lundi 24 juin 2019

Notre-Dame de Paris, le million morbihannais mal placé


 Il est quand même très surprenant de voir une collectivité comme le Conseil départemental du Morbihan voter une aide d’un million d’euros pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris , surprenant quand l’on connait l’état d’une bonne partie du patrimoine religieux morbihannais, surprenant quand l’on comprend qu’il s’agit plus d’une posture politicienne qui rappelle l’époque du “don gratuit” exigé de la Bretagne par Paris sous l’Ancien Régime....
Mais ce qui est le plus surprenant et le plus décevant, c’est que le Conseil départemental du Morbihan n’ait pas suivi le Conseil régional de Bretagne qui, quelques heures auparavant, avait lui aussi voté une aide d’un million d’euros mais au bénéfice des métiers d’art et de rénovation des monuments historiques présents en Bretagne afin de les renforcer et de les mettre en capacité de répondre aux appels d’offres que nécessitera la reconstruction de la cathédrale parisienne.
Ce qui aurait été adéquat de la part du Conseil départemental morbihannais, c’est d’aller dans le même sens que la Région en renforçant le soutien aux métiers d’art concernés et non de signer un simple chèque. C’est vraiment une erreur regrettable.

vendredi 24 mai 2019

Dimanche, votons pour l'Europe et contre les populistes aux discours mortifères



Breton et Européen, Européen et Breton... et nécessairement démocrate....

Ces 3 termes pour moi sont liés de façon indéfectible . Je suis profondément démocrate, passionnément breton car démocrate, profondément européen parce que breton, parce que démocrate.....

Les vents mauvais qui soufflent sur notre continent attisés par des autocrates jaloux de notre civilisation européenne, par des présidents ennuyés de notre puissance économique sont relayés par des forces hostiles à la fois à la construction européenne mais aussi à l'existence même de nos nations sans état. 

Certes, la situation actuelle est loin d'être parfaite, très loin même avec cet état français qui nie notre propre existence en tant que peuple, en tant que nation, mais le danger est encore plus important avec la montée de ces populistes de tout poil à travers l'Europe. Savez-vous que dans le programme de Nigel Farage, le leader du Brexit Party, il y a la suppression du parlement gallois ?? 

Derrière cette haine de l'Europe se cache le pire nationalisme qu'il soit . Alors, oui l'Union européenne actuelle est loin d'être parfaite, mais non, l'avenir de la Bretagne ne passe pas par ces hyper-nationalistes franchouillards de droite ou de gauche qui veulent nous ramener au XIXème siècle , XIXème siècle qui a coûté si cher à nous Bretons et à de nombreux peuples à travers l'Europe (et le monde ). 

Dimanche, votons pour l'Europe et contre les populistes aux discours mortifères.Démocrate, Breton, Européen. Et vous avez le choix entre plusieurs listes selon votre propre sensibilité.

jeudi 9 mai 2019

19 mai : un spectacle à ne pas manquer, Le Dragon et l’Hermine


Organisé dans le cadre de la Fête de la Bretagne par Kanomp Breizh et l’Orchestre des Pompiers du Morbihan sous l’égide du Comité Bro Gozh et avec le soutien de la Ville de Ploemeur, à la salle de l’Océanis à Ploemeur, le dimanche 19 mai, jour de la St Yves, à 17h.

L’Ensemble Choral de Bretagne (120 chanteurs et 9 musiciens dirigés par Jean-Marie Airault) et l’Orchestre des Pompiers du Morbihan (60 musiciens et un bagad de sapeurs-pompiers de 10 musiciens) proposent un spectacle de musiques venues du Pays de Galles pour célébrer les liens ancestraux entre la Bretagne et le Pays de Galles.

Ce voyage musical sera présenté par le poète brito-gallois Aneirin Karadog.
En première partie, la cantate An Aval hag ar C’haliz.

Ensuite, l’orchestre et le bagad des pompiers du Morbihan présentent les grands airs classiques qui savent émouvoir et provoquer le frisson.

Pour le final commun, l’orchestre d’harmonie, très proche de la forme des harmonies du Pays de Galles, présente un répertoire composé de chorals gallois repris par le chœur.

Le concert se terminera par l’interprétation en commun du Bro Gozh, l’hymne national de la Bretagne qui est aussi celui du Pays de Galles.

Lieu: L’Océanis, Ploemeur
Heure: 17h, dimanche 19 mai
Tarifs :
Plein tarif : 13 €
Tarif réduit : 10 €
8-15 ans : 6 €
Réservations:
– auprès de l’accueil de l’Océanis, la librairie Sillages, FNAC, Carrefour, Leclerc, etc.
– sur Ticketmaster
– sur Francebillet

dimanche 7 avril 2019

Quand la Bretagne inspirait les peintres irlandais

Comme indiqué précédemment, la Bretagne a accueilli de très nombreux artistes entre les années 1880 et 1910, dont des Irlandais.

