mercredi 27 juillet 2016

Dublin 2016: la reconnaissance du dynamisme du football gaélique breton.

Début août, Dublin accueillera , dans le cadre du centenaire de Pâques 1916, les Jeux gaéliques mondiaux, auxquels est invitée l’Équipe de Bretagne de football gaélique. L'occasion de faire le point avec Fabien Régnier, un des responsables de l’Équipe de Bretagne, et par ailleurs, président du club de Lorient, le Lorient GAC.

4 des joueurs de l’Équipe de Bretagne qui sera présente à Dublin.
- L'Equipe de Bretagne de football gaélique va participer aux jeux mondiaux de Dublin en août prochain. Depuis quand existe cette équipe de Bretagne et comment est-elle composée ?

- Fabien Régnier : L'équipe de Bretagne, sous sa forme actuelle, existe depuis juillet 2012. Elle a été créée pour répondre à une invitation des Galiciens qui souhaitaient organiser un premier match international. Une quinzaine de volontaires avaient alors fait le déplacement. L'expérience positive, le potentiel de l'équipe et les liens tissés au cours de cette aventure ont marqué un véritable acte fondateur, qui nous a ensuite permis de développer, structurer et pérenniser cette sélection.
Auparavant, des "Équipes de Bretagne" avaient ponctuellement participé à des rencontres, mais c'est véritablement en 2012 qu'un projet durable et structuré s'est concrétisé.

- Que représente pour vous cette participation à ces jeux mondiaux ? Quelle place pensez-vous pouvoir tenir ? Quel est le programme pour les Bretons qui feront le déplacement ?

- FB : C'est une formidable reconnaissance pour notre développement et une grande fierté. Nous évoluerons dans la compétition des "non-irlandais" avec 13 autres équipes. La liste des participants confirme que la Bretagne est un des premiers endroits au monde où le football gaélique s'est développé avant tout auprès de la population locale, avec peu ou sans présence irlandaise. En Europe, seuls la Galice, l'Italie et un certain nombre de clubs français sont également concernés. C'est en quelque sorte une récompense pour notre travail.

Le niveau du tournoi sera très relevé. Les équipes d'Amérique (New York, Canada, Argentine) ont un historique plus important et certains joueurs pratiquent le sport depuis leur plus jeune âge. D'autres comme la Chine ont une expérience plus récente, mais s'appuient sur un noyau universitaire avec de très bons athlètes. Il reste malgré tout une grande part d'inconnu car il s'agit seulement de la 2ème édition de ces jeux, et beaucoup y participent pour la première fois.

L'objectif pour la Bretagne est de donner le meilleur et de montrer une belle image de notre équipe. Il s'agit de notre première participation à un tournoi officiel. Cela nous a contraint à une certaine restructuration, mais ça nous permet également de poser les bases pour l'avenir. Cette première expérience en appelle d'autres et avec une organisation solide et un soutien du public, nous espérons motiver de nombreux joueurs et futurs joueurs à rejoindre l’Équipe de Bretagne à l'avenir.
L'équipe arrivera à Dublin le samedi 6 août, elle se préparera avec un club local et défilera lors de la cérémonie d'ouverture le dimanche 7 à Croke Park. Les matchs se joueront du mardi 9 au vendredi 12 août.  Le format de la compétition est typiquement irlandais, avec un système de repêchage et de consolantes qui assure à toutes les équipes de jouer un certain nombre de matchs. Chaque équipe est assurée de jouer au moins 3 journées, sur les 4 jours de compétition.

CrokePark

Croke Park où se dérouleront la cérémonie d'ouverture et les phases finales des Jeux gaéliques mondiaux.
- Que pense le GAA irlandais du développement assez exceptionnel du football gaélique en Bretagne ?

FB : Pour le moment, la fédération irlandaise fait office de fédération internationale, et soutient logiquement le développement de ses sports à travers le monde. Cela fut assez marquant pour la Bretagne, qui a bénéficié de nombreux programmes d'accompagnement sur le coaching, l'arbitrage, le matériel, le développement jeunesse, afin de répondre à une forte demande.
La visite du président irlandais, Michael D. Higgins, à Lorient en 2014 fut également une belle marque de reconnaissance. A sa demande, une rencontre avait été organisée avec les acteurs locaux. Plus généralement, les Irlandais sont souvent enchantés d'apprendre que leurs sports traditionnels sont pratiqués par des étrangers.

