samedi 27 février 2016

Emglev / Ville de Lorient: suite dans Ouest-France

A son tour, Ouest-France a publié un article suite à ma lettre ouverte concernant la baisse unilatérale de l'aide à Emglev Bro an Oriant.

Ouest-France, 18 février 2016

Le cercle Armor Argoat de Lorient est l'un des nombreux adhérents d'Emglev Bro an Oriant. | Hélène Lompech


L'heure est aux économies publiques. La mairie a revu bon nombre de subventions à la baisse. Pour l'association bretonne du pays de Lorient, c'est moins 30 % d'un coup.

32 000 € en 2015, 21 500 € en 2016. C'est un tiers de subvention en moins d'une année à l'autre. Voilà le régime voté en conseil municipal, le 4 février dernier, auquel l'association Emglev Bro an Oriant va devoir se tenir.
L'Entente du pays de Lorient (la traduction en français) a été créée en 1985. Elle fédère une cinquantaine d'associations oeuvrant pour la culture et la langue bretonnes. C'est elle qui pilote les Deizioù, le festival breton qui se déroule en ce moment aux quatre coins du pays de Lorient.

« Un coup d'assommoir »
La baisse de la subvention est tombée comme un couperet. « Nous n'avons pas été avertis, nous l'avons découvert le lendemain du vote, ça a été brutal, un coup d'assommoir », confie Yvonig Le Merdy, présidente d'Emglev Bro an Oriant.
Selon Emmanuelle Williamson, adjointe au maire en charge de la culture, plusieurs propositions de rendez-vous, avant que ne se tienne le conseil municipal, n'ont pu aboutir. Yvonig Le Merdy, qui ne souhaite s'exprimer davantage pour l'heure, explique qu'elle n'a jamais été informée d'une baisse éventuelle de la subvention.
10 000 € de moins, ce n'est pas rien, même s'il n'y a pas péril en la demeure. Mais le mouvement breton s'interroge. « C'est la première baisse importante et unilatérale de l'aide de la ville à Emglev », s'insurge Jacques-Yves Le Touze, fondateur de l'Entente, qu'il a présidée jusqu'en 1992. Il fait aussi conseiller municipal sous l'ère Le Drian, en charge de la promotion de la langue et de la culture bretonnes.
L'heure est aux économies publiques. Bon nombre de subventions ont été revues à la baisse, de l'ordre de moins 5 %. Pourquoi 30 % dans le cas d'Emglev Bro an Oriant ? « La Ville n'a pas vocation à subventionner des actions qui, pour les deux tiers, se tiennent hors commune », explique Emmanuelle Williamson.
Autrement dit, le soutien devrait plus naturellement exister au niveau de l'agglomération. Jacques-Yves Le Touze partage cette idée, « ça me semblerait une bonne chose », dit-il. Mais, enchaîne-t-il aussitôt, « la culture n'est pas une attribution de l'Agglo ». Voilà un serpent qui se mord la queue.
« J'attends un projet »
Jacques-Yves Le Touze pousse le bouchon plus loin encore. Il voit dans la baisse de la subvention « un intérêt (de la mairie) en complète régression » pour la langue et la culture bretonnes.
Il va même jusqu'à parler de « mépris » chez certains élus. Et il regrette aussi le silence de Yann Syz, adjoint au maire et élu UDB.
Emmanuelle Williamson rejette en bloc ces reproches. Elle croit dans « la belle énergie du mouvement culturel breton ». Mais, ajoute-t-elle, elle attend aussi « un projet » de la part d'Emglev Bro an Oriant. « Il y a besoin d'un nouveau souffle », dit-elle encore. Pas sûr que l'association apprécie la partition municipale.

vendredi 12 février 2016

Retour sur le problème de l'aide financière de la ville de Lorient à Emglev,

Suite à ma lettre ouverte dénonçant la baisse de 35% de l'aide de la Ville de Lorient à Emglev Bro an Oriant (voir ici) , Le Télégramme a fait paraître sur le sujet un article dans son édition de ce vendredi 12 février.



