres responsables de Dinard qui ont quasi complètement zappé le lien Bretagne - Pays de Galles ..... Y en a qui sont vraiment en dessous de tout ....

mercredi 8 juin 2016

Quand l'équipe nationale de foot galloise donne quelques leçons à la Bretagne.

Pour cet Euro de football 2016, la Bretagne accueille 4 équipes nationales: l'Albanie à Perros-Guirec, la Suède à Pornichet, la Pologne à La Baule et le Pays de Galles à Dinard.

Les Gallois ont investi le Novotel de Dinard et de nombreux reportages ont été réalisés par les différents medias gallois sur ce site depuis des semaines. Clairement identifiée comme étant en Bretagne, Dinard a véritablement tapé dans l’œil des journalistes gallois qui ont pu rappeler les liens culturels et linguistiques entre la Bretagne et le Pays de Galles mais aussi la présence britannique ancienne dans cette cité. Bref que du positif.

L’Équipe de Galles est arrivée en ce début de semaine à Dinard et c'est là qu'on se rend compte qu'ils ont très bien compris ce qu'était la Bretagne: panneau d'accueil quadrilingue ou utilisation de la langue bretonne dans leur communication twitter.....




Degemer mat e Breizh! Laouen bras omp da vezañ amañ e Dinarzh. Bremañ e krog al labour evit gwir!

Bienvenue en Bretagne! Nous sommes très contents d'être ici à Dinard. Le vrai boulot commence maintenant!


Trugarez vras da skolidi Dinarzh a zo deuet da welout ac'hanomp e-pad hor prantad embregiñ digor d'an dud


Merci à tous les élèves de Dinard qui nous ont rejoints pour la séance d’entraînement ouverte au public


Sans oublier d'utiliser la langue galloise lors de leur première conférence de presse....



FA Wales made history today. The first time the Welsh language is heard in a UEFA EURO Finals press conference.

Bravo, rien à redire. C'est même une véritable leçon donnée à la Bretagne en fait ou comment assumer pleinement toutes ses dimensions culturelles et linguistiques...... Les Gallois ont fait quelque chose de tout à fait normal mais qui semble extraordinaire ici vu la situation qui nous est faite.

A ce sujet, il me semblait que la Région Bretagne avait un accord de coopération avec le Pays de Galles et ..... rien ne semble prévu autour de la présence des Gallois à Dinard de la part de la région. Quand l'équipe nationale galloise de rugby avait été accueillie à Pornichet pour la Coupe du Monde (Pornichet pourtant exilée en Pays de Loire) , de nombreuses animations bretonnes avaient eu lieu avec le soutien de la Région Bretagne pour certaines. Là, rien a priori .... Sans parler de Dinard qui certes a pavoisé aux couleurs galloises mais qui semble avoir oublié qu'existe un drapeau breton ....

Décidément, il y a quelque chose qui cloche en Bretagne armoricaine .....

mardi 26 avril 2016

"Les Bretons savent ce que la France leur a apporté"... ben, non !

Juste une remarque en passant: il y a quelques mois, le député d'Hennebont, Philippe Noguès, publiait un texte dans lequel notamment, il écrivait "Les Bretons savent ce que la France leur a apporté" . Je lui envoyais donc une question " Pourriez-vous m'indiquer justement et précisément ce que la France a apporté à la Bretagne ?". J'attends toujours une réponse.

Je lis ce matin dans Le Télégramme que lors du départ du préfet de Bretagne vers d'autres cieux, notre président de région et néanmoins ministre de la Défense et que, personnellement, j'apprécie, concluait son discours par "Les Bretons savent ce qu'ils doivent à l’État" .... Pour ma part, j'aimerais savoir ce que l'Etat français a réellement apporté à la Bretagne en dehors de ce que fait tout état normal occidental pour sa population.....

On dirait une sorte de mantra genre "Bretons, remerciez l’État français sans qui vous ne seriez rien"..... Triste.

mercredi 20 avril 2016

Musée de Pont-Aven et langue bretonne: suites à suivre !

Mon "coup de gueule" sur l'absence totale de langue bretonne dans le nouveau musée de Pont-Aven (voir l'article ici ) semble avoir fait quelques remous et en un sens avoir atteint son but.

Tout début avril, au moins deux mouvements avaient déjà protesté ( Tud Bro Konk et l'UDB) mais c'est la reprise de mon texte par Le Télégramme (voir ici ) et par Ouest-France qui semble avoir contribué à faire bouger les lignes comme on dit en français moderne . Sans compter les personnes qui ont écrit directement au musée.

En tout cas, ça bougerait si l'on en croit le dernier article de Ouest-France sur le sujet:


La langue bretonne absente du musée de Pont-Aven

Aucune traduction en breton dans le musée de Pont-Aven... Des visiteurs ont réagi. | Archives Ouest-France

 

L'absence de traduction en breton sur le site a provoqué des réactions. Un de nos lecteurs s'exprime sur ce sujet.

Le musée de Pont-Aven a rouvert après trois ans de travaux. Comme l’ont fait remarquer plusieurs lecteurs, il n’y a aucune traduction en breton sur le site.