- Comment voyez-vous l’avenir du football gaélique en Bretagne ?

FB : Après une croissance importante du nombre de clubs (une douzaine en 15 ans), le nombre connaît désormais une certaine stagnation qui s'explique par le fait que les principales villes sont désormais "équipées". Le développement se poursuit davantage au sein de la ligue et des clubs existants avec de nouvelles équipes (féminines, jeunes, équipes B), des compétitions mieux structurées, une sélection, etc...

Ce type de développement est moins visible mais tout aussi important : avant de lancer de nouveaux clubs, il est important de pérenniser la pratique et de structurer les associations existantes. A ce titre, l'implication des bénévoles est primordiale : notre sport dispose encore d'une faible notoriété et de peu de reconnaissance de la part des instances. Tout est encore à construire, et chaque membre est en mesure de jouer un rôle important.

- En dehors du déplacement à Dublin, quels sont les principaux événements pour le football gaélique breton dans les mois à venir?
 
FB : La plupart des clubs reprendront le chemin de l'entraînement courant août, afin de se préparer pour la reprise du championnat en septembre. Plusieurs d'entre eux feront aussi le déplacement au tournoi européen de Maastricht.
En ce qui concerne l’Équipe de Bretagne, l'objectif est de développer son activité avec l'organisation de plusieurs stages dans l'année, et la participation à des rencontres, notamment pendant la période estivale.
LogoFootGaelBZH
Le football gaélique breton en quelques chiffres:
Environ 350 licenciés, et 10 clubs actifs actuellement : Rennes, Nantes, Brest, Lorient, Vannes, Quimper, Liffré, Guérande, Pordic et Plédran.
Des équipes féminines à Rennes, Lorient, et en développement dans les autres clubs.
Des sections jeunes à Liffré, Brest, Lorient, Guérande, Vannes et en développement dans les autres clubs.
Le hurling (l'autre sport gaélique) est également pratiqué à St-Brieuc et Rennes.

Contact pour toute personne intéressée :
liguebretonne@footballgaelique.com

mardi 26 juillet 2016

Stupeur, tristesse, colère.....

Que dire face à une telle horreur ?  Un sentiment de stupeur, de dégoût , de colère aussi ... Prier pour les victimes et aussi pour les bourreaux , c'est la grandeur de ma foi . C'est difficile mais juste , c'est dur et me paraît injuste , c'est pourtant ce que je dois faire , c'est la grandeur de ma foi , quelle tristesse en ce jour de Ste Anne d'Auray .

vendredi 22 juillet 2016

Langue et culture bretonnes: la mairie de Lorient aux abonnés absents.

Manifestation à la Cité de la Voile de de Lorient pour protester contre la disparition de la signalisation en langue bretonne.


Cette semaine, la presse nous apprend que Dizale va s'installer à Quimper avec l'appui enthousiaste de la ville et de l'agglomération de Quimper. Pour mémoire, Dizale, l'organisme de doublage en langue bretonne, était installé à Lorient au sein du défunt pôle audiovisuel et fut quelque peu poussé à partir s'installer dans des locaux provisoires à Plouharnel. Bien que souhaitant rester sur Lorient, Dizale n'a trouvé aucun véritable relais au sein des élus lorientais et la mairie a laissé filer Dizale sans problème.

Cette malheureuse histoire est la dernière en date de toute une série de reculs en matière de langue et de culture bretonnes à Lorient: disparition de la langue bretonne à la Cité de la Voile, recul des aides financières à Emglev, charte Ya d'ar Brezhoneg suivie a minima. Ces reculs sont en fait la conséquence de l'absence d'une véritable politique de promotion de la langue et de la culture bretonnes au sein de la municipalité actuelle, absence qui se ressent dans tous les domaines et dont les conséquences sont visibles au niveau culturel, éducatif, patrimonial, musical.

Lorient dans les années 1990 à l'époque de Jean-Yves Le Drian a porté une politique ambitieuse en la matière qui a fait de Lorient un exemple alors en Bretagne. Depuis, notre ville est à la traîne loin derrière Vannes ou Quimper, et même est dépassée par Ploemeur, Lanester ou bientôt Quéven....