Le Télégramme, 12 février 2016

Emglev Bro an Oriant. Subvention : le président d'honneur monte au créneau

La subvention accordée à Emglev Bro an Oriant en 2016 par la ville de Lorient s'élève à 21.500 €. Soit 10.000 € de moins que l'année dernière. Le président fondateur de l'association a décidé de monter au créneau.

La semaine passée, le conseil municipal de Lorient a voté les subventions aux associations pour 2016. 21.500 € pour Emglev Bro an Oriant contre 32.000 € en 2015 et 2014. Président fondateur d'Emglev (et ancien conseiller municipal de Lorient en charge de la promotion de la langue et de la culture bretonnes), Jacques-Yves Le Touze a voulu réagir : « Le conseil a voté une diminution de 35 % de sa subvention à l'Entente culturelle bretonne qui fédère des dizaines d'associations travaillant dans le domaine de la langue et de la culture bretonnes. 35 %, c'est 10.000 € en moins pour la fédération lorientaise. Depuis 1992 et la signature d'une convention entre la Ville et Emglev, c'est la première baisse importante et unilatérale de l'aide de la Ville à Emglev ».

Le « silence radio de l'UDB lorientaise » 

 

Le président d'honneur monte au créneau : « La Ville est liée par une convention trisannuelle avec Emglev et ne peut pas en sortir à moins de remettre en cause ladite convention ».


Autre argument avancé : « Lorient souhaiterait qu'Emglev soit financé par l'agglomération. (...) C'est un drôle de procédé que de couper les vivres à Emglev, tout en suggérant un financement de l'agglo... À ma connaissance, aucun élu n'a protesté publiquement lors de la réunion du conseil ; silence radio à l'UDB lorientaise. Ça ne fait que confirmer l'évolution de la mairie au sujet de la langue et de la culture bretonnes : son intérêt est en complète régression ».

« Manque de concertation » pour Yvonig Le Merdy

Si cette très politique tribune est signée du seul Jacques-Yves Le Touze, Yvonig Le Merdy, l'actuelle présidente d'Emglev, soutient son prédécesseur. « Ce vote brutal et sans concertation préalable a été un choc pour nous tous. Je vais réunir toutes les associations partenaires et demander un rendez-vous avec le maire. Je peux entendre qu'on baisse les subventions mais pourquoi faire toujours des économies sur la culture ? ». L'association aurait-elle été mise devant le fait accompli ? Yvonig Le Merdy regrette de ne pas avoir pu expliquer, « à l'occasion du bilan de la convention, qui n'a d'ailleurs pas pu se faire, les changements structurels et notamment le fait que le poste de salarié n'a pas été pourvu pendant plusieurs mois. Sans cela, le dernier exercice aurait été tout juste à l'équilibre et pas excédentaire ».

Soutien réaffirmé de la Ville

De son côté, Emmanuelle Williamson, adjointe au maire en charge de la culture, a réaffirmé le soutien de la Ville à Emglev Bro an Oriant. « Cette coupe ne remet pas en cause l'aide à la culture et à la langue bretonnes, car c'est un élément fort de la ville. Nous soutenons et continuerons à soutenir toutes les forces vives : Fil, cercles, bagad, écoles bilingues... ». Face à cette « réaction légitime », l'élue pointe le contexte global de baisse des dotations sur la collectivité, « répercutée sur les équipements et les associations ». Mais elle déplore surtout une tentative avortée de « faire bouger les choses », en septembre, suite à une rencontre entre Emglev et la Ville. « Dans son bilan, seulement 30 % de l'activité de l'Emglev touche la ville de Lorient. On s'interroge là-dessus. La ville-centre ne peut pas tout porter. Nous sommes prêts à reconsidérer les choses à une autre échelle territoriale. La culture bretonne est d'intérêt communautaire. La porte n'est pas fermée. La Ville reste en convention avec Emglev. J'espère que ça va créer une onde de choc ». À bon entendeur.

mercredi 10 février 2016

La Ville de Lorient diminue d'un tiers son aide financière à Emglev Bro an Oriant.