Dans un courrier intitulé « Le musée de Pont-Aven, une belle réalisation qui oublie la langue bretonne », un lecteur, Jacques-Yves Le Touze, est surpris par cet oubli. « Alors que tout est bilingue français-anglais, pas un mot, rien, en langue bretonne, […] Pas de textes en breton, pas d’audioguides en breton, pas de dépliants en breton… […] Comment est-ce pensable ? Même le château des Ducs de Bretagne à Nantes fait mieux ! »


Pour Olivier Bellec, directeur des services de la communauté d’agglomération, la raison de cette absence est simple : la communauté (Concarneau Cornouaille agglomération) n’a pas encore signé la charte Ya d’ar brezhoneg, encourageant les acteurs locaux à effectuer cette traduction. « Cette question ne peut être traitée que globalement, note-t-il. Si une traduction en breton est proposée pour le musée, elle doit l’être aussi pour les piscines ou autre équipements. » Une situation qui pourrait évoluer rapidement. Contactés par l’association Ya d’ar brezhoneg, les élus pourraient signer prochainement cette charte pour la langue bretonne.

Au-delà de l'excuse un peu curieuse "on n'a pas fait parce qu'on n'a pas signé Ya d'ar Brezhoneg"  (pour l'anglais, ils ont signé "Oui à l'Anglais"?), il semblerait que ça bouge mais il faut continuer à maintenir un minimum de pression. Pour cela, il suffit d'écrire au Musée de Pont-Aven, ici.

Et retenir comme leçon qu'il ne faut surtout pas hésiter à donner son avis et le transmettre aux autorités responsables, aux medias, laisser un mot sur le livre d'heures, etc. Ce sont de petites actions mais cumulées, celles-ci peuvent être payantes. 

 

samedi 16 avril 2016

Le nouveau musée de Pont-Aven: une belle réalisation qui oublie totalement la langue bretonne .....

Pont-Aven retrouve après plus de 3 ans de travaux son musée, rénové, modernisé et agrandi. Qui dit Pont-Aven, dit école de Pont-Aven , connue quasiment dans le monde entier. Il était donc grand temps que la commune cornouaillaise dispose d'un vrai et bel outil pour que les visiteurs de toute l'Europe et au-delà puissent mieux comprendre l'éclosion de ce phénomène culturel que fut l'école de Pont-Aven regroupant des peintres de tous horizons à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.


 

Le résultat est à la hauteur des attentes avec une réussite architecturale, une rénovation de bon goût des différents espaces, une mise en scène muséographique de qualité, même si l'on peut regretter quelques erreurs comme le peu d'espace à l'entrée obligeant les visiteurs à faire la queue à l'extérieur quelque soit le temps, ou l’exiguïté des espaces au 3ème niveau congestionnés rapidement par l'afflux de visiteurs.

Mais l'ensemble est agréable et permettra d'organiser des expositions dans d'excellentes conditions, répondant ainsi à la réputation internationale de Pont-Aven.

Se pose toujours la question du fonds d’œuvres très limité dont dispose le musée de Pont-Aven et on espèrerait qu'une vraie collaboration s'installe entre les différents musées de Bretagne pour faire réellement de ce nouvel outil la grande référence en matière "d'école de Pont-Aven". Comme dans bien d'autres domaines, l'absence de gestion au niveau régional de ces équipements empêche une vraie cohérence géographique, culturelle et muséographique.

Mais la visite de ce nouveau musée fait sauter aux yeux un vrai scandale: l'absence totale de la langue bretonne. Alors que tout est bilingue français - anglais, pas un mot , rien, en langue bretonne, netra . C'est absolument sidérant. Comment peut-on de nos jours concevoir un tel équipement sans y intégrer la langue bretonne ? Pas de textes en breton, pas d'audio-guides en breton, pas de dépliants en breton..
Comment est-ce pensable ? Même le château des Ducs de Bretagne à Nantes fait mieux ! sans parler par exemple du site des Capucins à Landerneau où la langue bretonne est présente et bien visible pour des expositions d'art contemporain.



Lorsque l'on sait que le Conseil régional de Bretagne a financé largement cet équipement et que par ailleurs, le même Conseil régional a voté il y a quelques années l'officialisation des langues de Bretagne, on ne comprend pas l'absence de la langue bretonne dans un équipement aussi important en terme culturel et d'image à l'international. Comment se fait-il que le Conseil régional ne mette pas dans ses cahiers des charges l'obligation du bilinguisme français-breton ? Sans parler du Conseil départemental du Finistère, de la communauté de communes Concarneau-Cornouaille et des autres collectivités bretonnes concernées...... Ce sont eux aussi les responsables et on ne peut plus se contenter de paroles fadasses s'ils ne font rien dans leurs propres domaines de responsabilités.

Toute l'école de Pont-Aven se base historiquement et artistiquement sur la culture bretonne, l'histoire de la Bretagne, les paysages bretons; la plupart des personnes rencontrées par ces peintres étrangers parlaient breton.... Et là, rien , rien de rien ... Pire , au détour d'un panneau, on nous fait la leçon comme quoi le chemin de fer a permis la pénétration de la langue française. C'est  un fait mais c'est noté de telle façon qu'on a l'impression que c'est la civilisation qui est arrivée chez les ploucs.

En cela, ce nouveau musée de Pont-Aven est extrêmement décevant . Tant qu'on y est, autant l'appeler le musée du Pont de la Rivière.....

Pour écrire au Musée de Pont-Aven : ici .