Et l'on retrouve un certain nombre de leurs toiles actuellement à Dublin tant dans des institutions publiques comme la National Gallery ou des collections privées comme celle de l'Hôtel The Merrion.

Je vous propose ici non un recensement exhaustif des peintures d'inspiration bretonne de Dublin mais une promenade à travers quelques exemples. (qualité photographique moyenne, désolé !)

Portrait d'une Bretonne, par Roderic O'Conor, Collection The Merrion


 Roderic O'Connor, originaire de Roscommon, est sans doute le peintre irlandais le plus connu pour son inspiration bretonne. Ami de Paul Gauguin, il vint à Pont-Aven de nombreuses fois entre 1892 et 1904. Pour l'anecdote, c'est grâce à lui que la coiffe de Pont-Aven s'est retrouvé sur un timbre de la poste irlandaise....






A Convent Garden, Brittany, 1913, William Leech, National Gallery of Ireland


 William Leech (1881-1968) , né à Dublin, se passionna pour le port de Concarneau et y épousa d'ailleurs sa première femme, Elisabeth Saurin. Ce tableau représente une novice ( dont sa femme joua le modèle) dans le jardin du couvent et de l'hôpital des Sœurs du Saint-Esprit à Concarneau.
Cette œuvre reflète l'intérêt de William Leech pour la dimension religieuse de la Bretagne. A son retour en Irlande Leech rejoint les cercles artistiques de Dublin où il se lia d'amitié avec Jack Yeats ou encore la Comtesse Markievicz (qui devint l'une des figures du soulèvement de Pâques 1916).

The sunshade, 1913, William Leech, National Gallery of Ireland



Autre toile de William Leech peinte à Concarneau.

The Apple Gathering, 1883, Walter Osborne, Collection National Gallery of Ireland

Walter Osborne, originaire de Rathmine, près de Dublin (1859-1903), après des études artistiques en Irlande et en Flandres, vint travailler à Quimperlé à l'automne 1883 où il réalisa ce célèbre tableau .

The Friends of the Model, 1881, Harry Jones Thaddeus, Collection National Gallery of Ireland
Harry Jones Thaddeus, originaire de Cork ( 1859-1929), fut un portraitiste renommé tant en Irlande qu'en Grande-Bretagne. Ici, il se représente dans le studio qu'il s'est installé dans l'ancienne chapelle de l'hôpital de Concarneau.

The Fisherman's mother, 1892, Helen Mabel Trevor, Collection National Gallery of Ireland

Originaire du County Down, Helen Mabel Trevor ( 1831-1900) vint à plusieurs reprises en Bretagne et notamment à Concarneau entre 1881 et 1898.

Interior of a Church in Brittany, 1879, Aloysius O'Kelly, Collection National Gallery of Ireland.
Né à Dublin, Aloysius O'Kelly (1853-1936) vécut à Concarneau dans les années 1876-1880. Il est aussi connu pour ses travaux sur la situation politique irlandaise de l'époque, son frère étant l'un des amis de Charles Parnell.

The Hôtel Beaumanoir's Portal, Dinan, 1883, Joseph Malachy Kavanagh, Collection National Gallery of Ireland

Originaire de Dublin, Joseph Malachy Kavanagh (1856-1918) vint en Bretagne, sans doute en compagnie de Walter Osborne, et travailla du côté de Quimperlé, Dinan et Pont-Aven.



Et bien évidemment ce tableau de la collection de The Merrion dont j'ai parlé précédemment ici.

Il ne s'agit là que d'une promenade qui m'a permit de découvrir ces œuvres dont certaines très connues. Il est certain que Dublin recèle bien d'autres trésors en lien avec la Bretagne. Le travail de recension reste à faire.

samedi 6 avril 2019

Dublin: une peinture du Faouët encadrée en breton !



"La Bretagne, terre de peintres"..... et chacun de dire que ça fait un peu cliché. Oui et non en fait, tout dépend de la période dont on parle et les années 1880 -1910 ont vu en effet la Bretagne devenir un véritable paradis pour les artistes peintres.

Grâce à cet engouement artistique, la Bretagne se retrouve présente dans la plupart des grands musées d'Europe et d'Amérique du nord.

Dublin, capitale de l'Irlande et à cette époque précise, seconde ville du Royaume-Uni après Londres, ne déroge pas à cette règle et possède de nombreux tableaux en lien avec la Bretagne qu'ils soient exposés dans des lieux publics ou privés.

Je reviendrai prochainement sur ce sujet mais je voudrais dès à présent m'attarder sur le cas d'un tableau en particulier. L’œuvre d'un peintre peu connu, Walter Chetwood Aiken, né en 1866 et disparu en 1899 à l'âge de 33 ans.

Bien qu'il vut le jour à Bristol en Angleterre, sa famille possédait des terres près de Portarlington dans le comté Laois en Irlande. Du fait de sa disparition précoce, peu de choses sont connues à son sujet si ce n'est qu'il étudia à Paris avant de venir en Bretagne dans les années 1890.