Yvonig Le Merdy, présidente d'Emglev Bro an Oriant, Lena Louarn, vice-présidente du Conseil régional, Annaig Lucas, Emglev, en 2015. (photo Ouest-France) .

La semaine passée, le Conseil municipal de Lorient a entre autres choses voté ses aides financières annuelles aux associations œuvrant dans différents domaines.

Vu la situation financière et économique, une baisse de 5% est à noter mais, surprise, le Conseil a voté une diminution de 35% de son aide annuelle à Emglev Bro an Oriant, l'Entente culturelle bretonne qui fédère des dizaines d'associations travaillant dans le domaine de la langue et de la culture bretonnes. Décision prise en plein milieu des Deizioù organisés par Emglev qui propose une centaine d'évènements culturels de janvier à mars.

35%, c'est 10000 € en moins pour la fédération lorientaise...... Depuis 1992, année de la signature d'une convention entre la Ville et Emglev, représentés par Jean-Yves Le Drian et moi-même alors président d'Emglev, c'est la première baisse importante et unilatérale de l'aide de la Ville à Emglev.

C'est pour le moins curieux à plusieurs titres: il me semble que la Ville est liée par une convention tri-annuelle avec Emglev et ne peut théoriquement pas en sortir à moins de remettre en cause la dite convention; la Ville souhaiterait qu'Emglev dont l'aire d'action recouvre grosso modo l'ensemble des communes du pays de Lorient soit financé par l'agglomération ce qui me semblerait une bonne chose mais encore faudrait-il que les élus de Lorient convainquent leurs collègues car la culture n'est pas une attribution de l'agglo. C'est pour le moins un drôle de procédé que de couper les vivres à Emglev tout en suggérant un financement de l'agglo.... Par ailleurs, il se trouve que la gestion d'Emglev est saine et on le lui reprocherait presque de ne pas avoir de déficit .....

A ma connaissance, aucun élu n'a protesté publiquement lors de la réunion du conseil; silence radio à l'UDB lorientaise qui dispose pourtant de plusieurs élus dont un adjoint au maire, Yann Syz. C'est assez stupéfiant.

Ça ne fait que confirmer l'évolution de la mairie depuis plusieurs années au sujet de la langue et de la culture bretonnes; son intérêt pour ce domaine est en complète régression et on peut déceler un certain mépris pour notre culture chez certains adjoints au maire trop contents de maintenir dans une sorte de marginalité ce qui devrait être un atout pour Lorient, sa dimension culturelle et linguistique bretonne et celtique. L'adjointe à la culture, Mme Williamson, n'y voit que folklore et est bien ennuyée d'avoir le Festival interceltique comme évènement phare lorientais. Quant au maire, Norbert Métairie, lui qui m'avait totalement soutenu en 1992 pour la mise en place d'un plan municipal pour la promotion de la langue et de la culture bretonnes, quasiment plus un mot de sa part sur le sujet.

Une fois de plus, cette histoire prouve que le travail de base doit se faire au niveau de la commune sans attendre des décisions à Paris. La Ville de Lorient pourrait faire beaucoup plus et redevenir un exemple en la matière; elle ne le fait pas par choix politique et avec l'appui d'élus d'un mouvement politique breton qui auraient du monter au créneau et dénoncer la position de la mairie sur le sujet. Il faut dire aussi que la frilosité pour le moins de la plupart des associations bretonnes qui font mine de ne pas comprendre la dimension politique du dossier Langue et Culture bretonnes laissent le champ libre à ceux des élus qui souhaitent n'y voir que folklore ou pire communautarisme .

mercredi 3 février 2016

Agriculture, Bretagne, un petit coup de gueule....


Rencontre tendue entre Jean-Luc Bleunven et une centaine d'agriculteurs en août 2015.

En recevant un communiqué de Jean-Luc Bleunven, député du Finistère, par ailleurs agriculteur et soutien fervent de Diwan, donc un des rares députés bretons sachant ce qu'est la Bretagne, je lui ai fait part de quelques commentaires qui ressemblent plus d'ailleurs à un petit coup de gueule en direction de "nos" politiques.

