mardi 19 janvier 2016

Corse, Talamoni : réponses à Michel Urvoy



Michel Urvoy, journaliste politique à Ouest-France, vient de publier un commentaire assez négatif sur le comportement de M. Talamoni, nouveau président de l'Assemblée de Corse. Voir ici sur le blog de M. Urvoy.

Je me suis permis quelques réponses car j'ai trouvé la charge un peu lourde et manquant de perspectives un peu plus larges. Les voici:

Je reprends vos différents points:

- "La France est un pays ami" : pourquoi être surpris lorsque l'on sait que M. Talamoni est indépendantiste ? Il ne s'est jamais considéré français, c'est son droit comme c'est votre droit de ne pas être d'accord . Mais c'est difficile de lui reprocher ses opinions politiques. Pour ma part, je considère que la Bretagne est l'une des plus anciennes nations d'Europe , que les "républicains indivisibles" disent le contraire ne changera rien à ce que je pense, bien au contraire.


- le dogme de la "République indivisible": on a encore le droit de s'opposer à ce dogme, j'espère? C'est au nom de ce dogme que la langue bretonne a été presque éradiquée, que le territoire de la Bretagne a été divisé entre deux régions, que l'histoire de la Bretagne n'est pas enseignée, etc etc. La palinodie l'autre soir à l'Assemblée nationale de Paris au sujet des langues régionales n'est qu'un exemple parmi tant d'autres de la toxicité de ce dogme de "République indivisible". D'ailleurs on n'arrête pas de nous parler des "valeurs républicaines" et on aimerait mieux beaucoup mieux entendre parler des valeurs démocratiques et européennes.


- le discours en corse de M. Talamoni : ouah ça c'est du lourd qui fait trembler le dogme républicain indivisible. Outre le fait que la traduction en français était disponible sous format papier, il est bon de rappeler que c'est la norme dans de nombreuses régions européennes. Pour prendre l'exemple d'une région proche de la Bretagne, le Pays de Galles, chaque député à l'assemblée galloise peut s'exprimer dans la langue de son choix , anglais ou gallois, aucun problème . Juste pour mémoire, notre président Jean-Yves Le Drian a répété à moult reprises que le statut du Pays de Galles était un exemple pour lui en ce qui concerne la Bretagne. Les talibans républicains indivisibles vont-ils excommunier le bas-Breton pour de telles idées dissidentes ?


- quant au sujet des prisonniers politiques, l'exemple de l'Irlande du Nord montre que l'amnistie est une étape quasi-obligatoire dans tout processus politique si l'on veut avancer tout en apaisant les passions contradictoires.


Pour en terminer rapidement, ce n'est pas la Corse le problème, ni la Bretagne , mais plutôt les dogmes républicains indivisibles qui continuent à vouloir nier les réalités dans les "régions à forte identité". Avec ces dogmes, l’État français ne pourrait actuellement adhérer en l'état à l'Union européenne car ne répondant pas aux critères demandés en matière linguistique et culturelle.... C'est donc un peu fort de café de retourner la faute sur ces empêcheurs de tourner républicainement en rond que sont Corses, Bretons ou autres.

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