Cette situation est le fait de la mairie depuis deux mandats, c'est le fait d'élus qui considèrent la langue et la culture bretonnes comme folkloriques devant rester dans une sorte de ghetto bien gentil laissant les vraies questions, la vraie Culture avec un grand C aux gens sérieux. Ils ne le diront pas publiquement mais ils le suggèrent au détour de telle ou telle réunion.

Alors bien évidemment avant chaque élection, les mêmes sont obligés de faire quelques vagues promesses en la matière qui retombent dans les oubliettes aussitôt les élections passées, comme ce Ti ar Vro qui aurait du voir le jour il y a des années mais qu'on fait miroiter en permanence pour calmer les ardeurs revendicatrices.

Grâce au Festival interceltique, grâce à Emglev et aux dizaines d'associations, la langue et la culture bretonnes survivent quand même à Lorient mais ceci en dépit d'élus qui n'ont rien compris à l'atout que cela aurait du représenter pour notre ville . Il y a bien longtemps, Lorient se considérait comme la capitale du monde celte, ce n'est plus désormais qu'un vieux rêve dénué de réalité du fait d'élus incapables de sortir des normes culturelles officielles.

Lamentable, je suis triste pour ma ville et je ne peux  conclure que par un "Secouez-vous !" un peu musclé. Ça ne peut pas continuer comme ça.

Jacques-Yves Le Touze
Ancien conseiller municipal chargé de la promotion de la langue et de la culture bretonnes

dimanche 10 juillet 2016

Langue et culture, deux piliers de la politique de la Fédération galloise de football .

A plusieurs reprises, ces dernières semaines, je suis revenu sur la communication de l'équipe nationale de foot galloise installée à Dinard durant cet Euro 2016 pour souligner leur intérêt pour la langue bretonne et la Bretagne, intérêt assez mal récompensé par Dinard qui a complètement zappé les liens entre la Bretagne et le Pays de Galles comme d'ailleurs le Conseil régional de la Bretagne administrative malgré les multiples demandes émanant notamment des comités de jumelage Bretagne-Pays de Galles.

L'équipe galloise débarquant à Cardiff en provenance directe de Dinard.


Or, vendredi dernier, sur BBC Wales, un des dirigeants de la Fédération galloise de football ( FA Wales) a expliqué les raisons de ce positionnement.

Ce vendredi fut jour de fête à Cardiff où l'on accueillait l'équipe nationale de retour en direct de Dinard. Accueil grandiose devant des dizaines de milliers de spectateurs à travers les rues de la capitale galloise jusqu'au stade des Cardiff Blues ( l'équipe de foot de Cardiff) où devant plus de 30000 supporteurs, l'équipe, le staff, l'entraîneur furent applaudis à tout rompre.

Dans les rues de Cardiff, vendredi dernier.
Or, durant toute cette célébration de l'aéroport au château de Cardiff, des rues du centre de la ville jusqu'au stade, outre la marée de drapeaux gallois, une chose assez significative sautait aux yeux, la place donnée à la langue galloise dans la communication et les supports mis en place par la fédération galloise. Des bus recouverts d'énormes DIOLCH ( merci en gallois) , un bilinguisme systématique, sans parler du Hen Wlad, bref de quoi pousser un journaliste à poser la question évoquée ci-dessus, pourquoi une telle place à la langue galloise ?

Le dirigeant interviewé par la BBC a répondu de façon très claire: "la langue et la culture sont des marqueurs fondamentaux pour notre petit pays, c'est de cette façon que nous nous distinguons des autres pays, que nous existons. La fédération de football a intégré cette dimension pour renforcer la cohérence de l'équipe et la communication vers l'extérieur". Et là on en vient à la Bretagne: "D'ailleurs, puisque nous étions à Dinard, en Bretagne, nous en avons fait de même en utilisant à la fois le français et le breton". Question là aussi de cohérence.

Pour parler un peu vulgairement, ça vous la coupe là ! hein ? Que dire, que rajouter ? D'une part, la nullité de la plupart des nos assez riquiquies institutions bretonnes, d'autre part le fossé qui s’agrandit de plus en plus entre la situation de la Bretagne et celles de la plupart des "régions européennes à forte identité" ( le sabir pour ne pas dire "nations sans état d'Europe" ) . Le risque d'une évaporation progressive de la Bretagne est là en fait et il y a intérêt à se secouer sérieusement pour éviter cela et tenter de reprendre la place qui devrait être la notre dans le concert européen.....