Ce tableau, "La Fête de Ste Barbe" (Le Faouët), une de ses peintures bretonnes, fut exposée au Salon de Paris en 1898 et à l'Académie Royale de Londres en 1899, l'année de sa mort. Les œuvres connues de Walter Chetwood Aiken sont très peu nombreuses.

Cette toile combine à la fois une touche impressionniste et une structure complexe. Comme beaucoup d'artistes de cette période, Walter Chetwood Aiken fut attiré par la Bretagne du fait de ses costumes traditionnels et de sa culture singulière comme les pardons.

Particularité rare, son encadrement d'origine est gravé de plusieurs mentions en langue bretonne.



Acheté à une famille du Comté Laois,ce tableau fait désormais partie de la collection privée de l'un des plus beaux hôtels de Dublin, The Merrion. Cette collection est visitable en s'adressant à l'accueil.






Anecdotes irlandaises.....


Dublin, ce jeudi après-midi, direction la prison de Kilmainham (là où furent fusillés les leaders du soulèvement de Pâques 1916). Et nous voilà accueillis par l'un des responsables de l'équipe de guides. (échange en anglais que je résume ici).

Lui: Bienvenue, vous venez d'où ?
Moi: de Bretagne
Lui: Ah ! très bien, un pays celtique mais votre langue a quasiment disparu, non ? Pouvez-vous me dire quelques mots en breton ?
Moi: je lui dit 2/3 phrases en breton et je précise qu'il y a à peu près 200 000 personnes qui parlent breton.
Lui: ah bon ? mais c'est autant que chez nous
Moi: euh.... en Irlande, le gaélique est enseigné dans toutes les écoles
Lui: ah oui et on a une TV en gaélique, la signalétique doit être bilingue mais vous, en Bretagne, vous avez des problèmes avec l'état français, je crois
Moi: on peut dire ça
Lui: on a une grande actrice d'origine bretonne qui est venue visiter Kilmainham, Olwenn Fouéré, vous la connaissez ? Sa famille s'était réfugiée en Irlande .
Moi: oui et son frère a été ambassadeur d'Irlande.
Lui: en tout cas bonne visite et bon courage pour faire vivre la Bretagne.


Eh ben, c'est la première fois qu'un Irlandais lambda me parle comme ça de la Bretagne ....


Dublin ce jeudi soir: quand tu vas à un concert de jazz et que tu te retrouves à chanter « Happy Birthday, Mr President » parce que le président irlandais Michael D Higgins est dans la salle et qu’on embraye sur l’hymne irlandais...

mercredi 23 janvier 2019

Lorient: comment rattraper le “loupé” du Péristyle ?



Au delà de cette question quelque peu provocatrice, je souhaiterais juste faire part de quelques remarques au sujet de l’aménagement du quartier du Péristyle.

De fait, cet espace était l’un des sites les plus remarquables encore disponibles à Lorient, le site idéal pour un projet mêlant culture, loisirs, économie, un lieu  qui aurait pu devenir le site emblématique du “nouveau” Lorient.

Pour en rester à la Bretagne, d’autres villes ont su le faire (même si les échelles sont différentes) comme Brest avec le site des Capucins ou Nantes avec l’ancienne Ile Ste Anne.

La réhabilitation du Péristyle, c’était l’occasion de construire un lieu phare à l’architecture novatrice et esthétique offrant des équipements culturels actuellement absents à Lorient comme une salle d’exposition digne de ce nom, par exemple, mais aussi des lieux de loisirs et d’accueil, bref un vrai lieu de vie, un lieu vivant et attirant Lorientais et visiteurs.

Au lieu de ça, le plus bel espace a été gâché par un immeuble purement administratif ( ne nous arrêtons pas sur son architecture pour le moins contestable, sans parler de ses insuffisances techniques ), figeant le site et empêchant toute vie sociale réelle en soirée et le week-end; et ce gâchis continue par la construction d’immeubles de bureaux et d’habitations en front de mer, une sorte de privatisation du site.....

Oh, certes, on me répondra  qu’il y a des promenades .... encore heureux quand même ! mais quand on pense au potentiel qu’avait ce site, on reste quelque peu éberlué par le gâchis...

Alors comment atténuer ce loupé ? A mon avis, il n’y a pas 36 solutions désormais. Puisque, a priori, le musée de la Compagnie des Indes a pour vocation de revenir sur Lorient dans cet espace, il faudrait pour remettre de la vie dans ce site en faire un équipement d’exception, en contenu bien entendu mais aussi architecturalement, en faire un pôle culturel proposant outre le musée revu et agrandi, une vraie salle d’exposition, restaurant et bar donnant sur la rade d’une façon ou d’une autre (pour
gommer le mur d’immeubles en front de mer)... bref proposer quelque chose à voir et revisiter, proposer un endroit sympa pour passer du temps en famille ou entre amis, pour les Lorientais et nos visiteurs.

Espérons qu’il ne soit pas trop tard....

Jacques-Yves Le Touze 

Point de vue publié dans Ouest-France Lorient le 23 janvier 2019