En premier le texte de Jean-Luc Bleunven :

Suite à l’article paru dimanche dernier 31 janvier dans le Télégramme, en page « Plabennec », j’ai sollicité auprès de la rédaction du quotidien un droit de réponse. Je démens évidemment formellement les propos qui m’ont été attribués ; je tiens ainsi à préciser que le correspondant du Télégramme présent sur les lieux ne m’a même pas rencontré !



Samedi 30 janvier, j’ai reçu une délégation de représentants des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA, dont sa vice-présidente. Cette délégation, qui devait être constituée de quatre personnes, s’est finalement  portée à une soixantaine d’agriculteurs, venus manifester leur colère devant ma permanence. Comme convenu, je me suis entretenu pendant près de deux heures avec quatre porte-paroles des JA et de la FDSEA. Étant moi-même agriculteur, je connais parfaitement les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs bretons. Lors de ces échanges, j’ai fait part de mon avis sur l’état de notre agriculture, qui est malade d'un manque de vision depuis de nombreuses années. Cela nous a malheureusement conduit aux drames humains que l’on vit aujourd’hui. L’agriculture bretonne est en effet victime des dérives de l’ultralibéralisme et d’erreurs stratégiques passées. Devons-nous continuer à soutenir un modèle économiquement dépassé, et socialement destructeur, ou encourager l’émergence d’une agriculture plus en phase avec la demande des citoyens consommateurs ? Notre territoire mérite un nouveau projet d’avenir. Il dispose de nombreux atouts pour y parvenir, parmi lesquels figure en bonne place son potentiel agricole. C’est le sens de mon engagement.



Jean-Luc Bleunven

Député de Brest Abers Iroise

Kannad Goueled Leon

Je n'ai pas à commenter le différent avec Le Télégramme mais c'est l'usage de certaines expressions qui m'a amené à faire le commentaire suivant:

Juste une remarque en lisant ce petit texte.


On pense ce qu’on veut de l’histoire de l’agriculture en Bretagne mais il n’en reste pas moins que cette activité représente entre 30 et 40 % des emplois directs et indirects en Bretagne. C’est devenu notre industrie lourde avec ses qualités et ses défauts.


Vu le poids de ce secteur d’activité, on ne peut pas botter en touche en parlant d’ultra-libéralisme et autres gros mots ou en accusant le manque de vision des uns ou des autres. C’est juste insuffisant et ce n’est pas répondre à la seule vraie question qui tienne: comment fait-on pour maintenir et développer cette activité fondamentale pour la Bretagne ?


Je veux bien qu’on se fasse plaisir en accusant l’agriculture bretonne d’être socialement destructrice .... et où en seraient les bourgs et les petites villes de Bretagne sans l’agriculture et l’agro-alimentaire ? Des déserts comme dans de nombreuses régions françaises.....
 

Ce qui me scandalise, c’est la nullité de la plupart des politiques bretons qui ne proposent .... rien .... Rien pour l’avenir de l’agriculture bretonne, aucun projet cohérent pour l’avenir de la Bretagne, rien sur la culture, rien sur la langue, rien sur l’environnement, rien sur rien .... C’est chacun dans son coin qui fait son petit truc sans aucune vision d’ensemble .


Un ami new-yorkais qui vit en Bretagne depuis 5/6 ans me disait sa surprise sur l’attitude des politiques bretons par cette phrase:“Vous avez en Bretagne de l’or entre les mains et vous ne vous en rendez même pas compte” ....
 

C’est tout à fait ça et c’est rageant de voir “nos” politiques se comporter comme de petits provinciaux incapables de travailler ensemble pour donner des perspectives pour la Bretagne dans tous les domaines.
 

C’est rageant, décevant et décourageant.


En ce sens votre petit texte sur l’agriculture n’est pas du niveau qu’on attendrait de votre part, si je puis me permettre, car je pense que vous êtes l'un des 4 ou 5 députés qui savent ce qu’est vraiment la Bretagne.

Bien amicalement,


Jacques-Yves Le Touze

Lorient